Dimanche 21 Mars 2010 | Dernière mise à jour: 20 Mars 2010

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Disséquons Rachad Antonius, par Jean-Jacques Tremblay

2 Décembre 2008 par Annie Lessard, Marc Lebuis

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Rachad Antonius (photo ci-contre) est professeur au département de sociologie de l’Université du Québec à Montréal. Il était aussi l’un des 15 bonzes siégeant au comité conseil de la caravane Bouchard-Taylor. Partisan de l’islamogauchisme et profondément anti-occidental, il consacre ses écrits à combattre l’«Empire» et ses partisans, parmi lesquels il a désigné Point de Bascule.

Dans un article paru dans une revue académique, le professeur Antonius consacre deux lignes à Point de Bascule - décrit comme un site constituant «une référence pour certains journalistes» - auquel il reproche de ne parler du fascisme vert qu’en des termes négatifs.

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Disséquons Rachad Antonius, par Jean-Jacques Tremblay

Rachad Antonius est professeur au département de sociologie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), une institution dont les membres, bien qu’incapables de s’administrer eux-mêmes, ne semblent jamais manquer d’idées lorsqu’il s’agit de bidouiller, avec votre argent, l’ébauche d’un monde meilleur. Antonius était aussi l’un des 15 bonzes siégeant au comité conseil de l’inénarrable Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles, dixit la caravane Bouchard-Taylor.

Techniquement chrétien, notre Antonius national n’en soutient pas moins une plateforme politique très Tariq Ramadan, celle de l’islamisme soft, d’un islam qui s’intègre en pénétrant par la gauche et le centre-gauche l’infrastructure même de la sphère publique, d’un islam politique ayant pour objectif de voir les institutions occidentales se conformer progressivement aux exigences de la charia. Originaire du pays des pharaons, Rachad Antonius est très proche du réseau ramadien Présence Musulmane, une organisation satellite liée à la nébuleuse des Frères musulmans, et dont le chapitre montréalais est financé, entre autres, par le ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles du Québec ainsi que par l’Institut du Nouveau Monde.

Pourquoi, au fond des choses, notre Antonius national a-t-il épousé l’islamogauchisme? Tout simplement parce que malgré une binette somme toute sympathique, notre sociologue n’est rien de moins qu’un über-gauchiste profondément et ouvertement anti-israélien, anti-américain ainsi qu’anti-occidental. Habité d’une nostalgie palpable pour le socialisme panarabe, une idéologie morte et enterrée, il rabat aujourd’hui ses aspirations collectivistes frustrées sur certaines mouvances islamistes et islamiques contemporaines, avec qui il partage des intérêts plus que convergents.

Dans l’édition septembre 2008 des Cahiers de recherche sociologique, une revue académique dirigée par Marcelo Otero, Rachad Antonius nous proposait un article intitulé « L’islam au Québec : les complexités d’un processus de racisation ». Le dialogue interculturel étant bien évidemment d’une importance cruciale et même cardinale, voilà donc l’analyse rapide dudit article :

Le méchant « Empire »

La notion d’« Empire » est au cœur de l’article antonien qui ici nous concerne. L’Empire? Eh oui! Vous l’avez deviné : les États-Unis d’Amérique ainsi que leurs vils alliés géopolitiques et idéologiques, dont bien sûr l’immonde gouvernement Harper, répétitivement décrié tout au long du texte. Porté par un « discours orientaliste », l’Empire serait bien évidemment sous-tendu par une logique « coloniale et néocoloniale ». Si la formidable culture islamique n’est pas à l’heure actuelle en train de terraformer la planète Mars, eh bien c’est à cause, vous l’aurez deviné, du méchant Empire, celui qui for the fun of it s’acharne sans cesse sur la pauvre petite Oumma.

Côté Afghanistan, une mission qui rappelons-le est sanctionnée par l’ONU, Antonius nous parle de « présence coloniale » et de « contrôle colonial », tandis que versant cèdre, il semble voir dans « le classement du Hezbollah libanais comme groupe terroriste » une injustice absolument insoutenable. Ils sont pourtant sôcial! Sôôôcial! La chaîne de télévision Al Jazeera, quant à elle, serait « diabolisée » ainsi qu’activement persécutée par le très ethnocentrique Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications du Canada (CRTC).

