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Accommodements religieux

Le rapport Bouchard-Taylor est déposé, sous le titre "Fonder l'avenir - Le temps de la réconciliation"

22 Mai 2008 par Annie Lessard, Marc Lebuis

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Le rapport de la Commission Bouchard-Taylor a été rendu public aujourd'hui. Nous joignons au bas de la page la version intégrale du rapport (307 pages) et la version abrégée (101 pages). Réactions du gouvernement et de l'opposition. Nos analyses suivront dans les prochains jours.

Quelques réactions:

Le gouvernement: «Le crucifix restera à l'Assemblée nationale»

«Le gouvernement Charest n’a pas l’intention d’obtempérer à la requête de la Commission Bouchard Taylor qui propose, au nom de la neutralité religieuse, de proscrire le crucifix de l’Assemblée nationale».

«Le premier ministre Charest a déposé jeudi cette motion à l’Assemblée nationale, qui a été adoptée à l'unanimité»:

«Que l'Assemblée nationale réitère sa volonté de promouvoir la langue, l'histoire, la culture et les valeurs de la nation québécoise, favorise l'intégration de chacun à notre nation dans un esprit d'ouverture et de réciprocité et témoigne de son attachement à notre patrimoine religieux et historique représenté par le crucifix de notre Salon bleu et nos armoiries ornant nos institutions. »

Source: La presse

Lire aussi: Québec - Les immigrants devront s’engager par écrit à accepter les valeurs du Québec


Le chef de l'opposition, Mario Dumont: «L’interculturalisme n’est pas synonyme d’aplaventrisme»

Son parti propose «une constitution qui illustre ce que nous sommes, un acte fondateur cohérent».

Source: La presse

La chef du Parti québécois, Pauline Marois: «Le rapport passe à côté de l'essentiel»

«Le premier ministre ne va pas assez loin, au même titre que l’égalité homme femme, la prédominance du français et la laïcité doivent être inscrites dans nos lois».


Source: La Presse


RECOMMANDATIONS DE LA COMMISSION BOUCHARD-TAYLOR:

Les recommandations sont articulées autour de cinq axes :

1. Il s’agit d’abord d’un appel à de nouvelles définitions de
politiques ou de programmes relatifs à l’interculturalisme (loi,

déclaration ou énoncé de politique) et à la laïcité (projet de

livre blanc). (Recommandations D1 à D5 et G1 à G5.)

2. Le thème de l’intégration apparaît central à plus d’un titre.

C’est, en premier lieu, la reconnaissance des compétences

et des diplômes des immigrants, ensuite leur francisation,

puis un effort accru de régionalisation de l’immigration,

et enfin, une meilleure coordination entre ministères.
(Recommandations C1 à C9.)

3. Au chapitre des pratiques interculturelles, particulièrement
la compréhension mutuelle, nos recommandations mettent

en relief a) le besoin de formation accrue chez les agents

de l’État dans toutes les institutions publiques, à commencer

par l’école, en raison de ses fonctions de socialisation ; et

b) la nécessité d’encourager davantage les projets et les

pratiques d’action communautaire ou intercommunautaire.

(Recommandations A1 à A4.)

4. En accord avec la politique d’harmonisation formulée dans

notre rapport, nos recommandations visent à favoriser la

responsabilisation des acteurs ou intervenants dans la sphère

citoyenne (institutions publiques et organismes privés) en

s’assurant qu’ils aient reçu une formation adéquate. Nous

demandons notamment à l’État de veiller à ce que le savoir

pratique accumulé dans les institutions soit consigné,

promu et diffusé dans l’ensemble des milieux concernés.

(Recommandations B1 à B9.)

5. Une autre priorité concerne la lutte contre les inégalités et la

discrimination. L’attention se porte ici principalement sur a) la

sous-représentation des minorités ethniques dans les emplois

de l’administration publique ; b) l’urgence de combattre les

formes de discrimination multiple, l’islamophobie, l’antisémitisme

et le racisme dont sont l’objet les groupes racisés,

tout spécialement les Noirs ; c) le soutien à apporter aux

femmes immigrantes ; d) la nécessité d’accroître les

ressources de la Commission des droits de la personne et des

droits de la jeunesse ; e) le renforcement des droits économiques

et sociaux dans la charte québécoise. (Recommandations
E1 à E3.)

Enfin, les dernières recommandations portent sur le soutien
nécessaire de l’État en matière de recherche sur des sujets que
nous jugeons prioritaires. (Recommandations H1 à H2.)


