Vendredi 30 Juillet 2010 | Dernière mise à jour: 29 Juillet 2010
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Liberté d'expression
L'enjeu de Durban II: la liberté d'expression, par Mark Dubowitz, Wall Street Journal
19 Juin 2008 par Annie Lessard, Marc LebuisMots clés:
La conférence mondiale contre le racisme en 2009 cherchera à saper les sociétés libres en invoquant le spectre de l’islamophobie. L'ordre du jour est contrôlé par l'Organisation de la conférence islamique pour qui la liberté d'expression est la cause de l'islamophobie. À moins que l’UE refuse d’y participer, le résultat sera l’introduction en droit international d’une définition d’islamophobie qui englobe toute critique de l’islam radical et des actes posés par des musulmans. Tous les pays devront ensuite harmoniser leur législation interne et créer un délit de blasphème. - Mark Dubowitz, Wall Street Journal
La première conférence mondiale contre le racisme tenue à Durban en 2001 a été la manifestation la plus extrême d’antisémitisme depuis l’holocauste et le Haut commissaire pour les droits de l’homme des Nations Unies à l'époque, Mme Mary Robinson, avait rejeté la Déclaration finale et le plan d’action du Forum des ONG.
Bienvenue dans un monde où la critique de l'islam militant peut vous faire aboutir devant un tribunal, ou pire. À Vancouver, au Canada, le vénérable magazine Maclean's attend un verdict de propagande haineuse du Tribunal des droits de la personne pour avoir publié un chapitre du bestseller America Alone du chroniqueur Mark Steyn. Les plaignants accusent l'auteur et l'éditeur d'«islamophobie». La semaine dernière, Ekmeleddin Ihsanoglu, Secrétaire général de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) comprenant 57 membres, a mis en garde les participants à une conférence à Kuala Lumpur que «la simple condamnation ou distanciation des actes d’islamophobie ne saurait suffire». Il a recommandé que les pays occidentaux restreignent la liberté d'expression et exigé que les médias arrêtent la publication de «matériel haineux» comme les caricatures danoises. «Il est maintenant grand temps de prendre des actions concrètes pour endiguer la gangrène avant qu'elle ne s’aggrave», a-t-il dit.
Les pays islamiques ont déjà obtenu une victoire sur ce front en mars. Ils ont fait passer une résolution au Conseil des droits de l’Homme de l'ONU demandant une interdiction mondiale de la diffamation publique de la religion - lire l'islam. La conférence de DurbanCe sont des exemples d'une campagne de plus en plus intense en vue d'utiliser le pouvoir judiciaire pour faire taire les critiques de l'islam militant. Il semble que l'OCI et ses cohortes ont identifié la plate-forme idéale pour leur ordre du jour dans la Conférence préparatoire d'examen de Durban de l’ONU qui se tiendra à Genève du 20 au 24 avril 2009. Rappelons la première réunion de Durban, la Conférence mondiale des Nations-Unies contre le racisme, qui a eu lieu en 2001 quelques jours seulement avant le 11/9. Ce rassemblement a dégénéré en festival de haine contre les Juifs, l'Amérique et Israël. Dégoûtés par la vile rhétorique et l’affichage de caricatures de Juifs dans le style Stürmer, les délégations des États-Unis et d’Israël ont quitté.Les espoirs que la conférence de Durban II l'année prochaine sera un événement plus éclairé ont déjà été déçus par le fait que certains des pires abuseurs de droits de l’Homme en élaborent l’ordre du jour. À la demande de l'OCI, la Libye a obtenu la présidence du Comité préparatoire. L'Iran et le Pakistan ont chacun remporté un siège au Comité. Et l'Égypte, un autre membre de l'OCI, a représenté le Groupe régional des 53 pays africains durant les débats. Ainsi, au lieu que Durban II corrige les erreurs du passé, ce dernier forum de l'ONU cherchera à saper les sociétés libres en invoquant le spectre de l'islamophobie. L'OCI est le plus puissant bloc de votes à l’ONU. Comme les pays démocratiques à l'ONU l’ont appris à maintes reprises, l'OCI, avec 57 membres, contrôle le bloc des 130 pays en développement, et peut généralement faire passer son ordre du jour sans trop de difficultés. Une définition large d'«islamophobie»Le résultat probable de Durban II sera d'exhorter tous les États membres à adopter des lois limitant les libertés fondamentales d'expression et d'action - le tout dans l'intérêt de prévenir l'«islamophobie». La discrimination ou la diffamation des musulmans, ou de tout autre groupe, est évidemment répréhensible. Mais l’«islamophobie» telle que définie par la Libye, l'Iran et les autres organisateurs de Durban II couvre toute critique de l'islam, des