Samedi 20 Mars 2010 | Dernière mise à jour: 20 Mars 2010

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Ayaan Hirsi Ali commente « The Suicide of Reason » par Lee Harris

9 Janvier 2008

Mots clés:

Lee Harris soutient que le fanatisme est le principe fondamental de l’Islam et que la vénération des occidentaux pour la raison en fait des proies faciles pour un prédateur sans pitié, malhonnête et agressif. Il anticipe la destruction de l’Occident par un lent « suicide » culturel. Il y a un côté urgent à son message qui cherche à confronter l’échec des leaders occidentaux à comprendre qu’ils sont en guerre contre un ennemi qui lutte selon la loi de la jungle. Ayaan Hirsi Ali n’est pas aussi pessimiste.

Traduction de l’article Blind Faiths, par Ayaan Hirsi Ali dans le New Yorks Times du 6 janvier 2008.

Traduction exclusive de Lagrette pour eXc

Plusieurs auteurs ont publié des livres sur la menace de l’Islam radical en Occident depuis cet infâme matin de septembre il y a six ans. Avec «The Suicide of Reason,» Lee Harris rejoint leurs rangs. Mais il se distingue en allant plus loin que la plupart de ses collègues : il considère la pire des possibilités — la destruction de l’Occident par l’Islam radical. Il y a un coté urgent à son écriture, un désir de secouer les dirigeants de l’Occident pour les réveiller, les mettre en face de leur échec à comprendre qu’ils sont en guerre avec un adversaire qui lutte selon la loi de la jungle.

Harris, l’auteur de «Civilization and Its Enemies: The Next Stage of History», consacre la plus grande partie de son livre à identifier et distinguer deux sortes de fanatisme. Le premier est le fanatisme islamique, un ennemi formidable dans la lutte pour la survivance culturelle. Selon Harris, ce fanatisme agit comme un «mécanisme de défense», en protégeant l’Islam des pressions d’un monde changeant et en lui permettant de se développer dans des territoires et des cultures où il était auparavant inconnu.
Avec peu d’exceptions, Harris voit l’expansion Islamique comme permanente. Bien que ce point soit discutable, il essaie courageusement de démontrer que l’entrée de l’Islam dans une autre culture produit des changements à chaque niveau, de la politique à l’individu : «Partout où l’Islam s’est répandu, il y a eu une transformation totale et révolutionnaire dans la culture de ceux qui ont été conquis ou convertis.»

En décrivant la nature impérialiste de l’Islam, Harris suggère qu’il est différent des empires romains, britanniques et français. Il voit l’impérialisme Islamique comme une expansion résolue de la religion elle-même; l’empire que l’Islam envisage est gouverné par Allah. Dans ce sens, l’idée de djihad est moins celle d’une lutte intérieure pour la paix et la justice mais plutôt une grande mission de conversion. On doit dire, pourtant que l’argument d’Harris est incomplet, puisqu’il n’adresse pas la propagation de Christianisme dans les empires romains, britanniques et français.

L’expansion de l’Islam est peut-être plus puissante que l’expansion des empires chrétiens (y compris Rome après Constantinople) parce que le concept de séparer le sacré du profane n’a jamais été acceptable dans l’Islam de la façon dont il l’a l’été dans le Christianisme. Les Romains, les Britanniques et les Français sont partis annexer de grandes parties du monde pour obtenir des gains terrestres ou matériels plutôt que pour la dominance spirituelle. Sous ces empires, on a permis au clergé de propager sa foi aussi longtemps qu’il n’a pas compromis les intérêts impériaux.

Harris continue en soutenant que le monde Musulman, puisqu’il est gouverné par la loi de la jungle, rend la survie du groupe fondamentale. Cela explique partiellement la volonté des Musulmans à devenir des martyrs pour le bien de la grande communauté, l’umma — des gens unis malgré les limites géographiques, les différences de cultures, d’héritages et de langues. Selon Harris, ce sens de la solidarité ne peut durer qu’avec l’arme du fanatisme, qui contraint chaque membre de l’umma à convertir les infidèles et menacer de mort ceux qui essaient quitter la religion. Ainsi, le but de la culture Musulmane, si différent de celui de l’Occident, est autant de préserver que de convertir et c’est ce qui lui permet de s’étendre à travers le globe.

