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FITNA et la critique de l'islam - par Afshin Ellian, professeur de philosophie aux Pays-Bas

1 Avril 2008 par Annie Lessard, Marc Lebuis

Mots clés:

Si FITNA devait conduire à la violence et à des protestations contre les Néerlandais, l'Europe, nous l'espérons, fera preuve de plus de solidarité qu'elle ne l'a fait avec les Danois lors de la crise des caricatures. Toute faiblesse dans la volonté de défendre notre ordre juridique démocratique devrait être considérée pour ce qu'elle est: lâcheté et trahison.- Afshin Ellian

Afshin Ellian, qui a fui l'Iran en 1983, est professeur de philosophie juridique à l'université de Leyde aux Pays-Bas. Nous traduisons son commentaire publié dans le Wall Street Journal. Pour lire l'article original (en anglais), cliquez ici.

Criticism and Islam, par Afshin Ellian, Wall Street Journal, le 31 mars 2008


Le député néerlandais Geert Wilders a mis son film de 15 minutes sur le Coran sur Internet jeudi soir. Mais pendant des semaines avant que quiconque l'ait vu, le drapeau néerlandais a été incendié dans le monde islamique. Le parlement non démocratiquement élu de l’Iran a aprouvé un boycott des Pays-Bas et les sites Web liés à Al-Qaïda ont appelé à des attentats terroristes.

Les Américains sont habitués aux images d'hommes barbus enragés qui mettent le feu à leur drapeau. Les Hollandais ne le sont pas. En réponse, le gouvernement a élevé le niveau de la menace terroriste au pays à «substantiel», tandis que le Premier ministre Jan Peter Balkenende prenait ses distances vis-à-vis du film. Jusqu'au dernier moment, il a exhorté M. Wilders à ne pas le diffuser.

Le message de FITNA, c'est que le Coran est l’inspiration vivante des djihadistes. Le film suggère que sans les passages violents du Coran, le terrorisme islamique n'existerait pas. M. Wilders montre le parallèle entre des versets du Coran et les discours de haine par des imams et des images graphiques du terrorisme islamique - le 11/9, les attentats de Madrid en 2004 et l'attentat de Londres un an plus tard.

Il utilise des images de la bande vidéo de la décapitation d'un otage par des terroristes islamiques. Il montre aussi la plus célèbre des caricatures danoises (celle avec une bombe sur la tête de Mahomet) qui a déclenché des manifestations dans le monde musulman il y a deux ans.

Le monde occidental a appris il y a longtemps à critiquer la religion, et même à s’en moquer. Pensez à des films tels que La Vie de Brian (comédie de Monty Python's) et Da Vinci Code, ou à des textes plus sérieux sur le christianisme par Nietzsche, dont la célèbre phrase - «Dieu est mort» - fait partie de la culture populaire. Le débat d'idées est fondamental pour le mode de vie occidental. Le monde islamique n'est pas habitué à de telles discussions.

Comme dans d'autres pays, les terribles attentats du 11/9 ont soulevé des questions existentielles aux Pays-Bas qui restent l'objet de débats houleux à ce jour. Ils ont ouvert la voie à la montée politique de Pim Fortuyn, un flamboyant ancien professeur d’université et écrivain ouvertement gay. Fortuyn fulminait contre les aspects les plus sombres de l'islam politique - le terrorisme, l'assujettissement des femmes et des homosexuels, et l'antisémitisme. Son assassinat en 2002 par un partisan de l'extrême gauche a été perçu comme une atteinte à l'ordre démocratique en Hollande.

Ce choc a été aggravé en 2004 quand à Amsterdam, la capitale de la liberté et de la tolérance, un néerlandais musulman d'origine marocaine a abattu et presque décapité le cinéaste Theo van Gogh. Le meurtrier a déclaré que l'Islam exigeait de lui qu’il tue Van Gogh, qui avait fait un court métrage critiquant le mauvais traitement des femmes dans l'Islam. Après le meurtre, la collaboratrice du cinéaste, la parlementaire d’origine somalienne Ayaan Hirsi Ali a été mise sous la protection de la police.

Quand Mme Hirsi Ali est allée vivre aux États-Unis en 2006, Geert Wilders a repris le flambeau. Il prend une position dure sur le terrorisme islamique et appelle à un arrêt de l'immigration, au moins jusqu'à ce que les musulmans néerlandais soient mieux intégrés. Certains de ses arguments sont purement polémiques. Par exemple, il dit que le Coran est un livre «fasciste». Comme la publication de Mein Kampf d’Hitler est illégale aux Pays-Bas, soutient-il, il devrait être illégal de publier le Coran. On peut avoir un débat sur le Coran, mais d'interdire le livre est ridicule, et il le sait.

