Samedi 20 Mars 2010 | Dernière mise à jour: 20 Mars 2010

Articles

Accommodements religieux

Libéralisme nord-américain plutôt qu’étatisme républicain, par Jean-Jacques Tremblay

1 Juin 2008 par Annie Lessard, Marc Lebuis

Mots clés:

Au Québec, le chaos identitaire engendré par l’immigration et la politisation de populations culturellement et géopolitiquement incompatibles - même si francophones - donne, au grand et secret plaisir de certains, une nouvelle caution au rôle interventionniste et même autoritaire de l’État. Au menu : régulation des identités, grand bal des experts en vivre-ensemble, gestion d’un mélange surréaliste de Klingons et de Vénusiens, censure, etc. Le libéralisme s’évapore tandis que l’État et le judiciaire envahissent le champ social. - Jean-Jacques Tremblay

Certains articles sur notre site suscitent parfois des commentaires et répliques qui sont d'un tel intérêt que nous les affichons en première page pour leur donner une plus grande visibilité. Récemment, un lecteur français, Pierre Régnier, commentait l'article du jeune québécois Jean-Jacques Tremblay: Rapport Bouchard-Taylor : Fabriquer l’Homme Nouveau par la dictature de l’harmonie. Jean-Jacques Tremblay lui a répondu.

Nous reproduisons le commentaire de Pierre Régnier, suivi de la réplique de Jean-Jacques Tremblay.

COMMENTAIRE DE PIERRE RÉGNIER

« Pour ma part c’est PARCE QUE le mouvement de gauche auquel j’adhérais S’EST RALLIÉ à l’obscurantisme islamique que je l’ai quitté. L’obscurantisme est traditionnellement soutenu par la Droite, voire l’extrême Droite, ou par ce qu’on nomme aujourd’hui le libéralisme (et que je nomme, moi, l’économisme, ce système qui dit : priorité à l’économie, pas à l’être humain). Que ceux qu’on nomme encore "les socialistes" ou "la Gauche", ou même "l’extrême-Gauche" trouvent intelligent de soutenir désormais un prétendu "bon" obscurantisme religieux, celui qui domine dans des pays où le peuple est très pauvre (mais les dirigeants islamistes souvent très riches) ne fait qu’éclairer l’état de délabrement spirituel où est rendue cette ancienne gauche.

Pour une large part, ce délabrement vient du soutien passé au fascisme stalinien (qu’il faudrait, lui aussi, appeler par son vrai nom), de la honte et de la déprime personnelles qui en sont résultées après l’heureux effondrement de cet horrible régime.

Ne vous en déplaise, J.J. Tremblay, le "modèle républicain à la française" (qui est le mien, j’écris de France) est la vraie protection contre la dissolution sociétale voulue par les divers communautarismes et par les laxistes gouvernementaux complices. Il n’est certes pas parfait et doit donc encore être amélioré ; par exemple en faisant disparaître les exceptions d’Alsace Moselle (où les crucifix sont encore présents dans les salles de délibérations officielles laïques, dans les écoles publiques où des religieux enseignent encore leur conception de la spiritualité…) ou encore en faisant préciser dans la Constitution que ce sont les religions PACIFIQUES ET RESPECTANT LES RÈGLES COMMUNES DE LA LAÏCITÉ ET LES DROITS HUMAINS qui sont garantis par la loi républicaine, pas les autres.

C’est en s’attaquant au contraire à la République et à la laïcité, comme le fait justement, en ce moment, le gouvernement français, avec l’appui de nombreuses forces "de gauche", qu’on détruit le plus sûrement la qualité du "vivre ensemble" acquise au cours des siècles par des démocraties comme le Québec, la France, la Belgique, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne…

Ce serait un autre accommodement TRÈS DÉRAISONNABLE que d’opposer à celui de tous les Bouchard-Taylor occidentaux un retour à l’ancien obscurantisme, supposé, lui, protecteur contre la violence islamique. Disons par exemple, pour revenir au symbole évoqué plus haut, que l’acceptation d’un crucifix dans un lieu laïc est la plus JUSTE raison d’exiger AUSSI, au nom de la neutralité, le croissant islamique et tous les autres symboles religieux (existant ou à inventer si l’on veut encore aggraver les choses en créant de nouvelles sectes et de nouvelles religions).

L’introduction qui présente votre texte dit, Mr J.J.Tremblay, que vous êtes jeune. Vous n’avez donc peut-être pas encore eu le temps de réfléchir sérieusement à cela. Prenez ce temps. Réfléchissez-y. Le problème est assez grave comme ça, ne l’aggravez pas, dans votre démarche, par de déplorables amalgames. Il y a peu, ici même, un autre intervenant allait plus loin encore dans la dérive et la confusion : il disait que les islamo-complices lui donnaient l’envie de voter pour l’extrême-droite !!! Ça peut mener très loin, très bas, les réflexions non approfondies. Mais peut-être cet intervenant ne faisait-il que provoquer pour réveiller ?