L'APPRENTISSAGE DE LA DIVERSITÉ

A1 Que l’État octroie beaucoup plus de moyens aux

organismes dont le mandat est d’informer et de protéger

les citoyens. Nous pensons en priorité à la Commission

des droits de la personne et des droits de la jeunesse et au

Conseil des relations interculturelles.

A2 Que l’État encourage les projets et les initiatives permettant

aux membres des minorités ethniques de se faire davantage

voir et entendre devant le grand public (programmes de radio
ou de télévision, journées thématiques, etc.).

A3 Que l’État accroisse le soutien financier à des organismes
comme la Fondation de la tolérance, l’Institut du Nouveau

Monde et Vision Diversité. Il devrait encourager également

la création d’autres projets du même genre à l’échelle du

Québec dans l’information, la formation, l’action intercommunautaire,

le débat interculturel, la diffusion du
pluralisme.

A4 Que l’État accroisse également son appui aux initiatives
analogues, aussi prometteuses, déjà en cours ou en

préparation dans le monde scolaire et dans le secteur de la

santé.

LES PRATIQUES D'HARMONISATION

B1 Que l’État s’emploie davantage à promouvoir le cadre civique

commun ou ce que nous avons appelé les valeurs publiques

communes au sein de diverses institutions et dans le public
en général.

B2 Que les gestionnaires d’institutions publiques intensifient
leurs efforts pour :

- Adapter à leur milieu et traduire en directives

concrètes les grandes balises devant guider la gestion

des demandes d’ajustement ;

- Poursuivre l’implantation de l’approche dite contextuelle,

délibérative et réflexive.

B3 En conformité avec l’objectif de déjudiciarisation du

traitement des demandes d’accommodement, que l’État

favorise la responsabilisation des acteurs ou intervenants des

milieux institutionnels en s’assurant qu’ils ont reçu une

formation adéquate. Par exemple, modifier le programme de

formation des futurs enseignants pour y ajouter un

apprentissage des questions interculturelles, et organiser des
sessions spécialisées à l’intention du personnel en exercice.

B4 Que l’État s’assure que les établissements de soins disposent
d’un budget suffisant pour combler leurs besoins en services
d’interprète.

B5 Que l’État veille à mettre sur pied les mécanismes nécessaires
pour que :

- Se constitue au sein de chaque institution une expertise

pratique en matière de traitement des demandes

d’ajustement ;

- Soit diffusé au sein de chaque établissement, en

particulier auprès du nouveau personnel, le savoir

accumulé par les intervenants ;

- S’instituent des activités d’échange et de concertation

entre les unités d’un même établissement ou entre

établissements d’un même secteur ;

- Les parents nouveaux immigrants soient mieux informés

sur les pratiques d’ajustement et sur le fonctionnement
du système scolaire.

B6 Nous approuvons l’initiative en cours à l’Assemblée nationale
pour insérer dans la charte québécoise une clause

interprétative établissant l’égalité hommes-femmes comme

une valeur fondamentale de notre société.

B7 Que l’État mette sur pied un Office d’harmonisation interculturelle

prenant la forme d’une instance paragouvernementale

relevant de l’actuel Conseil des relations

interculturelles. OEuvrant en complémentarité avec d’autres

organismes déjà existants dans des domaines connexes, cet

Office remplirait notamment des fonctions d’information,

de formation, d’animation, de conseil, de recherche, le tout

centré sur les pratiques d’harmonisation interculturelle, y

compris interconfessionnelle, dans notre société.

B8 En matière de congés religieux :

- Que l’État encourage les administrateurs publics et

privés à s’orienter vers la formule dite des congés payés

avec contrepartie, assortie de diverses possibilités

d’aménagement ;

- Que la Commission des droits de la personne et des

droits de la jeunesse produise un avis établissant des

repères pratiques à l’intention des gestionnaires de tous

les milieux de travail : explication du cadre juridique,

conception d’outils pour statuer sur les demandes de

congés religieux et proposition d’un éventail de formules

conformes aux jugements antérieurs des tribunaux et

adaptables à chaque milieu de travail ;

- Concernant les problèmes liés au régime de congés

religieux en vigueur dans les commissions scolaires (à

savoir des congés supplémentaires payés), que l’État

forme un comité d’experts mandaté pour trouver une

solution équitable et conforme au cadre juridique actuel

du régime des congés religieux et ce, après consultation

des principaux acteurs intéressés.