musulmans ou de leurs actions. Si les dirigeants de ces pays réussissent, la rédaction d’opinions critiquant le radicalisme islamique, ou parler contre les terroristes musulmans ou, bien entendu, la publication de caricatures de Mahomet, vont bientôt être considérés comme des exemples de racisme criminel. Liberté d'expression et islamophobieAu cours des plus récentes réunions préparatoires de Durban II en avril et mai, les membres de l'OCI, de l'Iran à l'Indonésie, ont tous insisté que la liberté d'expression est la cause de l'islamophobie. «Le plus inquiétant est le phénomène intellectuel et idéologique de validation de l'islamophobie», a souligné le représentant pakistanais à l'ONU, Marghoob Saleem Butt, au nom de l'OCI. «Bien qu'il soit exprimé sous la forme de diffamation de la religion, il se cache derrière la liberté d'expression et d'opinion». Exprimant les exigences du bloc musulman et de ses nombreux dirigeants autoritaires, M. Butt a demandé que le processus de Durban «élabore des normes qui offrent des garanties suffisantes contre l'intolérance à l'égard des musulmans promue par ces libertés». Les défenseurs des droits humains inquiets de cette menace pour les libertés civiles ont exprimé leurs préoccupations avec peu de succès. Juliette De Rivero, par exemple, directrice du advocacy pour l'organisation Human Rights Watch à Genève, a sonné l'alarme à la fin avril: «Les préoccupations justifiées sur la relation complexe de l’intolérance raciale et religieuse et de la haine ne devraient pas être le prétexte pour saper les libertés clés, y compris la liberté d’expression», a-t-elle dit aux organisateurs de la conférence à Genève. Les dangers du processus de DurbanLe danger du processus de Durban, c'est qu'il cherche à façonner le cadre normatif international et les législations nationales. Si l'OCI réussit, une définition large de l'«islamophobie» sera intégrée au document final de Durban II. Par la suite, attendez-vous que des organes de l'ONU, tels que le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale, rappellent les pays à l’ordre s'ils ne parviennent pas à appliquer ces recommandations. D'autres organes du système international adopteront aussi la définition large d'islamophobie, jusqu'à ce que cette définition et ses effets pervers aient migré dans tout le système international. Les recommandations de Durban II, toutefois, ne s'arrêteront pas à la déformation des normes internationales sur ce qui constitue l'islamophobie - l'OCI vise à exporter son langage dans la législation nationale de chaque pays. Le premier point dans un projet de document final de la conférence oblige les pays à s’efforcer de «promulguer une législation appropriée en conformité avec ces normes internationales». Il en va de même du projet de document identifiant la liberté d'expression comme un «défi majeur et un obstacle» à la lutte contre les formes contemporaines de racisme.Faire échec au processus insidieux de DurbanSeule l'Union européenne peut maintenant mettre fin à ce processus insidieux. Le Canada a déjà annoncé qu'il allait boycotter la conférence, et les États-Unis ont également indiqué qu'ils ne participeraient pas à Durban II à moins d’être convaincus que ce ne sera pas un autre fiasco. Mais seule la menace d'un retrait européen porterait un véritable coup à la crédibilité du processus et priverait les partisans de l'«islamophobie» de l’imprimatur de l'ONU qu’ils recherchent. Le mois prochain, la France assumera la présidence de l'UE. Il reviendra à Paris de prendre le leadership de la lutte pour les libertés occidentales et, pour une fois, de mettre l'Iran, la Libye, et d'autres États autoritaires sur la défensive. Espérons que le Président français Nicolas Sarkozy comprend ce qui est en cause.Voir aussi:L’ONU contre les droits de l’Homme - le drame ignoré des grands médiasLe Canada dit non à Durban 2, vu le « cirque » de Durban 1ONU - Charia : Louise Arbour déplore les "tabous" au Conseil des droits de l’HommeONU - Pour le Conseil des droits de l’Homme, crucifier la charia est islamophobeArabie-Saoudite - La conférence internationale islamique appelle l’ONU à criminaliser l’insulte à l’islamCommissions des droits et censure : trahison de la position internationale du CanadaLe rapport de l’Observatoire de l’islamophobie - faux diagnostic, mauvais traitementPour en finir avec le mot "islamophobie" - par l’Américain Dennis PragerPour en finir avec le mot "islamophobie" - par le Belge Jean ThirionDoudou Diène blâme des caricatures, mais pas les manuels scolaires musulmans haineux Staline, Hitler, Pol Pot... et maintenant Macleans/Mark Steyn ?
