Vendredi 30 Juillet 2010 | Dernière mise à jour: 29 Juillet 2010
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Le Muslim Students Association propage l'islam radical sur les campus en Amérique du Nord
24 Juillet 2008 par Annie Lessard, Marc LebuisMots clés:
L'Association des étudiants musulmans des États-Unis et du Canada (MSA) a été créée aux États-Unis dans les années soixante par des membres des Frères musulmans. Elle compte actuellement des chapitres sur près de 600 campus en Amérique du Nord, y compris au Canada et au Québec. Dès ses débuts, le MSA a entretenu des liens avec l'extrémisme. Le MSA s'inscrit dans la mouvance islamiste mondiale et oeuvre à l'islamisation des campus. Il soumet des demandes en complet décalage avec les valeurs de notre société.

MUSLIM STUDENTS ASSOCIATION OF THE U.S. AND CANADA (MSA), Discover the networks.orgCréée en janvier 1963 à l'Université de l'Illinois Urbana-Champaign, l'Association des étudiants musulmans des États-Unis et du Canada, ou MSA (également connu sous le nom de MSA national) a présentement des chapitres sur près de 600 campus universitaires (y compris plus de 150 chapitres affiliés à l'organisation nationale) en Amérique du Nord. (La relation entre le MSA national et les chapitres universitaires n'est pas une hiérarchie fixe, mais plutôt un réseau flexible. Ainsi, les politiques et les vues de l'organisation nationale peuvent différer de celles de quelques-unes des sections locales). Sa mission déclarée est de «servir les meilleurs intérêts de l'islam et des musulmans aux États-Unis et au Canada afin de leur permettre de pratiquer l'islam comme un mode de vie intégral». MSA est la plus visible et influente organisation islamique d'étudiants en Amérique du Nord. Fondée par des membres des Frères musulmans, le MSA a été nommé dans un mémorandum des Frères musulmans datant de mai 1991 comme une organisation « de nos amis » aux vues similaires à celles de la Fraternité qui partagent l'objectif commun de détruire l'Amérique et de la transformer en une nation musulmane . Ces «amis» ont été décrits par la Fraternité comme des groupes qui pourraient aider à enseigner aux musulmans «que leur travail en Amérique est une sorte de grand djihad visant l'élimination et la destruction de la civilisation occidentale de l'intérieur et le «sabotage » de sa misérable maison par leurs mains ... afin que … la religion de dieu [l'islam] soit victorieuse sur toutes les autres religions». À ses débuts, le MSA a été financé en grande partie par l'Arabie saoudite. En retour, dit un article de février 2008 du New York Times, les leaders de l'organisation «faisaient la promotion de la souche wahhabite puritaine de l’islam pratiquée dans le Royaume». Dans les années 1960 et 70, ajoute l’article du NY Times, des chapitres du MSA «ont préconisé des positions théologiques et politiques dérivées d’organisations islamistes radicales et ne toléraient aucune critique de l'Arabie saoudite». Dès sa création, le MSA a entretenu des liens étroits avec l’extrémiste Ligue islamique mondiale, dont les chapitres ont des sites Internet où figurent non seulement la propagande de Osama Bin Laden, mais également des campagnes de publicité en vue du recrutement pour la subversion wahhabite de la lutte tchétchène en Russie. Selon l'auteur et spécialiste de l'islam Stephen Schwartz, le MSA est une organisation de lobbying clé pour la secte wahhabite de l'islam. Le MSA a sollicité des dons pour la Holy Land Foundation for Relief and Development, dont les actifs ont été saisis par le gouvernement des États-Unis en décembre 2001 parce que cette organisation soutenait financièrement le groupe terroriste Hamas. MSA a également des liens très étroits avec la World Assembly of Muslim Youth. Membre influent du comité de coordination de InternatIional ANSWER, le MSA maintient une forte présence dans les manifestations contre la guerre parrainées par ANSWER. En tant que pro-Corée du Nord et pro-Saddam Hussein, ANSWER est une façade pour l’organisation marxiste-léniniste Workers World Party. Le MSA s'oppose fermement au Patriot Act, qu'il décrit comme une législation «infâme». Les chapitres de l'organisation à travers les États-Unis ont également dénoncé pratiquement toutes les initiatives en matière de sécurité nationale mises en place par le gouvernement