Pourtant, ses remarques exagérées ont suscité un débat constructif sur le Coran et l'islam aux Pays-Bas qui est plus vigoureux que dans tout l'Occident ou pays musulman. Et tout inconfortable que cela puisse être pour les musulmans néerlandais, ils contribuent à leur faire voir leur religion de manière plus critique. Nonobstant l'attrait croissant de l'islam radical, la participation politique des musulmans modérés est à la hausse, un signe positif d'intégration. Pour la première fois dans l'histoire des Pays-Bas, deux musulmans font partie du cabinet.

(...)

La question n'est pas vraiment le film de M. Wilders, ou si ce film incite à la haine, ce dont je doute. La question est de savoir si nous sommes capables de défendre nos valeurs contre l'intolérance des musulmans radicaux. Certaines personnes voulaient que FITNA soit banni avant de l’avoir vu. C'est déconcertant. La loi néerlandaise interdit la censure préemptive.

Une tendance dans la société occidentale - une combinaison de nihilisme européen, d’auto-dénigrement et de réserve - favorise l'apaisement. Ce n'est pas la force de nos ennemis, mais notre faiblesse qui pourrait être notre ruine.

Si FITNA devait conduire à la violence et à des protestations contre les Néerlandais, l'Europe, nous l'espérons, fera preuve de plus de solidarité qu'elle ne l'a fait avec les Danois lors de la crise des caricatures. Toute faiblesse dans la volonté de défendre notre ordre juridique démocratique doit être considérée pour ce qu'elle est: lâcheté et trahison.


Voir aussi:

Pays-Bas - Sondage : 70% des hollandais sondés pensent que FITNA n’est pas insultant pour les Musulmans

« Fitna » - scénario de Point de BASCULE

Geert Wilders au parlement des Pays-Bas : interdire le Coran et STOP à l’islamisation

Pays-Bas - 73% des Néerlandais favorables à la diffusion de "FITNA"

Fitna, Network Solutions et la censure préventive sur Internet - les musulmans sont leur pire ennemi

Geert Wilders : La tolérance de l’intolérance de l’islam menace la tolérance

En raison de menaces sérieuses, LiveLeak retire Fitna

Comment répondre à un musulman argumentatif : rhétorique 101

Prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes aux ex-musulmanes Ayaan Hirsi Ali et Taslima Nasreen

UE - De tout coeur avec l’islam contre Geert Wilders

Des imams vomissent la haine et incitent à la violence, mais on censure des caricatures et un film que personne n’a vu !

Virage au Danemark – Leçons pour le Québec et le Canada

La foi, la raison, et le combat idéologique contre le djihad - George Weigel, théologien

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Helios d'Alexandrie

1 Avril 2008
01:47

FITNA et la critique de l'islam - par Afshin Ellian, professeur de philosophie aux Pays-Bas

Les poules auront des dents avant que les musulmans ne se décident à reconnaître et rejeter la violence du coran. Ils devront par le fait même reconnaître qu'un Dieu miséricordieux ne peut avoir dicté autant d'horreurs. Du coup tout l'édifice de l'islam risque de s'effondrer.

C'est pourquoi les autorités politiques à l'instar de Geert Wilders doivent prendre position et tracer la ligne pour les musulmans. Après tout ils n'ont pas consulté les nazis avant d'interdire Mein Kampf.

L'analogie avec Mein Kampf garde toute sa pertinence, il y a nombre de points communs entre Mein Kampf et le coran: suprématisme, haine de l'autre, antisémitisme, justification de la violence, impérialisme et esprit de domination, culte du chef, assujettissement de l'individu à l'état, totalitarisme etc. Le coran va même plus loin que Mein Kampf, il incite franchement au meurtre et encourage l'esclavage sexuel des captives.

Et il ne faut surtout pas l'oublier, Mein Kampf est un best-seller dans les pays musulmans.

L'auteur de l'article trouverait-il normal que l'on invite des nazis à interpréter Mein Kampf d'une manière plus pacifique? Or c'est ce qu'il préconise pour le coran, puisque d'emblée son interdiction n'est pas envisageable!

Dire qu'il enseigne la philosophie!

Helios d'Alexandrie


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1 Avril 2008
06:40

FITNA et la critique de l'islam - par Afshin Ellian, professeur de philosophie aux Pays-Bas

Tariq Ramadan sur son site, se félicite du retrait du film FITNA, au cours d'une interview pour une chaine télévisé des pays-bas.
Je constate par ailleurs que vous ne publiez jamais les réponses venant de France. Pourquoi? allez savoir..

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Marc Lebuis

1 Avril 2008
08:49

FITNA et la critique de l'islam - par Afshin Ellian, professeur de philosophie aux Pays-Bas

Merci pour l'information concernant Tariq Ramanda,

En ce qui a trait à votre autre commentaire:

«Je constate par ailleurs que vous ne publiez jamais les réponses venant de France. Pourquoi ? allez savoir..»

Nous aussi nous aimerions le savoir, vous nous apprenez une nouvelle !

