Dimanche 14 Mars 2010 | Dernière mise à jour: 13 Mars 2010
Articles
Interview
Combat (idéologique) contre Djihad (idéologique) - entrevue avec le théologien George Weigel
5 Avril 2008 par Annie Lessard, Marc LebuisMots clés:
«La liberté de conscience et la séparation des pouvoirs religieux et politiques seront au centre du dialogue islamo-chrétien à Rome cet automne. Nous devons développer une grammaire du dialogue avec l’islam. L’idéologie du djihad doit être combattue avec un ensemble de mesures, religieuses, intellectuelles, politiques, économiques, militaires. Sinon, cette idéologie avilissante pourrait emporter notre civilisation». - George Weigel
Nous avons déjà publié une entrevue avec le théologien américain George Weigel sur notre site. Lisez La foi, la raison, et le combat idéologique contre le djihad - George Weigel, théologien. Son message est d'une telle pertinence que nous vous présentons maintenant une entrevue qu'il a donnée sur EWTN Catholic News le 15 février 2008.
Traduction française de l'entrevue accordée par George Weigel sur le canal EWTN Catholic News le 15 février 2008. Geoge Weigel est l'auteur du livre récemment paru Faith, Reason and the War againt Jidhadism: A Call to Action, disponible sur amazon.ca (ici).QUESTION: Cette semaine, les manchettes sont pleines d'histoires scandaleuses de crimes d'honneur et de zones en Europe où des chrétiens sont intimidés par leurs voisins musulmans. Il existe ici un dénominateur commun. Ces actions sont-elles le fruit de l’islam ou de croyances islamiques perverties? L'islam est souvent abordé dans une perspective politique ou historique, mais rarement à partir d'un point de vue théologique. Ce soir, George Weigel, auteur du nouveau livre Faith, Reason and the War against Jihadism, examine l'islam sous l’angle religieux. Il se joint à nous depuis Washington DC. QUESTION: N'avons-nous pas pendant trop longtemps ignoré la théologie chez nous, et regardé l'islam sous l’angle de la foi. Est-ce l'ingrédient manquant dans notre engagement avec l'islam? WEIGEL: Tout à fait, il me semble. Il y a également cette bizarre réticence à parler des racines religieuses du djihadisme, et pourtant qu’est-ce que le djihadisme? Le djihadisme est l'idéologie d'inspiration religieuse qui enseigne qu'il est du devoir moral de chaque musulman d'utiliser tous les moyens nécessaires pour obliger le monde à se soumettre à l'islam. Il est certainement vrai que la majorité des musulmans dans le monde n’acceptent pas cette définition des exigences de leur foi. C'est vrai. Mais ce fait est dénué de pertinence. C’est sans pertinence parce que les djihadistes, eux, acceptent cette exigence de leur foi


QUESTION: Dans votre livre vous parlez de l'inertie dans l'Islam, d’une absence de vitalité intellectuelle. Pourquoi dites-vous cela et quelle en est la cause profonde? WEIGEL: C'est un véritable casse-tête dans l'histoire de la pensée. Comme on le sait ou devrait le savoir à partir de l'étude de la philosophie, il y a eu des moments au début du haut moyen-âge où les philosophes musulmans ont pris l'initiative de recouvrer les pensées d'Aristote en particulier, et de les ramener dans la sphère intellectuelle du monde de l'époque. Thomas d'Aquin a beaucoup appris sur Aristote par des philosophes musulmans. Pourtant, à un certain moment, peut-être autour du 14e ou 15e siècle, il semble y avoir un arrêt de cet esprit de recherche au sein du monde islamique. Était-ce parce que les autorités religieuses islamiques sont devenues nerveuses au sujet de la philosophie spéculative, et ce qu'elle pourrait faire, par exemple, à la question de savoir si vous devez interpréter le Coran plutôt que simplement le réciter – nous ne le savons pas vraiment. Mais une conviction religieuse, une communauté religieuse qui, pendant plusieurs centaines d'années, a connu de