Dimanche 21 Mars 2010 | Dernière mise à jour: 20 Mars 2010

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Égalité des femmes et des hommes

Le Forum des femmes juristes appuie le renforcement des droits des femmes

13 Février 2008 par Annie Lessard

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Après la prise de position stupéfiante du Barreau du Québec et du Jeune barreau du Québec qui se sont prononcés contre le projet de loi de la ministre de la Condition féminine Christine St-Pierre visant à modifier la Charte des droits du Québec pour renforcer les droits des femmes, notamment lorsqu’il y a conflit avec la liberté de religion, le «Forum des femmes juristes de l’Association du barreau canadien» apporte un appui sans réserve au projet de loi. L'équipe de Point de BASCULE appuie également ce projet de loi sans réserve.

Nous reproduisons les larges extraits de la transcription de l'intervention de la présidente du Forum, Me Julie Latour, lors de sa comparution devant la commission parlementaire de l'Assemblée nationale du Québec qui tient présentement des consultations sur ce projet de loi. La transcription est affichée sur le site sisyphe.org Me Julie Latour a rappelé les dates charnières de la reconnaissance juridique des femmes au Québec, et dit que ce projet, «concis et clair», corrigeait une omission à la Charte datant de 1975 et devrait obtenir l’adhésion de tout le monde.

Nous vous invitons à consulter les autres articles pertinents sur notre site, en cliquant sur les liens au bas de la page.


Projet de loi 63 - Un projet concis et clair qui corrige une omission

12 février 2008


M. le Président, Mme la ministre, Mmes et MM. les parlementaires, c’est à titre de citoyenne, d’avocate et de coprésidente du Forum des femmes juristes de l’Association du Barreau canadien, division Québec, que je m’adresse à vous. Je suis également le bâtonnier sortant du Barreau de Montréal.

Alors, nous, les avocates membres du forum, nous sommes conscientes de l’importance du moment, de sa valeur historique, puisque le projet de loi n° 63 marque pour la première fois la reconnaissance officielle, dans la Charte québécoise, de la valeur d’égalité entre les femmes et les hommes. L’égalité entre les femmes et les hommes constitue une valeur publique, fondatrice du Québec moderne. Elle définit le Québec comme société ouverte et démocratique, reflète son souci de justice sociale et favorise son essor économique et social. Nous estimons que ces modifications auraient dû faire partie intégrante de la Charte québécoise dès son adoption, en 1975, à l’instar des dispositions similaires de la Charte canadienne des droits et libertés. Il s’agit donc simplement de corriger une omission, et ce qui est proposé ici, avec clarté et concision.

La Charte québécoise fait coexister différentes libertés et droits fondamentaux, certains de portée individuelle, d’autres de portée collective, qui doivent s’articuler autour des valeurs fondamentales structurantes de notre société. L’article 9,1 de la Charte québécoise énonce d’ailleurs que les libertés et droits fondamentaux s’exercent dans le respect des valeurs démocratiques, de l’ordre public et du bien-être général des citoyens du Québec. Alors, les droits et libertés ne sont pas dans un vacuum, mais s’articulent autour des valeurs sociétales. Le Québec comme société moderne existait avant l’avènement de la Charte des droits et libertés, et la Charte des droits et libertés doit continuer de véhiculer ces valeurs.

Par les modifications proposées au projet de loi, le gouvernement du Québec et par lui tous les citoyens qui le composent se donnent les moyens de mettre de l’avant et de protéger cette valeur pilier de notre société qui incarne l’égalité entre les hommes et les femmes. Ces modifications relèvent également du devoir impératif de l’État, à titre de législateur de donner aux tribunaux les outils nécessaires afin de leur permettre d’interpréter la loi et la charte en tenant compte des valeurs publiques fondamentales de notre société.

Les femmes ont été partie prenante de l’édification du Québec et des avancées législatives et sociales qui définissent le Québec contemporain. Faut-il le rappeler, les femmes ne constituent ni un groupe restreint ni une minorité, mais bien la moitié du genre humain. Ainsi, les modifications qui sont suggérées pour rehausser la protection juridique accordée à l’égalité entre les sexes bénéficieront à toutes les femmes du Québec, quelle que soit leur origine.

Quelques mots sur le forum. Alors, les signataires du mémoire sont des avocates d’expérience dont les domaines de pratique sont variés allant du droit civil au droit commercial, du droit de la famille au droit constitutionnel et qui sont engagées à divers titres pour l’avancement du droit et de leur profession. L’Association du Barreau canadien a fait figure de précurseur dans la promotion de l’égalité des sexes par le percutant rapport, publié en 1993 par le groupe de travail présidé par feue l’honorable Bertha Wilson de la Cour suprême du Canada, intitulé Les assises de la réforme : Égalité, diversité et responsabilité dont les répercussions demeurent tangibles 15 ans plus tard.

La valeur d’égalité entre les femmes et les hommes qui définit le Québec moderne fut acquise auprès d’efforts conjugués et soutenus de nombre d’hommes et de femmes dans l’ombre et sur la place publique sur plusieurs décennies. L’histoire nous enseigne que les résistances à la reconnaissance des femmes et à leur pleine participation à la sphère publique ont été tenaces et profondes. C’est au terme d’inlassables efforts que cette quête à la fois juridique, sociale et politique put enfin se concrétiser. Nos acquis d’aujourd’hui sont le fruit de l’engagement sans cesse renouvelé d’hommes et de femmes qui ont su, pour reprendre la belle formule d’Albert Camus, « résister à l’air du temps ».

Un bref coup d’oeil aux dates charnières du parcours des femmes du Québec pour la reconnaissance nous démontre à quel point ces acquis demeurent principalement tributaires d’avancées législatives chèrement obtenues. En 1929, les femmes deviennent des personnes au sens de la loi ; 1940 marque l’obtention du droit de vote pour les femmes au Québec, au terme de 14 années d’efforts interrompus, puisque de 1926 à 1940 un projet de loi fut présenté et battu à chaque année, sans compter les efforts préexistants à compter de 1914 ; la loi du suffrage féminin est chargée de valeur symbolique car elle concrétise l’accession des femmes à l’espace public ; 1941, la loi permettant l’admission des femmes au Barreau et les rendant par là également éligibles à la magistrature, encore une fois, au terme de 30 années d’efforts ; en 1947, les Canadiennes qui épousent des étrangers ne perdent plus leur citoyenneté.