Le deuxième fanatisme que Harris identifie est celui qui contamine les sociétés Occidentales; il l’appelle le «fanatisme de la Raison». La raison, dit-il, peut être fatale parce qu’elle aveugle les dirigeants Occidentaux quant à la vraie nature des cultures influencées par l’Islam. Les Occidentaux voient ces cultures simplement comme de différentes versions du monde qu’ils connaissent, avec des valeurs dominantes semblables à celles épousées par leur propre culture. Mais ceci, selon Harris, est une faute fatale. Cela implique que l’Occident se trompe dans son appréciation aussi bien de son histoire que de la vraie nature de son ennemi.

Cette erreur d’appréciation, nous dit Harris, n’est pas liée à une perspective politique particulière. Les libéraux et les conservateurs partagent pareillement cette misperception. Noam Chomsky et Paul Wolfowitz étaient d’accord, Harris écrit, quand ils disaient «on ne peut pas vraiment blâmer les terroristes, puisqu’ils sont simplement les victimes d’un mauvais système — pour Chomsky, l’impérialisme américain, pour Wolfowitz, les régimes corrompus et despotiques du Moyen-Orient.» C’est-à-dire que si la droite et la gauche ne sont pas d’accord sur les causes et les remèdes, elles négligent toutes les deux le fanatisme inhérent à l’Islam lui-même.

Suivant leur foi aveugle en la raison, ils interprètent le problème d’une façon qui leur est familière, pour trouver une solution qui colle avec leur doctrine de raison. Il en va de même pour des intellectuels proéminents tels que Samuel Huntington et Francis Fukuyama. Harris ne considère pas le fanatisme Islamique comme un déviance ou une folie qui affecte quelques Musulmans et en terrifie beaucoup. Il soutient plutôt que le fanatisme est le principe fondamental de l’Islam. «Les Musulmans sont, dès le premier âge, endoctrinés dans un code de honte qui demande un refus fanatique de tout ce qui menace de déstabiliser la suprématie de l’Islam,» écrit-il. Pendant les années durant lesquelles ce code de honte est inculqué aux enfants, le sens du collectif est mis en exergue au-dessus de l’individu et de ses libertés. Un bon Musulman doit renoncer à tout : ses biens, sa famille, ses enfants, même sa vie pour l’Islam. On apprend aux garçons en particulier à dominer et être implacable, ce qui a l’effet de créer une société de guerriers saints.

Par contraste, l’Occident a cultivé une philosophie d’individualisme, de raison et de tolérance et un système compliqué dans lequel chaque acteur, de l’individu à l’État nation, cherche à résoudre les conflits par les mots. Le système entier est construit sur l’idée de l’intérêt personnel. Cette philosophie rejette le fanatisme. Le mâle alpha est apaisé et élevé pour faire de dures études, trouver un bon emploi et planifier prudemment sa retraite : «pendant que nous en Amérique nous droguons nos garçons alpha avec de la Ritalin,» écrit Harris, «les Musulmans font tout pour encourager leurs garçons alpha à être résistants, agressifs et sans pitié.»

L’Occident a essayé de différentes manières de convertir, assimiler et séduire des Musulmans vers la modernité, mais, nous dit Harris, aucune de ces approches n’a réussi. Pendant ce temps, notre vénération pour la raison fait de nous des proies faciles pour un prédateur sans pitié, malhonnête et extrêmement agressif et contribue peut-être à un lent «suicide» culturel. Le livre de Harris est si intéressant qu’il est difficile de le poser et ses évaluations inquiétantes risquent d’empêcher le lecteur de dormir la nuit. Il a le mérite de soulever des questions sérieuses. Mais ses arguments ne sont pas entièrement solides.

Je ne suis pas d’accord, par exemple, que la façon de sauver la civilisation Occidentale de sa trajectoire de suicide est de remettre en question sa tradition de raison. En effet, malgré sa compréhension de l’augmentation du fanatisme en général et de sa manifestation Islamique en particulier, l’utilisation par Harris du terme «raison» est défectueuse.

Les Lumières, préoccupées autant par la liberté individuelle que par la nécessité d’un gouvernement laïc et limité, ont soutenu que la raison humaine est faillible. Ils ont compris que la raison est plus qu’une pensée juste rationnelle; c’est aussi un processus d’essai et d’erreur, la capacité d’apprendre à partir des fautes passées. On ne peut pas complètement apprécier les Lumières sans avoir fortement conscience de la fragilité de la raison humaine. C’est pourquoi les concepts comme le doute et la réflexion sont centraux à n’importe quelle forme de prise de décision basée sur la raison.