Le texte de Rachad Antonius est en dernière instance basé sur un a priori aussi flagrant qu’omniprésent : l’évidente désirabilité de détruire les États-Unis, l’Anglosphère et ses alliés géostratégiques. Ce désir, celui d’une révolte absolue et d’une lutte sans merci contre l’« Empire », forme la trame de fond de l’article. Le texte d’Antonius présuppose ainsi un lecteur bien précis, un lecteur pour qui la nécessité de lutter sur tous les fronts contre l’Empire est d’une évidence incontestable. Que les États-Unis soient une bête immonde, et que « la guerre contre la terreur » soit une calamité responsable de tous les maux terrestres, torticolis y compris, c’est pour le professeur une vérité si aveuglante qu’il n’est même pas nécessaire d’en discuter. En conséquence, pour être avec Antonius, haïr les États-Unis doit vous être un réflexe aussi naturel que celui de respirer. Pour être avec Antonius, vous devez ainsi ne faire qu’un avec la lie formée par tous ces petits ratés qui, de manière à donner sens à leur vie, n’ont rien trouvé de mieux que de s’acharner rhétoriquement sur les rares réussites collectives de l’ère contemporaine.

Rachad Antonius est un homme en guerre. Tout simplement. Sa vision de l’islam, du Québec et de l’interculturalisme, qu’il définit par ailleurs comme la « variante interculturelle du multiculturalisme », est entièrement formatée par l’objectif de lutter contre l’Empire, c’est-à-dire contre toutes les formes et regroupements politiques pouvant s’apparenter de plus ou moins loin à l’idéal d’un libéralisme classique armé. C’est en ce sens que, pour Antonius, l’islamisme est en bonne partie un phénomène positif, étant un « discours de libération » bénéfique et légitime autant qu’un « discours de régulation » plus ambigu. Se libérer? Eh oui! Se libérer du Prince de ce monde, c’est-à-dire du méchant Empire.

Le chemin de croix des musulmans

Notre ami Antonius dénonce d’emblée le fait que « les musulmans d’ici se sentent spécifiquement visés par la logique sécuritaire, responsable des certificats de sécurité, au Canada, et des "No-fly lists". Voilà donc un grand classique de la littérature contemporaine, mais qui n’en reste pas moins tout à fait étrange. Car en vérité, tout individu éclairé devrait pourtant facilement comprendre que si l’on cherche à lutter contre le terrorisme islamiste, il est bien évident que les musulmans vont inévitablement se sentir visés, du moins plus que les Inuits. Comment faire autrement? Rajouter aux No-fly lists, parité oblige, quelques noms de Suédoises de souche?

Si « les musulmans d’ici se sentent spécifiquement visés par la logique sécuritaire », eh bien c’est tout simplement parce qu’ils sont spécifiquement visés par la logique sécuritaire. Tadam! Qu’est-ce qu’on peut faire d’autre? Rien. Le seul moyen qu’on aurait, en Occident, d’être en sécurité sans que les musulmans soient visés par une logique sécuritaire, eh bien ça serait de les exfiltrer. Mathématiquement parlant, le musulman d’aujourd’hui est porteur d’un facteur de risque élevé, du moins comparativement. Et ce n’est pas de notre faute! Bien au contraire, c’est en dernière instance la faute de tous les gens qui, comme Rachad Antonius, expliquent sans cesse aux musulmans qu’ils doivent lutter contre le méchant « Empire » qui les persécute. Et au bout du compte, il semble que l’idée même qu’on doive se prémunir activement contre le terrorisme n’ait jamais un seul instant effleuré l’esprit d’Antonius. Protéger ses concitoyens du terrorisme, ça semble tout simplement n’être, pour lui, qu’une méchante tactique employée par le méchant Empire pour agresser vicieusement de gentils petits musulmans.