Bien cordialement,

Pierre Régnier


RÉPLIQUE DE JEAN-JACQUES TREMBLAY

Monsieur Régnier,

Premièrement, étant donné que votre esprit a été modelé par les dogmes et institutions de la République française, il est presque peine perdue de tenter de vous faire saisir les fondements d’une société d’hommes libres, ce qui par ailleurs mériterait un traité en bonne et due forme. Soulignons tout de même que rien n’est plus antithétique à la liberté qu’une société où l’État prend en charge selon un modèle unique l’éducation de vos enfants dès l’âge de deux ans, où l’État prélève la moitié de vos revenus pour vous imposer des services publics idéologiquement orientés, où des institutions transcendantes canalisent impérialement l’univers médiatique dans le sens de l’« intérêt collectif », où l’État par sa magnitude même suscite l’émergence d’une néo-population statodépendante aussi irresponsable qu’hébétée, où des syndicats puissants collectivisent les intérêts privés de membres d’ailleurs pas toujours consentants, etc. Comme l’avait autrefois souligné l’homme politique le plus important de la deuxième moitié du 20e siècle, Ronald Reagan, grande est la différence entre les populations qui ont un État, et les États qui ont des populations.

Libéralisme et extrême-droite

Pour ce qui est de votre incapacité à démêler libéralisme et extrême-droite, eh bien je ne sais pas vraiment quoi en dire, sauf peut-être qu’on ne peut qu’en avoir pitié, du moins autant qu’en ce qui touche à votre conception de l’économie, vous qui semblez vous insurger moralement à la seule vue d’adultes consentants faisant des échanges. Et si vous craignez tant que ça l’extrême-droite européenne, qui en passant n’a pas vraiment d’équivalent en Amérique du Nord, sachez que ce genre de mouvements nationaux et socialistes ont peu de chance de connaître un quelconque succès en Europe de l’Ouest. Pourquoi? Tout simplement parce que ces mouvements carburent et ne peuvent que carburer à la jeunesse. Si l’on prend la France en exemple, eh bien même si des démagogues réussissaient à enfiler une chemise brune à tous les jeunes « de souche » non métrosexualisés disponibles, les probabilités tendraient tout de même à pencher du côté des jeunes issus de l’immigration, plus virils, et qui représenteront prochainement 30 % de la tranche des 20-29 ans.

Mais continuons sur la thématique de la liberté.

Évidemment, une société libre est toujours relativement plurielle étant donné qu’elle n’est pas unilatéralement façonnée par des appareils institutionnels centralisateurs. Par contre, pour qu’une société civile puisse s’auto-organiser d’elle-même, ce qui veut dire se maintenir et prospérer sans ingérence étatique envahissante, elle doit être composée d’individus aux valeurs et intérêts relativement compatibles. Dès qu’une population est trop éclectique et trop diversifiée pour pouvoir s’auto-organiser d’une manière relativement fluide, l’État social interventionniste et même autoritaire devient alors nécessaire pour mettre fin à une guerre sociale larvée. Au menu : régulation des identités, prise en charge de la société par l’État, colonisation de la sphère privée par la sphère publique, grand bal des experts en gestion du social, censure, etc.

Sur le fond et malgré certaines apparences, la présence musulmane au Québec favorise par exemple grandement les instincts politiques du Parti Québécois, qui n’aura au plan rhétorique qu’à tenir un discours identitaire musclé tout en soutenant hypocritement, cette fois au plan de la pratique, des politiques publiques quasi bouchardiennes. Dans ce parti, la vision du rôle de l’État est et a depuis toujours été pénétrée jusqu’à la moelle par des idéaux républicains progressistes à la française, ceux que par ailleurs vous aimez tant. Alors qu’on commençait au Québec à s’interroger intelligemment sur ce que pourrait bien à l’avenir être le rôle de l’État, le chaos identitaire engendré par l’immigration et la politisation de populations culturellement et géopolitiquement incompatibles même si francophones donne, au grand et secret plaisir de certains, une nouvelle caution à l’ingérence de l’État dans le social ainsi qu’à la prise en charge du sociétal par l’étatique.

Le double discours de Gérard Bouchard

Le double discours tenu par Gérard Bouchard est un très bon exemple de tout cela. Quand il s’adresse à la population en général, il tente de l’apaiser et de l’endormir en disant que tout va et ira très bien, tandis que quand il parle aux zélites politiques et à la classe académico-culturante il soutient pratiquement qu’on est passé à deux doigts de la Yougoslavie, si ce n’est pas de la Saint-Barthélémy, et qu’on (l’appareil d’État) se devra dorénavant de prendre les choses en main de manière musclée. Le discours de Bouchard, un individu qui rappelons-le a été élevé dans les fourrières de la sociologie française, ne paraît plus ouvert que parce que son jacobinisme intègre quelques-uns des pires aspects du progressisme américain (discrimination positive, pluralisme intégral, etc.), de là l’américanité de son projet politique.

Il est par contre clair, M. Régnier, que si votre objectif fondamental n’est pas la liberté et l’autonomie individuelle mais bien comme vous le dites la «cohésion sociale», eh bien le socialisme d’État vieille école est probablement la seule solution pour ce qui est de prévenir l’éclatement éventuel d’une population surréaliste composée de Klingons (ndlr: personnages de Star Treck), de Vénusiens et de Dieu seul sait quoi d’autre… Mais dans ce cas, on ne parle plus d’intégration, mais bien d’une transformation autoritaire, par l’élite et l’appareil d’État, de la totalité du champ sociétal. Transformation en quoi? En quelque chose de nouveau, gentil et insignifiant qui n’existe et n’existera probablement que dans des livres. Le socialisme, comme l’avait autrefois anticipé Nietzsche, ce n’est rien d’autre, ça n’a jamais été rien d’autre et ça ne sera jamais rien d’autre que la vie coupant ses propres racines. L’homme préfère encore vouloir le néant que de ne rien vouloir du tout.