B9 Que l’État valorise l’excellence en matière de pratiques
d’harmonisation dans les milieux de travail :

- En incitant les grandes sociétés d’État à affirmer un
leadership dans ce domaine ;

- En honorant publiquement les employeurs publics ou

privés qui se sont signalés par leurs efforts d’intégration
et d’harmonisation.

L'INTÉGRATION DES IMMIGRANTS

C1 En matière de planification des taux d’immigration, que l’État
s’assure de maintenir en équilibre le nombre d’entrées avec

les ressources disponibles pour l’accueil, notamment

l’insertion à l’emploi et la francisation.

C2 Afin de combler une grave déficience qui se fait sentir

présentement, que l’État hausse le financement consacré aux

groupes communautaires et autres organismes de première

ligne oeuvrant à l’accueil et à l’intégration des immigrants,

notamment pour consolider et développer le réseau
d’organismes existants en évitant le saupoudrage.

C3 Que l’État intensifie ses efforts en matière de francisation et
d’intégration des immigrants par :

- Une meilleure coordination des programmes de francisation

des immigrants entre les ministères concernés ;

- La mise sur pied d’un groupe d’étude pour revoir toute

la question de la sous-représentation des membres des

minorités ethniques dans les postes de l’administration

publique et concevoir une démarche plus efficace ;

- Une gestion plus concertée des programmes et des

mesures d’intégration au sein de l’appareil gouvernemental,

plus particulièrement entre les ministères de

l’Immigration, de l’Éducation, de la Santé et de l’Emploi ;

- Une meilleure articulation des politiques d’immigration

et d’intégration aux objectifs de développement

économique et social de notre société ;

- Un effort intensif pour réduire le taux de chômage

extrêmement élevé parmi les Québécois nés en Afrique
et établis au Québec depuis moins de cinq ans.

C4 Que l’État intensifie les mesures pour accélérer le
processus de reconnaissance des compétences et des

diplômes acquis à l’étranger. Parmi les mesures

pressantes, nous recommandons :

- La mise sur pied d’un comité d’enquête indépendant

mandaté pour faire la lumière sur les pratiques des

ordres professionnels en matière de reconnaissance

des diplômes ;

- L'établissement d’une instance indépendante permettant

aux immigrants de formuler des plaintes et de

demander une révision des décisions prises par les

ordres professionnels ;

- La clarification des rapports entre, d’une part, le Conseil

interprofessionnel du Québec, l’Office des professions

du Québec et les ordres professionnels et, d’autre part,

les universités, les cégeps et l’Office québécois de la

langue française, afin de dénouer les impasses qui

empêchent de donner suite aux exigences de formation

d’appoint imposées aux immigrants.

C5 Que l’État intensifie ses efforts afin de stimuler la régionalisation
de l’immigration. Dans cet esprit, il conviendrait de :

- Instituer des mesures incitatives pour les entreprises
qui recrutent des immigrants (par exemple, des

mesures fiscales) afin de stimuler la régionalisation

de l’immigration ;

- Accorder un financement ad hoc aux municipalités et

aux nombreux organismes d’accueil et d’encadrement

qui ont été mis sur pied hors de Montréal, afin

de renforcer le réseau actuel ;

- Accorder une attention particulière à la Capitale

nationale de façon à en faire un deuxième pôle

métropolitain d’accueil des nouveaux venus ;

- Inviter les régions à faire connaître leurs besoins et à

formuler des projets mettant à profit la main-d’oeuvre

immigrante ;

- Encourager et donner de l’expansion aux ententes de

stages et d’échanges d’étudiants comme celles qui

existent présentement entre la France et le Québec et qui

amènent dans nos régions des étudiants étrangers ;
- Déléguer plus de responsabilités aux instances régionales.

C6 Pour faciliter l’intégration des nouveaux arrivants, que le
ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles

crée à leur intention un portail interactif afin de centraliser

toute l’information sur les ressources et les services institutionnels

(incluant : municipaux et communautaires), qu’il

s’agisse d’emploi, de logement, de santé, d’éducation, etc.

C7 Que l’État accroisse le soutien financier aux organismes
d’appui aux femmes immigrantes.

C8 Que le ministère de l’Immigration prenne les mesures
appropriées pour mettre à profit le bénévolat québécois aux

fins de l’accueil et de l’intégration des immigrants,

notamment pour leur donner accès aux réseaux sociaux.

C9 Que le ministère actuellement responsable de l’immigration

s’appelle désormais le ministère de l’Immigration et des

Relations interculturelles.