En 1961, l’élection de Marie-Claire Kirkland, députée de Jacques-Cartier, première femme députée et ministre de l’Assemblée législative et seule femme à y siéger jusqu’en 1973 ; en 1964, l’adoption de la loi n° 16 qui met fin à l’incapacité juridique de la femme mariée. Le Bill 16, ainsi qu’on l’appelait à l’époque, fut d’ailleurs piloté par l’honorable Marie-Claire Kirkland qui est également responsable de la création du Conseil du statut de la femme en 1972 à l’origine de la présente modification.

En 1975, l’adoption de la Charte québécoise interdit pour la première fois la discrimination fondée sur le sexe ; en 1981, l’entrée en vigueur de la Loi n° 89 modifiant le Code civil du Québec, l’égalité entre les conjoints est reconnue. Les femmes conservent dorénavant leur nom et peuvent le transmettre à leurs enfants.

Le constat est que ces jalons, aussi déterminants soient-ils, demeurent récents et de ce fait fragiles. En effet, la plupart se sont concrétisés il y a moins de 50 ans, et au surplus aucun de ces progrès ne se seraient matérialisés sans une volonté politique clairement affirmée de les réaliser. Ces avancées législatives, en particulier le droit de vote et l’émancipation juridique, ont signifié la reconnaissance des femmes comme individus à part entière. De ce « nous » familial et paternel auquel elles étaient confinées, les femmes pouvaient enfin dire « je ». Ce pronom s’est avéré une conquête majeure.

Parmi les facteurs qui ont contribué à façonner le Québec moderne, soulignons l’avènement encore récent de la neutralité de l’État en matière religieuse suite à la distanciation des pouvoirs civils et religieux qui a caractérisé la Révolution tranquille. Dès lors, la valeur sociétale de la dignité et de l’égalité des femmes peut se construire indépendamment des préceptes religieux. Ainsi, le droit civil n’a plus à sanctionner les principes jusque-là associés au droit naturel et au droit divin qui permettaient de qualifier d’inéluctable la condition d’infériorité des femmes légitimée par les moeurs d’alors.

À titre d’illustration de cette immixtion heureusement révolue, soulignons les propos du juge Dorion, président de la Commission des droits civils de la femme instituée en 1930, qui justifie sa recommandation de maintenir, dis-je, l’incapacité des femmes mariées en s’appuyant sur l’inéluctable nature et sur nos moeurs chrétiennes que nos lois, estime-t-il, doivent sanctionner civilement.

La journaliste et féministe américaine Gloria Steinhem résume comme suit, dans l’édition du 8 janvier dernier du New York Times , les raisons pour lesquelles les barrières à l’égalité des femmes sont aussi tenaces que subtiles, et je cite : « Because sexism is still confused with nature as racism once was, because anything that affects males is seen as more serious than anything that affects only the female half of the human race. »

Ainsi, les atteintes aux droits et à la dignité des femmes sont aisément minimisées, sinon même complètement ignorées. À titre d’exemple, alors qu’il serait jugé proprement inconcevable qu’un cabinet accède à la demande implicite ou explicite d’un client de ne pas voir son dossier être confié à un avocat noir ou asiatique, on a déjà vu des situations où on a considéré accéder, souvent sans sourciller, à celle de ne pas être représenté par une femme. Bien que les assises permettant l’égalité de droit entre les femmes et les hommes soient maintenant bien établies, nous sommes encore loin de l’égalité de fait dans toutes les sphères de la société. Les femmes sont encore désavantagées dans de nombreux domaines, et mes prédécesseurs, au nom de la Commission des droits de la personne, en ont fait, je crois, la démonstration.

De plus, les barrières à la pleine reconnaissance sociale des femmes et à leur ascension aux postes décisionnels et aux leviers économiques tardent à tomber. Les statistiques sont révélatrices. Les femmes représentent moins de 15 % des membres des conseils d’administration des grandes entreprises canadiennes, moins de 25 % des effectifs de la magistrature, 25 % des députés du Québec, etc. Cette situation a d’ailleurs motivé le gouvernement du Québec à présenter, en avril 2006, une initiative législative visant à atteindre la parité dans les conseils d’administration des sociétés d’État québécoises.

Ainsi, notre constat est qu’il reste des pages d’histoire aussi importantes et capitales à écrire qu’au début du siècle dernier, à l’époque des pionnières du droit et des suffragettes, pour que se matérialise dans notre société le droit égal de chacune et de chacun de faire ce qui est en sa puissance, pour reprendre la définition du droit à l’égalité entre les sexes qui figure dans... qui est formulée par le Conseil du statut de la femme dans son avis très fouillé et exhaustif de septembre 2007.

Alors, la nécessité d’une reconnaissance officielle. Il nous apparaît crucial et nécessaire de reconnaître officiellement la valeur de l’égalité entre les hommes et les femmes dans la charte québécoise, et cela, tant dans une optique déclarative qu’interprétative. En effet, dans l’immédiat, la formulation de la charte québécoise ne contient aucune affirmation expresse de cette valeur publique fondamentale. Nous estimons tout d’abord que ces modifications auront une utilité en droit puisque cette reconnaissance explicite harmonisera la loi fondamentale de protection des droits et libertés du Québec avec la charte canadienne qui contient, en son article 28, une disposition de protection équivalente. Plusieurs documents internationaux, instruments internationaux contiennent également des dispositions similaires, dont le Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966 que le Canada a ratifié en 1976 et qui stipule que « les États parties au présent pacte s’engagent à assurer le droit égal des hommes et des femmes de jouir de tous les droits civils et politiques énoncés dans le présent pacte. » Ces modifications ont également une utilité en jurisprudence, et notamment à cet égard, nous pouvons tirer des enseignements comparatifs de La charte canadien tout d’abord sur le rôle déclamatoire du préambule, par l’affaire Daigle contre Tremblay. (...)