La France et le Québec

Pour ce qui est de la France, et comme je vous l’avais déjà mentionné, la situation est déjà tellement désespérée que vous n’avez aujourd’hui le choix qu’entre un État républicain autoritaire ou la dissolution, c’est à dire entre deux différentes manières de périr collectivement. Les problèmes actuels que connaît la France sont intrinsèquement relatifs à votre idéologie républicaine-socialiste-étatiste. En persuadant votre élite que l’appareil d’état et le volontarisme institutionnel pouvaient assimiler tout et n’importe quoi et imprimer une identité dans l’homme comme on le ferait dans de la pâte, cette idéologie vous a poussé à intégrer des flux migratoires qualitativement trop turbulents et/ou incompatibles et/ou trop nombreux. De là situation d’une France qui n’est plus que le vaste et pédant musée de ce qu’elle avait déjà été, et qui ne peut d’ailleurs l’être que protégée de la foule par un vaste et omniprésent cordon policier.

Avec le Québec, ce qui est intéressant, c’est que la nature de nos flux immigratoires est en train de nous éloigner de la donne nord-américaine et de nous rapprocher de l’européenne, un processus qui sur le fond est porté par la vision crétine selon laquelle la langue, identitairement parlant, prime sur absolument tout, faisant ainsi du Nord-africain un invité naturel et du Latino-américain un pur extra-terrestre. Évidemment, cette évolution des choses est en parfaite harmonie avec la nature profonde de notre élite culturelle et intellectuelle, qui rappelons-le est presque intégralement composée de gauchistes apôtres des modèles européens, colonisés jusqu’à leur dernière cellule par la pensée française et son étatisme ambiant. Nos fonctionnaires, sociologues et ingénieurs sociaux seront contents : le Québec sera comme l’Europe, avec les mêmes problèmes, les mêmes thématiques, la même nécessité d’un rôle prépondérant des institutions publiques, les mêmes discours, les mêmes scandales, le même déclin, etc. Et nos nabots pensants pourront se réjouir en clamant que nos méthodes sont un peu plus performantes, plus gentilles, etc. Ils échangeront des recettes avec leurs collègues européens, pourront organiser des colloques conjoints sur les mêmes thématiques, etc. Pendant ce temps : les plus vifs émigreront, comme ils le font d’ailleurs depuis pratiquement 200 ans, tandis que quelques-uns conspireront, pour l’honneur…

Le libéralisme s'évapore

Le socialisme d’État est donc peut-être, comme vous le dites, une solution, mais ce n’est une « solution » que quand il est déjà vraiment trop tard. L’intérêt actuel évident du Québec serait assurément de couper au maximum l’immigration musulmane, et de s’assurer ainsi que la société maintienne d’elle-même une harmonie naturelle qui ne requerra pas l’intervention dévorante du gouvernement dans notre quotidienneté, un phénomène qui par ailleurs est déjà passablement intense. Voter des règlements sur le port du voile, ce n’est pas du tout « cool et plaisant ». Ça ne fait plutôt que témoigner d’un problème beaucoup plus profond : de l’impossibilité que se réalise en douceur la greffe surréelle qu’on tente de nous imposer sous fond de culpabilisation et de chantage moral, sans parler des aberrantes transformations institutionnelles et idéologiques concomitantes à la chose.

On le constate déjà tous les jours : le débat québécois actuel est déjà un débat quasi français, opposant des républicains intégrationnistes plus classiques et autoritaires à des républicains interculturalistes néo-pluralistes. Et des deux côtés, le rôle de l’État semble être promis à un avenir glorieux. La vérité, c’est que dès qu’il y a trop de gens qui si on les laissait faire feraient des choses socialement et moralement inacceptables, eh bien le laissez-faire n’est plus possible, et le libéralisme s’évapore progressivement tandis que l’État et le judiciaire se mettent à envahir activement le champ social.

«L’envie du pénal gronde partout. Jamais la liberté n’a été plus haïe.» - Philippe Muray

Au plaisir,

Jean-Jacques Tremblay

jeanjacquestremblay@gmail.com


Voir aussi:

Rapport Bouchard-Taylor : fabriquer l’Homme Nouveau par la dictature de l’harmonie, par Jean-Jacques Tremblay

Rapport Bouchard-Taylor : la tentation totalitaire, par Mathieu Bock-Côté

Québec - Le rapport de recherche de la commission Bouchard-Taylor sur les médias recommande la censure

Le "train" de Gérard Bouchard – M. Bouchard avez-vous perdu le Nord ?

Commission Bouchard et Taylor : NON au pacte de suicide !

Question sur un forum internet : Qui est-ce qui nous dérange ? les immigrants... ou les Musulmans ?

