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« Le Kosovo est serbe, comme le Massachusetts est américain » - Dantec

20 Février 2008 par Annie Lessard, Marc Lebuis

Mots clés:

« Je ne manquerais pas de questionner mes amis américains sur leur réaction possible si j’évoquais la séparation d’un des 50 États de leur fédération par une déclaration unilatérale de sécession, appyée par l’ONU. Je leur expliquerais que le Kosovo est serbe, comme le Massachusetts est américain… Nous voyons de nouveau l’Occident se diviser lui-même, se désagréger de l’intérieur, alors que les puissances islamiques s’y introduisent par l’immigration, la démographie, le terrorisme et l’influence économico-politique » - Dantec


Depuis Montréal, Maurice G. Dantec écrit Le Kosovo est serbe, comme le Massachusetts est américain dans le dernier numéro de la Revue Égards (Numéro 18, Hiver 2007-2008). La suite de l'aricle est disponible dans la Revue.

L'article de Dantec est présenté comme suit par Jean Renaud, Directeur de la rédaction de la revue Égards:

Voici un texte d’une admirable lucidité sur l’aveuglement occidental face à la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo. Il était prévisible que nos péquistes applaudissent l’événement. Ce sont des obsédés. Ils ne s’intéressent qu’à la séparation du Québec et à ce qui peut dans le monde l’annoncer. Mais qu’un néo-jacobin comme Stéphane Dion presse le gouvernement Harper de reconnaître l’indépendance du Kosovo, une indépendance déclarée unilatéralement par un parlement provincial, cela démontre la mystérieuse inanité de l’élite libérale canadienne ! Accepter passivement que se crée en plein milieu de l’Europe une république islamique coûtera cher à l’Europe et à tout l’Occident ! Et quelle ingratitude ! Ainsi que l’écrivait, en 1932, l’historien français Ferdinand Lot : « On s’attache aux luttes stériles de la France et de l’Angleterre aux XIVe et XVe siècle. Ce qui importe à l’histoire européenne, c’est la résistance aux Turcs des Grecs, des Serbes, des Hongrois, des Valaques, des Moldaves, des Russes enfin, du XIIIe au XVIe siècle. C’est grâce à l’immolation des «Balkaniques» et des Slaves de l’Est que la civilisation occidentale a pu se continuer dans l’Europe occidentale, et c’est ce dont Allemands, Italiens, Français, etc., ne se rendent pas suffisamment compte. » Ce sont ces « Balkaniques » qui constituèrent au prix du sang le rempart de l’Europe que l’on abandonne aujourd’hui à l’islam.


**************************************

Texte de Maurice G. Dantec


Il arrive très souvent aux nations de commettre des erreurs fatales. Il arrive plus souvent encore aux empires de les commettre au nom de la justice. Tout le monde connaît depuis longtemps mes positions pro-américaines et pourtant hostiles à la religion démocratique, pro-israéliennes et pourtant catholiques, pro-occidentales et pourtant pro-russes, pro-européennes et pourtant anti-bruxelloises. Des positions qui m’ont valu tout le dictionnaire des noms d’oiseaux disponibles dans les magasins de la République, et quelques insultes de cour de récréation de la part du nouveau parolier de la Front-National Académie, surtout depuis que mon dégoût pour le Zéropa-Land bruxellois se double de la volonté affirmée mille fois de voir renaître un Saint Empire Romain Germanique susceptible d’unifier pour de bon le continent des indo-européens.

Je ne suis pas à une contradiction près, car le monde que j’observe se déliter lentement est précisément le point nodal de tous ces paradoxes et ce qui s’est passé dimanche dernier au Kosovo en est comme l’aboutissement « post-moderne », ce moment ineffable où la pensée humanitaire a remplacé les fondamentaux millénaires de toute authentique politique.

Les USA et l’Union Européenne n’ont pas joué exactement le même rôle dans cette tragi-comédie onuzienne qui prépare déjà un conflit majeur dans les Balkans d’ici les 10 prochaines années.

L’UE est un spectre sans la moindre souveraineté, elle est uniquement capable de s’appuyer sur les fonctionnaires de l’ONU pour produire quoi que ce soit en matière de politique étrangère, autant dire rien.