Quant au libellé suggéré, nous sommes en accord avec le libellé proposé tant dans le cas du préambule que de l’article 49.2. Nous suggérons cependant, pour optimiser le rôle interprétatif de l’article 49.2, de le reloger peut-être davantage à titre d’article 53.1 puisque le fait de le faire suivre l’article 49.1 qui est plus restrictif de portée, c’est-à-dire qui vise l’équité salariale, risque de réduire l’impact de cet article à plus long terme.

En conclusion, la Charte québécoise a été promulguée pour refléter le vent d’ouverture, d’égalité et de liberté qui caractérise le Québec comme société démocratique et non pour favoriser le retour du souffle pernicieux de l’obscurantisme. Il nous appartient d’affirmer et de protéger les valeurs publiques qui nous définissent et qui contribuent de faire de notre société un modèle sur la scène internationale. La valeur d’égalité entre les hommes et les femmes y figure au premier plan. Le projet de loi représente une étape minimale en ce sens. (...)

En terminant, je dédie cette présentation à ma belle-mère, l’honorable Marie-Claire Kirkland, pour que son combat et son engagement de toute une vie pour l’égalité ne demeurent pas vains - elle est maintenant âgée de 83 ans - et je le dédie aussi à ma fille Alix Casgrain qui, du haut de ses 8 3/4 ans, est déjà une grande citoyenne. Je vous remercie.

Au cours des échanges avec les parlementaires, Me Julie Latour a apporté des précisions sur la position du Forum des femmes juristes.

À la suite d’une question de la ministre St-Pierre sur les réticences que certains groupes de juristes, entre autres, le Barreau du Québec, peuvent avoir relativement à ce projet de loi, Me Latour a déclaré :

“Je dois vous dire, Mme la ministre, que je me les explique difficilement, sinon peut-être de penser : historiquement, le Barreau du Québec a été assez farouchement contre l’admission des femmes au Barreau de 1914 à 1941, peut-être reste-t-il des relents de cette époque. Cependant, pour parler pour l’Association du Barreau canadien et du Barreau de Montréal, que j’ai dirigé l’an dernier - et je connais bien les avocats et les avocates - 46 % des effectifs du Barreau sont des avocates, et ce nombre est de 60 % chez les 10 ans et moins. On oublie souvent que le Québec a été la dernière juridiction à admettre les femmes au Barreau, mais est celle qui a la plus grande représentation féminine en Amérique. De tout temps... Moi, je vois en filigrane... Les arguments sous-jacents à une forme d’opposition plus ou moins cachée au projet de loi actuel sont les mêmes que ceux relatifs au droit de vote et à l’émancipation des femmes : protéger les femmes contre elles-mêmes ; le droit de vote était inutile, puisque les hommes votaient déjà, les familles s’en portaient bien ; c’était contre la nature, puisque les femmes allaient avoir de vives émotions en allant voter, même des querelles dans les bureaux de scrutin, et c’était contre la culture et la religion. On modernise ce discours, mais il est identique. Je me souviens d’écrits où je crois qu’on disait : Moins de votes, plus de gibelotte. C’est la version transposée.“

Projet de loi simple et clair

“Or, pour nous à l’Association du Barreau canadien, au Forum des femmes juristes, pour beaucoup de collègues au Barreau de Montréal avec qui j’en ai discuté, dont le Comité sur les avocates dans la profession, le projet de loi est très simple. Il rectifie d’une part une omission historique, puisque ces dispositions auraient dû s’y retrouver dès le départ. Mais peut-être faut-il se remettre aussi... La charte a été adoptée en 1975, alors que l’émancipation des femmes mariées datait de 1964, et - le mémoire, je crois, de la Commission du statut de la femme relate les débats de l’époque - le contexte était peut-être moins éclairé que ce qu’il est maintenant. Alors, un, on répare une erreur historique ; deux, on arrime notre charte avec la charte canadienne, et enfin cette égalité bénéficie à toutes les femmes du Québec. Si on remet les choses de façon cartésienne - la règle générale : Tous les êtres humains sont égaux, ce qui signifie que la moitié de l’humanité est égale à l’autre moitié - on peut ensuite parler du reste : nature, culture. Mais, donc, je ne les vois pas, ces réticences exprimées par certains véhicules ou satellites du Barreau du Québec, comme étant le reflet de tous les effectifs du Barreau, et en tout cas, parlant pour le Forum des femmes juristes de l’Association du Barreau canadien, ayant aussi une bonne connaissance du Barreau de Montréal, je ne crois pas qu’en termes numériques il y ait des réticences au projet, au contraire. (...)

Ne pas diluer les droits des femmes

“Bien, pour nous, c’est un élément minimal, d’arrimer, de modifier la Charte pour confirmer cette valeur publique fondamentale de l’égalité. Je le soulignais, la Charte est arrivée dans une société qui existait déjà, et les valeurs démocratiques de notre société... Personne ne contesterait le fait que notre société est une démocratie. Et quiconque souhaiterait créer un parti à l’encontre, ou modifier les règles... Bon, mais il y a des dispositions qui protègent notre rôle démocratique dans la Charte. Il faut les mêmes dispositions pour confirmer ce droit à l’égalité. Paul-André Crépeau, qui m’enseignait le droit, nous disait tous les jours, et qui a dirigé la commission de réforme du Code civil : « Comme disait Talleyrand au Congrès de Vienne, cela va sans dire, mais cela va mieux en le disant. »

Donc, ces éléments, qui ont l’air anodins, sont importants. On croit aussi que d’adhérer... Ce projet, tel qu’il est fait, est concis et clair et devrait recevoir l’adhésion de tous. Peut-être qu’ensuite, en prochaine étape... parce que malheureusement souvent on dilue les droits des femmes à travers autre chose, pour une fois que les femmes passent en premier, se passe en premier, et que ce projet est simple, je ne le diluerais pas trop, je l’adopterais tel qu’il est. Ensuite, des réflexions de société plus vastes auxquelles beaucoup vous convient et qui sont importantes : les droits économiques, les droits sociaux. J’ai parlé surtout de la question des femmes professionnelles où il reste, en droit et en affaires, beaucoup de chemin à parcourir, mais évidemment c’est sans compter - ce qui est encore beaucoup plus grave - de l’isolement et de la pauvreté des femmes de tous âges, de toutes origines. Pour moi, on retourne aux assises de notre société avec ce projet, on le garde simple. On pourra ensuite, pour les 30 ans de la charte, pour d’autres, décider d’élargir cette réflexion, mais je crois que d’y aller par étape efficace et de ne pas se perdre dans des tergiversations.