Mais Antonius continue. « Les communautés musulmanes sont en effet victimes de plusieurs sortes de discrimination, surtout au niveau de l’emploi. » Mais comme c’est triste ! Pauvres petits! Pauvres petites victimes! Mais bon. Essayons tout de même de comprendre. Si les gens d’origine juive sont statistiquement prospères, eh bien c’est à cause de leurs qualités intrinsèques. Si les Vietnamiens s’en sortent haut la main, eh bien c’est à cause de leurs aptitudes. Mais par contre, si les musulmans, eux, sont pauvres et chômeurs, eh bien ça serait parce que la méchante société québécoise les persécute? Ouais. C’est ça. Bravo. Quelle belle et profonde analyse…

Qu’ils se partent des business merde! Quand on dit qu’une économie a besoin de monde, ce n’est pas qu’elle manque d’aspirants sous-ministres ou encore de doctorantes en communication marketing. C’est tout simplement qu’elle a besoin de gens entreprenants capables de créer, par eux-mêmes, des choses à partir de rien. Alors chers Oummiens : ouvrez les yeux et faites quelque chose! Regardez le ghetto civilisationnel duquel vous provenez, et dites-vous bien que vous êtes, pour une bonne part, le produit de ce ghetto, un ghetto que vous portez aussi en vous. Deal with it. On ne va quand même pas se mettre à composer des poèmes glorifiant vos lieux d’aisances juste pour que vous vous sentiez enfin bien dans votre peau.

Vive les tribunaux de la charia!

Dans son article, Rachad Antonius cite et paraphrase abondamment, tout en soulignant « la pertinence et la résonance de ses analyses », une certaine Sherene Razack, professeure à l’Université de Toronto, une dame qui a milité très activement pour l’implantation des tribunaux de la charia en Ontario, et qui semble entretenir une haine formidable pour l’homme blanc, un phénomène qui ne s’explique probablement que par un désir sexuel refoulé de type lacanien. Elle s’était même, parait-il, fortement opposée aux « campagnes contre les mariages forcés en Norvège ». Mais bon. Lisons donc Antonius lui-même, qui paraphrase ici Razack et son analyse, une analyse qu’il juge par ailleurs « très éclairante » : « Cela la conduit à faire une critique sévère des groupes qui, de l’intérieur des communautés musulmanes, s’élèvent contre l’arbitrage religieux. » « Elle en conclut que refuser l’arbitrage religieux, c’est supposer que le système laïque peut défendre ces femmes, alors qu’elle estime qu’en réalité ce système est profondément raciste et qu’il ne peut défendre le droit des minorités. »

Soulignons tout de même, par souci d’objectivité, qu’Antonius finit par complexifier quelque peu la vision qu’a Sherene Razack d’une laïcité occidentalocentriste intrinsèquement raciste. En effet, il argumente qu’il serait peut-être possible d’éventuellement instaurer une laïcité intégrale qui, enfin, serait authentiquement non-discriminatoire. En d’autres termes : adapter la laïcité à ce qu’exigent les traditions islamiques, incluant la charia ou du moins certains aspects de celle-ci. Cette laïcité intégrale vraiment vraiment laïque, un projet, ne caractériserait pas encore le Québec actuel, qui n’aurait « pas tout à fait achevé sa transformation vers une société laïque ».

Une laïcité très très très laïque

Voilà donc ce que Rachad Antonius espère, voilà donc ce pour quoi il milite. Il y a par contre, bien évidemment, anguille sous roche. Car comment ne pas admettre, en dernière instance, que l’idéal laïque est, au fond des choses, intégralement sous-tendu par des valeurs aux racines on ne peut plus chrétiennes? Comment ne pas admettre, par exemple, que les droits de l’homme ne sont rien d’autre que des valeurs chrétiennes dénarrativisées et systématisées, qu’un genre de Christian Values for Dummies en point form? Si les mots ont encore un sens, l’idéal laïque d’Antonius ne peut tout simplement pas être réellement « laïque ». Au bout du compte, la laïcité intégrale-impossible de Rachad Antonius ne semble être qu’un moyen tactique et rhétorique employé pour soutenir l’institutionnalisation des valeurs islamiques, implanter les exigences de l’islam dans le code source qui charpente la société québécoise, et maintenir les psychées québécoises dans une orientation géopolitique compatible à ce qu’il juge être les intérêts stratégiques de la Oumma. Au final, la « laïcité » d’Antonius, ce n’est définitivement pas celle que la plupart des gens ont en tête. C’est tout simplement autre chose. Mais après tout, qu’est-ce qu’un simple mot? Les significations, on le sait, sont flottantes. Ceci n’est pas une pipe.