grandes réalisations intellectuelles, non seulement dans la philosophie mais dans le domaine des mathématiques et d'autres sciences, a ainsi subi une sorte de fermeture intellectuelle qui continue d'affliger le monde islamique d'aujourd'hui. Voici l'exemple le plus révélateur: Plus de livres ont été traduits en espagnol dans n'importe quelle période de 20 ans que de livres traduits en arabe au cours des dernières 900 années. C'est tiré d'un rapport arabe sur le développement humain réalisé par des chercheurs arabes sous les auspices de l'ONU. Il y a une sorte de blocage intellectuel, et c’est ce qui rend la rencontre avec la modernité si difficile pour le monde islamique, et ces difficultés ont maintenant débordé et ont des impacts sur le reste d’entre nous. QUESTION: Parlons de la tentative du Pape Benoît XVI d'engager l'islam. Elle a commencé à Ratisbonne. Il parle de cela depuis longtemps – mais Ratisbonne a certainement été un moment marquant de ce dialogue. Il a reçu l'attention du monde islamique. De là , il les a invités au dialogue, et ils ont répondu. Il y aura une rencontre en février ou mars. Quelle forme cela devrait-il prendre? Parlez-nous des subtilités de ce processus. Le Pape Benoît XVI a donné une liste des points de dialogue qu'il souhaite aborder. En retour, ces 138 dirigeants islamiques ont envoyé une lettre avec leur propre liste de points de discussion. Les deux listes ne correspondent en aucune façon. Pouvez-vous nous en parler un peu? WEIGEL: Permettez-moi de revenir en arrière. La conférence de Ratisbonne - qui, je crois, était la plus importante déclaration papale sur un problème d'envergure mondiale depuis plus d'une douzaine d'années - affirme deux points cruciaux.

QUESTION: Nous allons maintenant à ce e-mail: M. Weigel, Dans votre livre (que j'ai acheté après Noël), vous déclarez que la politique de Bush en Irak est ancrée dans une «évaluation réaliste» de la situation là -bas. Même si je suis d'accord avec une grande partie de vos écrits, ceci me frappe comme étant faux. L'administration savait certainement que les factions Sunnites/chiites se déchaîneraient après le renversement de Saddam. Vu tout ce qui s'est passé, et l'engrenage de la violence, pensez-vous toujours que cela était une «évaluation réaliste» de la situation? - Janice, Myrtle Beach WEIGEL: Heureusement, l'engrenage de la violence n'est plus tel qu’il a été en 2006. La flambée (poussée militaire en Irak) semble avoir produit les effets souhaités, nous semblons avoir appris à mieux faire ce genre de guerre de contre-insurrection. Ce que je veux dire par une «évaluation réaliste» de la situation est qu’il était nécessaire de faire tomber la fièvre au Moyen-Orient. Il était nécessaire de démontrer qu'un dictateur sans pitié ne peut pas continuer à narguer la communauté internationale, l'ONU, les États-Unis. Il était important, voire impératif de prendre le risque de fournir un mode alternatif d'auto-gouvernance dans le monde arabo-islamique. Cela a été une transition très difficile pour laquelle de nombreux jeunes Américains courageux ont payé un prix très élevé. Mais si vous avec lu l’article de l’intellectuel Fouad Ajami de l’Université John Hopkins paru la semaine dernière dans le Wall Street Journal - ce brillant essai démontre comment cet effort des États-Unis a lentement commencé à changer l'impasse politique au Moyen-Orient dans un sens positif. Nous pourrions ne pas voir les effets de cette situation avant 40 ou 50 ans. Comme l’intuition de Harry Truman à la fin des années 40 qui n’a pas été justifiée avant 1989. L'approche de Bush au Moyen-Orient pourrait ne pas être justifiée avant que je regarde la télévision EWTN au purgatoire, soit dans quelque 40 ans! QUESTION : Dans votre livre, vous dites que nous devons mériter la victoire, en citant une phrase de Winston Churchill.