L'INTERCULTURALISME

D1 Que l’État entreprenne une vigoureuse campagne afin de

promouvoir l’interculturalisme au sein de notre société, afin

qu’il soit davantage connu.

D2 Pour mieux établir l’interculturalisme comme modèle devant

présider aux rapports interculturels au Québec, que l’État en

fasse une loi, un énoncé de principe ou une déclaration en

veillant à ce que cet exercice comporte des consultations

publiques et un vote de l’Assemblée nationale.

D3 Que l’État encourage sous toutes sortes de formes les

contacts interculturels comme moyens de réduire les

stéréotypes et de favoriser la participation et l’intégration à
la société québécoise. Dans cet esprit :

- Mettre en oeuvre des programmes d’immersion, de
mentorat et de tutorat ainsi que de parrainage ou de

jumelage, notamment sur le modèle de l’ancien

programme d’échange d’étudiants entre Montréal et les

régions. Dans le même esprit, intensifier les pratiques

scolaires interculturelles, les diverses initiatives municipales

et les programmes déjà existants ;

- Encourager sous toutes ses formes l’action intercommunautaire;

- Accentuer les efforts pour stimuler le tourisme régional

auprès des membres des minorités ethniques
montréalaises.

D4 Créer un Fonds d’histoires de vie des immigrants, placé sous
la gestion de la Bibliothèque et Archives nationales du
Québec.

D5 Que l’État prête attention aux représentations qui ont été
faites concernant les écoles dites ethnoconfessionnelles.

LES INÉGALITÉS ET LA DISCRIMINATION

E1 Que l’État s’emploie à mieux connaître et combattre les

diverses formes de racisme – en particulier l’ethnicisme –

présentes dans notre société. Dans cet esprit :

- Qu’une attention particulière soit portée à la lutte

contre les crimes haineux et à la protection de toutes

les personnes sujettes à la discrimination multiple

(homosexuels, handicapés, etc.) ;

- Que la charte québécoise interdise l’incitation

publique à la discrimination ;

- Que des initiatives exceptionnelles soient prises pour

lutter contre l’islamophobie et l’antisémitisme et pour

combattre la discrimination dont sont l’objet tous les

groupes racisés, notamment les Noirs ;

- Que plus de ressources et de moyens soient donnés à

la Commission des droits de la personne et des droits

de la jeunesse.

E2 Que les mandataires et les organismes de l’État soient

imputables de leurs résultats en matière de lutte contre le

racisme et la discrimination, et à cette fin, mettent en place

des mécanismes de reddition de comptes fondés sur des

indicateurs de performance.

E3 Que l’Assemblée nationale donne suite à une recommandation

de la Commission des droits de la personne et des

droits de la jeunesse visant à renforcer les droits

économiques et sociaux reconnus aux articles 39 à 48 de

la charte québécoise :

« La Commission recommande que les droits économiques et

sociaux reconnus aux articles 39 à 48 de la Charte soient

renforcés en fonction des trois axes suivants :

- Ajout d’une disposition générale, avant l’article 39,

prévoyant que la loi doit respecter le contenu

essentiel des droits économiques et sociaux ;

- Extension aux articles 39 à 48 de la primauté sur la

législation, prévue par l’article 52 de la Charte ;

- Entrée en vigueur graduelle de ladite primauté,

limitée dans un premier temps aux lois postérieures,
puis étendue aux lois existantes1. »

Sur ce sujet, voir notre commentaire dans la partie précédente
(Recommandations I).

LA LAÏCITÉ

G1 Que le gouvernement produise un Livre blanc sur la laïcité,
dont le but serait de :

- Définir ce qu’est la laïcité à partir de ses quatre
principes (les deux premiers correspondant à ses

finalités profondes et les deux autres se traduisant

dans des structures institutionnelles essentielles) ;

-Rappeler les grands choix faits par le Québec en

matière de laïcité ;

- Défendre la conception ouverte de la laïcité choisie et

mise en oeuvre par le Québec ;

- Clarifier et soumettre au débat public les questions au

sujet desquelles des consensus restent à construire.

G2 Concernant le port de signes religieux par les agents
de l’État :

- Qu’il soit interdit aux magistrats et procureurs de la
Couronne, aux policiers, aux gardiens de prison, aux

président et vice-présidents de l’Assemblée nationale.

- Qu’il soit autorisé aux enseignants, aux fonctionnaires,

aux professionnels de la santé et à tous les

autres agents de l’État.

