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Crimes d'honneur: une affaire de famille

28 Juin 2007 par Esta Natelli

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Des crimes d'honneur en Amérique? Sentiment insolite. Le Nouveau Monde importerait-il encore des coutumes barbares? La notion de crime d’honneur est étrange en Amérique. Ceux-ci n’ont jamais été endossés par la culture. Alors qu’en Europe, on pratiquait souvent le duel pour défendre son honneur encore au début du XXième siècle, en Amérique le duel restait une affaire de western opposant le cow-boy justicier au hors-la-loi. Si un homme tuait l’amant de sa femme, il n’en était pas moins condamné sans que les corpus légaux américains n’admettent l’atteinte à l’honneur comme circonstance atténuante. Lorsqu’un individu considère que sa réputation a été entachée, la pénalité se décide en Cour et encore faut-il prouver qu’il y a eu préjudice. Ridiculisé dans la littérature (Chronique d’une mort annoncée de García Márquez), banni par les tribunaux, sans aucun fondement dans les évangiles, l’Amérique entière vivait sans l’ombre d’un crime d’honneur depuis belle lurette.

Et pourtant, les voilà qui apparaissent dans les faits divers. Le crime d’honneur, toujours commis par des hommes de confession musulmane, souvent contre des femmes, se taille une place particulière dans l’espace criminel américain.

Au Québec, l’affaire Bellari entre dans cette catégorie. [a] Bellari a-t-il défendu son honneur en assassinant son frère qui n’était plus un bon musulman? En Islam, l’apostat entache l’honneur de la famille et on s’attend à ce que celle-ci se charge du cas d’un membre qui oserait tourner le dos à l’islam. S’il n’est pas ramené dans le droit chemin, il doit être banni ou, si possible, éliminé.

En 1999 à Ottawa, Adi Abdul Humaid poignarde à mort sa femme Aysar Abbas. Le couple était en visite au Canada. Bien que citoyens canadiens, ils résidaient aux Émirats arabes unis. Jusque-là, rien d’exceptionnel : un mari jaloux assassine sa femme. Ils sont des dizaines à sévir par année, des exceptions à la gent masculine qui ne trouvent rien de mieux que de sacrifier la vie d’une femme à l’autel de leur ego machiste déficient. La différence ici, c’est que monsieur Humaid tente d’obtenir la clémence de la Cour pour circonstance atténuante : sa femme le trompait et entachait ainsi son honneur[b]. Que Humaid ait été un imposteur et non un fervent musulman, que son crime ait été motivé par la jalousie et la cupidité plutôt que par la religion n’est pas en cause. Ce qui choque, c’est que des avocats canadiens aient cru justifiable de défendre leur client sous prétexte qu’il agissait pour préserver son honneur. Si l’accusé avait eu le temps de retourner à Dubai (comme il l’avait visiblement planifié) avant d’être arrêté par la police canadienne, fort est à parier qu’il ne croupirait pas en prison en ce moment. Sa défense pour crime d’honneur aurait probablement rendu son extradition très difficile[c]. Humaid savait que sa culture lui laissait une porte de sortie pour un crime d’honneur et il a tenté cette sortie jusqu’aux tribunaux canadiens.

La semaine dernière, en Pennsylvanie, un homme est agressé et mis de force dans une voiture dans le parking d’un restaurant. Lorsque la police arrive sur les lieux, alertée par des clients du restaurant, elle apprend de la bouche de la victime que ses agresseurs sont respectivement le père et le frère de sa fiancée. Ceux-ci désapprouvent le fait que les deux amoureux aient choisi de vivre ensemble. Ils auraient décidé d'assassiner le fiancé. Lorsque les médias tentent d'interroger les membres de la famille, les voisins et la communauté, ils se font répondre que c'est une histoire de famille qui ne concerne pas les médias. [d]

Le fait divers est considéré comme une forme de journalisme mineur et sensationnaliste. Il n'en permet pas moins de révéler d'importants phénomènes de société. Les dénonciations du viol, de la violence conjugale, de l'inceste en Occident ont trouvé racine dans de simples faits divers. Aujourd’hui, les faits divers nous parlent de ces crimes inconnus en Amérique, crimes dans lesquels l’honneur est en jeu, crimes qui se cachent derrière une omertà familiale.

Pour bien comprendre ce nouveau phénomène, il faut saisir la notion d’honneur dans les cultures musulmanes qui pratiquent ce genre de crimes. L’Amérique a choisi l’individualisme comme base de son système moral. Chaque individu devient ultimement responsable de ses actes et ceux-ci n’entachent ni sa famille ni sa communauté. L’honneur est un concept très individualisé dans notre culture. Il n’est pas admissible de subir l’opprobre pour les actes de nos parents. Même la famille d’un grand tueur en série ne sera pas importunée. Et c’est aussi vrai pour les franges les plus orthodoxes de notre société.

