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La peur d'Yves Boisvert

11 Mai 2007 par Marc Lebuis

Mots clés: caricatures, cartoon, peur, censure, auto-censure, menaces, liberté d'expression, Jaziri,

“… je regrette de ne pas avoir dit : nous avions peur. Peur d'un fou de Dieu…”

Yves Boisvert, La Presse, le 27 avril 2007


(Lire la chronique en entier.) ou en cliquant ici

M. Boisvert,

Lire vos propos m’indigne profondément.

Je me sens trahi par votre raisonnement. Pourquoi assumez-vous le rôle de journaliste? Le journaliste n'est-il pas le « chien de garde » de la démocratie ? Vos propos démontrent que vous avez suicidé l’idéal du journaliste en vous (s’il a déjà existé). Vous venez de faire la démonstration, dans votre texte, du plus odieux des Accommodements RAISONnable (et cessons d’attribuer ces accommodements qu’à des instances juridiques svp).

Le journaliste a un rôle aussi important et dangereux que celui du policier, du pompier et du soldat… Il suffit de survoler les pages du site de Reporters sans frontières pour se le rappeler[[
Reporters sans frontières
]].

Ne pas en faire le parallèle est un triste constat, en fait c’est consternant.

Les soldats ont des familles

Les pompiers ont des familles

Les policiers ont des familles

Le 11 septembre 2001 à New York, ils ont agi et ils ont assumé sans hésitation leur rôle.

Trop de pays actuellement ne peuvent même pas rêver d’avoir des « héros » aussi dévoués.

En fait, les citoyens craignent souvent la police, l’armée et d'autres encore…
Les journalistes de reporters sans frontières sont comme les pompiers du 9-11 (qui représentent 10% des 3 000 « assassinés » ). Comme eux, ils ont assumé leur rôle et leur responsabilité. Comme eux plusieurs sont morts dans l’exercice de leur vocation. Pour les pompiers, c’était sauver des vies. Pour les journalistes, c’était incarner la liberté d’expression.

LE 9-11 DES JOURNALISTES

Lors de l’affaire des caricatures, les journalistes ont été confrontés à leur 9-11, au « test » de la vocation journalistique ! Voilà que pour une rare fois, la communauté musulmane s’est indignée « unanimement » pour de simples petits dessins de mauvais goût, et a exigé rien d’autre que la censure (plutôt que l’arrêt des massacres au Soudan, des décapitations en Thailande, de la mise à mort de femmes et hommes adultères, etc.).

Quelle ironie de lire vos propos lorsque des journalistes « égyptiens », par solidarité à l’idéal de la liberté d’expression, sont emprisonnés pour avoir transgressé volontairement la loi. [a] Ces journalistes égyptiens, yéménites et jordaniens ont trouvé pertinent de publier les « authentiques » caricatures…à l’inverse des principaux médias québécois. Je ne sais quoi dire de plus…

Peut-être saisissent-ils la profondeur et la valeur fondamentale de la « liberté » au point de « transgresser » des lois que nous, ici, n’avons pas à subir afin « d’assumer » cette Liberté. Dans ces pays ou la « liberté de presse » est limitée, contrôlée et où les droits de l’homme et ceux des minorités sont loin d’être respectés, ces journalistes ont encore du courage.

Comment le journaliste peut-il imaginer qu'une censure soit acceptable ? Mais surtout, depuis quand ! La publication des caricatures se justifiait non plus seulement pour ce quelles représentaient (une bafouille à Mahomet) mais comme un élément essentiel pour comprendre une crise entre Occident et monde musulman.

Peut-être serait-il temps, en effet, de penser à votre famille et vos proches, vos collègues et surtout, à l’intérêt supérieur de vos lecteurs. Admettez que vous ne pouvez plus assumer les « risques » intrinsèques qui viennent avec le métier de journalisme.