Harris est pessimiste d’une façon que les penseurs des Lumieres ne l’étaient pas. Il a une vue darwinienne de la lutte entre les cultures qui s’affrontent, critiquant l’Occident pour une philosophie d’égoïsme et il suit Hegel en affirmant que quand l’intérêt de l’individu heurte celui de l’état, c’est l’état qui devrait prédominer. C’est pourquoi il attribue une telle force au fanatisme Islamique. La collectivité de l’umma met l’intérêt commun au-dessus de celui du croyant individuel. Chaque Musulman est un esclave, d’abord de Dieu, ensuite du califat. Bien que Harris n’approuve pas cette subversion extrême du moi, on sent une pointe d’admiration dans ses descriptions de la solidarité féroce de l’Islam, son adhérence à la tradition et la volonté des Musulmans de se sacrifier pour le plus grand bien.

En plus, Harris loue l’exceptionnalisme américain et Hegel comme s’il n’y avait aucune contradiction entre les deux. Mais ce qui rend l’Amérique unique, surtout par contraste avec l’Europe, est sa résistance à la philosophie de Hegel et son concept d’un esprit mondial unifiant. C’est l’individu qui importe le plus aux États-Unis. Et plus généralement, ce sont les individus qui font les cultures et qui les cassent. L’évolution sociale et culturelle a toujours compté sur les individus — pour réformer, persuader, cajoler ou forcer. La culture est formée selon l’accord collectif d’individus. En même temps, il est essentiel que nous ne tombions pas dans le piège qui supposerait que la tactique de survie d’individus vivant dans les sociétés tribales — comme le mensonge, l’hypocrisie, le secret, la violence, l’intimidation, et cetera — est dans l’intérêt de l’individu moderne ou de sa culture.

Je ne suis pas née en Occident. J’ai été élevée avec le code de l’Islam et dès la naissance j’ai été endoctrinée dans un façon de penser tribale. Pourtant j’ai changé, j’ai adopté les valeurs des Lumières et par conséquent je dois vivre en rejetant mon clan natal aussi bien que la tribu Islamique. Pourquoi l’ai-je fait ? Parce que dans une société tribale, la vie est cruelle et terrible. Et je ne suis pas seule. Les musulmans ont émigré en Occident en masse depuis des décennies maintenant. Ils sont à la recherche d’une meilleure vie. Pourtant leurs contraintes tribales et culturelles ont émigré avec eux. Et le multiculturalisme et le relativisme moral qui règnent en Occident s’en sont accommodés.

Harris est correct, je crois, quand il dit que beaucoup de dirigeants occidentaux ont de gros problèmes de compréhension au sujet du monde Islamique. Ils sont déplorablement mal informés et n’ont souvent pas la volonté d’affronter la nature tribale de l’Islam. Le problème n’est pourtant pas trop de raison, mais trop peu. Harris manque aussi d’adresser les ennemis de la raison en Occident : la religion et le mouvement Romantique. C’est par refus de la religion que les Lumières ont émergé; le Romantisme était une révolte contre la raison.

Le mouvement Romantique et la religion organisée ont tous les deux contribués beaucoup aux arts et à la spiritualité de l’esprit Occidental, mais ils partagent une hostilité à la modernité. Le relativisme moral et culturel (et leur manifestation populaire, le multiculturalisme) sont les caractéristiques des Romantiques. Soutenir que la raison est la mère du désordre actuel dans lequel l’Ouest se trouve, c’est rater l’impact important que ce mouvement a eu, d’abord en Occident et peut-être encore plus profondément en dehors de l’Occident, particulièrement dans les pays Musulmans.

Ainsi, ce n’est pas la raison qui s’accommode et encourage la persistance de la ségrégation et du tribalisme dans les populations Musulmanes immigrées en Occident. C’est le Romantisme. Le multiculturalisme et le relativisme moral promeuvent une idéalisation de la vie de tribu et se sont montrés imperméables à la critique empirique. Les reproches que je fais aux dirigeants occidentaux sont différents de ceux de Harris. Je les vois gaspiller une belle opportunité de rivaliser avec les agents de l’Islam radical pour les esprits des Musulmans, surtout ceux qui vivent dans leurs frontières. Mais pour saisir cette opportunité, ils doivent permettre à la raison de prédominer sur le sentiment.