France - Prison avec sursis pour l’islamophobe récidiviste Brigitte Bardot

France - Sarkozy va proposer à l’UE de durcir sa politique d’immigration

Pays-Bas - La police arrête un caricaturiste

Plainte à la police de Halifax par un Centre islamique pour une caricature politique

UE - Sondage : les Européens pensent que l’islam menace leur mode de vie

Le multiculturalisme et sa haine de toute identité nationale détruit la Grande-Bretagne, par Theodore Dalrymple

Débat en Australie sur l’opportunité d’adopter une Charte fédérale des droits et libertés




[Autres]


Dans la même catégorie


Commentaires

Commenter cet article

13 commentaires

Vous désirez signaler des abus sur ce blogue? Écrivez-nous

1 Juin 2008
23:24

Libéralisme nord-américain plutôt qu’étatisme républicain, par Jean-Jacques Tremblay

Ça c'est vrai, on le voit ce phénomène avec le parti québécois qui semble n'être bon qu'à défendre la langue! C'est un point important je ne le nie pas, je suis d'accord avec leur démarche également!

Mais ce qui me chicote c'est qu'on dirait qu'il pensent tout sauver avec ça, alors que les immigrants à problème connaissent, pour la plus part, déjà notre langue et ironiquement c'est justement pour ça qu'on a tendence à les fait venir.

Ils semblent focuser uniquement sur ce cas alors que le problème identitaire est bien plus profond que ça! Je préfère avoir affair à quelqu'un qui ne peut pas parler notre langue mais qui a des différences qui sont plus compatibles avec nos valeurs que quelqu'un qui connait notre langue, souvent mieux que la population en général (le poussant par la même occasion à peter de la broue en bon "français") mais qui vient nous écoeurer avec ses libertés "d'opresser et s'auto-opresser" pour les introduire dans nos institutions et airs collectives!


Répondre à ce message

2 Juin 2008
00:19

Libéralisme nord-américain plutôt qu’étatisme républicain, par Jean-Jacques Tremblay

J'avais oubliée de dire en conclusion que sans qu'elle soit négligable, il y a des barrières bien pire que la langue dont il faut aussi grandement s'occuper!

Répondre à ce message

isidore

2 Juin 2008
11:22

oui

Libéralisme nord-américain plutôt qu’étatisme républicain, par Jean-Jacques Tremblay

en effet, j'ai moi meme vecu l'experience ... sans y penser, et donc sans a priori religieux ou raciste comme disent certains, j'ai embauché un marocain, avec qualifications universitaires...

Français parfait... mais fanatisme religieux maximal, que j'ai pu découvrir avec le temps ( bien caché au début) ...

Aujourd'hui je me dit que j'ai ouvert la porte a l'horreur religieuse,au fanatisme, et a une intolérance à la vie elle même qui risque de nous détruire (un ennemi total en fait) comme il détruit de l'intérieur toutes les sociétés musulmanes...


Répondre à ce message

Pierre Régnier

2 Juin 2008
12:28

Libéralisme nord-américain plutôt qu’étatisme républicain, par Jean-Jacques Tremblay

Monsieur Tremblay

Je n'ai dit nulle part que le socialisme d'Etat est une solution. Ce socialisme-là évoque plutôt, dans mon esprit, l'une des dérives à éviter à tout prix; mais je vous laisse le droit de penser que c'est bien ce type de socialisme que je défends. Simplement, n'écrivez pas : "comme vous le dites…"

Quelques précisions : en France on ne subit plus seulement, maintenant, le "libéralisme" (pour moi l'économisme). Notre écervelé Président ravageur accentue délibérément le rôle dérégulateur, agressivement destructeur de ce "libéralisme", alors qu'ON N'A JAMAIS EU AUTANT BESOIN de régulation.

La population mondiale ne cesse d'augmenter. Les ressources naturelles de la planète (eau, pétrole, poissons dans la mer…) continuent de diminuer. La survie de la planète elle-même n'est plus assurée. On continue de consommer toujours plus. On persiste à croire que la croissance matérielle (qui nécessite la consommation toujours grandissante) est la bonne mesure de la qualité des gouvernances des différents pays et de leur ensemble. On veut toujours plus "laisser faire le marché" (donc les pays dominants, les entreprises les plus puissantes, les banques… bref les acteurs humains les plus riches). On s'interdit toujours plus d'intervenir dans la répartition des ressources naturelles et des produits du travail…

Indépendamment de la posture morale que cela suppose face à ceux qui meurent de faim, la simple arithmétique fait paraître cette logique et ces choix pour le moins surprenants. En fait, selon moi, ils condamnent tout simplement les générations qui nous suivent - de tout près - à une barbarie généralisée dans la lutte pour la survie des humains.

La complaisance envers la conception criminogène de Dieu, plus que jamais cultivée par l'islam est, selon moi, L'UN DES éléments de la dérégulation "libérale" généralisée. J'ai longuement développé mes conceptions sur ce point dans mes quatre commentaires qui font suite, dans la rubrique "Agissez" de Point de Bascule, à la vidéo présentant la Déclaration de St Pétersburg. J'y renvoie donc.

J'insiste tout particulièrement sur cet autre article signalé dans ces commentaires et qui constitue, en fait, ma principale intervention de ces dernières années contre la violence religieuse :

"la Décennie "au profit des enfants du monde" va finir en catastrophe".

On y accède très vite en tapant ce titre sur Google. L'article est maintenant dans les archives numérotées 195 de cet autre site québécois : Centpapiers. Il ne reste plus qu'un an et demi avant le terme de la belle Décennie à intention pédagogique pacifiante. J'ai envie de dire, moi aussi : Agissez !