Les USA sont le premier empire circumterrestre/orbital de l’Histoire, cela fait longtemps qu’ils ont compris que l’Europe ne serait jamais un continent fédéré, cela fait longtemps qu’ils ont compris qu’elle ne ferait jamais un allié vraiment fiable, cela fait longtemps aussi qu’ils savent qu’ils n’ont pas vraiment d’autre choix que de la défendre, y compris contre elle-même.

Et c’est précisément ici que tout s’est joué à la fin du XXe siècle, sur cette ligne de fuite qui à la fois distancie et relie les deux continents de la conquête occidentale. C’est ici, dans la poudrière balkanique multicentenaire que tout a commencé, et que tout finira. Car c’est ici que l’histoire s’est renversée, au cours des dernières années du siècle précédent, c’est ici, dans la seule et unique « Europe » qui existe vraiment, que les aberrations du communisme ont conduit à la folie islamiste, c’est ici que l’Europe institutionnelle a baissé les bras devant les génocides de Milosevic et de sa clique, c’est ici que l’armée américaine a dû prendre la relève du néant, en empêchant de justesse le régime bolchevique de Belgrade de conduire jusqu’au bout sa politique absurde, criminelle et suicidaire de nettoyage ethnique dans la province albanophone. C’est-à-dire la mise en place de tous les éléments nécessaires et suffisants pour que sa séparation soit un jour acclamée comme une « victoire de la démocratie ».

Que les Américains soient en train de commettre une erreur historique bien plus grave que celle qui a consisté à aider les combattants afghans antisoviétiques sans trop de discernement ne devrait non seulement échapper à personne, mais plus encore il conviendrait de comprendre que cette erreur n’est que le produit de l’incurie européenne, de son incapacité ontologique à faire régner ses principes, et en particulier ceux de la souveraineté nationale.

Dans le même temps il convient de remarquer certains faits non dénués d’intérêt, au regard de la crise qui vient de s’ouvrir :

Les opinions publiques européennes, et leurs gouvernances, ont majoritairement soutenu les communistes serbes lors de la guerre en ex-Yougoslavie. Cela n’a commencé à changer que vers 1994 et surtout après les abominations de Srebrenica qui, soit dit en passant, ont représenté par la suite un des points clés de la propagande djihadiste diffusée à travers le monde pour susciter des vocations.

De nombreuses manifestations de soutien au régime de Belgrade se sont déroulées dans tout l’Occident, lorsque l’US Air Force bousilla trois chars yougoslaves, deux ponts, une usine, et la moitié d’une centrale électrique en 1999.

La Serboslavie était alors encore aux mains de l’ami des progressistes, notre vieille connaissance, Slobodan Milosevic qui, une fois délogé de son trône et assis sur le banc du TPI, ne tarda pas à mourir juste avant de désigner ses complices, dont certains siégeaient au Tribunal.

Milosevic avait ouvert l’ère de la translation, il la ferma. De l’opposition intra-occidentale démocratie/communisme, en dix ans, le monde se configura selon la nouvelle faille : Occident contre islamisme.

On aurait pu alors penser que la Serbie s’étant délivrée du totalitarisme rouge, en parallèle avec la Russie, une nouvelle unité politico-militaire pouvait surgir des cendres du siècle précédent. On pouvait imaginer une adhésion de tous les « pays de l’Est » à l’OTAN, puis une transformation de l’Alliance en une structure de défense hémisphérique, qui inclurait la Russie.

Mais le communisme et l’islamisme en ont décidé autrement, en se repassant le relais du démoniaque au tournant du siècle.

En obligeant les Américains à intervenir contre son propre pays, en les poussant dans les bras de l’UCK et des partis « démocratiques » du Kosovo, Milosevic ne savait pas ce qu’il faisait, bien sûr, comme tous les petits planteurs de clous de l’Histoire.

Il ignorait qu’il signait l’arrêt de mort de la province historiquement matricielle de sa propre nation, il ignorait qu’à cause de lui, et de sa sorcière, les Serbes seraient marqués au fer rouge du sceau de l’infamie au moment même où, lui et ses complices disparus, l’infamie allait se retourner contre son propre peuple.

Car l’ignorance, même celle des roitelets de république populaire, n’a jamais stoppé la roue implacable de l’histoire, cette roue qui broie tout sur son passage, et qui ne pardonne aucune erreur.