Arguer, comme Harris semble le faire, que les enfants, nés et élevés dans des cultures superstitieuses qui prisent le fanatisme et créent des phalanges de mâles alpha, sont condamnés — et condamnent les autres — à une existence gouvernée par la loi de la jungle, c’est ignorer les leçons du passé propre à l’Occident. Il y a eu des périodes où l’Occident était moins que noble, quand il s’est livré aux croisades, à l’Inquisition, quand il brûlait les sorcières et faisait des génocides. Beaucoup d’Occidentaux qui étaient nés dans la loi de la jungle, avec ses mâles alpha et femmes soumises, ont depuis découvert la culture de la Raison et l’ont adoptée. Ils sont même — et cela devrait sûrement soulager Harris d’un peu de son pessimisme — disposés à mourir pour cela, peut-être même avec le même fanatisme que les jihadists prêts à mourir pour leur tribu. Bref, bien que ce conflit soit incontestablement une lutte mortelle entre cultures, ce sont les individus qui en détermineront le résultat.

Source: Blind Faiths, par Ayaan Hirsi Ali, New York Times, 6 janvier 2008

Traduction exclusive de Lagrette pour eXc

http://ayaanhirsiali.web-log.nl/ayaanhirsiali/franais/index.html


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Commentaires

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12 commentaires

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Brahim

9 Janvier 2008
11:16

Ayaan Hirsi Ali commente « The Suicide of Reason » par Lee Harris

Je suis musulman - de convention plus que de conviction comme j'aime à le dire. En fait, je suis athée mais certainement de manière beaucoup plus confidentielle dans mon entourage, très pratiquant, qu'on ne peut l'être dans l'univers moderne occidental, je suis prêt à en convenir.

Cependant, je ne vois rien dans mon environnement ni dans l'éducation des enfants, garçons ou filles, qui justifie la paranoïa anti-musulmane de Lee Harris. Sans doute Ayaan Hirsi Ali a-t-elle eu une expérience beaucoup plus douloureuse de son ancienne religion, ce qui peut expliquer une certaine sympathie pour l'auteur.

Moi, par contre, si ce compte rendu est fidèle, j'y voie un prodigieux "n'importe quoi" qui ne tient nullement compte de l'immense diversité des peuples, de l'histoire, de la géographie, de la culture, etc... de l'islam pour n'en retenir que ce qui correspond à l'ambiance sulfureuse de l'actualité. Je ne peux bien sûr pas réfuter en quelques lignes les arguments d'un livre que je ne lirai pas, mais tout de même, comparer dans ce résumé l'impérialisme occidental et l'impérialisme "théologique" islamique en des termes aussi farfelus me parait délirant.

Quant au fanatisme inhérent à l'islam, il faudra en reparler quand la majorité des musulmans cessera de vivre dans des conditions de vie misérables dont l'impérialisme occidental n'est pas innocent - et j'insiste, même si cette réalité est souvent balayée d'un revers de la main comme insuffisante pour expliquer les attentats suicides - pour accéder au minimum de dignité humaine nécessaire à un véritable débat sur la place de la religion dans la société. Je rappelle d'ailleurs que sur cette question, je reste fondamentalement un athée.


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Québécoise

9 Janvier 2008
11:32

Ayaan Hirsi Ali commente « The Suicide of Reason » par Lee Harris

Il y a certainement une grande diversité au sein de l’islam. La confidentialité de votre athéisme est révélatrice… j’imagine que vous craignez d’être accusé d’apostasie et de subir le rejet par votre famille et votre communauté, et peut-être même d’être victime de violence et de meurtre.

Pour moi, quel que soit votre vision de l’islam, ce que j’observe ici, au Québec, c’est l’impact de cette religion sur notre culture. Les musulmans d’ici luttent sur 3 fronts : la laïcité des institutions, l’égalité des femmes, et la liberté d’expression. Ils font le même combat partout en Occident. Il faut résister à ces attaques contre nos valeurs.

L’impérialisme occidental dont vous parlez… c’est un autre sujet. Et d’ailleurs en quoi céder aux demandes des islamistes présents partout en occident, et ici au Québec, aidera-t-il d’un iota la cause des musulmans dont vous parlez et qui seraient victimes de l’impérialisme occidental. Comme s’ils n’avaient aucun ressort propre, qu’ils étaient totalement impuissants et qu’ils n’avaient aucune responsabilité dans la misère qui les afflige

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la kahina du djurdjura

9 Janvier 2008
14:40

Ayaan Hirsi Ali commente « The Suicide of Reason » par Lee Harris

monsieur brahim,
vous n'etes pas si athée que ça, vous etes juste un musulman refoulé et je comprends pourqoui vous ne voulez pas lire l'ouvrage de ce monsieur. les arguments forts pertinents qui en ressortent et qui dévoilent la nature pernicieuse de l'islam vous inciteront à vous solidariser avec cette religion et donc dévoiler votre identité musulmane que vous niez . quant à la misére noire dont laquelle vivent beaucoup de musulmans, vous ferez mieux d'aller interroger tous ces dictateurs et tyrans corrompus qui gouvernent sous le ciel d'allah

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Tromso

9 Janvier 2008
15:36

Ayaan Hirsi Ali commente « The Suicide of Reason » par Lee Harris

Expliquez nous donc pourquoi les latinos-américains et africains non-musulmans qui pourtant ne vivent pas dans l`abondance ne massacre pas leur voisins avec des ceintures explosive!