Par exemple, un pasteur américain pourrait avoir une fille qui devient une star de la pornographie sans que cela ne lui cause un réel préjudice, sans que son « honneur » soit en jeu. Évidemment, il pourrait dénoncer sa fille (liberté d’expression) et couper les ponts avec elle (liberté d’appliquer sa vision de la religion). Cependant, ça serait la limite des conséquences que le choix de sa fille aurait dans sa vie. Ses églises resteraient pleines de fidèles qui, au pire, prendraient le pasteur en pitié.

En Islam, la situation est clairement différente. Prenons un exemple concret pour illustrer cette différence, un exemple qui rappelle le cas hypothétique du pasteur. Cette histoire ne se passe pas dans un pays du croissant mais plutôt dans une communauté musulmane au Québec. C’était bien avant que le 11 septembre ne fasse des musulmans américains des victimes et des québécois des islamophobes potentiels. Dans les années 80, Moin Ghauri était l’imam le plus important de la communauté de 35 000 musulmans montréalais. Il avait une fille, Yasmeen. Au début des années 90, Yasmeen Ghauri est devenue un mannequin de renommée internationale contre la volonté de son père. Ici, outre la différence entre la pornographie et la mode, l’histoire est à peu près la même. Un père très religieux se désespère de voir sa fille suivre une voie qu’il juge immorale. Cependant, pour le père de Yasmeen Ghauri, les conséquences furent beaucoup plus néfastes. Dès que le succès de sa fille a été connu, des membres de sa mosquée ont commencé à militer pour le départ de Moin. Ils ont publié des pamphlets dans lesquels on dénonçait l’incapacité de l’imam à imposer sa volonté sur sa fille. Plusieurs fidèles ont tout bonnement cessé d’assister à ses prêches à la mosquée en dépit du fait que Moin y était imam depuis 22 ans. On lui a aussitôt préféré un imam qui ne parlait ni français ni anglais. Moin souligne alors lui-même : « Je ne suis pas bien vu de la communauté ici. J’ai été chassé. C’est un désaveu majeur. » Il parle encore à sa fille même s’il persiste à refuser son choix de carrière. Ce qui l’irrite c’est comment : « les gens me font sentir comme s’ils connaissaient mieux ma fille que moi-même. » [e]

C’est tout un environnement culturel et communautaire qui est impliqué par le comportement de Yasmeen. Ici, un imam respecté est chassé par sa communauté car il n’a pas su imposer sa volonté à sa fille. On ne parle pas d’islamistes, mais de simples musulmans pratiquants. Qui ne défend pas son honneur est banni par la communauté. Dans le cas qui se déroule en Pennsylvanie, une femme de la communauté insiste sur le fait que c’est une affaire de famille et que le problème en Amérique du Nord, c’est que l’on fait tout passer à la télévision[d]. Encore une fois ici, la communauté protège son honneur en renfermant la famille sur elle-même. L'état n'a pas à se mêler de ce qui se passe au sein de la famille.

Les musulmans nous disent que l'islam n'y est pour rien. Que le crime d'honneur n'est pas prescrit par le Coran. Pourtant, chaque fois qu'un crime d'honneur est commis, la communauté musulmane se tait. Quel imam fréquentant régulièrement les ondes de la télévision québécoise s'est élevé dans l'affaire Bellari? En fait, l’islam offre toutes les dispositions pour faire émerger le crime d'honneur. D’abord, il exige la mort pour apostasie et adultère. Ensuite, c’est une religion clairement patriarcale. Finalement, la charia permet l’impunité en cas de meurtre commis au sein d’une même famille.

Dans une société à base chrétienne, on ne peut imaginer le Christ condamner à mort la brebis égarée (ou qui que ce soit d’autre). Dans la religion musulmane, le prophète des musulmans, Mohammed, a lui-même ordonné la mort de plusieurs personnes ayant désobéi aux prescriptions du Coran. Alors que Jésus épargne la femme adultère, Mohammed fait lapider un couple qui confesse à deux reprises avoir commis l’adultère[g]. Nous sommes confrontés à un système religieux complètement différent de ce dont nous a habitué la tradition chrétienne. Le relativisme culturel veut que toutes religions soient fondamentalement bonnes. Le problème de ce schème de pensée est que la notion de ce qui est bon est arbitraire. Ce qui est « bon » dans une culture peut être complètement aberrant dans une autre. L’islam pose au « bon » à l’occidental de sérieuses questions morales avec ses multiples formes de sacrifices humains [h]. Le crime d’honneur est à l’avant-plan de cette confrontation morale.