Là, nous avons un élément qui fait l’unanimité, qui devrait donc de façon efficace pouvoir, je l’espère, être adopté pour donner lieu ensuite à des réflexions plus vastes, qui s’imposent, dans notre société.

Bien, je retournerais à la base. Tous les êtres humains sont égaux, la moitié du l’humanité est égale à l’autre moitié. Ça donne l’éclairage, les outils pour interpréter au quotidien le reste. À date, c’est plutôt une omission le fait que ce ne soit pas... ça ne figure pas à la charte. D’autres instruments internationaux disent que la tradition et les coutumes ne doivent pas porter atteinte à l’égalité hommes-femmes. Cette égalité, elle a une dimension politique aussi, il s’agit de l’affirmer comme législateur, de donner... Pour moi, dans notre société, ce qui déroge à l’égalité entre les hommes et les femmes ne correspond pas aux valeurs sociétales. Alors... et cette disposition protège toutes les femmes du Québec quelles que soient leurs origines. C’est plutôt cette disposition qui empêche des disparités que l’inverse. Ce n’est pas en... Ceux qui auraient le discours que l’égalité hommes-femmes pourrait brimer des femmes dans l’exercice de leurs droits fondamentaux, c’est plutôt l’inverse. C’est : l’atteinte à l’égalité les empêche de se prévaloir de leurs droits fondamentaux. Et là je reviens aussi au côté pernicieux de protéger les femmes contre elles-mêmes et de dire qu’elle n’en ont pas besoin, que c’est inutile. La même chose que tout ce qui existait pour le droit de vote, l’émancipation, on change quelques mots, c’est exactement le même discours. Donc, ceci bénéficie tant à notre société qu’à toutes les femmes du Québec. Ceux qui voient des distinctions, c’est eux-mêmes qui les créent parce que ce projet est englobant (...).


Voir aussi sur notre site:

Québec- Un projet de loi donne préséance à l’égalité pour les femmes

Campagne contre le renforcement des droits des femmes au Québec – par qui et pourquoi ?

Un 6e pilier de l’islam au Québec : L’égalité femmes-hommes

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11 commentaires

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Kasteli

14 Février 2008
06:52

Le Forum des femmes juristes appuie le renforcement des droits des femmes

En parcourant ce texte, je n'ai pu m'empêcher d'avoir larme à l'oeil. C'est vrai que les femmes au Québec ont dû lutter et continuent de lutter pour l'égalité et l'équité encore aujourd'hui, l'histoire du Québec moderne vient des femmes. Il est bon de faire appel à l'histoire et à nos mémoires collectives. 1940 le droit de vote des femmes au Québec, c'est plus de 10 ans après les femmes américaines et l'un des obstacles majeurs à ce droit, provenait du clergé.

J'espère que les vieux croutons du barreau, les quelques restes de couilles molles des vieux dinausores de la politicaillerie conservatrice québécoise quitteront une fois pour toute leur veste de talibanerie patriarcale et la seule façon c'est par une loi.


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Kasteli

16 Août 2008
15:50

Le Forum des femmes juristes appuie le renforcement des droits des femmes

Laissez-moi vous relater un fait tout ce qu’il y a de plus concret qui a eu lieu à Montréal le 14 août 2008 :

Une dame de 35 ans se présente au CLSC pour une interruption volontaire de grossesse, en début de son 2e trimestre de gestation. On l’appellera Yasmine, elle ne parle que le dialecte persan. Yasmine parait 10 ans de plus que son âge et est originaire de l’Afghanistan. Elle a immigré avec son conjoint et ses 4 enfants dont le plus agé a près de 20 ans.

Cela vous donne une idée de l’âge de Yasmine le jour de son marriage et de son premier accouchement. Lors d’une première entrevue, le conjoint est présent et sert d’interprète auprès de son épouse. Toutes les méthodes contraceptives sont expliquées, ainsi que l’intervention, pour s’assurer d’un choix éclairé.

À la seconde entrevue, Yasmine est seule avec un interprète afin de s’assurer qu’elle a bien compris et aussi nous assurer du choix de madame. Lors de cette 2e entrevue Yasmine dit qu’elle ne veut plus avoir d’enfants. Elle a déjà 4 enfants, a déjà dû subir une césarienne et une fausse couche, elle est fatiguée et souhaite une intervention efficace de contraception. Le Mirena (stérilet avec hormones qui dure 5 ans) est une option qui lui convient.

Yasmine reçoit une prescription et revient accompagnée de son conjoint au CLSC pour subir une interruption volontaire de grossesse. Suite à l’intervention qui s’est bien déroulée, le Mirena est placé, madame récupère bien, obtient son congé. L’infirmière explique au conjoint en anglais que madame a un RV dans 6 semaines pour une vérification du stérilet.

Monsieur est très contrarié, dit qu’il n’a pas donné son autorisation pour la pose du stérilet, mais seulement pour la pilule. Le couple est invité à en discuter à l’écart en présence de deux infirmières qui tentent d’expliquer au conjoint en anglais, le bien fondé du choix de madame pour son bien-être et sa santé...mais sans succès. Monsieur rétorque que le stérilet est une pratique qui va à l’encontre de l’islam et allah, qu’il n’a jamais donné son autorisation à cet effet et exige que sa conjointe prenne un RV pour que le stérilet lui soit retiré le plus tôt possible. Il dit qu’il autorise que sa conjointe prenne la pilule et c’est tout. C’est sa décision et non celle de sa conjointe qu’il faut tenir compte.