L’erreur est humaine, on a tous nos moments de faiblesse, et si vous prenez conscience de votre contribution volontaire à cette erreur flagrante (justifier l’inaction par votre peur), peut-être maintenant, aurez-vous encore l’audace, le panache et la motivation de vous joindre à vos collègues égyptiens, jordaniens et yéménites avec le sentiment que ce métier est une arme qui permet de combattre la tyrannie, la souffrance et l’injustice.

Lors d'un débat opposant Philippe Val à Patrice Brodeur, le titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur l'islam, le pluralisme et la mondialisation, j'ai appris que les leaders des médias québécois avaient rencontré à huis clos les représentants (non élus) de la communauté musulmane pour discuter de leur position concernant la publication des caricatures. Ce traitement privilégié fait en cachette m’indigne à tous les niveaux.

Réalisez-vous que lors de cette rencontre à huis clos, vous avez suivi les conseils d’islamistes en habits de modérés? Réalisez- vous que vous aviez affaire à des porte-parole d’organisations aux allégeances troublantes, qui supportent entre autres l'instauration de la charia au Canada?

Vous êtes-vous seulement demandé qui était :
-*Les porte-parole de CAIR Canada [b],
-*L’imam autoproclamé Said Jaziri [c]
-* Le leader du Conseil musulman de Montréal, Salam Elmenyawi [d] ?

Pouvez-vous dire de quelle autorité ces gens parlaient au nom de la communauté musulmane?

Qui étaient ces porte-parole qui ont tous l’oreille attentive d’un « expert » comme Patrice Brodeur (lui aussi « ouvertement » pour la charia)? [e] Ai-je besoin de vous dire que ces gens et leurs organisations sont financées par des intérêts étrangers douteux comme la députée Fatima Houda Pépin l’expose elle-même? [f]

Il s’agissait d’une véritable campagne de « sensibilisation » qui camouflait des intentions de censure. Seriez-vous tombé sous le charme de ces soi disant musulmans modérés?

Ce n’est pas de « sensibilisation » dont nous avons besoin, mais de vérité, de journalistes de talent pour décrire la « réalité » et faire confiance à notre intelligence et à notre sens civique. La censure et l’autocensure ne font que cacher ce qui doit être exprimé. Toute censure est une menace fondamentale. Cacher et mentir définissent la peur. Ce ne sont ni des droits ni une liberté d’expression !

Si la peur ne vous permet pas d’assumer le rôle de journaliste, changez de métier !

  • Voir [Brussel Journal->http://www.brusselsjournal.com/node/792/print], [Reporters sans frontière, Jordanie->http://www.rsf.org/article.php3?id_article=17855] et [Reporters sans frontière, Yémen->http://www.rsf.org/article.php3?id_article=19906]
  • [New York Post->http://fr.danielpipes.org/article/1846] et [Daniel Pipes Weblog->http://www.danielpipes.org/blog/394]
  • [wikipedia->http://fr.wikipedia.org/wiki/Sa%C3%AFd_Jaziri]
  • (Lire Montréalistan) et [NIT->http://www.nti.org/e_research/profiles/Pakistan/Nuclear/5593_6277.html]
  • voir [Marie-France Bazeau en sept. 2005 -> http://www.radio-canada.ca/radio/indicatifpresent/chroniques/63805.shtml]
  • [Le Devoir->http://www.ledevoir.com/2006/06/08/111125.html]


[Accommodements, Politique et démocratie]


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Commentaires

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1 commentaire

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arnaud

15 Mai 2007
11:11

La Peur de Yves Boisvert

Bonjour,

L'avantage de la peur c'est qu'elle mène à deux chemins et rend donc le peureux très prévisible. Le premier chemin est celui de la soumission, le second celui d'une rebellion apeurée. Le point commun des deux réactions est de vider la personne de toute conviction. La solution réside dans des convictions et des idée partisanes (il y en a suffisemment inutile de les détailler).
Un peu comme un bateau devant une grosse vague sans quille pas d'avenir.


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