Ainsi, à la lumière de ces événements tragiques, qui marquent officiellement le début de la dislocation de l’Europe, avant même sa fondation, voit-on on mieux comment la France, et ses supplétifs de Zéropa-Land, ont à chaque fois trahi les Serbes quand, dans l’Histoire, ils furent directement menacés par les invasions islamiques ou germaniques, pour ne les soutenir en retour que lorsqu’ils glissaient sur la pente du totalitarisme (lire « progressisme ») et du génocide socialisant.

Maintenant que ce peuple s’est libéré des griffes du communisme, le voilà pris dans les rets de la « politique » onuzie, c’est à dire cette époque nouvelle qui a décidé d’exterminer les souverainetés historiques au profit d’un morcelage ethnique pacifié, démocratique, poursuivant paradoxalement la politique des génocidaires communistes, avec d’autres moyens, mais des visées assez semblables : extraire les peuples de leurs matrices historiques, les reconfigurer selon des quotas raciaux et linguistiques, les soumettre aux lois de la « communauté internationale », leur allouer la liberté d’obéir ou d’être punis. 1984 va très vite ressembler à un épisode de la Petite Maison dans la Prairie.

Que les États-Unis, si pointilleux sur la notion de souveraineté nationale, aient pu se faire embarquer par les Zéropéens dans cette misérable farce qui sert à ces derniers à faire oublier, de tous leurs larmoiements humanistes, l’inaction complice dont ils ont fait preuve pendant quatre années pleines lors de la guerre civile yougoslave, montre avec quelle intensité la réversion démonique communisme/islamisme a franchi le mur du siècle.

La roue de l’histoire n’épargne pas les empires dominants, bien au contraire. S’ils oublient qu’ils en sont les serviteurs, les « servo-moteurs », s’ils s’en croient les maîtres tout-puissants, les « ordinateurs », les voilà placés devant la lumière aveuglante de l’absurde, devant l’infernale logique des causalités historiques qu’ils n’ont pas su prévoir. Alors qu’ils sont engagés, à l’échelle du globe, dans une guerre tous azimuts contre l’islamisme radical et, osons le dire, contre la poussée générale de la dé-civilisation islamique, les USA soutiennent les Européens et l’ONU dans cette sinistre première qui voit un pays séparé de son cœur historique par un décret « démocratique » de fonctionnaires non élus.

Jamais, même au cours du terrible XXe siècle, on en était arrivé là. On avait déjà, au prix de quelques guerres mondiales, pulvérisé des empires, comme l’Autriche-Hongrie, ou l’Empire Ottoman, on avait déjà rediscuté le tracé de frontières disputées, on avait accordé subséquemment des pays à ce qui avait été des minorités nationales à l’intérieur de ces grandes structures fédérales, mais on avait jamais encore attenté directement au principe fondateur de la souveraineté politique, et en tout cas on ne l’avait jamais fait en organisant pour ce faire le plus grand « téléthon » humanitaire de l’histoire.

Cette époque, qui s’ouvre comme les cuisses d’une catin au plus offrant, les Américains et les Européens vont devoir la méditer longuement. Les Russes, isolés comme toujours, se sont avérés incapables de retourner la situation en leur faveur. Ils en avaient eu pourtant l’occasion à de nombreuses reprises, depuis 2001. Une alliance bipolaire entre USA et Russie aurait évidemment déverrouillé tout le processus. La Russie est aujourd’hui dans la position de l’Allemagne en 1914 ou en 1939. Où qu’elle se tourne, il n’y a plus que des ennemis, ou des amis peu fiables : Europe occidentale, ex-marches ukrainiennes/biélorusses, Chine, Asie Centrale, Nord-Caucase, Iran, Turquie, Japon, elle n’avait donc pas d’autre choix que de risquer le grand saut transpacifique, en rejoignant le continent nord-américain par le détroit de Béring. Une telle alliance aurait déporté tout l’axe du monde vers un autre avenir que celui qui nous est réservé par l’ONU et ses sbires.

L’affaire du Kosovo se serait réglée par un compromis, une large autonomie de la province, les Serbes n’auraient pas été soumis au joug des terroristes albanais et des bureaucrates de Bruxelles, l’Europe aurait sans doute fini par comprendre qu’il était temps de devenir une grande puissance alliée des deux premières, avec toutes les nations qui la composent, toutes les nations, et dans toute leur intégrité.