Yasmine n’osait dire un seul mot, surtout pas de contrarier son mari en public. Sa peur et son malaise sont palpables. Elle regarde par terre, se tenant la tête à deux mains. Je n’ose même pas imaginer ce qui l’attend à son retour à la maison. Les infirmières ont convenu que pour la sécurité de Yasmine et tous les inconvénients dont elle risque de subir, étant complètement dépendante de son conjoint, de lui donner un RV pour le retrait de son stérilet Minera qui a coûté plus de 300$.

Madame devra à nouveau subir une autre intervention gynécologique, totalement inutile en plus d’avoir été humiliée, mais cela fait sans doute partie de son lot quotidien et de sa religion. Nombreuses sont les infirmières qui comme moi, sont totalement contre les accommodements religieux. Régulièrement, les professionnels du terrain dans le domaine de la santé sont confrontés à ce genre de délire phallocrate sous prétexte d’un dogme arriéré complètement inadapté à la réalité contemporaine. La commission B-T fut dirigée par des hommes pour des hommes tout comme les clergés masculins des religions et les politiciens derrière les lois depuis des lustres jusqu’à ce que la laïcité et les mouvements féministes viennent changer la donne pour le mieux-être de l’Humanité.

Kasteli Infirmière technicienne en CLSC


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G. Roy.

16 Août 2008
21:45

Le Forum des femmes juristes appuie le renforcement des droits des femmes

De quelle patience incommensurable le personnel soignant a-t-il fait preuve!

Cessons, cessons, cessons cette immigration qui n'apporte que troubles et déboursés!

Quelle différence entre pilule et stérilet dans l'islam? Ils n'existaient toujours bien pas au temps du prophète!!! La seule explication est que l'époux a décidé que sa douce prendrait la pilule, c'est tout. Même phénomène lorsque le mari demande une accoucheuse alors que ce n'est pas le cas dans son pays d'origine. CES PHALLOCRATES SE JOUENT DE NOUS!

Un mécanisme doit exister dans ce genre de situation: QUE LE MARI DÉFRAIE LE COÛT DU MATÉRIEL ET LE TEMPS DES DIVERS INTERVENANTS, ET QU'UNE AMENDE LUI SOIT IMPOSÉE.

"La Charte Québécoise fait coexister différentes libertés et droits fondamentaux, certains de portée individuelles, d'autres de portée collective (...) l'article 9,1 énonce que les libertés et droits fondamentaux s'exercent dans le respect des valeurs démocratiques de l'ordre public et du bien-être général des citoyens du Québec."

Dans ce cas-ci, la liberté individuelle de la femme de décider par elle-même quelle type de contraception elle désire n'a pas été respectée. En donnant un nouveau RV, d'autres patientes doivent attendre, c'est un coût supplémentaire en matériel et en temps nursing, ce sont donc les valeurs démocratiques de l'ordre public et le bien-être général des citoyens du Québec qui n'ont pas été respectés.

Oui la commission BT n'a été mené que par des mâles qui ont fait la leçon aux québécois: comment ces infirmières auraient-elles pu être plus professionnelles et conciliantes? Et tout le peuple paie!

Imaginons, un instant, que les commissaires eussent été Jean-Jacques Tremblay et Christiane Pelchat...

Benoît XlV est récemment passé à côté de l'opportunité d'appuyer l'Église Anglicane pour l'ordination des femmes, réglant ainsi un vieux contentieux: égalité homme-femme. Quel message puissant et utile aurait-il alors envoyé au monde entier pour la cause féminine!

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G. Roy.

17 Août 2008
00:57

Le Forum des femmes juristes appuie le renforcement des droits des femmes

Peut-être aurait-il été préférable de refuser d'enlever le stérilet. Bien sûr les infirmières ont agi pour le bien de la patiente, mais ces femmes ne s'en sortiront pas si nous obtempérons toujours aux désirs des maris. Elles s'attendent sûrement que nous prenions faits et causes pour elles et peut-être espèrent-elles que nous respections quand même leur désir et leurs droits et repartent-elles extrêmement déçues. De plus, le mari propagera la nouvelle autour de lui et à une autre occcasion les droits de son épouse et d'autres femmes seront encore bafoués.

Je me demande si légalement nous avons seulement le droit de passer outre aux désirs de ces femmes. Je ne crois pas. Cette Yasmine en avait certainement vu d'autre. "Elle regarde par terre, se tenant la tête à deux mains": aurait-elle préféré des conséquences fâcheuses, si cela eut été le cas, plutôt que d'être à nouveau enceinte? Peut-être que le mari, rendu à la maison après un refus, se serait-il calmé tout simplement et aurait-il été content de n'avoir pas une autre bouche à nourrir et trouvé que les Québécois se tiennent debout. C'est un reproche que les islamistes font souvent à l'occident d'être trop mou. Ce n'était peut-être que du théâtre qu'il faisait et il a eu raison de toutes ces femmes: épouse et infirmières.

Je crois que malgré ces situations très difficiles et complexes nous devons nous en tenir à nos coutumes et lois, c'est notre devoir. Je suis sûre que les femmes nous en sauront gré, elles doivent s'attendre et comptent sans doute sur nous pour les défendre.

Le retirement d'un stérilet est très douloureux, ce que Yasmine a eu à subir en plus. Elle vit maintenant dans un pays où les femmes ont les mêmes droits que les hommes et peuvent décider pour elles-mêmes et ne peut en profiter... Pouvons-nous imaginer son désespoir?

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Marie (chrétienne)

18 Août 2008
22:09

Le Forum des femmes juristes appuie le renforcement des droits des femmes

Il n'y a qu'une réponse à donner à ces phallocrates: NON.

Le CLSC doit contacter un avocat et lors du RV, aviser monsieur qu'au Québec et au Canada, La Chartes des Droits et Libertés donne aux femmes le droit de choisir pour elle-même, par le fait même ni le mari, ni aucune instance ne peut se mettre en travers de la volonté de l'épouse. Madame pourra ainsi garder son stérilet. De toute façon, étant de confession musulmane, elle l'avait choisi en ayant reçu l'enseignement et c'est en toute connaissance de cause qu'elle l'a fait. Elle n'a pas la même interprétation de l'islam que son époux. De plus, elle pourra enseigner à ses filles, si elle en a, qu'au Québec et au Canada, il y a égalité femmes-hommes, c'est un avenir beaucoup plus encourageant pour elles.