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Commentaires
L'enjeu de Durban II: la liberté d'expression, par Mark Dubowitz, Wall Street Journal
"Tous les pays devront ensuite harmoniser leur législation interne et créer un délit de blasphème."
Les pays islamiques ont déjà obtenu une victoire sur ce front en mars. Ils ont fait passer une résolution au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU demandant une interdiction mondiale de la diffamation publique de la religion - lire l’islam.
la liberté d’expression est la cause de l’islamophobie
projet de document identifiant la liberté d’expression comme un « défi majeur et un obstacle » à la lutte contre les formes contemporaines de racisme.
Est-il vraiment nécessaire de faire quelque commentaire que ce soit?
Tromso
20 Mars 200920:59
L'enjeu de Durban II: la liberté d'expression, par Mark Dubowitz, Wall Street Journal
Journal le Temps - Suisse
Le colonel Kadhafi ne défendra pas les droits de l’homme mais l’IslamJean-Claude BuhrerJean-Claude Buhrer, ancien correspondant du «Monde» à l’ONU, montre que les pays arabes utilisent l’Alliance des civilisations pour promouvoir la puissance de l’IslamLe colonel Kadhafi a donné un avant-goût de ce que promet la deuxième réunion de Durban sur les droits de l’homme, dont le comité préparatoire est précisément présidé par la Libye, avec l’Iran parmi les vice-présidents. Dans un discours prononcé le 12 mars à Nouakchott en Mauritanie, le guide libyen a pris des accents prophétiques non pas pour évoquer les droits de l’homme, mais «l’universalité de la religion musulmane»....
S’érigeant en défenseur de l’islam, le nouveau président de l’Union africaine a fait valoir qu’il est du devoir de chaque musulman de fortifier la religion et de la propager partout dans le monde....
Abordant l’avenir de l’islam en Europe, le colonel Kadhafi s’est félicité de sa progression croissante avec la présence de millions de musulmans, alors que le nombre de non-mahométans est en régression et que «la dynamique des conversions à l’islam se poursuivra avec l’entrée de la Turquie, de l’Albanie et de la Bosnie-Herzégovine dans l’Union européenne».....
C’est dans ce contexte de remise en cause de l’universalité des droits de l’homme que l’Organisation de la conférence islamique (OCI), forte de 57 membres sur 192 à l’ONU, s’active à faire entrer la religion dans les instances internationales et à imposer des normes anti-blasphème restreignant la liberté d’expression sous couvert de lutte contre «l’islamophobie» et la diffamation des religions, à commencer par l’islam. La même présidente libyenne du comité préparatoire de Durban II s’était déjà distinguée alors qu’elle dirigeait en 2003 la Commission des droits de l’homme qui a sombré dans le discrédit, en s’adressant à l’assemblée par ces pieuses paroles: «Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux, je vous salue avec les salutations de l’islam, que la piété de Dieu vous entoure.» Comme si elle se prenait pour une envoyée du ciel. A la fin de la session, Mme Najat al-Hajjaji, avait manœuvré avec ses compères de l’OCI pour empêcher tout débat sur une résolution réclamant la fin des discriminations contre les homosexuels. D’abord en reléguant la question au dernier point de l’ordre du jour, puis en acceptant une suspension de séance pour permettre aux délégués musulmans d’aller faire leur prière, avant de clore la session et d’enterrer ce sujet litigieux....
Avec la bénédiction de la Jamahiriya arabe libyenne du colonel Kadhafi et de l’Iran des ayatollahs, Durban II est décidément bien mal parti. Les démocraties sauront-elles se ressaisir avant qu’il ne soit trop tard, ou accepteront-elles sans broncher de servir de caution aux desseins des dictatures, quitte à se renier et à boire le calice jusqu’à la lie?
Jean
24 Juin 200813:35