Au lieu de cela, nous voyons de nouveau l’Occident se diviser lui-même, se désagréger de l’intérieur, alors que les puissances islamiques s’y introduisent, par l’immigration, la démographie, le terrorisme et l’influence économico-politique.

Les Américains accepteraient-ils une motion, osons dire une directive, venue du grand immeuble de New York, dans laquelle l’État du Massachusetts serait séparé par décret « démocratique » et remis à je ne sais quelle « communauté » arrivée d’où vous voulez et dont la population serait devenue majoritaire ? Les Britanniques accepteraient-ils que le nord-est de l’Angleterre soit rattaché au Pakistan ? Les Français seront ils d’accord le jour où les communautés arabophones de la région de Marseille demanderont leur indépendance ou leur rattachement au Maghreb ? Que feront-ils tous lorsque, de surcroît, ces exigences seront appuyées par les 200 autres États de la « communauté internationale » ?

Accepteront-ils de devoir plier devant le vote d’un délégué du Swaziland, du Botswana, du Pérou ou du Turkménistan ? Accepteront-ils de voir leur pays se faire émietter au nom de principes « démocratiques » édictés par des personnes qui ne se sont jamais rendues devant les urnes ? Accepteront-ils que des pans entiers de leurs territoires soient gérés par des « forces de maintien de la paix » qui serviront à bétonner les séparations et les agrégations ethniques, fatales pour leur nation ? Accepteront-ils que leurs millénaires d’histoire soient rayés d’un trait de plume par une Europe qui n’arrive même pas à se faire ? Accepteront-ils de voir les islamistes se servir des « droits de l’homme » tout en s’activant pour leur Jihad ?

Il va falloir que tout le monde comprenne bien ce qui vient d’être mis en jeu, ce dimanche :

Désormais les constructions politiques humaines créées tout au long de l’histoire – disons les 6000 dernières années écoulées– ne sont plus que des abstractions que la Matrice Supranationale Onuzie a pour fonction de remodeler selon les lois humanitaires qu’elle se charge de concocter.

Les Américains, qui ont appuyé cette folie, ne savent pas qu’ils viennent de créer un précédent extrêmement dangereux pour eux-mêmes.

Aveuglés par les pleurnicheries européennes, sans doute désireux de faire un peu de realpolitik à l’égard des pays musulmans, ayant attendu des années un geste de la Russie, mais n’ayant pas su, en retour, instaurer les conditions d’un vrai dialogue, les Américains ont cru que le Kosovo était albanais et que, probablement, affaiblir la Serbie était de bonne guerre.

Toutes les guerres sont « bonnes », ce n’est pas le problème. Le problème est de savoir qui les déclenche et pourquoi. Détruire les fondations occidentales du concept de souveraineté politique est le geste d’un homme épuisé qui se suicide. De l’Europe, difficile de s’en étonner. D’une nation aussi vigoureuse que les USA, ce n’est compréhensible qu’en fonction de la réversibilité démoniaque qui a fait se déplacer le conflit contre le communisme sur le terrain bien plus général de la guerre totale à l’islamisme. Les deux anciens ennemis s’étaient chacun servi de leur influence dans les pays musulmans, durant la guerre froide. Jusqu’au jour où le mur de Berlin tomba, l’année même où Milosevic commençait à provoquer la crise qui conduirait à la dislocation de la Yougoslavie, précisément au Kosovo. Les anciens ennemis auraient dû devenir amis mais sont restés rivaux. Les anciens alliés ont tous changé de camp, soit pour celui d’en face, soit pour celui du Jihad. Et désormais c’est la civilisation européenne elle-même qui prend la décision mortifère de pulvériser les fondamentaux sur laquelle elle s’est construite.

Constatons la terrifiante nature de la réversibilité qui est en œuvre ici : l’UE n’ayant aucune réelle compétence juridico-politique, ce sera aux nations qui la composent d’approuver ou non la décision unilatérale d’indépendance que cette même « Union » aura pourtant promue. Mieux encore, nous allons très vite constater comment ce sont les pays de tradition jacobine-progressiste, telle la France, qui reconnaîtront ce fait accompli, en dépit du droit international, et les nations de nature fédérative, comme l’Espagne, qui sauront sans doute déceler le piège à temps. En attendant, le crime a été perpétré, et ses responsables continuent de s’en vanter à la télévision, leur sourire d’assassins humanitaires en travers de la face.