Vos arguments ne tienne pas la route!

C`est bien la haine religieuse qui motive les islamistes!

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Annie Lessard

9 Janvier 2008
16:22

Ayaan Hirsi Ali commente

Brahim... "Quant au fanatisme inhérent à l’islam, il faudra en reparler quand la majorité des musulmans cessera de vivre dans des conditions de vie misérables"...

Pourquoi attendre? Il y a aussi des fanatiques musulmans chez des gens riches et très éduqués en Occident. Le fanatisme ne disparaîtra pas même avec la richesse. Il y aura toujours quelque part dans le monde un irritant qui allumera les fanatiques, que ce soit un nounours, des versets, des caricatures, un livre critique sur l'islam, une phrase du Pape, et la liste peut s'allonger à l'infini.

Non, il faut qu'on se mobilise et qu'on lutte proactivement contre l'impérialisme islamique chez nous.

Maintenant.

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9 Janvier 2008
22:26

Ayaan Hirsi Ali commente

"Musulman refoulé", ""pas si athée que cela", "effrayé par la possibilité de violence et le meurtre", le débat raisonnable ne semble pas plus l'apanage de l'occident moderne que de l'islam obscurantiste quand de tel "apriori" se manifestent. Que dire encore sans risquer l'anathème qui met en doute la sincérité de mes propos et ma liberté d'esprit?

Je ne m'étendrai donc pas plus sur ce genre de commentaires. Je voudrais juste souligner que, en tant qu'athée, avec sans doute d'après certains dont je me permets de mettre en doute l'honnêteté intellectuelle, une sympathie islamique refoulée, je crois que le fanatisme religieux n'est pas une particularité de l'islam. C'est presque un truisme et l'histoire du christianisme en témoigne amplement. A mes yeux, s'il s'est adouci quelque peu de nos jours c'est suite au long combat mené par les sceptiques et les incroyants au cours des trois derniers siècles et au triomphe de la science qui pour moi est totalement incompatible avec toute forme de religion.

Les religieux en occident se trouvent donc sur une position de repli, mais lâcher leur la bride et nous verrons bien ce qui se passera. L'exemple de la droite religieuse apocalyptique aux États-Unis, qui n'a rien à envier à Ben Laden pour ce qui est d'exterminer l'adversaire, me parait suffisamment éloquent quand elle se rapproche du pouvoir.

Enfin, quand à la responsabilité des musulmans (ce terme même commence à m'agacer tant il regroupe un immense diversité) dans leur profonde misère, un peu d'histoire du XXème siècle suffit à éclairer sur la manière dont ont été traitée par les américains les tentatives de réformes modernes et laïques (Mossadegh en Iran pour ne citer qu'un exemple) et que tous ces fameux régimes corrompus sont d'abord des alliés de l'occident.

Pour terminer, encore un mot sur les attentats suicides qui ne sont pas l'apanage des islamistes mêmes si je suis prêt à reconnaitre qu'ils ont pris une ampleur particulière dans l'actualité. Il suffit de rappeler que le terme même de kamikaze est japonais et que les tigres tamouls en ont aussi fait leur spécialité. De plus, beaucoup d'assassinats politiques aux XIXème et XXème siècle furent commis par des exécutants qui savaient très bien qu'ils prenaient de la sorte un aller simple pour l'au delà.

Brahim

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Annie Lessard

10 Janvier 2008
01:19

Ayaan Hirsi Ali commente

Brahim,

Extraits d’une entrevue avec le philosophie René Girard, Le Devoir du 30 décembre 2007. Girard a récemment publié « Achever Clausewitz »
http://www.ledevoir.com/2007/12/29/170237.html

« De plus, une chose que nous n'avons pas encore pensée, nous Occidentaux, c'est la différence essentielle entre l'héroïsme guerrier et le terrorisme kamikaze. Devant des risques très grands et des possibilités de survie très faibles, le premier est capable d'agir. L'autre a la certitude de mourir. La dissuasion est fondée sur la peur de se détruire soi-même, même en détruisant l'adversaire. Mais ces nombreux hommes prêts à mourir de façon absolument certaine pour tuer leurs semblables puisqu'ils deviennent eux-mêmes des explosifs... C'est une situation sans précédent dans l'histoire.