Il faut s'en tenir, même dans des circonstances difficiles, à nos Chartes.

Supposons, un instant, que madame intente une poursuite contre le CLSC pour ne pas l'avoir appuyée dans son choix. Le CLSC perdrait.

IL FAUT AFFICHER EN ÉVIDENCE ET EN GROSSES LETTRES, dans les institutions de santé, dans les écoles, etc... que les Chartes des Droits ont préséance sur tout, que LES HOMMES ET LES FEMMES SONT ÉGAUX.

Alors, dans des situations telles que décrites plus haut, les intervenants n'auront qu'à s'y reférer et n'accepter aucune discussion. Il y a bien autre chose à faire en nursing.

Étant infirmière, je comprends très bien ces situations, en ayant vécu de semblables. Un jour, après moultes discussions, je me suis relevée très droite et j'ai dit très fermement au mari: "Nous sommes au Canada, ici, c'est une question médicale et non pas de religion." Le monsieur a été très surpris et a baissé le "cacquet": "Nous avons encore le droit de pratiquer notre religion," a-t-il répliqué. Comme s'il s'attendait qu'un jour, il ne l'aurait plus. La dame a fini par obtempérer à mes demandes, en l'occurence, c'est elle qui refusait de suivre mes consignes.

Alors, n'ayons pas peur de nous imposer, même si nous croyons, en toute bonne foi, vouloir protéger les épouses en suivant les dictats des époux.

Dans ce cas-ci, il m'apparaît que la dame savait ce qui l'attendait en choisissant le stérilet. Mais, un court récit, aussi précis soit-il, reflète sans doute, difficilement toute la subtilité de l'intervention.

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G. Roy.

19 Août 2008
08:45

Le Forum des femmes juristes appuie le renforcement des droits des femmes

Il n'y a qu'une réponse à donner à ces phallocrates: NON.

Le CLSC doit contacter un avocat et lors du RV, aviser monsieur qu'au Québec et au Canada, La Chartes des Droits et Libertés donne aux femmes le droit de choisir pour elle-même, par le fait même ni le mari, ni aucune instance ne peut se mettre en travers de la volonté de l'épouse. Madame pourra ainsi garder son stérilet. De toute façon, étant de confession musulmane, elle l'avait choisi en ayant reçu l'enseignement et c'est en toute connaissance de cause qu'elle l'a fait. Elle n'a pas la même interprétation de l'islam que son époux. De plus, elle pourra enseigner à ses filles, si elle en a, qu'au Québec et au Canada, il y a égalité femmes-hommes, c'est un avenir beaucoup plus encourageant pour elles.

Il faut s'en tenir, même dans des circonstances difficiles, à nos Chartes.

Supposons, un instant, que madame intente une poursuite contre le CLSC pour ne pas l'avoir appuyée dans son choix. Le CLSC perdrait.

IL FAUT AFFICHER EN ÉVIDENCE ET EN GROSSES LETTRES, dans les institutions de santé, dans les écoles, etc... que les Chartes des Droits ont préséance sur tout, que LES HOMMES ET LES FEMMES SONT ÉGAUX.

Alors, dans des situations telles que décrites plus haut, les intervenants n'auront qu'à s'y reférer et n'accepter aucune discussion. Il y a bien autre chose à faire en nursing.

Étant infirmière, je comprends très bien ces situations, en ayant vécu de semblables. Un jour, après moultes discussions, je me suis relevée très droite et j'ai dit très fermement au mari: "Nous sommes au Canada, ici, c'est une question médicale et non pas de religion." Le monsieur a été très surpris et a baissé le "cacquet": "Nous avons encore le droit de pratiquer notre religion," a-t-il répliqué. Comme s'il s'attendait qu'un jour, il ne l'aurait plus. La dame a fini par obtempérer à mes demandes, en l'occurence, c'est elle qui refusait de suivre mes consignes.

Alors, n'ayons pas peur de nous imposer, même si nous croyons, en toute bonne foi, vouloir protéger les épouses en suivant les dictats des époux.

Dans ce cas-ci, il m'apparaît que la dame savait ce qui l'attendait en choisissant le stérilet. Mais, un court récit, aussi précis soit-il, reflète sans doute, difficilement toute la subtilité de l'intervention.

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20 Août 2008
21:43

Le Forum des femmes juristes appuie le renforcement des droits des femmes

En tant qu'épouse et mère je passe mon temps à expliquer à mon mari la réalité humaine de mes enfants et à expliquer à mes enfants la réalité humaine de leur père.

Ce n'est pas rien!

J'ai réalisé que personne d'autre ne pouvait remplir ce rôle à ma place et que ce rôle était capital dans la société. Autrement dit, l'être humain homme ne peut évoluer d'une façon pleinement humaine si la femme ne l'aide pas.

Le premier bénéficiaire de l'épanouissement féminin est l'homme. Il a donc tout intérêt à encourager sa compagne s'il veut être heureux lui-même au lieu de la brimer tout le temps avec son instinct de propriétaire.

Il me semble qu'on devrait faire circuler cette idée davantage dans l'air ambiant. Qui plus est, ne pourrait-il pas y avoir des publicités ingénieuses dans les médias pour parler de l'égalité hommes-femmes?



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G. Roy

22 Août 2008
07:06

Le Forum des femmes juristes appuie le renforcement des droits des femmes

Mme Anonyme, je suis d'accord avec vous. Un bon début serait peut-être d'envoyer votre intervention sur ce site dans les divers blogs des journaux et magazines.

Ce qui arrive à cette Yasmine, décrit par Kasteli, vient me chercher au plus haut point. Alors votre participation sur d'autres sites aiderait sans doute d'autres Yasmine.