G3 Que des mesures soient prises afin de rendre certaines

pratiques en cours dans nos institutions publiques conformes

aux principes de la laïcité ouverte. En conséquence, au nom

de la séparation entre l’État et les Églises et au nom de la

neutralité de l’État, nous recommandons que :

- Le crucifix au-dessus du siège du président de

l'Assemblée nationale soit retiré et replacé dans l’Hôtel

du Parlement à un endroit qui puisse mettre en valeur sa

signification patrimoniale ;

- Les conseils municipaux abandonnent la récitation de la
prière durant leurs séances publiques.


G4 Que le gouvernement fasse une promotion énergique du

nouveau cours d’Éthique et de culture religieuse qui doit

entrer en vigueur en septembre 2008.

G5 Que l’État produise et diffuse chaque année auprès des

gestionnaires d’institutions et d’organismes publics ou privés

un calendrier multiconfessionnel indiquant les dates des
diverses fêtes religieuses.

LES RECHERCHES À MENER

H1 Que l’État libère des fonds de recherche additionnels qui
seraient consacrés, notamment, aux sujets suivants :

- La situation de l’interculturalisme ;

- Le double rapport, chez l’immigrant, à la culture

d’origine et à la culture de la société d’accueil ;

- L’évolution des concentrations ethnoculturelles et leur

signification en termes d’intégration ou de

cloisonnement ;

- L’état et l’effet intégrateur de l’action intercommunautaire ;

- Le développement d’indicateurs permettant de mesurer

l’effet des nombreux programmes gouvernementaux liés

à l’accueil, à l’emploi, à la lutte contre la discrimination, à

l’intégration sociale et culturelle ;

- La situation et le parcours des sous-groupes défavorisés

(jeunes issus de minorités racisées, femmes immigrantes,

et autres) ;

- L’évolution du lien social dans les quartiers à forte

concentration d’immigrants ;

- Les formes de l’islamophobie et les correctifs à apporter ;

- Les manifestations d’antisémitisme et les correctifs à

apporter.

H2 Que l’État crée un fonds spécial de subvention, réservé aux

universités et aux cégeps des régions, pour des recherches

appliquées sur la thématique générale de l’immigration et de

l’intégration dans les régions.


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Commentaires

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3 commentaires

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Helios d'Alexandrie

23 Mai 2008
00:04

Le rapport Bouchard-Taylor est déposé, sous le titre "Fonder l'avenir - Le temps de la réconciliation"

Bouchard et Taylor n'ont rien compris parce qu'il ne veulent rien comprendre. En cela ils se montrent les dignes héritiers de Pierre Eliott Trudeau. On voit avec quel acharnement ils s'obstinent à passer à côté de la réalité, celle d'un Québec résolument occidental et opposé au multiculturalisme.

Toutes leurs recommandations n'ont pour but que de faire gober aux québécois, par la contrainte et le conditionnement forcé (dès la maternelle), le concept de société multiculturelle et communautariste dont ils ne veulent pas.

Jamais les supposées élites n'ont été aussi éloignées du gros bon sens ni aussi déconnectées du peuple qui paye grassement leurs élucubrations.

Un coup d'oeil sur les recommandations suffit pour nous apprendre que les québécois de souche ont toutes les obligations et les immigrants tous les droits, même l'intégration, impensable sans les efforts individuels de l'immigrant, devient une responsabilité exclusive de la société québécoise. Sans le dire explicitement Bouchard et Taylor préconisent la discrimination positive envers les immigrants, non pas ceux qui cherchent à s'intégrer (ils n'en ont pas besoin), mais ceux qui par fanatisme politico-religieux rejettent avec mépris les valeurs québécoises.

Bouchard et Taylor veulent que l'état se transforme en directeur de conscience prêchant le catéchisme de la rectitude politique aux seuls québécois de souche. Si leurs recommandations sont appliquées, le Québec se dotera d'une police de la pensée et d'une foule d'organismes où les pontifes de la religion multiculturelle et les gauchistes totalitaires pourront à volonté discipliner les québécois en pensée, en parole, en action et même en cas d'omission.

L'état québécois pourra ainsi s'hypertrophier (comme s'il n'était pas assez tentaculaire) en faisant payer les contribuables pour mieux les opprimer.

Bouchard et Taylor ne prévoient absolument rien à l'encontre de la Burka, du niqab, du voile imposé aux filles non-pubères, de l'excision, du mariage forcé, des crimes d'honneur, du suprématisme islamique, des prêches haineux etc. Manifester sa religion n'est-elle pas un droit?