[Autres]
Dans la même catégorie
Commentaires
Combat (idéologique) contre Djihad (idéologique) - entrevue avec le théologien George Weigel
Citation de l'interview:
"...j’espère que le modèle de développement catholique sur la question de la séparation entre l’Eglise et l’Etat au cours des 200 dernières années pourrait fournir quelque analogie permettant aux réformistes musulmans de puiser dans leur propre tradition islamique afin de trouver des fondements garantissant la civilité, la tolérance et le pluralisme..." Tout d'abord, MERCI à Point de Bascule pour cet échange éclairant, en passant ce n'est pas au Canada et encore moins en Europe qu'un auteur aussi sérieux se voit octroyer un temps d'antenne aussi long pour bien exposer son point de vue.Personnellement je ne crois pas que les "réformistes" musulmans aient quelque chance que ce soit de réformer un jour l'islam, s'ils s'engagent dans le dialogue avec le christianisme c'est principalement pour deux raisons:1-Ils ne sont pas assez confiants dans la victoire ultime de l'islam
2-Ils veulent rehausser leur prestige dans leurs pays d'origine en se positionnant comme interlocuteurs du PapeLes réformistes ne peuvent certainement pas puiser dans la tradition islamique afin de trouver des fondements garantissant la civilité, la tolérance et le pluralisme, s'il le faisaient ils n'y trouveraient que le régime de dhimmitude pour juifs et chrétiens et la conversion forcée pour les autres. C'est donc en dehors de la tradition islamique que les "réformateurs" devront puiser, autrement dit en terrain non-musulman, et cela, pour un imam ou un savant musulman, équivaut à l'apostasie.Le fait est que ces réformateurs n'osent même pas s'opposer aux jihadistes violents, quand ils sont confrontés à cette question ils se contentent de répondre que l'islam est une religion de paix et de tolérance. Ils sont loin de prendre leurs distances de certaines prescriptions barbares telles que l'amputation des voleurs, la lapidation des adultères, la condamnation à mort des apostats, la guerre contre les incroyants etc. La oumma islamique englobant toute l'humanité demeure pour eux un objectif sacré pour le long terme.La question qui se pose est donc celle-là : Quel intérêt le Saint-siège trouve-t-il dans le dialogue entre islam et christianisme?Personnellement je suis convaincu que Benoît XVI s'est bien positionné sur le plan stratégique pour démontrer à l'Europe son attitude insouciante et irresponsable face à l'islam. En engageant le dialogue avec des représentants "modérés" ou "réformateurs" de l'islam sur des sujets aussi fondamentaux que le droit à la liberté religieuse et la séparation de la religion avec l'état, le Pape oblige ses interlocuteurs soit à jouer carte sur table soit à déclarer forfait, dans les deux cas la démonstration sera faite de la vacuité du "discours islamique modéré" et de l'incompatibilité de l'islam avec la civilisation occidentale.Cette démonstration est aussi très importante pour resserrer les rangs des catholiques et rappeler à l'ordre ceux qui, par aveuglément ou charité chrétienne mal comprise, sont devenus des idiots utiles à l'islam.Cette démonstration est également importante pour les musulmans "modérés" vivant en occident (ceux qui sont assis sur la clôture attendant de voir de quel côté le vent tournera) ils comprendront que leur attitude attentiste est désormais perçue comme un encouragement tacite au jihadisme, leur position n'en sera que plus inconfortable.Le dialogue est toujours très utile, il sert à circonscrire les points où l'on s'entend, et, ce qui est de loin plus important, mettre en lumière les incompatibilités et les divergences fondamentales.À partir de ce moment nous devrons en tant que peuples civilisés nous gouverner en conséquence.Si Benoît XVI force les occidentaux à se sortir la tête du sable, la postérité fera de lui un Pape plus grand et certainement plus utile que Jean-Paul II.Helios d'Alexandrieami