Concernant les améliorations à apporter, sur la religion, dans la Constitution française il y eut, le 19 septembre 2007, une proposition de l'association Faire Le Jour (voir le site du même nom) au "Comité de réflexion sur la modernisation des institutions". La proposition de FLJ disait ceci :

"Durant le demi-siècle qui a suivi la dernière grande modernisation de nos institutions, certaines croyances religieuses ont entraîné des maltraitances et des meurtres, individuels et collectifs, de plus en plus nombreux et de plus en plus tragiques en pertes humaines. Quand elles sont invitées à rejeter ces croyances, à en débarrasser l’esprit de leurs adeptes, pour le présent et pour le futur, les institutions religieuses répondent invariablement que c’est impossible, ces croyances étant, pour elles, définitivement sacrées.

Face à cette situation, les responsables politiques démissionnent. Notre association pense au contraire qu’il est urgent de réagir par la création d’une obligation constitutionnelle, pour les religions, de respecter les Droits humains, les valeurs républicaines de laïcité et de démocratie.

Nous proposons donc de constitutionnaliser une procédure permettant de vérifier que toute religion demandant la possibilité de pratiquer son culte dans notre pays est bien respectueuse des valeurs d’égalité (en particulier d’égalité des sexes), de liberté (en particulier de liberté d’expression), et de laïcité. La religion concernée devra certifier et prouver que, dans ses pratiques et dans ses enseignements, rien n’est incompatible avec les Droits humains. Dans le cas contraire, la religion devra modifier ses pratiques et ses enseignements de manière à les rendre compatibles avant d’obtenir le droit de pratiquer son culte"

A cette demande le Président Balladur a répondu qu'il "ne manquerait pas d'en faire état au sein du Comité". Il n'a pas dit que celui-ci s'assoirait dessus mais, si l'on en croit les échos dans la presse et le projet de loi issu des travaux du Comité, c'est bien ce qu'il a fait.

Ne désespérons pas : ce "Projet de loi constitutionnelle (N°820) de modernisation des institutions de la Ve République" prévoit des mesures complémentaires, dont une "profonde réforme du Conseil économique et social" et il annonce que, dans ce but, un "projet de loi organique sera déposé à cet effet dans les prochaines semaines". Il annonce aussi que "la composition du Conseil devra faire davantage de place aux organisations non gouvernementales, aux jeunes, notamment aux étudiants, et le cas échéant aux grands courants spirituels".

Avec un peu de chance on confondra là, comme d'habitude, les courants spirituels avec les religions et on pourra préciser, pourquoi pas, "y compris celles qui s'accrochent au caractère sacré de leur conception criminogène de Dieu".

Encore quelques mots. Le 2 juin, Rolands, que je remercie, a posté à mon intention un commentaire à l'article de J.J. Tremblay du 23 mai ("Rapport B-T : fabriquer l'Homme nouveau…"). J'espère qu'il aura trouvé ci-dessus des éléments de réponse à ses questions. J'ajoute ceux-ci : Oui, je suis de ceux qui combattent l'aspect laxiste de la "neutralité". L'Etat doit bien, dans le domaine que nous traitons ici, "définir les valeurs de base". Plus précisément : les limites acceptables de ces valeurs. Elles sont celles auxquelles il adhère très officielllement par ailleurs : les droits humains. Quant aux crucifix "qui jalonnent encore nombre de nos chemins de campagne", bien sûr il faut les garder. Il font partie du patrimoine. Les chemins ne sont en rien des lieux d'administration et de délibération légale, d'enseignement, de justice, de soins, de pratiques sportives etc… de la laïcité. La laïcité n'est pas, et ne doit pas devenir, l'élimination de la religion.

Je suis d'ailleurs POUR l'enseignement du fait religieux à l'école laïque, sans lequel on ne peut rien comprendre à l'histoire, à la philosophie, aux arts… Mais cet enseignement doit être donné par des professeurs laïcs, et le mieux est sans doute qu'il soit inclus dans les autres matières (comme ça se faisait déjà un peu). C'est à une forme de "catéchisme en milieu laïc", voulu par les institutions religieuses, qu'il faut fermement résister.

Pour le reste, Monsieur Tremblay, même quand vous caricaturez vous situez assez bien ce qui nous oppose. Je laisse donc d'autres éventuels lecteurs intéressés en débattre plus longuement.

Pierre Régnier


Répondre à ce message

Laudance

2 Juin 2008
12:58

Libéralisme nord-américain plutôt qu’étatisme républicain, par Jean-Jacques Tremblay

Comme Isidore, je peux témoigner, notamment par le biais de l'un de mes fils interposé, de ce décalage entre, d'une part, la langue et les capacités intellectuelles et, d'autre part, l'obscurantisme et le conditionnement religieux. Le fils en question a longtemps fréquenté les milieux universitaires, dans plusieurs pays et en "bonne" compagnie, pour l'obtention de plusieurs maîtrises et d'un doctorat.

En Belgique, en France et au Canada, il y a côtoyé, avec curiosité et parfois avec bonheur, des gens de nationalités et de cultures très différentes, c'est-à-dire, outre des Européens, Américains et Canadiens, des Chinois, Japonais, Coréens, Russes, Mexicains, Brésiliens, Vietnamiens, Cubains, Marocains, Algériens, Tunisiens, Libanais et d'autres encore, cette liste n'étant pas exhaustive.