La trouvaille des commissaires c'est l'interculturalité, notion vide de sens s'il en est une. On imagine les musulmans fondamentalistes ressentir une bienveillance soudaine à l'égard des mécréants, ils pourront ainsi leur expliquer avec objectivité et douceur pourquoi ils devront un jour les convertir de force ou les obliger à payer la rançon tout en les humiliant. Les "trésors" du coran tels ces versets qui vouent les infidèles à l'enfer ou ceux qui ordonnent leur extermination pourront ainsi être partagés et devenir patrimoine culturel commun pour le plus grand bien du Québec!

Rêve trudeauiste par excellence, ou peut-être celui de Lord Durham: la transformation culturelle du Québec, sa disparition à plus ou moins brève échéance dans la salade multiculturaliste bien relevée à la vinaigrette islamiste.

Quel espoir pouvons-nous entretenir? Souhaitons à ce rapport un coma aussi profond que poussiéreux sur une tablette gouvernementale là ou d'autres rapports aussi coûteux et insipides ont terminé leur carrière.

Helios d'Alexandrie


Répondre à ce message

Laudance

23 Mai 2008
10:50

Le rapport Bouchard-Taylor est déposé, sous le titre "Fonder l'avenir - Le temps de la réconciliation"

Très bien dit, Hélios d'Alexandrie, et comme je me suis déjà épanché sur le sujet, je ne vais pas en rajouter. Je tiens simplement à relever l'expression "Le temps de la réconciliation" contenue dans le titre de cet ouvrage. Avec qui les Québécois doivent-ils donc se réconcilier ? Sont-ils en conflit avec leurs voisins canadiens ou américains ? En ont-ils marre des immigrants européens ou asiatiques ? Je n'en ai pas l'impression. Ils veulent simplement rester maîtres chez eux et pouvoir y mener leur vie selon les règles en vigueur ici et qu'ils ont eux-mêmes établies. Il n'y a aucune reconciliation à prôner pour cela. Par contre, il y aura peut-être un jour un conflit avec ceux qui veulent leur imposer un autre genre de société. Mais les laboureurs Bouchard et Taylor ne connaissent pas la nocivité des graines semées. Loin s'en faut, car ils sont les premiers à soutenir la propagation des OGM (Opinions Généralement Musulmanes).


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Jules

23 Mai 2008
20:43

Le rapport Bouchard-Taylor est déposé, sous le titre "Fonder l'avenir - Le temps de la réconciliation"

Un travail bien fait

Le Québec évolue. Notre manière de tourner en rond change à chaque décennie. Notre créativité en ce domaine paraît sans limite. La Commission Bouchard-Taylor. Un autre signe. Un autre exercice salutaire pour soigner la déprime collective. Oui, nous sommes merveilleux, nous le savions déjà. Tout va bien. Les Commissaires sont intelligents, ils vont guérir le malade chronique québécois. L’avenir ? Radieux. On se donne la main et on danse en rond. De souche, Musulmans, Noirs, Anglos, etc. Olé !

La Commission affirme, au grand soulagement de la tribu, que nous ne sommes pas plus racistes ou xénophobes que d’autres peuples. Ouf ! Merci ! Soulagement ! Document remarquable pour la sérénité collective. Reconnaissance assurée, à niveau de 3,7 millions. Une aubaine ! Le bateau coule, les vigies nous disent que tout va bien. Important : mourir sereinement.

Pendant ce temps, outre-Atlantique, une grande défenderesse de la langue et de la culture française, une émule de Victor Hugo, bien de chez nous en plus, Céline, voit un Président de la France pleurer : On aime le Québec, mais on aime le Canada. On aime les deux. Je souligne : On aime le Québec. Qui sommes-nous ? Pour avoir besoin qu’une commission nous dise que tout va bien, que nous ne sommes pas racistes ? Pour que le Président de la France se sente autorisé à nous traiter avec cette familiarité grotesque, en présence d’une vedette pop ?

Le Québec n’existe pas, ne veut pas exister. Trudeau l’a compris et il a signé en 1982. Autres dénis de soi : 1980 et 1995, deux refus d’exister. Autour de moi, des ignorants qui, après la Fête du "Dollar", s’inquiètent du prix de l’essence qui les empêchera de rouler leurs 10 000 kilomètres cet été aux USA. Elvis Gratton est toujours bien vivant. La langue ? Quelle langue ?

Qui sommes-nous, MM. Bouchard et Taylor, qui sommes-nous ?

Jules


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