5 Avril 200820:53
Combat (idéologique) contre Djihad (idéologique) - entrevue avec le théologien George Weigel
"1-Ils ne sont pas assez confiants dans la victoire ultime de l’islam"
Le fait que ce dialogue soit initié par l'église catholique laisse supposer que c'est plutôt cette dernière qui n'est pas confiance. Cette opinion pourrait peut-être être étayée par le récent aveu de Rome selon lequel l'islam est dorénavant la première religion monothéiste du monde devant le christiannisme, et que le rapport démographique est très nettement en faveur des musulmans.Par conséquent, la probabilité à long terme que le christianisme, disons, "classique" soit marginalisé est très élevée. Ce constat pourrait aussi expliquer la nouvelle approche dialectique foi/raison initiée par M.Ratzinger, approche qui, si j'ai bien compris, insiste sur l'expérience religieuse individuelle et ésotérique, consolidée par la raison, l'expérience personnelle et le bon sens, plutôt que sur des règles morales rigides imposées par une quelconque autorité externe. Une telle approche pourrait susciter l'adhésion de beaucoup d'occidentaux ( moi le premier ) et les unir non plus autour d'un dogme prédigéré auquel il est obligatoire d'adhérer mais autour d'une façon de voir le Monde et de construire la Morale. Pour donner une image discutable, je dirais que le centre de gravité de l'"instance morale" se déplacerait de l'extérieur au "cœur" des individus. Nous assisterions là à une transition historique de première importance et qui représenterait une révolution fondamentale pour une religion monothéiste, et peut-être pour le monde...Annie Lessard
7 Avril 200801:06
Combat (idéologique) contre Djihad (idéologique) - entrevue avec le théologien George Weigel
Quant au nombre de croyants, musulmans et catholiques, les chiffres comparent les catholiques aux musulmans. On ne tient pas compte des protestants. De plus, si les musulmans avaient la liberté de quitter l’islam, il y en a peut-être des millions qui le feraient.
De toute façon, les chiffres ne signifent rien. C’est la qualité qui compte. L’islam n’a jamais donné au monde un leader ayant un rayonnement mondial. Pas de Dalai Lama (et pourtant les bouddhistes tibétains sont une poignée), pas de Nelson Mandela, de Martin Luther King, de Gandhi. En fait, le seul musulman ayant un rayonnement mondial est Ben Laden. Ça dit tout !23:36
Combat (idéologique) contre Djihad (idéologique) - entrevue avec le théologien George Weigel
Bonsoir à tous et plus particulièrement à vous Hélios ,
Je suis toujours agréablement surprise de vous lire et étonnée par votre grande lucidité.Vous avez raison de remercier Point de Bascule de nous accorder le privilège de cette entrevue.Monsieur Weigel est incontestablement un grand théologien. Je ne remettrai nullement en question l'intégrité de Monsieur Weigel. J'oserai cependant m'interroger davantage sur les raisons profondes qui motivent l'Église par la voix du Saint-Père à organiser ce dialogue idéologique dès l'automne prochain .Je vous avouerai que j'appréhende toutes ces discussions idéologiques .Je suis encore loin d'être convaincue du résultat ainsi que de la positivité de ces rencontres .En effet , la stratégie semble bonne de la part de l'Église mais permettez-moi de douter de son efficacité .Comment croire que l'Islam soit prêt pour un tel débat ? Personnellement , je n'arrive pas à l'admettre et encore moins à le croire .Un dialogue de sourds n'apportera que davantage de confusion et d'instabilité à l'échelle mondiale . C'est ce que nous sommes en droit de craindre .Par ailleurs , il est vrai que Benoît XV1 soit un grand théologien et possiblement un fin stratège mais quel prix devrons-nous tous payer devant l'échec ?Ceci me rappelle à regrets et