américain depuis les attentats du 11/9. Le MSA a choisi de ne pas appuyer et de ne pas participer à la «Free Muslims March Against Terror» du 15 mai 2005, un événement dont l'objectif était «d’envoyer un message aux terroristes et aux extrémistes que leurs jours étaient comptés ... et envoyer un message aux peuples du Moyen-Orient, au monde musulman et à tous ceux qui recherchent la liberté, la démocratie et la coexistence pacifique que nous les soutenons». Le MSA a fait les nouvelles au cours des dernières années lors des événements suivants: - Le 22 octobre 2000, Ahmed Shama, alors Président du MSA de UCLA, a dirigé une foule de manifestants au consulat israélien, scandant «Mort à Israël!» et «Mort aux Juifs!» Un conférencier invité à l'événement était Ayloush Hamid, un membre du Council on American-Islamic Relations (CAIR) qui a coparrainé le rallye. Dans son discours, Ayloush a sollicité des dons pour la susdite Holy Land Foundation. - Au cours des dernières années, des membres du MSA à UCLA ont recueilli des fonds pour le Hamas et le Hezbollah lors de leur conférence annuelle «Anti-Zionist Week» - En mars 2003, l’orateur Muammad Faheed a dit à une réunion du MSA au Queensborough Community College à New York, «La seule relation que vous devez avoir avec l’Amérique est de la renverser!»- Lors de sa conférence annuelle en 2003, le MSA de l’Iowa a invité comme conférencier le directeur exécutif de CAIR Nihad Awad, qui avait dit à un collège public en 1994: «Je suis un partisan du Hamas». - Le MSA de l'Université de Californie du Sud a invité l'ambassadeur des Talibans, Sayyid Hashimi, à prendre la parole au campus six mois avant le 11/9.- Le chapitre MSA de la California State University-Northridge a tenu une collecte de fonds pour Islamic Relief Worldwide, une organisation qui a reçu une contribution de 50 000 $ d'un groupe façade pro-Osama bin Laden basé au Canada. - En 2002, le MSA de l'Université James Madison a parrainé un « Jihad » panel qui comprenait M. Abdulrahman Hijazi qui a déjà louangé un kamikaze islamique comme un «martyr» dont les actions étaient animées par l’espoir de garantir «la miséricorde d'Allah» par le biais de «l'une des meilleures actions, qui est le djihad». - En 2003, le président du MSA de l'Université de l'Idaho, Sami Omar Al-Hussayen, a reçu un ordre de déportation parce qu'il travaillait pour la Islamic Assembly of North America qui a des liens avec Al-Qaida. Pendant qu’il était sur le campus, Al-Hussayen avait demandé l'accès à un laboratoire chimique contenant des matières nucléaires. - Alkalima, le journal du Muslim Student Union à la University of California-Irvine (qui est un chapitre du MSA), a publié un rapport spécial appelé Zionism : The Forgotten Apartheid, qui glorifié le Hamas et le Hezbollah comme des guerriers nobles combattant l’oppression israélienne. L’édition de juin 2004 de Alkalima contient un éditorial louant le Hamas, le Hezbollah et le Djihad islamique. Il a également décrit le fondateur du Hamas, Ahmed Yassine, et l’ancien dirigeant du Hamas, Abdel Aziz Al-Rantisi comme des «martyrs». - À la 7e MSA West Conference tenue à l'Université de Californie du Sud en janvier 2005, l’ancien membre du MSA de UCLA Shama Ahmed a déclaré: «Nous voulons rétablir l'islam à la gouvernance de la société. Le but est le rétablissement d’un mode de gouvernement islamique». Shama a félicité le Hamas et le Hezbollah d'être «intransigeants» sur leurs principes, et pour avoir refusé de «serrer la main de l'autre partie». Il a loué le chef terroriste Moqtada al-Sadr pour «combattre légitimement les forces américaines d’occupation en Irak». Il a identifié le Hamas et les Frères musulmans comme parties du «mouvement islamique dominant». Il a fait l'éloge de la détermination du Hamas que «la seule solution à l'occupation actuelle est la résistance militaire. Pas serrer la main. Pas le dialogue». Et il a déclaré: «Nous avons l’obligation de faire en sorte que nos MSA fassent partie du mouvement islamique mondial». - Le co-fondateur du MSA Ahmad Totonji a été une grande figure dans la fondation du réseau SAAR dominé par les Frères musulmans qui, selon les enquêteurs fédéraux, avait des liens financiers avec al-Qaïda, le Jihad islamique palestinien et le Hamas. Un ancien membre éminent de la MSA est Asan Akbar, un