Samedi 20 Mars 2010 | Dernière mise à jour: 13 Mars 2010
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Débat ou déni : le dilemme musulman, par Hasan Suroor dans The Hindu
4 Décembre 2007Mots clés:
« Les musulmans doivent réaliser que les terroristes islamistes ne sont pas simplement des individus dans l’erreur qui agissent par caprice mais plutôt des individus qui savent exactement ce qu’ils font et qui le font délibérément au nom de l’islam ». (Hasan Suroor, juillet 2007)
C’est le message du commentateur indien musulman Hasan Suroor publié dans le grand quotidien indien de gauche The Hindu peu après les attentats manqués de Londres et Glasgow en Grande-Bretagne [a] dans lesquels 3 médecins d’origine indienne étaient impliqués. Hasan Suroor espère susciter un débat au sein de la communauté musulmane sur les facteurs qui engendrent le terrorisme islamique. Il déplore que la communauté musulmane soit dans un état de déni perpétuel, qu’elle se présente comme une victime et qu’elle blâme les autres au lieu de faire son auto-critique.Nous traduisons ici le texte de Hasan Suroor.Si on en juge par la réaction de la plupart des musulmans à la dernière manifestation de rage des islamistes – les attentats manqués de Londres et Glasgow – il semble que la communauté se soit repliée sur une « position par défaut » concernant l’extrémisme islamique violent. Les mêmes arguments réchauffés sont encore servis, ce qui démontre l’absence de volonté de reconnaître tant l’ampleur du problème que sa nature. La crainte de projeter une mauvaise image de la communauté ou de l’islam se traduit par un étrange silence sur les sujets qui reposent pourtant au cœur même du débat sur l’islamisme.En gros, les arguments invoqués par la communauté musulmane consistent à blâmer des facteurs externes. En tête de liste se trouve la politique étrangère occidentale, particulièrement la question palestinienne, ainsi que l’invasion et l’occupation de l’Irak. Il y a ensuite des facteurs économiques et sociaux comme le manque d’éducation et le taux élevé de chômage dans la communauté musulmane – encore là attribués à des causes externes comme la discrimination raciale et religieuse. En d’autres mots : ne nous blâmez pas, c’est entièrement la faute des autres. Nous sommes des victimes. Étant moi-même soumis aux mêmes pressions que les autres musulmans, je souhaiterais que ce soit la vérité. Mais ce n’est pas le cas. Ce n’est pas entièrement la faute des autres. Nous ne sommes pas que des victimes [b] J’ai utilisé l’expression « position par défaut » comme euphémisme. Il y a un terme beaucoup plus approprié qui est de plus en plus utilisé pour décrire la position des musulmans : le déni. L’opinion selon laquelle les musulmans nient la réalité de l’étendue du problème et que c’est leur responsabilité de l’affronter n’est plus confinée aux islamophobes d’extrême-droite. L’opinion libérale commence aussi à changer. Lors de ma participation à un panel de discussion diffusé sur NDTV la semaine dernière, j’ai été frappé de constater à quel point mes distingués co-panélistes – l’un à New Delhi et l’autre à Bangalore – étaient proches de la « position par défaut ». Ils persistaient à référer aux images en provenance de l’Iraq et de la Palestine; et à la frustration et la « rage » qu’inspire la politique étrangère américaine et britannique. Ils référaient aux privations sociales etc.., etc. Quant aux trois médecins indiens soupçonnés de complicité dans les attentats manqués de Londres et Glasgow, ils étaient considérés comme des individus « dans l’erreur » agissant seuls. Il y a eu beaucoup d’agitation des mains lorsque l’animateur a rappelé que des musulmans étaient impliqués dans tous les récents actes de terrorisme. Oui, c’était préoccupant. Bien sûr, la communauté condamne toute violence au nom de l’islam, qui est une religion de paix. Et oui, il y a un besoin d’introspection et de discussion. Mais le tout était enrobé de tant de « si » et de « mais » que le débat a pris l’allure d’un énorme exercice de déni. C’est la réponse d’une communauté qui se voit comme étant assiégée et qui est irritée qu’à chaque fois qu’un musulman fait quelque chose de stupide elle doive prendre position et s’excuser. Ajouter à ça l’islamophobie ambiante (qui est répandue), et ce n’est pas difficile de comprendre pourquoi les musulmans sont sur la défensive. Mais pendant combien de temps vont-ils continuer de se cacher la vérité? Et la vérité, c’est que plusieurs de leurs explications sur les causes profondes de l’extrémisme sont fausses. Chaque nouvel attentat terroriste [c]] discrédite la thèse que la politique étrangère ou des facteurs socio-économiques soient les seuls facteurs à l’origine de l’extrémisme islamique, ce qui rend la « position par défaut » des musulmans de plus en plus intenable. Hassan Butt, un ex-extrémiste britannique, se rappelle comment « nous nous esclaffions de rire chaque fois que des gens proclamaient à la télévision que la politique étrangère était la seule cause du terrorisme islamique, comme les attentats du 11/9, les attentats de Madrid et ceux du 7 juillet. » Écrivant dans The Observer, il relate que s’il était encore extrémiste, « il s’esclafferait encore de rire » en écoutant ceux qui disent que les attentats manqués de Londres et Glasgow étaient motivés par la rage engendrée par la politique étrangère britannique. Hassan Butt critique les musulmans, les intellectuels libéraux non-musulmans ainsi que les politiciens pour leur défaut de reconnaître le rôle que joue l’idéologie islamiste dans le terrorisme – une idéologie qui, selon l’autre extrémiste réformé, Shiraz Maher, prêche un « message séparatiste de suprématie islamique » et cherche à établir un « califat puritain ». Shiraz Maher connaissait Kafeel Ahmed, l’Indien qui a tenté de faire exploser l’aéroport de Glasgow et qui lutte maintenant pour sa vie dans un hôpital écossais.
- Laissez-nous les mots pour parler de Londres et Glasgow 2007, Par Marc Lebuis, Point de BASCULE [http://pointdebasculecanada.ca/spip.php?article57->http://pointdebasculecanada.ca/spip.php?article57]
- We Muslims have work to o, par Salim Mansure, Toronto Sun, le 10 juin 2006 [http://www.torontosun.com/News/Columnists/Mansur_Salim/2006/06/10/1623710.html->http://www.torontosun.com/News/Columnists/Mansur_Salim/2006/06/10/1623710.html].
- Plus de 10 000 attentats terroristes islamiste depuis 9-11, [http://www.thereligionofpeace.com/->http://www.thereligionofpeace.com/
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Commentaires
Débat ou déni : le dilemme musulman, Même si leur interprétation de l’islam est pervertie, ça demeure une interprétation de l’islam.
Intéressant ce que dit ce Hassan Butt, mais déjà une auteure française bien connue et accusé d'islamophobie, (accusation facile), j'ai nommé Anne-Marie Delcambre a bien expliqué la construction mentale du fervent croyant musulman dans son livre La schizophrénie de l'Islam.
Michel

07:55
L'Islam réligion schizophrénique