Il faudra un jour rappeler à tous ces enfants de putain que même l’Alsace est partie intégrante de la France, eut égard à tous ceux qui sont tombés pour elle et venaient de cette marche rhénane. Il faudra rappeler à tous les cuistres progressistes comment ils ont joliment ondulé du bassin entre le soutien total à la Serbie de Milosevic, quand elle se faisait bombarder par les avions de l’Air Force, et leur appui consensuel au complot islamiste en œuvre aujourd’hui au Kosovo. Il faudra que certains m’expliquent comment on peut à la fois soutenir les Serbes, ce peuple qui se tient droit face à l’envahisseur turc depuis plus de 6 siècles, et les pathétiques crapules criminelles d’Al Qaeda, dont on sait qu’ils tirent les ficelles de l’Armée de Libération Albanaise. Il faudra que d’autres m’éclairent sur l’incapacité des nations européennes à se regrouper autour d’un projet politique commun, celui d’une véritable union fédérative capable de faire pièce à tous les totalitarismes. Il faudra bien que ces concentrés madréporaires de crasse stupidité, ces agrégats d’inculture instruite devenus géopoliticiens de sous-préfecture, s’expliquent un jour sur leur obstination à ne présenter aux Européens que le choix truqué entre leur Union de jacobins technocrates et… rien.

Et puis, bien sûr, je ne manquerais pas de questionner mes amis américains, qui croient naïvement soutenir un projet « démocratique » d’indépendance nationale, sur leur réaction possible si j’évoquais la séparation immédiate d’un des 50 États de leur fédération, par une déclaration unilatérale de sécession appuyée par l’ONU. Je serais le premier à leur expliquer que le Kosovo est serbe, comme le Massachusetts est américain. Comme la Moskova est russe. Comme la Saxe est allemande. Comme l’Île-de-France est française.

Je suis sûr que beaucoup se mettront à comprendre en quoi ils se sont fourvoyés. Évidemment, je leur dirais aussi en quoi il est désormais trop tard.

Maurice G. Dantec, Montréal, le mardi 20 février 2008, dans la Revue Égards, Numéro 28, Hiver 2007-2008


Voir aussi sur notre site:

Kosovo - l’Afghanistan de l’Europe ?

Kosovo - Spectre d’un conflit violent ?

Serbie - Émeutes à Belgrade

Canada - Mobilisation de Kosovars-Canadiens pour la reconnaissance du Kosovo


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Commentaires

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11 commentaires

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Tromso

20 Février 2008
21:54

« Le Kosovo est serbe, comme le Massachusetts est américain » - Dantec

Il faut avoir une connaissance bien superficielle de l`histoire pour croire qu`il existe une solution a la plupart des problemes internationaux. Souvent, il n`y a pas de solution, seul la confusion et des choix imparfaits.

Le cas du Kosovo en est un parfait exemple. La guerre de démembrement et de succession de la Yougoslavie qui a suivie la mort de Tito a commencé (1988-89) et finie au Kosovo.
Cette solution certe imparfaite ne plait pas a la Serbie mais y a t`il une autre solution pratique acceptable? Apres les boucheries des milices serbes de Milosevic au Kosovo comment les Albanais auront-ils jamais confiance au Serbes?

La séparation de ces deux peuples semble la meilleure solution pour l`instant. Les Serbes ne doivent rien aux Albanais et devraient cherché a se tourner vers l`Europe et la Russie pour s`occuper de questions économiques.

Le Kosovo a toujours été une région pauvre et il aura bien assez de problemes. La Serbie n`a qu`a bien controler sa frontiere. Le sort des Serbes du nord du Kosovo est préoccupant et ils devront possiblement etre incorporé a la Serbie.

Les Serbes sont aussi a blamer pour tout ce qui se passe a cause de leur soutien au gouvernement du nationaliste radical Milosevic qui a plongé son pays et le reste de la Yougoslavie dans le désastre. Les Serbes ont eu une histoire tragique et difficile mais ils devraient apprendre la modération.

Il n`y a pas de culture démocratique dans la poudriere des Balkans. Seulement de la poudre entreposée qui a souvent tendance a devenir explosive a la moindre étincelle....