extrémiste musulman américain qui fréquentait la mosquée de l’Université de Californie contrôlée par le MSA à Davis. Après le collège, Akbar a joint l'armée US et, dans les premières heures du 23 mars 2003, il a volontairement fait exploser une grenade au milieu du dortoir des membres de sa 1ère brigade de la 101e Airborne Division stationnée au Koweït – tuant deux personnes et en blessant quinze autres. Peu de temps avant cet incident, Akbar, qui avait été réprimandé pour insubordination, aurait dit à sa mère qu'il sentait que l’armée le persécutait parce qu'il était musulman. Bien que le monde musulman se caractérise par l'oppression et l'abus des femmes, le MSA a publié en 2007 une brochure déclarant ce qui suit au sujet de l'Islam et les droits des femmes: «Aujourd'hui, les gens pensent que les femmes sont libérées en Occident et que le mouvement de libération des femmes a commencé au 20ème siècle. En fait, le mouvement de libération des femmes n'a pas été entamé par les femmes, mais a été révélé par Allah à un homme du nom de Mahomet au septième siècle… Le Coran et la Tradition du Prophète (hadith ou Sunna) sont les sources à partir desquelles toutes les femmes musulmanes tirent leurs droits et devoirs. …L'islam, il y a quatorze siècles, a rendu les femmes égales au regard de Allah en LE glorifiant et L’adorant, n’imposant aucune limite à son progrès moral. Aussi, l'islam a établi l’égalité de la femme dans son humanité avec l'homme. …Dans l'Islam, une femme a la liberté fondamentale de choix et d'expression fondée sur la reconnaissance de sa personnalité individuelle. La femme musulmane s’est fait attribuer un rôle, des devoirs et des droits il y a 1400 ans dont la plupart des femmes ne jouissent pas aujourd'hui, même en Occident». Des ramifications du MSA comprennent la Islamic Medical Association, le Muslim Arab Youth Association, le Association of Muslim Social Scientists, le Islamic Circle of North America et le Islamic Society of North America. Le MSA a publié un MSA Starter's Guide: A Guide on How to Run a Successful MSA, qui stipule: «L’objectif à long terme de chaque MSA est l’islamisation de la politique de leurs universités respectives. La politisation des MSA signifie de faire du MSA une organisation ayant davantage d’influence sur la politique interne des campus. Le MSA doit être une association mise en évidence. Par exemple, le corps étudiant doit être convaincu qu'il existe une telle chose qu’un bloc-musulman». Le Guide de démarrage d’une MSA conseille en outre ceci: «Visez à monter dans la hiérarchie de l’Union [gouvernement étudiant] et à obtenir des sièges sur certains comités de direction. Je n'insisterai jamais assez sur ce point, l'Union possède de vastes pouvoirs que les musulmans doivent contrôler». En outre, la MSA a élaboré et publié un guide sur «Comment établir une salle de prière sur le campus» pour ses leaders étudiants, afin de les aider à faire pression sur leurs universités avec des demandes pour des salles séparées plutôt que des salles de prière partagées, dans le cadre de leur Muslim Accommodation Task Force. Un complément au guide demande spécifiquement aux leaders du MSA de mettre en place des sondages sur les demandes pour des salles de prière.
Voir aussi:Islamisation des campus canadiensMSA - Le mémoire du Muslim Students AssociationOntario - Accommodements déraisonnables : Plus on en demande, plus on en veut...Grande-Bretagne - Radicalisation des étudiants musulmans Australie - Les étudiants musulmans veulent que l’horaire s’accorde aux prières, et la ségrégation sur les campusCAIR-CAN capitule face aux aveugles – L’Occident doit s’unir contre la charia et l’islamisationDes fonds publics financent des islamistes radicaux sur les campus américainsLes dons saoudiens aux universités occidentales financent l’islam radical haineux – l’exemple de l’Université Georgetown (US) Grande-Bretagne - Sondage : Pour 1/3 des étudiants musulmans, tuer au nom de la religion est justifié
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Le Muslim Student Association propage l'islam radical sur les campus en Amérique du Nord
L'ISLAMISME À LA CONQUÊTE DU MONDE
En novembre 2001, lors d'une perquisition, des enquêteurs suisses découvrent le "Projet", une ambitieuse stratégie destinée à établir le règne de Dieu sur toute la terre.