c'est peu dire, la position qu'adopta L'Église Catholique avant et pendant la seconde guerre mondiale .L'Église a-t-elle appris des ses erreurs d'antan ? Je me questionne profondément car malheureusement j'érouve des doutes .Ces rencontres , ce dialogue ne creusera-t-il pas davantage le fossé entre l'Église Catholique et la Religion Juive ?..Devra-t-on encore une fois sacrifier tout un « PEUPLE » pour assurer la survie des autres ? Je souhaite ardemment que «NON» !Cette terrible erreur nous serait tous fatale tant sur le plan politique que sur le plan religieux .Il n'y a plus de place pour commettre encore une fois l'irréparable.Je préfère prévenir que de laisser faire sans me prononcer, quitte à subir les foudres de ceux qui ne partagent pas mon opinion .Hélios , Benoît XV1 ne peut forcer personne à sortir la tête du sable lorsque ceux-ci se sentent bien protégés et confortablement installés avec du sable plein les yeux .Bonne fin de soirée .Véronique Dupuis .Helios d'Alexandrie
6 Avril 200802:52
Combat (idéologique) contre Djihad (idéologique) - entrevue avec le théologien George Weigel
À Véronique Dupuis,
Merci pour votre appréciation, je tenterai de répondre à vos questions.Vous avez tout à fait raison les musulmans ne sont pas prêts à un débat sur la liberté religieuse ni sur la séparation entre la religion et la politique, ils ne peuvent le faire sans renier ou mettre entre parenthèse le coran et Mahomet. C'est pourquoi il n'y aura pas de débat. En leur proposant ce débat Benoît XVI vise de toute évidence la réciprocité, il leur dit en substance ceci: "les musulmans en occident sont libres de pratiquer leur religion, ils construisent des mosquées et des écoles sans restriction, ils sont assurés de la liberté religieuse, ils doivent en retour assurer les mêmes libertés aux chrétiens qui vivent dans les pays musulmans." La proposition est logique et raisonnable, toute personne sensée doit l'accepter, les musulmans qui sont supposés être aussi sensés que le reste des humains ne peuvent logiquement rejeter le bon sens. Or ils le rejettent pour des raisons religieuses, la liberté de religion est niée dans l'islam, c'est Allah-Mahomet qui l'ont décrété contre tout bon sens, les musulmans ne peuvent ne pas leur obéir, ce serait faire preuve d'apostasie.La séparation de la religion et de la politique pose un problème de même ampleur. l'islam est religion, état et organisation sociale il s'infiltre partout et prétend imposer à l'humanité entière la théocratie islamique. Il s'agit bien sûr d'une idée délirante mais elle est soigneusement entretenue par les musulmans (islam will dominate the world). La proposition de Benoît XVI aux musulmans à l'effet d'envisager la séparation de la religion et de la politique n'ira nulle part.Bien entendu Benoît XVI et toute la curie romaine le savent et ils ne s'attendent pas à grand chose de la part des musulmans, cependant ils sont les mieux placés pour leur imposer ce débat et les obliger à se commettre. Soit que les musulmans refusent ouvertement la liberté religieuse et la séparation de la religion et de la politique, soit qu'ils refusent catégoriquement d'en parler. Dans les deux cas le Saint-Siège aura gagné son point, démontrer l'impossibilité pour l'islam de concilier la foi avec la raison.Et cette démonstration est importante pour l'occident, particulièrement pour les gouvernements et les autruches bien-pensantes qui, à l'instar de Bouchard et Taylor, s'obstinent à voir dans l'islam une religion "comme les autres". Du moment qu'ils seront confrontés à la rigidité absolue de l'islam et à son irrationalité, les bien-pensants se retrouveront neutralisés, les islamistes verront par ricochet leur position grandement affaiblie.Fondamentalement le débat que le Pape propose aux musulmans n'est autre chose que celui qu'il aurait proposé aux gouvernements et aux "intellectuels" occidentaux si ces derniers n'avaient pas avec une obstination suicidaire laissé l'islamisme proliférer à ce point.Il ne faut pas minimiser l'influence du Pape chez les catholiques et même chez les orthodoxes et les protestants. Si demain Benoît XVI s'avisait de recevoir en entrevue le maire et les conseillers d'Hérouxville, Bouchard, Taylor et nos pseudo-intellectuels prendraient leur trou et on cesserait de parler d'accommodements raisonnables. Le gouvernement se verrait dans l'obligation de reconnaître que le Pape par son geste a exprimé tout haut ce que les québécois en majorité pensent des changements qu'on cherche à leur imposer par la pression psychologique et la culpabilisation. Staline demandait au sujet du Vatican, combien de divisions et d'armées il pouvait mobiliser, en parlant ainsi il était loin de se douter que moins de 40 ans plus tard le Pape, sans armes et sans soldats, allait jouer un rôle central dans l'effondrement de l'URSS.Je ne crois pas que les juifs soient menacés par le débat entre le Pape et les musulmans. Le contexte actuel est différent de celui de la seconde guerre mondiale où le Pape et une grande partie des catholiques se retrouvaient sous le pouvoir des nazis. Il faut dire aussi que l'antisémitisme imprégnait l'Église ce qui n'est plus le cas actuellement. Mais je suis d'accord pour dire que pour les juifs la principale menace vient actuellement des musulmans, les actes antisémites sont à la hausse en occident et ils sont majoritairement le fait de musulmans.L'irréparable serait la répétition de l'holocauste, on peut imaginer qu'un Iran nucléarisé lance une attaque nucléaire massive sur l'état d'Israël, la probabilité d'une telle catastrophe est faible mais elle n'est pas nulle, chose certaine on ne voit pas comment le Pape pourrait prévenir ou contribuer indirectement à une telle attaque. Benoît XVI ne peut forcer personne à s'enlever la tête du sable, c'est tout à fait vrai, cependant il peut contribuer beaucoup à renverser la vapeur. Encore une fois il ne faut pas sous-estimer le "soft power" du Vatican, ni l'effet catalyseur du Pape quand il exprime ouvertement ce que les chrétiens ressentent profondément.Et avant de finir ceci: l'Église catholique, du fait qu'elle est bien informée et bien "branchée", se trompe rarement quand elle décide du moment opportun pour intervenir.Bien à vousHelios d'AlexandrieVéronique Dupuis
7 Avril 200802:56
Combat (idéologique) contre Djihad (idéologique) - entrevue avec le théologien George Weigel
Bonsoir Hélios ,
Je vous remercie de tout coeur pour le temps que vous avez consacré à me répondre .Mais voilà , je ne suis pas facile à convaincre .Je reste perplexe Hélios et je souhaite que vous ayez raison .Je viens de prendre connaissance à l'instant de l'actualité du jour sur Point de Bascule et il n'y a rien de bien rassaurant pour nous tous ."Mort du Conseil des droits de l’Homme et de l’universalité des droits de l’Homme."dimanche 6 avril 2008, par Annie Lessard, Marc LebuisC'est une triste nouvelle Hélios mais je ne suis pas très surprise par cette rubrique nécrologique .Bien au contraire ,je soupçonnais un tel coup d'éclat . Hélios , je suis loin d'être une experte en théologie mais on m'a souvent incitée à tenir compte de mon instinct .Celui-ci me dit que "ça sent mauvais " !Quelles seront maintenant les conséquences de cette terrible décision à l'échelle mondiale ?Pour l'instant ,je suis loin de déborder de joie et d'optimisme pour l'avenir de l'humanité .Ce n'est pas ma foi en Dieu qui soit ébranlée mais je ne crois plus en l'HOMME .Nous vivons dans un monde de cupidité et d'atrocités . Un monde de terreur , c'est loin d'être terminé !Sincèrement ,Véronique DupuisHelios d'Alexandrie
7 Avril 200823:52
Combat (idéologique) contre Djihad (idéologique) - entrevue avec le théologien George Weigel