Les kamikazes, au Japon, c'était un groupe aristocratique et très limité.

L'islam, certainement, ne considère pas la violence comme le christianisme. La violence, si vous voulez, au nom de l'islam, à partir de l'islam, est justifiée par le Coran. »

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Tromso

10 Janvier 2008
06:58

Ayaan Hirsi Ali commente

A mon avis il y a clairement une lourde responsabilité de la part de nombreux oulémas qui ont profité de la situation pour se faire une réputation avec des fatwas débiles qui justifiaient n`importe quoi. C`est la fitna! Je ne crois pas que l`on peu comparer les exces du christianisme a ce qui se passe en ce moment. L`Inquisition a aussi beaucoup été le résultat de la lutte interne au christianisme entre les protestants et les catholiques en Europe elle ne visait pas l`Islam a part la reconquete du territoire espagnol conquis par les musulmans. La droite évangélique américaine ne tue pas personne meme si elle va a l`exces! Je suis d`accord avec vous pour dire que si une religion n`est pas controlée elle peut devenir dangereuse si elle est instrumentalisée! Les pays d`Islam n`ont pas eu une Histoire facile, souvent a cause de leur position géopolitique, invasions et destructions a de nombreuse époque, par les mongols par exemple. Ils ne sont pas les seuls pays comme cela, la Russie, les Balkans, l`Europe de l`est, la Chine sont un peu semblable dans leurs Histoire, cependant la question des valeurs et de la religion est centrale dans les malheurs du monde musulman a mon avis. C`est bien la religion musulmane ou tout est interdit (Haram) et complexe pour rien qui est un immense boulet. La religion musulmane doit se réformer pour mieux avancer comme le choc du protestantisme a fait avancer l`église catholique.

Il y aura de l`espoir quand un grand nombre de musulmans seront pres a réformer la religion, alors les obscurantistes n`y pourront plus rien! Ce n`est pas gagné d`avance parceque c`est seulement par l`éducation rationelle que les mentalités changeront!

Bonne journée!

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11 Janvier 2008
03:27

Ayaan Hirsi Ali commente

Après lecture du dernier commentaire de Brahim on ne peut se défendre d'un sentiment de malaise. Son "athéisme" je le reconnais est une "carte de visite" respectable, elle rehausse sa crédibilité et lui attire invariablement la sympathie, comment ne pas se sentir solidaire d'un apostat qui risque la mort à cause de ses convictions? Mais quand il nous dit: "le débat raisonnable ne semble pas plus l’apanage de l’occident moderne que de l’islam obscurantiste quand de tel "apriori" se manifestent" on distingue tout de suite le message adressé à ses interlocuteurs québécois et par dessus leurs têtes à l'occident moderne, ils ne valent pas plus cher que l'islam obscurantiste! Vraiment? On trouve ici la parade classique des gauchistes, quand ils sont en mal d'arguments ils tentent de discréditer leurs interlocuteurs. Le fait est que pour les commentateurs et j'en suis, l'athéisme de Brahim ne semble pas authentique, il s'agit bien sûr d'une impression qui se dégage à la lecture de ses commentaires, il y a très peu d'adéquation entre son discours et ce qu'il prétend être. On ne le croit pas parce qu'il n'est pas crédible.

Brahim nous dit: "le fanatisme religieux n’est pas une particularité de l’islam." Il veut dire par là que le fanatisme religieux n'est pas un monopole de l'islam, une façon comme une autre de le minimiser pour entreprendre immédiatement le procès du christianisme, parade classique qui consiste à mettre les projecteurs sur la paille dans l'oeil du voisin pour détourner l'attention de la poutre qu'on porte dans le sien. Et tout ça déclaré par un apostat de l'islam! On peut bien entendu se permettre de douter de la sincérité de son apostasie. S'il était aussi honnête qu'il prétend être il reconnaitrait qu'en ce qui concerne notre époque (ici et maintenant) c'est l'islam qui remporte et de loin le championnat toutes catégories de l'intolérance et du fanatisme.