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Annie Lessard

21 Février 2008
12:44

« Le Kosovo est serbe, comme le Massachusetts est américain » - Dantec

Bonjour Tromso,

C’est vrai que la situation au Kosovo est extrêmement complexe, et qu’on peut comprendre les Albanais de vouloir se détacher de la Serbie après les massacres qu’ils ont subis dans l’opération de nettoyage ethnique menée par Milosevic, qui a été accusé de crimes contre l’humanité devant le Tribunal pénal de La Haye (sa mort intempestive en prison l’a sauvé in extremis du jugement de la communauté internationale).

Pour ma part, je souhaiterais que le Canada garde une position de neutralité et s’abstienne de se prononcer pour ou contre la reconnaissance du Kosovo. Toute décision du Canada pourrait d’ailleurs sembler suspecte, compte tenu de l’accès privilégié qu’ont les musulmans du Canada au Ministère des affaires étrangères, et qu’on n’a pas jugé bon d’accorder aux autres minorités ethniques ou religieuses. Nous soupçonnons d’ailleurs l’influence de ces groupes dans la décision incompréhensible du Ministère canadien des affaires étrangères d’envoyer une représentante du groupe Présence musulmane au sommet de l’OCI au Sénégal. Voir les articles suivants sur notre site :

Un ministère des affaires islamiques à l’intérieur du ministère des affaires étrangères du Canada ?

Des lobbies musulmans façonnent la politique étrangère canadienne

Le Canada envoie « Présence musulmane » au sommet de l’OCI


Par ailleurs, un Kosovo indépendant, pays à majorité musulmane, joindrait possiblement l’Organisation de la conférence islamique (OCI). L’OCI ne reconnaît pas l’universalité de la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Ils ont proposé une Charte islamique des droits de l’Homme qui est incompatible avec la Déclaration universelle. On peut craindre que le Kosovo pourrait se doter d’une constitution soumise à la charia... en plein coeur de l’Europe.

Voir nos articles :

L’Organisation de la conférence islamique annonce une « Charte islamique des droits de l’Homme »

La Charte islamique des droits de l’Homme va-t-elle l’emporter sur la Déclaration universelle des droits de l’Homme ?

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22 Février 2008
01:21

« Le Kosovo est serbe, comme le Massachusetts est américain » - Dantec

Aujourd'hui le Kossovo demain la Seine Saint Denis département 93;le prmeir prénom donné dans ce département est " mohamed" dans 50 années peut être moins il y aura une majorité musulmanne qui au nom de son nombre se voudra indépendant,que fera t elle des tombeaux ds rois de Francee tde la Basilique une nouvelle mosquée bleue et nos futurs idiots utiles s'éxtasieront devant la grandeur de cet édifice!

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Tromso

22 Février 2008
11:04

« Le Kosovo est serbe, comme le Massachusetts est américain » - Dantec

Mais qui les a donc invité en France si ce n`est la Bien Pensance - Politiciens- journalistes - intellectuels go-gauche - activistes go-gauche naifs pour qui un non-occidental ne peut etre qu`une victime et pas un agresseur - universitaires porte valise qui présentent un islam a l`eau de rose qui n`a jamais existé. Maintenant vous etes pris avec les conséquences!

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24 Février 2008
02:02

« Le Kosovo est serbe, comme le Massachusetts est américain » - Dantec

Tromso

Un invité doit se tenir correctement et non imposé ses us et ses coutumes,ce que font nos musulmans de Seine Saint Denis et d' ailleurs en France et en Navarre.Quant aux gauchistes qui les aiment tant,ils devraient leurs offrir leurs domiciles et leurs foyers mais comme tout bon bonobo,ils le font avec le bien des autres.

Grandpas du califat d' El Paris

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Mancney

21 Février 2008
23:32

« Le Kosovo est serbe, comme le Massachusetts est américain » - Dantec

Tromso : " Apres les boucheries des milices serbes de Milosevic au Kosovo comment les Albanais auront-ils jamais confiance au Serbes ?"

- Oui, absolument... De meme, comment faire confiance aux Allemands apres les Camps de la Mort d'Hitler qui, comme Milosevic, a bien bénéficié du support populaire? Mais, il parait aussi que les Russes de Staline....
Pas facile, hein?