Avec la plupart de ces gens-là, à commencer par les Asiatiques et les Américains, tout s'est toujours très bien passé, la communication et le partage des idées s'étant chaque fois avérés faciles à établir. Malheureusement, il existe une seule exception à cette règle, celle relative à un dialogue prolongé avec non pas une race en particulier, mais avec les pratiquants d'une certaine religion.

Avec eux, il est impossible de poursuivre un véritable échange sans tomber rapidement sur les murs entre lesquels l'islam les a enfermés. Même chez les plus brillants parmi les doctorants en formation à l'étranger, leurs raisonnements sont conditionnés par la religion toujours présente en filigrane et qui finit par bloquer toute avancée dans la discussion.

Après quelques tentatives du genre, il ne reste alors plus qu'une alternative : se convertir ou laisser tomber. Pour tous les Occidentaux normaux, le choix de la seconde solution coule évidemment de source. Ils vont même éviter de perdre leur temps à essayer de convaincre leurs interlocuteurs imperméabilisés par le Coran. Mais dites-vous bien que, le jour où ils en auront la possibilité, ces derniers ne vont pas renoncer à leur mission sacrée : celle de vous islamiser par conversion pour les volontaires et par la force pour les autres si nécessaire.


Répondre à ce message

Charles

2 Juin 2008
15:10

Libéralisme nord-américain plutôt qu’étatisme républicain, par Jean-Jacques Tremblay

Dans le pays du Québec gauchiste imaginé par le Parti et du Bloc québécois (qui milite pour le rapatriement d’Omar Khadr), un imam qui maitrise le français de la trempe d’Aljaziri (qui a été expulsé pour son fondamentalisme), serait beaucoup mieux accueilli qu’un anglophone chrétien pratiquant (faut ne pas oublier les « horreurs » et les « crimes » de l’Église et gné gné gné). Un prédicateur comme Tariq Ramdan aurait bien entendu une place de choix et serait reçu avec tous les honneurs.

Un extrait de "Dhimmi Watch" commentant l’obsession du Parti québécois pour la langue (ce qui n’est pas mauvais en tant que tel) aux dépens de tout le reste:

«When the Parti Quebecois promoted passage of a law to favor the admission of francophone immigrants (or, as it turned out, immigrants from countries deemed partly francophone, for their command of French in many cases was shaky) it did the following:

1. Favored maghrebins -- Muslims from North African countries (Morocco, Algeria, Tunisia) over, say, immigrants from Italy, Greece, Bulgaria, and Ecuador. This has led to Montreal's large Muslim population, and to the security problems, and expense of monitoring that population, that no one anticipated.

2. Created an atmosphere alarming to non-Muslim immigrants who have the greatest familiarity with Islam, including a large Maronite community and other Christians from the Middle East..»

Les musulmans militants n’ayant aucune loyauté qu’envers leur modèle de société islamique, on peut facilement comprendre pourquoi ils pourraient donner leur appui aux souverainistes, surtout que dans le futur pays du Québec ces derniers feraient tout sur la scène internationale pour démontrer leur ouverture aux minorités en abdiquant à toutes leurs demandes.

Du Site Oumma à propos des courbettes de Gilles Duceppe aux élections fédérales de 2006 (alors qu’il veut défendre le Québec contre le méchant Canada):

«Quelques jours auparavant, M. Duceppe et son équipe avaient été reçus au Centre Communautaire Canadien par les responsables du RAC (Regroupement des Algériens du Canada). Dans quelques jours, cette fois à l’invitation du parti du Bloc, des militants et des dignitaires de la communauté musulmane dîneront avec Gilles Duceppe, en présence de certains de ses candidats « vedettes » aux élections législatives fédérales prévues le 23 janvier prochain. Le camp souverainiste tente en effet de séduire les électeurs musulmans. Une communauté dont l’élite la plus engagée est de plus en plus sensible aux positions des souverainistes


Répondre à ce message

Marc Lebuis

2 Juin 2008
18:22

Libéralisme nord-américain plutôt qu’étatisme républicain, par Jean-Jacques Tremblay

Charles,

Vous avez oublié de citer un petit détail dans l’article que vous citez.

Les musulmans du Québec s’ouvrent aux positions souverainistes

Et je cite :

« Ce soir, à l’initiative de plusieurs grandes organisations musulmanes (notamment le Forum Musulman Canadien et le Conseil Musulman de Montréal), la plus grande mosquée salafiste de la ville reçoit M. Gilles Duceppe. »

Et oui, au Québec même les «extrémistes modérés» sont à l’aise d’affirmer haut et fort qu’ils sont SALAFISTES. Bravo ! Est-ce que Bouchard et Taylor faisaient allusion à cette mosquée lorsqu’ils ont déclaré qu’il n’y avait que trois mosquées «extrémistes» ? J’en doute !

C’est aussi cette même mosquée qui a eu l’honneur de faire l'objet d’une enquête par Mohammed Sifaoui dans le cadre du reportage de Jean-Francois Lépine: Enquête : Y a-t-il vraiment un Islam violent au Canada ? . On y découvre, et ce, en moins de dix jours, deux imams différents faire l'apologie du «djihad»... Et non, on ne parle pas du djihad spirituel....

On y découvre aussi des livres provenant d’Arabie saoudite incitant aussi à la guerre et au djihad... bref prendre les armes... Du Salafisme bien «huilé» par la générosité idéologique (financière ??) saoudienne. Ces mêmes intérêts souadiens qui soutenaient le projet de grande mosquée par Said Jaziri.