En effet, nous ne postons pas tous les commentaires, ce site n'est pas un blog et comme l'islam, nous ne distinguons pas l'origine nationale des commentateurs. Nous tentons de prioriser les commentaires qui apportent des faits, des arguments ou des témoignages qui enrichissent le sujet et ou qui apportent quelque chose de nouveau. Nous avons aussi tendance, comme nos lecteurs, à préférer des commentaires succincts et civilisés.

Et oui, prendre en considération la réalité québécoise, canadienne ou nord américaine touche nos lecteurs autant européens que francophone d'amérique.

Merci

Marc

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Jugurten

2 Avril 2008
20:41

FITNA et la critique de l'islam - par Afshin Ellian, professeur de philosophie aux Pays-Bas

Les musulmans, tous les musulmans, exigent qu’on ne parle jamais, nulle part, des crimes de l’islam, commis par des musulmans isolés ou organisés autour de chefs religieux. Cette exigence s’adresse aux occidentaux car elle est déja satisfaite dans le monde musulman.Autrement dit, les musulmans exigent des occidentaux qu’il aient du coran la même perception qu’eux. Autant dire qu’ils exigent des occidentaux qu’ils pensent, parlent et agissent comme des musulmans.

Quand j’étais étudiant en Algérie, dans les années 80, il m’arrivait de demander à des musulmans pratiquants la signification de tel ou tel verset coranique ou hadith. On me donnait toujours la réponse que j’attendais, c’est à dire conforme à ma propre compréhension dudit verset. Quand je demandais s’il était normal qu’on tue un athée déclaré, on me rigolait au nez, pensant que je plaisantais. Ce qui me sidére, c’est que l’idée de tuer les mécréants est largement partagée dans l’opinion publique musulmane, non parce que le coran le dicte, mais simplement parce que c’est devenu "naturel". L’incitation au crime, aux abus, à la mysoginie, à la violence, est ainsi sécularisée et est devenue un élément sans rapport direct avec la religion.

Dans les discussions quotidiennes, devant une tasse de thé ou chez le coiffeur on se dit calmement et avec bonhommie tout ce que les imams nous vociférent sur le Web, les yeux injectés de sang. Ce naturel, C’est ce que les représentants religieux musulmans appellent "culture musulmane". La religion a envahi la culture, l’a travestie, l’a corrompue et enfin s’y substitue petit à petit. J’ai remarqué que seul le coté sombre de l’islam s’est sécularisé, du moins en Algérie. Si la mémoire et la conscience collectives ont fait leur tri et ont selectionné ce coté là, c’est parce que le bon coté n’est là que comme ornement, une décoration faisant office d’embllage pour le contenu consistant. C’est ce qui explique d’ailleurs la minceur décourageante de cet emballage. Il est destiné à être jeté. Le passage à l’acte est rare car les gens "n’ont pas que ça à faire". Les rares fidéles qui passent à l’acte sont ceux qui se sont détachés des afaires d’ici-bas pour recevoir une formation idéologique et militaire compléte, en marge de la société. On les appelle extrémistes (ou terroristes). Ces "extrémistes" sont l’équivalent, toutes proportions gardées, de nos militants des droits de l’Homme, de nos défenseurs des animaux, de nos écologistes bruyants, qui n’hésitent pas à passer à l’acte pour exercer pleinement la démocratie. Nous trouvons aussi cela naturel et nous ne traitons pas ces personnes d’extrémistes de la démocratie, de fanatiques humanistes d’adorateurs d’animaux ou d’adeptes du culte du végétal.

Je ne pesne pas que le monde musulman puisse un jour avoir un regard critique sur l’islam et tout ce qu’il induit. Il est difficile de renier sa seconde nature. Il est trop tard pour que l’islam se transforme de l’intérieur car il s’est greffé à la culture populaire. Il ne faut pas trop demander aux musulmans tranquilles modernistes, démocrates, laiques. Le fait qu’ils n’aient pas eu le courage de quitter leur religion révéle déja qu’ils n’auraient pas non plus le courage de s’opposer de front à l’islam. Sans un support extérieur sérieux, ils savent qu’ils seront laminés en un tour de main. À mon avis, une confrontation violente est prévisible à moyen terme entre l’islam et la démocratie. Pour le moment, il se tient un procés en régle de cette religion. On étale un peu partout les chefs d’accusation, on ramasse les preuves et on recense les témoins. Aprés la condamnation, il y aura une sentance, puis l’éxecution de ladite sentance. Certains essaient de trouver des circonstances atténuante à cette doctrine criminelle ou tentent de lui trouver de bons cotés. Mais c’est l’histoire de cet accusé qui reproche au juge de passer sous silence toutes les fois où il n’a pas commis de crime. Cette objection n’est pas recevable !

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Charles

1 Avril 2008
09:38

FITNA et la critique de l'islam - par Afshin Ellian, professeur de philosophie aux Pays-Bas

Vous avez oublié l'essentiel à propos de Mein Kampf :

L'endoctrinement des enfants et leur utilisation comme instruments de terreur. La jeunesse Hitlérienne des uns deviens les enfants suicides des autres.

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