Les sociétés patriarcales ont toujours cherché à contrôler la sexualité des femmes. C’est la condition pour éviter l’introduction de bâtards dans la lignée paternelle. La virginité est essentielle pour que l’époux soit assuré que sa nouvelle épouse n’ait pas été inséminée du sperme d’un autre mâle, pour qu'un enfant ne naisse pas sans lignée paternelle. L’islam est sans contredit un système très patriarcal. On nous dit souvent que les crimes d’honneur sont hérités des tribus arabes préislamiques. On évoque un âge barbare qui aurait contaminé l’islam civilisateur. Quels sont les anthropologues qui défendent sérieusement cette thèse? Le pays qui vénérait les déesses Allāt, al-'Uzzā et Manāt était-il plus patriarcal que l’Islam moderne? La chrétienté a elle aussi hérité du patriarcat sauvage de la civilisation romaine. [i] Pourtant, le monde occidental a su éliminer de sa tradition les excès du patriarcat romain (et ce, dès les débuts de la chrétienté). Faire du crime d’honneur une vague question tribale archaïque est complètement ridicule. S’il y a héritage, il peut aussi bien être d’origine romaine - héritage partagé par bien des pays musulmans. Si la chrétienté a su se débarrasser de cet héritage, l’islam en tant que religion « non violente » devrait aussi bien le faire. Les tribus préislamiques, que l’on connaît fort peu, servent trop souvent d’excuse à des pratiques qui fleurissent très bien sous l’islam d’aujourd’hui.

Selon la charia, une famille peut pardonner à celui qui a assassiné un membre de sa famille. Ainsi, lorsque la famille elle-même assassine un de ses membres, elle se trouve dans une situation d’impunité. Non seulement cela démontre une faille terrible de la charia comme corpus juridique, mais cela permet d’établir tout un système social centré sur la dictature de la famille.

Lorsqu’il y a offense, visiblement toute la famille s’en ressent. Dans le cas Ghauri, une fille jette le déshonneur sur son père. Pour regagner le respect de sa communauté, il devrait ramener sa fille dans le droit chemin. Dans plusieurs cas, lorsque la famille se bute à un membre indocile, le meurtre est choisi, surtout s’il y a impunité.

Lorsque l’on favorise le communautarisme, une tolérance sans limite à la pratique religieuse, on permet que perdure ce genre de conception culturelle complètement opposée à nos valeurs. On oublie que les immigrants ne débarquent pas tous en Amérique avec une bonne compréhension de nos us et coutumes. Qu’un différend se règle « en famille » sans que l’état soit concerné, peut sembler tout à fait légitime dans leur système de valeur.

Doit-on attendre que les crimes d’honneur deviennent monnaie courante en Amérique pour réagir? Doit-on laisser les académiciens férus de relativisme culturel tester les limites de notre culture? En Grande-Bretagne, lorsque la jeune Banaz Mahmod est allée voir la police, on l’a crue hystérique et manipulatrice. Un policier occidental ne pouvait croire qu’un père voudrait réellement tuer sa fille parce qu’elle voulait choisir son petit copain. Aujourd’hui Banaz Mahmod est morte. Finalement, la Grande-Bretagne a décidé de mettre sur pied une escouade spéciale pour enquêter sur les crimes d’honneur[j].

Le Fonds des Nations unies pour la population estime à 5000 le nombre de personnes tuées chaque année dans des crimes d’honneur. Maintenant, certains de ces crimes ont lieu en Amérique. Reste à savoir combien de victimes il nous faudra pour réagir sérieusement.


Pour en savoir plus sur les crimes d’honneur :

Stop Hounour Killing

Honour Killing sur wikipedia

Bigliographie

Police: Father, Son Try To Kidnap Daughter's Fiancé, NBC10.com, 27 juin 2007 (Pour regarder le reportage vidéo, cliquez ici).

Model outcast, Toronto Now magazine

D'Souza, Dinesh, Land of the Free, National Review Online, 2 juillet 2004

McVeigh, Karen, Special units to crack down on honour killing, The Guardian, 16 juin 2007

Overington, Caroline, Model Muslims, The Australian, 29 novembre 2005

Tibetts, Janice, Top court refuses to hear whether religion can be a murder defence, National Post, 10 novembre 2006