Sylvain Besson - jeudi 6 octobre 2005 - © Le Temps, 2005
Est-il possible que le développement de l'islamisme dans le monde depuis vingt ans soit, au moins en partie, le produit d'une stratégie occulte, d'un plan délibéré de conquête du pouvoir? C'est la question politiquement incorrecte que pose l'étonnante découverte faite par des policiers suisses et italiens durant une perquisition menée près de Lugano, en novembre 2001.
Dans la villa de Youssef Nada, un banquier égyptien que les autorités américaines accusent d'avoir soutenu le terrorisme, les enquêteurs saisissent alors un document étonnant, demeuré secret depuis presque deux décennies: le "Projet", texte stratégique dont l'ambition suprême est d'établir le règne de Dieu partout dans le monde.
L'enquête criminelle ouverte contre Youssef Nada, qui dirigeait la banque islamique Al-Taqwa de Lugano depuis sa création en 1988, a été classée en mai dernier. Mais le financier arabe, qui a démenti tout lien avec le terrorisme, a reconnu avoir été durant des années l'un des principaux dirigeants de la branche internationale des Frères musulmans, l'un des plus importants groupes islamistes contemporains. Fondée en Egypte en 1928, l'organisation des Frères musulmans a donné naissance à un vaste "Mouvement islamique" inspiré par ses idées, qui représente aujourd'hui la principale force se réclamant de l'islamisme dans le monde. Le Projet est un texte de 14 pages, daté de décembre 1982, qui s'ouvre par le passage suivant: "Ce rapport présente une vision globale d'une stratégie internationale pour la politique islamique. Selon ses lignes directrices, et en accord avec elles, les politiques islamiques locales sont élaborées dans les différentes régions".Le document préconise d'étudier les centres de pouvoir locaux et mondiaux, et les possibilités de les placer sous influence, d'entrer en contact avec tout nouveau mouvement engagé dans le djihad où qu'il soit sur la planète, de créer des cellules du djihad en Palestine» et de «nourrir le sentiment de rancœur à l'égard des juifs. Tout cela dans le but de coordonner le travail islamique dans une seule direction pour [...] consacrer le pouvoir de Dieu sur terre. Les enquêteurs suisses qui ont étudié le dossier Al-Taqwa ont consacré plusieurs analyses au Projet et à ce qu'il représente. Un document confidentiel de la "Task Force" antiterroriste mise sur pied après les attentats du 11 septembre 2001 évoque ainsi un texte fondamental pour comprendre les buts à long terme des Frères [musulmans]: Intitulé Le Projet, ce document décrit par le menu la stratégie envisagée pour assurer une prise d'influence grandissante de la Confrérie sur le monde musulman. Il y est stipulé que les [Frères musulmans] ne doivent pas agir au nom de la Confrérie mais s'infiltrer dans les organismes existants. Ils ne peuvent ainsi être repérés puis neutralisés.
Un second rapport des enquêteurs suisses affirme que le Projet, et les autres documents découverts chez Youssef Nada, confirment le rôle joué par les Frères musulmans à la fois dans l'inspiration et dans le soutien, direct ou indirect, à l'islam radical dans le monde entier. Dans cette optique, le Projet a pu jouer un rôle dans la création par les Frères musulmans et leurs héritiers d'un réseau d'institutions religieuses, éducatives et caritatives en Europe et aux Etats-Unis. Le Projet préconise en effet de construire des institutions sociales, économiques, scientifiques et médicales, et pénétrer le domaine des services sociaux pour être en contact avec le peuple. Dans ce but, il faut étudier les environnements politiques divers et les probabilités de réussite dans chaque pays. Un responsable occidental qui l'a étudié décrit le Projet comme une idéologie totalitaire d'infiltration qui représente, à terme, le plus grand danger pour les sociétés européennes. Le Projet, ce sera un danger dans dix ans, dit-il, on va voir émerger en Europe la revendication d'un système parallèle, la création de parlements musulmans, ce qui existe déjà en Grande-Bretagne... Commencera alors la lente destruction de nos institutions, de nos structures. Pour ce fonctionnaire, qui a demandé à ne pas être cité nommément, le Projet n'est pas un simple texte de réflexion, mais une "feuille de route" dont certains éléments ont été mis en œuvre dans le monde réel: il préfigure notamment le début de la guérilla contre Israël dans les territoires palestiniens occupés, et le soutien apporté ces dernières années par les Frères musulmans à divers groupes islamistes armés, de la Bosnie aux Philippines. La découverte du Projet soulève aussi beaucoup de questions qui, pour l'heure, demeurent sans réponse. L'identité de son auteur, par exemple, reste inconnue. Youssef Nada, le gardien du Projet durant près de vingt ans, a simplement dit aux enquêteurs suisses qu'il n'a pas écrit ce texte. Approché à de multiples reprises par Le Temps, il a fini par expliquer que le document a été rédigé par des chercheurs islamiques mais qu'il ne représente pas une position officielle des Frères musulmans. Je ne suis d'accord qu'avec 15 ou 20% de ce texte, affirme-t-il. Pourquoi, dans ce cas, l'avoir conservé chez lui? Je ne sais pas. J'aurais dû le jeter. L'importance du Projet tient autant à son histoire, et celle des hommes qui l'environnent, qu'à son contenu. Ses origines intellectuelles remontent aux années 1960, lorsque le théoricien en che» des Frères musulmans, Saïd Ramadan (1), trouve refuge à Genève. En septembre 1964, son journal El Mouslimoun publie un texte appelant à lancer une guerre idéologique contre l'Occident. Il s'agissait alors de répondre à la création de l'Etat d'Israël, considérée par les islamistes comme un élément d'un vaste complot contre la religion musulmane et ses fidèles. C'est pourquoi nous sommes convaincus que ce plan idéologique élaboré doit être contré par un plan idéologique tout aussi élaboré, et qu'il faut répondre à ses attaques idéologiques, à sa guerre idéologique, par une guerre idéologique. L'article fait explicitement référence au "Protocole des Sages de Sion", un document fabriqué par la police tsariste et qui décrit une conspiration juive pour dominer le monde. Bien qu'il s'agisse d'un faux, ce texte antisémite continue d'être pris au sérieux dans les milieux islamistes. En août dernier, le Wall Street Journal révélait que le "Protocole" a été cité durant une récente séance du Conseil européen des fatwas et de la recherche (CEFR), un organisme destiné à conseiller les musulmans d'Europe dans leur vie quotidienne. Selon un participant à la réunion, le Protocole démontre l'existence d'un complot juif destiné à détruire les valeurs morales des familles musulmanes. On comprend qu'animés de telles idées, les islamistes aient voulu réagir en développant leur propre Projet.
Le maître à penser du Conseil des fatwas, Yousouf al-Qaradawi, était l'un des principaux actionnaires de la banque Al-Taqwa de Lugano. Il est sans doute le prédicateur islamiste le plus populaire d'Europe et du monde arabe, et certaines de ses idées s'inscrivent dans la droite ligne du Projet. Ainsi, dans un texte publié en 1990, il proposait de développer la présence du Mouvement islamique au sein des «groupes du djihad», afin d'éliminer toutes les influences étrangères des terres d'islam, du Maroc à l'Indonésie. Malgré ces ressemblances idéologiques évidentes, et les liens historiques de grands penseurs des Frères musulmans avec ce document, l'histoire récente de l'islamisme ne se résume pas au seul Projet. Et l'expansion de l'islam en Occident au cours des dernières décennies n'a été planifiée par personne: elle résulte de l'installation progressive d'immigrés musulmans en Europe et aux Etats-Unis. Mais les héritiers des Frères musulmans ont su profiter de cette évolution pour ouvrir un nouvel espace à leur action et à leurs idées. Leur objectif déclaré a toujours été de «protéger» les communautés musulmanes, selon l'expression du cheikh Qaradawi, du«tourbillon des idées matérialistes qui prévalent à l'Ouest. Loin de ce discours convenu, le Projet offre un témoignage important de ce que peuvent être les arrière-pensées et les objectifs cachés du Mouvement islamique, au moment où ce dernier tente de renforcer son emprise sur les communautés musulmanes d'Occident. Le "Projet" est publié pour la première fois dans le livre de Sylvain Besson, "La conquête de l'Occident", qui sera disponible en librairie dès le 7 octobre.
(1) père de Tareq Ramadan, devenu le conseiller de Tony Blair, pour les affaires musulmanes et gendre de Hassan el Banna, créateur de l'organisation des Frères Musulmans en Égypte

Tromso
26 Juillet 200809:51