Bonsoir Véronique,
Ce qui se passe est naturellement le produit d'années de recul obséquieux devant l'islam. L'occident s'est trop habitué à la liberté au point de la prendre pour acquis et de se convaincre qu'elle durera tout le temps. Il en est de même pour la paix.L'islam est très fragile, s'il ne l'était pas il n'aurait pas si peur de la liberté d'expression. Toutes les dictatures sont fragiles même les plus implacables comme celle des chinois, ces derniers perdent leur sommeil rien qu'à passer au Dalaï Lama qui pourtant ne conteste même pas l'attachement du Tibet à la chine et n'a jamais prêché l'insurrection armée. Leur peur est loin d'être irrationnelle, ils se rappellent que l'URSS s'est effondrée comme un château de cartes et ont très peur de subir le même sort, ils savent aussi que la répression brutale ne peut rien changer au désir d'être libre.Il en est de même pour l'islam qui confond volontairement caricatures et blasphèmes. C'est qu'il en a très peur comme de se regarder dans le miroir, il a surtout très peur que les musulmans ne s'ouvrent les yeux. Encore là l'islam qui est une tyrannie a recours à la répression et à la terreur, il est tellement vide intérieurement qu'il ne lui reste que la violence pour se maintenir. Mais vous avez raison d'avoir peur, les reculs de l'occident face à l'islam, loin de garantir la paix ne font qu'augmenter le risque de conflit. De la même façon que les différentes branches de l'islam se haïssent et se font la guerre, elles haïssent à mort l'occident et feront tout pour le dominer.Nos intellectuels et nos politiciens sont aveugles et sourds, ils ne veulent pas prendre acte de la réalité et refusent de prendre les signes avant-coureurs pour ce qu'ils sont, c'est à dire des avertissements sérieux. Même les personnes qui nous côtoient et qui lisent les éditorialistes, se ferment comme eux les yeux sur la réalité. Ce phénomène a été présent durant les années 30 et a été responsable de la défaite initiale face aux nazis.Personne n'aime les mauvaises nouvelles, surtout celles qui obligent à sacrifier sa tranquillité d'esprit, plutôt que d'anticiper la catastrophe les gens préfèrent attendre tranquillement qu'elle leur tombe dessus.Mais le simple fait d'en parler est déjà important, l'information est le nerf de la guerre, c'est le travail de fourmi dans l'ombre, il consiste à dire au gens: réveillez-vous, voici la réalité, cessez de vous bercer d'illusions, il est temps de vous exprimer et de vous manifester pour que nos girouettes de politiciens comprennent que désormais le vent a changé de direction. Car voyez-vous, le problème est avant tout politique et c'est par la politique qu'il se règlera, pas à la cours suprême et encore moins à la commission des droits de l'homme.La seule chose qui peut me rendre pessimiste c'est l'acceptation de la défaite avant le combat.Garder espoir c'est déjà se battre.AmicalementHelios d'Alexandrie
Tromso
5 Avril 200820:26
Combat (idéologique) contre Djihad (idéologique) - entrevue avec le théologien George Weigel
Winston Churchill - À propos de l’Islam - Campagne au Soudan
Combien effrayantes sont les malédictions que le mahométanisme fait reposer sur ses fidèles ! Outre la frénésie fanatique, qui est aussi dangereuse pour l’homme que la peur de l’eau pour le chien, on y trouve une terrible apathie fataliste.Les effets sont patents dans certains pays. Habitudes imprévoyantes, systèmes agricoles aberrants, lenteur des méthodes commerciales, et insécurité de la propriété se retrouvent partout ou les adeptes du Prophète gouvernent ou vivent.Un sensualisme avilissant dépouille la vie de sa grâce et de sa distinction, ensuite de sa dignité et de sa sainteté. Le fait que dans la loi mahométane toute femme, qu’elle soit enfant, épouse ou concubine doive appartenir à un homme comme son entière propriété, ne fait que repousser l’extinction