Mancney

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Tromso

22 Février 2008
09:08

« Le Kosovo est serbe, comme le Massachusetts est américain » - Dantec

Les Serbes ne sont pas des Saints (Ils ont beaucoup de Saints par contre) et ils utilisent aussi la propagande pour leur propre objectifs politiques. Milosevic est le grand responsable des guerres Yougoslaves. Les milices serbes comme les Aigles blancs (des personnage comme Arkan de triste mémoire) et autres chetniks n`ont rien a envier au milices oustachis croates ou au moujahidins qui sont venus se battre en Bosnie. Les Serbes ont massacré des milliers d`hommes incluant vieux et enfants a Sebrenica et Gorazde de façon planifiée et systématique. Si ils avaient des griefs légitimes ils n`ont qu`a apprendre qu`il faut le démontrer avant d`envoyer des tanks. Se sont bien les excès de leur politiques qui a mené leur pays ou il est aujourd`hui. De plus ils aiment bien dirent que Al Qaida est aux porte de la Bosnie alors que leur propres massacres des populations musulmanes a contribué énormément a la radicalisation de ces populations. Ils cachent toujours les bouchers Mladic et Karadzik le psychologue psychopathe chef des Serbes de Bosnie. J`avoue que j`ai peu de sympathie pour leur désinformation et ça ne me surprend pas de voir les Russes s`exciter pour leur propres raisons.

Il faudrait voir ce que les Serbes proposent, une partition ethnique ou encore une bonne vieille recette serbe, le nettoyage ethnique avec des milices ( surveillé surtout les supporters d`équipes de soccer serbes ils tuent littéralement la concurrence, j`ai l`impression qu`ils sont mauvais perdants!) qui ont tendance a nettoyer les exces de saleté a coup de fusil pour ouvrir la route a l`armée serbe.

Pour ce qui est de la tolérance entre les peuples demander donc a vos grand parent si les Allemands étaient populaire en France en 1946. La réconciliation a pris du temps et c`est grâce aux Américains qu`elle a pu avoir lieu, encore une fois!

Finalement la tragédie yougoslave était un peu la cohabitation de deux type de slave, les Croates et Slovènes qui avaient été dans l`orbite occidentale (Italie-Autriche-Hongrie) et ont bénéficié de la Renaissance et des idées occidentale et des Serbes qui ont subi le joug de l`empire Ottoman et qui n`ont été coupé des idées occidentale pendant des siècles opprimés par l`ìslam et traité en Dhimmi.

Je le dit encore le titre du livre de Rébecca West sur la Yougoslavie le dit bien - Agneau noir et Faucon gris - Il n`y a pas de blanc et de noir, de bons et de méchants dans cette histoire mais du gris dans tout les tons possibles. La Serbie aurait avantage a se démocratiser ,se moderniser et surtout se modérer!

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Helios d'Alexandrie

22 Février 2008
14:12

« Le Kosovo est serbe, comme le Massachusetts est américain » - Dantec

Les Kurdes en Irak n'ont pas été mieux traités que les musulmans en Bosnie et au Kozovo, de plus il n'ont pas rendu la pareille aux sbires de Saddam qui les massacraient comme les musulmans bosniaques et albanais l'ont fait à l'égard des serbes. Cependant tout le monde y compris les américains tient à ne pas créer un état indépendant réunissant les kurdes (il faut dire que la Truquie, la Syrie et l'Iran s'y opposent avec violence). Pourtant les Kurdes ont tout d'un peuple et d'une nation.

On voit que les principes s'appliquent différemment selon les endroits et les circonstances, comme dirait Jean de Lafontaine:

"Selon que vous serez puissant ou misérable

Les jugements de cour vous feront blanc ou noir"

Les serbes ont été obligés de céder sous les bombardements, depuis ils ont mis dehors Milosevic, ils l'ont même livré pour être jugé, la Serbie s'est démocratisée, mais les puissances occidentales n'en ont pas tenu compte, cédant aux pressions des pays islamiques et cherchant à se faire du crédit ils ont accepté que la Serbie soit amputée du Kozovo.

Comme dirait ce chef celte en jetant son glaive sur le plateau de la balance: "Malheur aux vaincus!"