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Véronique Dupuis

23 Août 2008
05:42

Le Forum des femmes juristes appuie le renforcement des droits des femmes

«Monsieur est très contrarié, dit qu’il n’a pas donné son autorisation pour la pose du stérilet, mais seulement pour la pilule. Le couple est invité à en discuter à l’écart en présence de deux infirmières qui tentent d’expliquer au conjoint en anglais, le bien fondé du choix de madame pour son bien-être et sa santé...mais sans succès. Monsieur rétorque que le stérilet est une pratique qui va à l’encontre de l’islam et allah, qu’il n’a jamais donné son autorisation à cet effet et exige que sa conjointe prenne un RV pour que le stérilet lui soit retiré le plus tôt possible. Il dit qu’il autorise que sa conjointe prenne la pilule et c’est tout. C’est sa décision et non celle de sa conjointe qu’il faut tenir compte.»

Bonjour,

J'ai lu attentivement l'histoire de Yasmine .J'aimerais bien que vous me donniez certaines explications.Ce que je comprends de l'histoire au sujet de Yasmine ,c'est qu'elle s'est faite avortée , n'est-ce pas ? Son conjoint connaissait-il la nature de cette intervention ? Si oui , le comportement du conjoint dans les circonstances ne tient plus la route .Je ne veux nullement le défendre mais pour moi cette situation me paraît paradoxale . Il aurait accepté une interruption de grossesse sans problème et refusé le stérilet ? Je vous avoue que je suis quelque peu surprise !

J'apporte ce commentaire uniquement pour m'éclairer davantage avant d'émettre mon opinion . Parfois un seul mot placé hors contexte peut facilement changer la donne .
Je connais assez bien les réactions des musulmans et des musulmanes et je connais aussi très bien les CLSC .

Préférait-il la pillule comme mode de contraception ou ne craignait-il pas plutôt le stérilet tout simplement par manque de "CONNAISANCE " ou d'INFORMATIONS adéquates de ce moyen contraceptif qui était conseillé à son épouse et surtout la peur que pouvait engendrer chez -lui (ce corps étranger ) et ainsi nuire à leurs relations sexuelles ? Vous savez , c'est aussi fort possible .

Très souvent les hommes sont très mal informés et craignent tout autant pour eux-mêmes que pour leurs femmes tout simplement par manque de "Connaissance " . Je dois vous avouer honnêtement que peu importe la religion ou l'ethnie ce genre de réaction de la part des hommes ne se limitent pas qu'aux musulmans ;)vous pouvez me croire.Le barrage linguistique n'aide en rien non plus la cause des femmes et des intervenants .

Toutes les explications et les renseignements que les intervenants se doivent de donner à la clientèle concernée sont trop souvent biaisés par le barrage linguistique malgré la présence d'un interprète .

Bref , j'aimerais avoir plus de détails pour me faire une opinion et pouvoir émettre un commentaire plus judicieux dans les circonstances .Car si ce monsieur a accepté l'interruption de grossesse c'est qu'il est quand même suffisamment conscient de la nécessité pour sa femme d'une telle intervention .

Dans ces situations de relations d'aide , il est souvent préférable d'éviter toute action en justice . Je sais très bien ce que peuvent vivre les intervenants dans ces circonstances . C'est très frustant, decevant et démotivant .

Par ailleurs , le manque de communications avec la clientèle ciblée peut engendrer davantage de problèmes et nuire encore plus à l'évolution saine et efficace de cette même clientèle et même amplifier les problèmes .Vous êtes un service de première ligne donc la porte d'entrée , il ne faut surtout pas la fermer à toutes ces femmes qui ont besoin de vos services et qui sont terriblement démunies . Ne comptez pas trop dans ce cas pour que les époux de ces dames vous fassent de la pub .

Il ne faut surtout pas se cacher que le travail auprès des immigrants reste et restera encore longtemps un travail à long terme .Vous savez certains québécois de "souche " peuvent facilement réagir de la même manière que ce musulman . Parfois je suis surprise de ce constat surtout en 2008 mais c'est ainsi .Il faut pratiquer la patience et ne plus s'étonner de rien .

Merci de bien vouloir me répondre .

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Kasteli

23 Août 2008
17:22

Le Forum des femmes juristes appuie le renforcement des droits des femmes

- oui Monsieur a reçu toutes les infos en ce qui concerne les méthodes contraceptives et l’interrruption de grossesse, lors d’une première entrevues au cours de laquelle il a servi d’interprète auprès de sa conjointe qui ne parlait que le dilecte persan.

- Oui, Madame a reçu à nouveau toutes les infos lors d’une deuxième entrevue, mais cette fois seule avec un interprète payé par l’état. Elle a choisi le stérilet qui était l’idéal pour elle à tous les niveaux selon moi, car elle n’a pas à dépendre de son conjoint pour se procurer la pillule si elle avait choisi la contraception orale. Elle a reçu une prescription pour un Minera qu’elle s’est procuré par ses propres moyens.

- Le jour de l’intervention, elle se présente avec le Mirena en main. Tout s’est très bien déroulé. Le problème a éclaté soudainement, lorsque le mari a su qu’elle avait un stérilet. On peut deviner que Madame n’en a pas soufflé un seul mot à sa douce moitié, visiblement furibond quand il a su, rien d’étonnant qu’elle se soit tu la pauvre, elle savait très bien à quoi s’en tenir, mariée à cet homme depuis 20 ans. Avec des hurluberlus pareils, le mieux serait de s’arrangér seule avec madame, mais personne ne s’attendait à une ineptie pareille. Les 3 infirmières présentes, toutes jeunes dans la vingtaine ont passé près d’une heure à tenter de convaincre Monsieur.

Mais bon...son argument à Monsieur était essentiellement une question de croyance islamique. C’est comme si on avait posé un objet satanique dans le corps de sa femme, qui allait à l’encontre d’allah et de l’islam, complètement disjoncté le Monsieur. Sa position était plus figée qu’un fossille dans du calcaire. Rien à faire avec un abruti pareil, plus bouché que ça tu meurs. Les infirmières ont tout essayé...elles ont abdiqué et ont donné un RV pour le retrait du Mirena.

Voilà...De grâce, ne me demandez pas ce que j’en pense et ce que j’aurais fait si cela ne dépendait que de moi. Je ressens encore de la colère juste d’en parler. J’ai un peu de culpabilité devant mon impuissance, car c’est moi qui a donné l’information à Monsieur, afin qu’il traduise à Madame pour son RV pour la vérification du stérilet et c’est comme ça qu’il a su. Sa réaction fut immédiate. Nous étions dans la salle d’attente, pas question qu’il me fasse son show devant tout le monde. Je l’ai invité à l’écart et mes collègues ont pris la relève, car je devais retourner à la salle de réveil. De toute façon, c’était mieux ainsi, car moi j’aurais été incapable d’abdiquer devant son contrôle islamique à la noix. Bon sang ! que ça vient me chercher ...