Brahim dit:"Les religieux en occident se trouvent donc sur une position de repli, mais lâcher leur la bride et nous verrons bien ce qui se passera" Brahim veut nous convaincre que les religieux en occident et les islamistes c'est bonnet blanc, blanc bonnet. Son affirmation s'applique très bien aux islamistes, l'histoire récente le confirme, tous les gouvernements musulmans ont tenté de les tenir en laisse, durant les "mauvaises années" les islamistes ont adopté des positions de repli et ont attendu leur heure, mais bride relâchée ou non ils ont, depuis 25 ans, pris le mors aux dents et font actuellement plein de dégâts. Pour ce qui est des différentes Églises, le moins qu'on puisse dire est qu'elles sont libres d'oeuvrer sans restrictions dans le champ spirituel, il y a très peu de risque qu'elles reviennent dans le domaine de la santé et de l'éducation là où elles ont déjà joué un rôle important du fait que l'état y brillait par son absence. Sur le plan politique la force des Églises dépendait de son emprise sur les fidèles et de sa capacité à les convaincre de voter du bon bord, or même à l'époque où elles étaient influentes aucune élection dans aucun pays occidental n'a été influencée d'une manière décisive par l'Église ou par les religieux. On fait grand cas du vote de la droite religieuse aux États Unis mais c'est davantage à cause de la mobilisation de ses adhérents et non de leur nombre d'une part et de l'incapacité de la gauche et du centre à mobiliser leurs sympathisants d'autre part; les absents ont souvent tort.

Autre citation: "L’exemple de la droite religieuse apocalyptique aux États-Unis, qui n’a rien à envier à Ben Laden". Argument gauchiste par excellence dont la fausseté n'a d'égal que l'aplomb avec lequel on le profère. On risque d'attendre longtemps avant de voir la droite religieuse poser des bombes, se faire exploser dans les mosquées ou dans les marchés surpeuplés des pays musulmans, assassiner les femmes qui ne se voilent pas, égorger des otages et diffuser sur internet les vidéos des crimes, fanatiser des médecins et des femmes enceintes et les pousser à commettre des attentats etc. Décidément la droite religieuse américaine a bon dos, curieusement ceux qui la dénigrent même aux États Unis se montrent infiniment moins généreux qu'elle envers les pauvres et les déshérités de ce monde, un grand nombre d'américains qui font de l'entraide bénévolement dans leur pays et dans les pays pauvres appartiennent à la droite religieuse, on peut bien entendu trouver leur système de croyance simpliste et borné mais on ne peut pas les accuser de manquer de charité.

"...la manière dont ont été traitée par les américains les tentatives de réformes modernes et laïques (Mossadegh en Iran pour ne citer qu’un exemple)" Et cet exemple (et il n'y en a pas d'autres) est bien mauvais Mossadegh n'était ni moderne ni laïque c'était tout le contraire, il était conservateur, allié des mollahs et des grands propriétaires terriens, il n'a fait aucune réforme moderne, il s'est contenté de nationaliser bêtement la Anglo-iranian oil compagny à une époque où le pétrole était surabondant, il ne détenait aucun contrôle ni sur sa commercialisation ni sur son transport et il était de surcroît très dépendant de la technologie occidentale pour sa prospection et son extraction. Par nationalisme aveugle il s'est tiré dans le pied. C'est le Chah qui a été le vrai (et le seul) réformiste moderne de l'Iran, il a distribué les terres aux paysans, a grandement développé l'enseignement et a accordé des droits aux femmes, c'est d'ailleurs la raison pour laquelle il s'est mérité l'hostilité des mollahs.

Et une autre affirmation démentie par les faits: "...tous ces fameux régimes corrompus sont d’abord des alliés de l’occident." Exemples: le régime des mollahs en Iran, celui des islamistes au Soudan, celui du Hamas à Gaza, celui de l'autorité palestinienne sous Arafat, le gouvernement baasiste de Syrie, la Jamahirieh de Kadhafi en Lybie, le gouvernement Bouteflika en Algérie, la dictature irakienne du temps de Saddam, et l'Afghanistan du temps des talibans. On peut élargir l'éventail pour inclure des pays non musulmans comme le Zimbabwe de Mugabe, Cuba de Castro et le Venezuela de Chavez. Le fait est que ces dictatures ou ces régimes tyranniques sont saintement autochtones, ils ne sont en rien les alliés de l'occident. Un des points que l'on oublie concerne le système de socialisme d'état institué dans les pays arabes. Ce système les a littéralement ruiné alors qu'il engraissait la caste des nouveaux possédants particulièrement ceux issus des forces armées. Nasser, Sadate Moubarak Assad et Kadhafi sont d'anciens officiers ou fils d'officiers. Il faut aussi considérer à sa juste valeur la contribution de ces gouvernements à la montée de l'islamisme, non seulement en créant le vide par la liquidation des partis politiques traditionnels mais aussi par l'utilisation abusive des thèmes islamistes afin de couper l'herbe sous le pied des islamistes eux-mêmes. C'est ainsi que la "tyrannie laïque" s'est allègrement islamisée entraînant par le fait même l'islamisation de l'appareil étatique.

