Dimanche 21 Mars 2010 | Dernière mise à jour: 20 Mars 2010
Articles
Multiculturalisme
Le multiculturalisme n'est pas viable, par le musulman torontois Salim Mansur
29 Mai 2008 par Annie Lessard, Marc LebuisMots clés:
Le multiculturalisme est devenu une voie à sens unique où l’Occident fait des concessions et les non-Occidentaux, des demandes. C'est intenable. L'Occident est maintenant exposé au paradoxe de la perte d’identité culturelle autogénérée qui est un affaiblissement politique dans un village planétaire. La tâche qui nous attend est de guérir de l'illusion multiculturelle en réaffirmant une fois de plus les valeurs qui ont rendu l’Occident fort et attrayant pour le reste du monde. - Salim Mansur
Il n'y a pas que les Québécois de souche qui sont réfractaires au dogme multiculturaliste. Des canadiens d'adoption, musulmans de surcroît, sont très critiques. Lisez aussi la mise en garde du musulman torontois Tahir Aslam Gora: Les accommodements renforcent la marginalisation des musulmans au Canada
La question la plus pressante à l’heure actuelle en Occident a trait à la culture, et non l'économie. La question s’est présentée dans la politique américaine en matière d'immigration, et ailleurs en Occident, à savoir dans quelle mesure les démocraties libérales doivent se fendre en quatre pour accommoder des immigrants de cultures non occidentales sans compromettre leur propre identité culturelle. Cette identité culturelle est le résultat d'immenses luttes pour la liberté individuelle et la démocratie, réparties sur plusieurs siècles, depuis l'époque des Lumières en Europe à compter du 18ème siècle. Au cœur de cette culture est l'affirmation selon laquelle un individu, sans distinction de sexe ou de couleur, est le fondement éthique du monde libéral. Il s'agissait d'une vision radicalement différente de l'humanité, rejetant l'idée que l'individu est un appendice de la tribu, de la caste ou de la classe dans laquelle il est né. Le triomphe de l'Occident à la fin du 2e millénaire a été la confirmation de cette idée libérale de liberté et de démocratie, même si elle est toujours incomplète et qu’il reste encore du chemin à parcourir. Mais l’Occident libéral n'est jamais au point mort, il est porté à expérimenter des changements sans relâche, et à remettre en question les dispositions prises dans les affaires humaines. C’est dans le contexte de la fin des empires européens d'outre-mer et de l'amorce de nouveaux mouvements remarquables de populations des sociétés non occidentales vers l’Occident que la nouvelle politique du multiculturalisme a pris forme. Depuis le début des années 1970, le mouvement des populations est passé des économies les moins développées vers les économies développées, des sociétés pauvres et en déroute vers les sociétés riches, et le plus souvent à sens unique, des pays non occidentaux vers l’Occident. Au cours de cette période, l'Occident qui émergeait du long et parfois frustrant conflit avec l'ex-Union soviétique pendant la Guerre froide et de la lutte pour les droits civiques aux États-Unis, des querelles internes avec les mouvements nationalistes ethniques ou linguistiques comme avec le Québec au Canada ou le pays basque en Espagne, de la montée du féminisme occidental suivie de la demande pour l'égalité de traitement des homosexuels, et de la nécessité pour les immigrants de répondre à la baisse du taux de natalité et à l'évolution démographique - a fait de plus en plus de concessions à l’argument relativiste que toutes les cultures sont d’égal mérite et dignes de l'égalité de traitement. Le multiculturalisme est devenu attrayant dans ces circonstances, et la politique du multiculturalisme en est venue à signifier accorder des concessions aux nouveaux venus au motif que ces accommodements se prêteraient à une plus grande harmonie entre les gens de diverses cultures cohabitant ensemble.
[Autres]