  • voir [Bellari subit une évaluation psychiatrique->br28] et [« Mon frère, il ne respectait plus le Coran et Allah »->br18]
  • Tibetts
  • Le cas Sabrina Imtiaz Syed, une jeune femme menacée de mort par sa famille aux Émirats arabes unis (EAU) prouve que les crimes d’honneurs sont pratiqués dans ce pays, en dépit des lois. Les autorités des EAU menacent de déporter la jeune femme vers le Pakistan où des membres de sa famille l’attendent pour la tuer. Voir les détails de ce cas sur le site d’[Amnistie internationale->http://web.amnesty.org/aidoc/ai.nsf/c6024d3bd7a003ec80256ede00560f7c/f812722506d86c0080256bac003d1778!OpenDocument]
  • NBC10.com
  • {Overington} et {Model outcast}
  • NBC10.com
  • D'Souza
  • attentats-suicide, meurtre des apostats, des hommes et femmes adultères, des animistes qui refusent la conversion, de ceux qui « blasphèment » l’islam, etc.
  • Dans la Rome antique, un père avait droit de vie ou de mort sur sa fille. 140 hommes vivaient pour 100 femmes. En cas de viol, la femme était tuée pour avoir perdu son honneur sauf si elle se trouvait dans un champ où personne n’aurait pu l’entendre crier à l’aide.
  • McVeigh


[Autres]


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2 commentaires

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Guy Fafard

30 Août 2007
23:47

Une religion d'amour...amour de la destruction.

Crimes d'honneur: une affaire de famille

Tant que de tels actes se produiront, il sera difficile de croire les imhams et ayatolahs quand ils disent que l'Islam est une religion d'amour.

Quand ils prennent en ottage des bénévoles qui cherchent à relever le niveau d'instruction des femmes, qu'ils détruisent des écoles, maltraitent des gens parce qu'ils sont d'autres croyances, ils prouvent par leurs actes que c'est la religion du terrosisme de l'assassinat et de la destruction pratiquée à l'échelle mondiale.

Plus le World Trade Center 2 fois, des marchés en Irak et des marchés en Afghanistan, le viol d'embassade en Iran, c'est l'amour...l'amour de la destruction.


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Tromso

14 Novembre 2007
14:39

Crimes d'honneur: une affaire de famille

L`Honneur et la Honte sont les facteurs souterrains principaux qui influence la prise de décision dans le monde musulman. Cette vision completement différente de la notre en Occident nous semble incompréhensible.

L`honneur est vu comme ce qui permet a une personne, une famille, un clan, une tribu d`avoir une réputation, du pouvoir, de l`influence, bref d`etre reconnu par la comunautée. L`Honneur est capital, tandis que la honte est vécue comme un déshonneur devant la communauté qui se doit d`etre redressé ou vengé.

L`Honneur peut venir de la descendance d`une personne (par exemple un descendant du prophete), par le statut social, par la piété, par la richesse ou la sagesse. L`Honneur commande le respect et la politesse.

La Honte signifie la perte du respect de la communauté. Ne pas avoir d`argent, ne pas supporter le groupe ou la famille, parraitre faible ou féminin par exemple amene la Honte.

L`Honneur et la Honte est en cause dans toute les relations hommes-femmes dans le monde musulman. L`Honneur pour l`homme réside dans le fait d`etre "un guerrier", d`avoir des enfants males. Pour la femme, l`Honneur consiste a etre fidele, modeste et de s`occuper des enfants et surtout des garcons.

Le manque de modestie ou l`infidélité (réelle ou imaginaire)de la femme détruit son honneur et amene la honte sur la famille et sur les hommes de la famille. Ceux-ci doivent alors redresser l`Honneur familial a tout prix et cela peut meme aller jusqu`a l`assassinat de la fille par les hommes de la famille pour laver l`Honneur familial.

Les relations entre les sexes sont donc surveillés de pres parcqu`ils ont la capacité d`amener la honte sur les familles et des conséquences facheuses. Le monde musulman est étrange pour un esprit occidental....

Le simple fait de rechercher un emploi devient une question qui engage l`Honneur des familles. Un jeune homme approche le chef de famille ou du clan pour obtenir un emploi. Le chef de la famille doit alors faire tout ce qu`il peut pour répondre au souhait du jeune homme. L`Honneur de la famille est en jeu. Si l`emploi désiré est sous le controle d`une autre famille ou d`un autre clan,d`une autre religion, les tractations deviennent plus risquées et complexes et l`Honneur de plusieurs familles sont maintenant en jeu.

Si par exemple l`emploi souhaité va a une autre personne, l`Honneur du demandeur et de sa famille est attaqué et la Honte menace le statut social de la famille. Si le jeune homme obtient l`emploi souhaité, il devra obéissance et loyauté a celui qui l`a placé. Le fait d`etre plus qualifié pour l`emploi ne joue pas nécessairement.

Le mensonge et la déception sont couramment employés pour sauver la face et éviter la Honte. La peur de l`humiliation domine dans toute les relations sociales.


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