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Véronique Dupuis

24 Août 2008
02:25

Le Forum des femmes juristes appuie le renforcement des droits des femmes

Bonsoir Kasteli ,

Je suis convaincue que vous avez donné toutes les informations requises à ce monsieur ainsi qu'à son épouse .La question m'est pas là et la réponse pourrait être simple et répondre à tous vos désirs légitimes de satisfaire votre clientèle si ces gens avaient la même mentalité que nous. Mais c'est loin d'être le cas .

Alors vous , moi et tous autant que nous sommes nous avons la certitude d'avoir bien accompli notre travail et c'est un fait Kasteli .Cependant , prendre sur soi de vouloir changer les mentalités de ces personnes est très risqué dans les circonstances .Je pense bien connaître les CLSC et je sais pertinemment qu'il existe de grandes lacunes malgré la compétence des intervenants .

Kasteli , je ne rigole pas ,vous risquez votre santé physique et mentale car il faudrait faire beaucoup plus pour toutes ces femmes et très rapidement .Le manque criant de personnel et l'argent (toujours et toujours) font en sorte que la "Prévention " n'existe plus dans les CLSC .

Je m'explique ces gens n'ont aucunement notre mentalité et encore moins nos coutumes et ne partagent aucunement nos croyances .Pour ma part , je les trouve carencer à outrance. C'est clair n'est-ce pas ? Il sont loin très loin d'être finis . Ils sont sous l'emprise de leur religion et ce n'est pas demain matin que tout cela va changer .Ils sont ici dans notre pays mais ils n'acceptent pas notre mode de vie , ils ne parlent la langue dans une grande proportion et surtout et avant tout les femmes subissent quotidiennement de la violence physique et psychologique .Certaines en sont conscientes et d'autres pas du tout , c'est leur quotidien depuis des lustres.

Il est évident que je suis en accord avec le renforcement du droit des femmes ( pour toutes les femmes )! Une loi d'accord mais encore une fois ,j'ai des doutes quant aux résultats de la mise en application de cette même loi ainsi que dans son efficacité .Pourquoi me direz-vous sans doute ? Tout simplement parce que je constate que les lois sont presque complètement baffouées lorsqu'arrive le moment crucial de les faire respecter et surtout de sanctionner les coupables .

Je suis peut-être trop négative mais il faudrait beaucoup de mordant dans cette loi pour assurer son application et pour cela il faut presque s'introduire dans les familles ainsi que dans les chambres à coucher .Attention au droit constitutionnel !

Kasteli , si nos gouvernements étaient logiques , ils exigeraient que toutes ces femmes concernées et leurs enfants apprennent le français , ce serait le premier pas à faire ici au Québec . Ces femmes Kasteli vivent l'enfer ! Elles ne peuvent communiquer qu'avec leurs maris ou leurs enfants .C'est insensé à notre époque ,ici au Québec , parlent-elles l'anglais? Pour en connaître plusieurs parmi elles et bien c'est non aussi .Je sais pertinemment c'est que l'on ne peut les conscientiser davantage pour les aider à évoluer .
Nous sommes dans un cul-de-sac et elles ont peur , elles sont confinées dans leur appart sans voir personne ou presque .Elles font des enfants , elles les éduquent avec les seules valeurs qu'elles ont connues dans leur pays d'origine . Fiu ! C'est pas fort pour commencer à les intégrer dans notre société .

EN UNE PHRASE, ELLES SONT SOUS INFLUENCE !

Que faire maintenant pour les aider ? De la prévention oui parfaitement d'accord , mais comment faire pour les regroupées et leur donner une information de qualité dans notre langue ?Elles sont réfugiées ou immigrantes reçues ? Elles ne sortent pas sans leurs époux . Big deal ! On s'éloigne de plus en plus du Québec et du Canada que l'on connaît ! C'est cela le malheur ! Comment est-ce possible de faire de ces gens des immigrants reçus ? Comment est-ce possible que l'on puisse accepter ici de continuer cette mascarade ?

Vous me faites penser Kasteli aux policiers; vous avez tout en mains pour les renseigner, les informer , les éduquer adéquatement mais vous ne possédez pas les ressources et encore moins les mandats pour agir et vous avez encore moins le "LE SOUTIEN " dans vos CLSC comme partout ailleurs des conseils d'administrations et des directions d'établissements . Et eux n'ont pas non plus le soutien du gouvernement .

Je vous donne un exemple frappant, les policiers reçoivent des appels pour violence conjugale. Ils se rendent sur place ,recueillent la plainte de la conjointe violentée , ils procèdent à l'arrestation du conjoint (et là détrompez-vous , je ne parle pas que des musulmans) . Le tout passe devant le tribunal , les policiers se présentent naturellement et 9 fois sur 10 et je reste conservatrice , la plaignante ne se présentera jamais . Il faut aussi ajouter à ceci que dans plusieurs de ces cas la femme violentée lorsqu'elle verra son conjoint en état d'arrestation interviendra d'elle-même pour crier et hurler aux policiers de cesser de brutaliser son cher époux . N'est-ce pas révoltant et frustrant ? Mais c'est ainsi et c'est ici que ça se passe !

Imaginez maintenant toutes ces femmes qui subissent en plus de la violence psychologique selon -vous sont-elles équipées pour faire la distinction ?

Et bien Messieurs Bouchard -Taylor qu'en dites vous ? Et vous Monsieur Charest et vous Mesdames les Ministres ? Un peu d'expérience de terrain ne vous ferait pas trop de mal , n'est-ce pas ? Et vous chers membres du "Barreau " ? C'est très bien de renforcer les lois mais encore faut-il être capable de les faire appliquer et ce considérant tous les délais ainsi que tous les reports !

Merci Kasteli et bon courage !

Véronique Dupuis .


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