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Menacée de mort par des islamistes, Taslima Nasreen retranche des parties de son autobiographie

2 Décembre 2007 par Annie Lessard

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L’écrivaine et journaliste bangladeshi Taslima Nasreen, récipiendaire d’un prix de l’UNESCO en 2004 pour la promotion de la tolérance et de la non-violence, a dû retirer des parties de son dernier livre, une autobiographie, pour échapper à l’intolérance et à la violence des islamistes qui jugent ses écrits blasphématoires et réclament sa mort [a] C’est un épisode sombre dans l’histoire de la liberté d’expression. Malheureusement, on peut s’attendre à connaître d’autres épisodes du même genre quand on connaît l’hypersensibilité de certains adeptes de l’islam [[Réforme ou barbarie, le 30 novembre 2007
article114. ]]

Taslima Nasreen s’est fait connaître dès la fin des années 1980 par ses articles dans lesquels elle dénonçait l’oppression des femmes dans plusieurs pays d’Asie. En dépit des menaces de mort qui ont été proférées à son encontre par les islamistes fondamentalistes, elle a continué à se battre pour que son pays adopte un nouveau code civil qui soit fondé sur le principe de l’égalité entre hommes et femmes et pour l’instauration de l’éducation laïque.

Auteur d’une vingtaine d’ouvrages en bengali, dont certains ont été traduits en plus de vingt langues, elle s’est vu décerner de nombreuses récompenses dont le Prix littéraire indien Ananda Puroshkar, le Prix Sakharov pour la Liberté de Pensée du Parlement européen et le Prix Kurt Tucholsky du PEN Club suédois.

Expulsée de son propre pays en 1994, elle a été accueillie par le gouvernement indien en 2004 après dix ans d’errance. Elle s’est établie à Calcutta mais elle n’y a pas trouvé tolérance et non-violence. Au contraire, elle y est là aussi pourchassée par des islamistes qui la menacent sans relâche. La semaine dernière, les autorités indiennes ont dû la relocaliser à Jaipur dans l’État indien du Rajasthan. Lasse de mener la vie d’une proie traquée, et dans un souci de son éditeur d’apaiser les fondamentalistes, elle a accepté que les parties de son autobiographie qui se rapportent à l’islam et qui sont jugées offensantes par ses détracteurs soient purgées. Son éditeur était pourtant convaincu que les textes vus comme blasphématoires n’étaient pas particulièrement offensants et qu’ils étaient conformes à la vérité historique. Il a néanmoins choisi de les retirer du livre « à cause de l’hypersensibilité de ces gens. »

Dans le discours qu’elle a prononcé à Paris à l’occasion de la remise du prix de l’Unesco [[Discours prononcé par Taslima Nasreen à l’occasion de la réception du prix de l’Unesco en 2004
http://portal.unesco.org/shs/fr/ev.php-URL_ID=10805&URL_DO=DO_PRINTPAGE&URL_SECTION=201.html
,]] Taslima Nasrin se raconte :

«J’écris pour dénoncer toutes sortes de violences physiques et sexuelles, le terrorisme religieux et les discriminations de type patriarcal à l’égard des femmes. J’ai fait un rêve : j’ai rêvé d’un monde merveilleux où aucune femme ne serait opprimée, victime de la traite des personnes, attaquée à l’acide, violée ou victime d’agressions sexuelles. Je rêve d’un monde tolérant où les êtres humains se respectent sans jamais céder à l’appel de la guerre, des massacres, de la violence. J’ai pris la plume pour que mon rêve devienne réalité, le rêve d’un monde éthique dans lequel l’humanité s’épanouira et ne sera plus faite d’êtres pleins de haine mais d’êtres remplis d’amour.»

«Dans ce combat pour un humanisme laïque, je n’ai pour seule arme qu’un stylo mais c’est à la pointe d’une épée que les extrémistes ont juré ma mort. Ils ont brûlé mes livres, poursuivi mes éditeurs en justice pour avoir publié mes livres, attaqué les librairies où mes livres étaient vendus. Ma liberté d’expression ne cesse d’être violée par les autorités. Sur les 28 livres que j’ai écrits, 5 ont été interdits par le gouvernement, et des procès sont en cours dans le but d’interdire les autres. Mes écrits m’ont valu d’être condamnée à un an de prison par un tribunal du Bangladesh. Au cours des dernières années, les quatre tomes qui constituent mes mémoires ont tous été interdits par le gouvernement.»


Voir aussi:

Prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes aux ex-musulmanes Ayaan Hirsi Ali et Taslima Nasreen

Requis : une attitude différente de l’Inde et de tous les gouvernements infidèles

  • Feminist author rewrites book after death threats from Muslim extremists, Timesonline, 30 novembre 2007 .


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Helios d'Alexandrie

2 Décembre 2007
14:25

Menacée de mort par des islamistes, Taslima Nasrin retranche des parties de son autobiographie

Les écrivains ne vivent pas d'amour et d'eau fraîche, en premier lieu ils tiennent à la vie et ne recherchent pas volontairement le martyr, ensuite ils doivent vendre leurs bouquins pour dégager un revenu qui leur permette de subsister et, dans le cas de Taslima Nasreen, lui permettre d'échapper à ceux qui cherchent à l'égorger pour la plus grande gloire de l'islam.

Quand je pense à nos écrivains et journalistes qui se vautrent aux pieds des fanatiques, je me dis qu'une femme aussi courageuse que Taslima Nasreen mérite notre admiration même, si pour vivre en paix, elle décidait de ne plus écrire.

Helios d'Alexandrie


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grandpas

3 Décembre 2007
01:12

Menacée de mort par des islamistes, Taslima Nasrin retranche des parties de son autobiographie

Cher Helios

Si votre remarque ne s' appliquait qu' aux seuls écrivains,ce ne serait pas graves mais on peut la mettre sur le dos des politiciens de tous les pays démocrtiques sauf les acuels dirigeants des EtatsUnis d' Amérique.

Bien à vous

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