totale de l’esclavage au jour où l’Islam aura cessé d’être un pouvoir important parmi les hommes.Certains musulmans peuvent montrer de splendides qualités, mais l’influence de la religion paralyse le développement social de ceux qui la suivent.Aucune force aussi rétrograde n’existe dans le monde.Loin d’être moribond, le mahométanisme est une foi militante et prosélyte. Il s’est déjà répandu partout en Afrique centrale, attirant de courageux guerriers pour chaque avancée et partout où la chrétienté n’est pas protégée par les armes puissantes de la science, science contre laquelle elle a vainement luttée, la civilisation de l’Europe moderne peut s’écrouler, comme s’est écroulée la civilisation de la Rome antique.Sir Winston Churchill The River War, first edition, Vol. II, pages 248-50
Tromso
7 Avril 200808:55
Combat (idéologique) contre Djihad (idéologique) - entrevue avec le théologien George Weigel
«La tolérance envers les Musulmans n`est jamais réciproque, et il faut bien garder a l`esprit que le simple dialogue avec l`Islam ne peut etre qu`une affaire de dupes. Tant qu`ils resteront attachés a des dogmes professant l`infériorité absolue des non-Musulmans ainsi que le devoir, pour tout Musulman d`oeuvrer - par n`importe quel moyen - a l`islamisation du monde, qui est une conquete non seulement spirituelle, mais surtout politico-idéologique et territoriale. Chaque mosquée érigée en territoire européen consitue par conséquent, de la part des Occidentaux, une reconnaissance de facto de la suprématie temporelle du Dar el-Islam.»
«Il faut savoir que les Musulmans n`ont jamais regretté d`avoir conquis et asservi des nations européennes entieres, dont l`Andalousie (Espagne) qu`ils pleurent encore.»Alexandre del Valle - Islamisme et USA - 1997 - page 55Tromso
7 Avril 200815:31
Combat (idéologique) contre Djihad (idéologique) - entrevue avec le théologien George Weigel
Toute étude géopolitique du monde arabo-musulman suppose une connaissance élémentaire de la doctrine théologique musulmane dans la mesure ou l`islam est un systeme total qui prétend régir tout les secteurs de la vie privée mais aussi publique. «Dans l`Islam, précise Bernard Lewis, la religion n`est pas, comme c`est le cas dans le christianisme, un secteur ou une province de la vie, réglementant certains domaines, tandis que d`autres échappent a son emprise; la religion islamique intéresse la vie tout entiere - exercant une juridiction non point limitée mais globale.»
Dans ce type de société, l`idée meme d`une séparation de la religion et de l`État est dénuée de sens, le pouvoir politique et le pouvoir religieux ne faisant qu`un. Aussi, les juristes et théologiens musulmans ont-ils a coeur de rappeler que la religion (Din, l`État (Dawla) et la société (Dounya), sont une seule et meme chose, cette fusion étant elle-meme l`essence profonde de l`islam qui signifie - soumission a la loi d`Allah -.Islamisme et USA - Alexandre del Valle - 1997 - page 43Pourtant beaucoup de musulmans disent que islam signifie religion de paix - Pourquoi ces mensonges?thermidor
4 Mars 200914:42
Combat (idéologique) contre Djihad (idéologique) - entrevue avec le théologien George Weigel
Le ba'haisme qui a émergé de l'islam chi'ite à la fin du XIXème siècle, bien qu'il soit considéré comme une hérésie par l'islam orthodoxe tant sunnite que chi'ite, n'aurait-il pas pu fournir une piste d'évolution de l'islam vers une formulation plus pacifique (le ba'haisme qui est devenu quasiment une nouvelle religion s'est affranchi de la châria et a bien évolué vers une pratique religieuse tout à fait ouverte spirituellemnt et tolérante, quoique toujours prosélyte)??
Il a y bien des théologiens, y compris à l'intérieur de l'islam, qui doivent se préoccuper de cette violence, du discours et des actions qu'il génère dans les esprits.

Helios d'Alexandrie
5 Avril 200818:37