Le cas de l'Arabie Saoudite, royaume corrompu par excellence et source principale de l'islamisme et du Jihad, illustre à lui seul le double discours que l'islam tient à l'endroit de l'occident, et c'est vrai que ce royaume est allié de l'occident sur le plan politique et économique mais c'est un allié qui à bien des égards est plus dangereux que bien des ennemis. L'occident en est de plus en plus conscient, cependant le contexte géopolitique et le risque de voir un gouvernement islamiste franchement hostile remplacer la monarchie actuelle, fait en sorte que l'on s'en accommode faute de mieux.

"...les attentats suicides qui ne sont pas l’apanage des islamistes." Les kamikazes japonais pilotaient des avions militaires identifiés comme tels et attaquaient des objectifs militaires soit des bâtiments de guerre alliés, Ils ne commettaient pas d'attentats contre des civils. Au risque de me répéter ils n'envoyaient pas leurs avions contre des tours à bureau occupés, et ne se faisaient pas exploser dans les lieux de prière, les pizzérias, les cafés, les hôtels, les transports en commun, les marchés publics dans le simple but de faire le maximum de victimes.Et il ajoute:"... je suis prêt à reconnaitre qu’ils (les attentats suicides) ont pris une ampleur particulière dans l’actualité..." On devrait le féliciter de cet aveu, mais est-il prêt à les condamner sans équivoque? Non! Il les place sur le même pied que les assassinats politiques, une autre façon de les minimiser et d'occulter le fait que les attentats suicide ont pout but de tuer le maximum de personnes, provoquer la terreur et perturber gravement la vie des gens.

Chassez le naturel il revient au gallop, Brahim se dit athée, grand bien lui fasse, mais il prend la défense de l'islamisme avec autant de conviction que s'il était islamiste. S'il était sincère il n'aurait pas raté cette occasion d'échanger pour mieux renseigner les lecteurs sur les dangers qui le guette autant sinon plus que nous.

Helios d'Alexandrie

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Yacub al-Buar (sous-traitant atitré de Jack Bauer)

19 Janvier 2008
10:02

Ayaan Hirsi Ali commente

"Le fait est que pour les commentateurs et j’en suis, l’athéisme de Brahim ne semble pas authentique" (sic)

C'est l'inquisition, sur ce site !

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Helios d'Alexandrie

21 Janvier 2008
12:14

Ayaan Hirsi Ali commente

Citation,

"C’est l’inquisition, sur ce site !"

Non c'est le "déculottage" des islamistes et de leurs faire-valoir. C'est pourquoi ils prennent la poudre d'escampette sans demander leur reste.

Helios d'Alexandrie

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Helios d'Alexandrie

9 Janvier 2008
23:22

Ayaan Hirsi Ali commente « The Suicide of Reason » par Lee Harris

La civilisation occidentale est et restera une source d'inquiétude pour l'islam. Les pays musulmans ne peuvent se moderniser sans s'occidentaliser, ils ont le choix entre l'arriération perpétuelle au sein de l'islam ou le progrès en dehors de lui, leur fantasme est de détruire la civilisation occidentale après avoir vampirisé son patrimoine scientifique et technique.

Tant que l'occident vivra l'islam se sentira en danger. Malgré la veulerie des politiciens, de nombre d'intellectuels et de l'ensemble des faiseurs d'opinion, malgré la politique d'apaisement agressivement poursuivie, les fanatiques musulmans vivent dans l'angoisse, ils voilent leurs femmes, se recroquevillent dans une observance obtuse de leur religion, explosent en manifestations de haine et ne savent plus quoi faire pour ne pas se laisser contaminer.

C'est pourquoi ils ne seront jamais en paix tant que la flamme de la civilisation restera vivante. Pour les vaincre il suffit de la maintenir à l'intérieur de nos frontières et c'est là le combat de tout le monde, un combat d'idées mais aussi une résistance courageuse qui signifie dans le concret la défense et l'illustration de nos valeurs.

Helios d'Alexandrie


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