La Serbie n'est pas un joueur important dans l'arène géopolitique, sur le plan économique il n'a ni matières premières ni industries de pointe, son alliée La Russie lui accorde beaucoup moins d'importance que l'Iran, partant l'appui qu'elle lui donne est principalement d'ordre moral, Poutine ne risquera pas d'aggraver ses relations avec tout le monde pour les beaux yeux de la Serbie.

Alors disons les choses clairement, l'indépendance du Kozovo n'a rien à voir avec le droit ni avec la justice, elle découle bêtement de la politique du fait accompli.

On pourrait malgré tout se consoler en pensant que cette région connaîtra la paix, rien n'est moins sûr, le Kozovo est un micro état peu viable par lui-même, il est de surcroît majoritairement islamiste, la Serbie amputée du Kozovo n'a pas dit son dernier mot, elle fourbira ses armes et attendra un moment plus propice pour prendre sa revanche.

Cette saga dure depuis des siècles, il n'y a pas de raison qu'elle prenne fin subitement.

Helios d'Alexandrie

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Charles Azar

22 Février 2008
15:19

« Le Kosovo est serbe, comme le Massachusetts est américain » - Dantec

Les É.U. en appuyant l'indépendance du Kosovo ne cherchent sûrement pas à répéter leur erreur avec les moudjahiddines afghans en 80: À cette époque-ci, le grand ennemi était l'USSR. Il n'y a pas de grand ennemi qui nécessiterait encore une fois une alliance avec les islamistes.

En plus, ils ne devraient pas être assez stupides pour risquer une nouvelle guerre en Europe juste pour le plaisir de narguer la Russie.

Première hypothèse: Ils chercheraient naïvement une fois de plus à établir un modèle démocratique en pays musulman, après leur quasi-échec en Irak et la radicalisation de plus en plus de la Turquie.

Deuxième: Ils sont en train d'offrir un cadeau empoisonné aux pays musulmans (qui ont presque appuyés unanimement cette indépendance). En établissant un précédent, ils comptent appuyer dans le futur les minorités à tendances séparatitste dans les pays musulmans: Les kurdes, les coptes et nubéeins en sud Égypte, les chrétiens du sud Soudan, les arméniens au Nargomy Karabakh, etc.

J'espère qu'ils savent ce qu'ils font cette fois-ci, sinon ils se retreouveront encore une fois à réparer les pots cassés dans le futur.


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Tromso

22 Février 2008
19:41

« Le Kosovo est serbe, comme le Massachusetts est américain » - Dantec

Il peut aussi s`agir de simple Realpolitik - Les Américains et l`Otan ont énormément contribués a stabiliser cette région en cours des années 90. Beaucoup de soldats y on laissés leur vies. (Francais, Canadiens, Américain, Britanniques, ect). Les Serbes avaient le gros bout du baton et refusait toutes concessions réelles. Ils se sont finalement assis pour négocier sérieusement quand ils ont commencé a perdre énormément de terrain apres les contre-offensives Croates en Bosnie et dans les Krajinas en 1995.

Aujourd`hui l`Otan et les USA ont d`autres chats a fouetter, les islamistes radicaux, la guerre en Afghanistan et l`Irak. L`OTAN devrait elle passer les prochains 100 ans entre ces deux peuples qui se déteste? Il vaut probablement mieux tracer une frontiere pour pouvoir sortir éventuellement. Les puissances seront toujours blamées. Si elle n`interviennent pas pour séparer un conflit on dit qu`ils sont responsable de laissez aller les massacres et quand elles interviennent ont leur reproche des partis pris!

Damned if you do, damned if you don`t

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24 Février 2008
02:21

« Le Kosovo est serbe, comme le Massachusetts est américain » - Dantec

Quoique fassent les américains,ils auront toujours tort aux yeux des européens déjà dimnhisés.Les pays occidentaux n' appuyant pas cette indépendance avec enthousiasme comme l' Espagne, le font simplement par calcul intérieur,la Catalogne et les Pays Basques pourraient profiter de cet évenement pour soliciter eux aussi une accession à cette indépendance et d' autres régions ni pensant pas se verraient avec un oriflamme à leurs couleurs.

Le futur de l' Europe,une balkanisation future à qui profitera ce scénario,aux petits hommes verts qui souhaitent depuis bien longtemps dominer l' Europe et cette fois ci,il n' y aura ni Jean Sobierski et ses hussards ailés ni El Cid pour défendre notre liberté.

Grandpas du califat d'El Paris

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