Une mosquée dont la congrégation est composée d’une «minorité» de quelques milliers de personnes ! Ça fait réfléchir sur l’insignificance du mot «minorité»...

Marc

Répondre à ce message

Jugurten

2 Juin 2008
23:49

Libéralisme nord-américain plutôt qu’étatisme républicain, par Jean-Jacques Tremblay

Charles,

Tu as cité Gilles Duceppe se rendant dans une officine arabo-musulmane algérienne pour courtiser l’électorat arabo- musulman algérien. Tant "d’essentialisme" est sidérant. Tout d’abord cet amalgame algériens-arabes-musulmans relève de la propagande arabo-islamiste dominant la majorité autochtone, l’escamotant jusqu’à la faire disparaitre aux yeux de Charles et autres amateurs de raccourcis commodes.

"Algérien" est une citoyenneté (un état artificiel crée de toute pièces par le colonialisme français). Ce n’est donc pas une identité. Le régime arabo-islamiste algérien qui a hérité du pouvoir par le truchement de la fameuse politique arabe de la France, proclame "l’identité algérienne" comme synonyme de "arabe et musulmane".

Gilles Duceppe est allé tout simplement racoler "de l’électeur". Les souverainistes québécois sont les seuls politiciens au monde à recevoir Ferhat, chef du MAK (Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie) avec les honneurs dûs à un chef d’État. Plusieurs députés et personnalités du PQ et du Bloc assistent aux conférences du MAK, aux activités culturelles et même aux manifestations politiques se tenant face au consulat général d’Algérie, animées par les militants autonomistes kabyles. Pourtant, ces militants ne blairent ni l’islam, ni l’arabisme.

Ce que les souverainistes ignorent, c’est que les musulmans ne voteront jamais pour eux. De leur point de vue, les pires ennemis du djihad (sous toutes ses formes) sont les nationalismes régionaux et les particularismes locaux. Le PQ et le Bloc ne peuvent pas courtiser les arabo-musulmans algériens et en même temps afficher leur sympathie, voire leur solidarité pour les autonomistes kabyles. Les souverainistes doivent choisir entre d’hypothétiques électeurs algériens arabo-musulmans, et leur sympathie pour la minorité kabyle dominée et soumise par la force de loi sur leur propre terre.

Répondre à ce message

Charles

3 Juin 2008
14:02

Libéralisme nord-américain plutôt qu’étatisme républicain, par Jean-Jacques Tremblay

Jugurten,

Vous avez raison de vous sentir offusqué de voir disparaître l’identité berbère dans l’amalgame arabo-musulman. Et si les arabes s’efforcent d’effacer les identités berbères, ils ne font pas moins avec leurs minorités chrétiennes originaires –dont je suis issu- et même leurs confrères musulmans noirs, comme au Darfour.

Cependant, je n’ai fait que copier un extrait de l’article apparu dans ce Site. Si raccourci y en a, ce n’est pas à moi de s’adresser, mais plutôt à l’auteur. Dans le même Site, il a ajouté d’autres élucubrations à propos du film la Passion du Christ du point de vue propagandiste musulman. Peu importe ce qu’il y a dans ses propos, ils s’adressent surtout à un auditoire musulman ou ignorant mais produisent néanmoins le même résultat.

Aussi longtemps qu’il y aura des opportunistes qui s’autoproclament « porte-paroles des communautés » il y aura toujours des naïfs qui suivront ou des hypocrites qui voudront en profiter, à en juger par la réaction des politiciens comme Duceppe et Cie. Ce sont des faits que je n’ai fait que rapporter. Et ça ne s’applique pas seulement qu'aux musulmans.

Vos dénonciations ne donneront rien si elles ne parviendront pas aux principaux intéressés: Les souverainistes qui ont vidé tout ce concept de son sens jusqu’à la contradiction en courtisant en même temps –comme vous le dites- les oppresseurs et les opprimés. On peut voir le parallèle avec leur sympathie pour le Hamas tout en se disant amis d’Israël. Ils ont aboli la religion des écoles, certains voulaient arracher la croix de l’assemblée Nationale (Boisclair) et vont plier l’échine devant leurs futurs oppresseurs. La course aux 50%+1 n’a pas de limites dans l’imaginaire imbécile.

Répondre à ce message

Michel

2 Juin 2008
17:21

Libéralisme nord-américain plutôt qu’étatisme républicain, par Jean-Jacques Tremblay

J'aime énormément lire un échange qui vole aussi haut. Décidément PBC est vraiment un site incontournable de très grande qualité.

Merci et encore, merci pour ce travail.

Je suis québécois, j’ai beaucoup voyagé, j’ai rencontré des gens de toutes origines. J’ai cohabité avec des gens de toutes origines. Je confirme, les plus difficile a côtoyer sont les arabos-musulmans, rien n’y fait et soyons honnête pour que des groupes humains puissent échanger et dialoguer il faut que les femmes et les hommes puissent le faire également, voilà déjà un os dans le jarret !

Une connaissance algérienne qui est sortie de cette idéologie infâme (c’est une femme) me disait, tu sais pour nous cela est extrêmement difficile d’avoir une relation avec un homme qui n’est pas muzzz ou même d’avoir des relations normales avec les autres, nous sommes conditionnés depuis que nous sommes enfants.

Vraiment l’Islam c’est une maladie qui rend des populations entières disfonctionnelles et inadaptées pour immigrer en nos terres en aussi grand nombre. Parce que le problème c'est le nombre, plus ils sont nombreux, plus le communautarisme sera la règle dans les relations entre l'Ouma et les tatas qui les auront reçu.

Michel


Répondre à ce message

Laudance

2 Juin 2008
18:26

Libéralisme nord-américain plutôt qu’étatisme républicain, par Jean-Jacques Tremblay

Monsieur Charles,

Je partage votre analyse en ce qui concerne le Parti et le Bloc québécois. Tous deux ne m'inspirent aucune confiance, car ils représentent au Québec la gauche qui a fait tant de mal à ma Belgique et surtout à la France. Quand je serai devenu citoyen canadien et bien que francophone, je ne voterai jamais ni pour l'un ni pour l'autre.
En effet, je ne peux en aucun cas m'identifier à des gens prêts à se séparer des anglophones qui nous ressemblent et, en même temps, à laisser entrer le loup dans leur bergerie.

Je n'appartiens pas à cette race de moutons qui se laissent mener par des irresponsables, voire des complices face à des revendications inacceptables. En ma qualité d'Européen, je sais d'où je viens et, surtout, où va l'Europe occidentale. Puisse le Québec ne jamais suivre cette voie-là, en écoutant ces voix-là, car elle est sans issue et elles se trompent d'ennemi. Comment peut-on à la fois se présenter en défenseur de l'identité québécoise, au sein ou hors du Canada, et la sacrifier sur l'autel d'un multiculturalisme facilitant la propagation d'une religion impérialiste ?


Répondre à ce message

6 Novembre 2008
19:56

Libéralisme nord-américain plutôt qu’étatisme républicain, par Jean-Jacques Tremblay

C'est faux. Archi-faux. Le parti Québécois, dirigé par Jacques Parizeau, était loin d'être de gauche. Il a créé de la richesse. Il était parfois interventionniste mais pas en tout point, seulement pour fonder des institutions aujourd'hui à la base de l'économie québécoise . Jacques Parizeau avait et a toujours eu des couilles. En espérant que les nouveaux du parti seront épaulés par ce dernier, qui a toujours su bien gérer les finances.

Aussi, l'alternative si vous ne votez pas PQ est pire. Les libéraux. Ils ont créé bouchard-taylor. Ils ont créé le cours d'éthique religieuse, qui veut modéliser la façon de penser de nos jeunes. Ils sont pires, croyez moi.

Répondre à ce message

André

2 Juin 2008
20:47

Libéralisme nord-américain plutôt qu’étatisme républicain, par Jean-Jacques Tremblay

M. Tremblay: Bravo! Vous avez raison. Dans votre réplique à M. Régnier, vous dites la vérité. Toutefois, les reproches que vous faites à la France contemporaine s’appliqueraient également à la France des Bourbons et à l’histoire de colonisation de la Nouvelle-France.

Vous dites: “Évidemment, une société libre est toujours relativement plurielle étant donné qu’elle n’est pas unilatéralement façonnée par des appareils institutionnels centralisateurs.”

Hyper-centralisation - Au début de la colonisation de l’Amérique, la France comptait 16 millions d’habitants et l’Angleterre 5 millions. Après le siège de La Rochelle, en 1627 et la révocation de l’Édit de Nantes, en 1685, les protestants de France n’avaient plus le droit de s'instaler au Canada. A cause de cette politique, la Nouvelle-France ne comptait que 15,000 habitants en 1689 alors que les colonies anglaises en comptaient 200,000! Et les protestants de France qui ne pouvaient s’établir au Canada émigraient vers les colonies anglaises: 600 familles en Virginie et en Caroline du Sud en 1700 et au Massachusetts, ils étaient assez nombreux pour avoir droit d’être représentés à la législature. C'est ainsi qu'en 1775, plus de 50,000 descendants de ces protestants français étaient citoyens des États-Unis! Voilà donc un échec de la politique royale visant à établir une population uniquement catholique romaine en Nouvelle-France parce qu'elle serait plus facile à gouverner.

Un peu plus loin, vous ajoutez: “En persuadant votre élite que l’appareil d’état et le volontarisme institutionnel pouvaient assimiler tout et n’importe quoi et imprimer une identité dans l’homme comme on le ferait dans de la pâte....”

Encore une fois, l’histoire de la Nouvelle-France démontre que la France contemporaine n’a pas appris les grandes leçons de son histoire. Louis XIV, qui voulait conserver une forte population en France parce qu’il avait besoin de soldat pour ses nombreuses guerres avait décidé d'envoyer le moins de colons possible en Nouvelle-France et en en Acadie parce qu’il était persuadé que les peuples autochtones, après quelques contacts avec la haute culture Française, décideraient de devenir de bons sujets du roi de France: des Français! Cet espoir fondé sur des nuages s’est rapidement évaporé lorsque la Cour de France a constaté que le contraire se produisait: les colons français adoptaient les valeurs et les coutumes des indigènes!

Ces deux exemples qui appuient votre réplique à M. Régnier démontre que l’élite de France, bien enfermée dans sa tour d’ivoire, n’a toujours rien appris et qu’elle continue de répéter les erreurs de ses anciens rois.


Répondre à ce message

1