Tout au long de son article, alors qu’il se démène dans l’eau bénite pour unir islamistes radicaux, islamogauchistes new wave, musulmans modérés et moyen-orientaux gauchistes sous une hybride bannière faite de victimisation et de lutte anti-impériale, Antonius s’active à expulser violemment du bloc politique qu’il façonne les Occidentaux libéraux d’origine musulmane. Il s’attaque ainsi très agressivement à Irshad Manji, une écrivaine et journaliste canadienne pourtant improbablement courageuse, désignée comme étant « le pire cauchemar d’Ossama Ben Laden » par le New York Times.

Lyncher les musulmans libéraux

Selon Antonius : « La formidable publicité qu’a reçue un livre insignifiant, mal informé et malveillant envers les musulmans, “Musulmane mais libre” de Irshad Manji, et l’accueil réservé à son auteur – une héroïne de la liberté – dans les diverses chaînes de télévision au Québec en est un exemple. Manji prétend faire une critique interne de l’idéologie islamiste, mais tombe dans les préjugés et les stéréotypes les plus grossiers, lisant par exemple la lutte des Palestiniens en termes religieux. » Avec Rachad Antonius, en effet, les authentiques héroïnes de la liberté deviennent des traîtresses à la solde de l’Empire et du colonialisme, tandis que les analyses lucides et directes deviennent préjugés et stéréotypes grossiers. De même, pour Antonius, un nostalgique de Georges Habache et du gauchisme révolutionnaire arabo-athée, analyser les conflits en Terre sainte avec une grille religieuse serait ridicule. Que dire… Eh bien tout simplement que côté « Palestiniens », la donne religieuse est aujourd’hui définitivement centrale. L’idéologie ayant par exemple fondé l’OLP, un mouvement porté par des gens corrompus ayant souffert et souffrant toujours d’un évident déficit culturel, éthique et moral, a historiquement échoué. L’avant-garde idéologique, c’est dorénavant le fondamentalisme religieux. Et ça, tout le monde le sait. Tout le monde.

La vérité des choses, c’est qu’Antonius ne semble pas aimer que la réalité vienne brouiller les mirages dont il recouvre les miasmes qu’il chérit si tendrement. Antonius est égaré. Il voudrait être jeune encore une fois, plongé à nouveau au cœur des années 70, imbibé de rêves et d’espoirs naïfs. Mais la réalité, malheureusement pour lui, est aujourd’hui tout à fait autre. Désespéré, il s’attache donc à tout ce qui pourrait s’approcher quelque peu de ses aspirations d’autrefois, travestissant la réalité contemporaine tout en s’acharnant impitoyablement sur les musulmans qui, bravement, ont osé choisir l’Occident libéral, c’est-à-dire l’Empire.

Relativisme

Je suis, moi, Jean-Jacques Tremblay, un authentique relativiste. C’est d’ailleurs ce qui me donne ma bonne conscience de taureau. Eh oui! Le jour de ma naissance, mon père m’a rapidement tout expliqué : « Mon fils! Sache que rien n’a d’importance! Épouse une femme basanée vive d’esprit aux yeux verts, dotée d’un corps sportif ayant conservé de bonnes formes là où ça compte, ou alors épouse une obèse morbide souffrant d’anxiété chronique. C’est pareil! C’est différent, mais c’est pareil! Des humains, voilà tout! De la flesh! Tout se vaut fiston, tout se vaut. Les perceptions sont trompeuses. Et anyway, who gives a fuck about anything? »

Tout se vaut et tout est beau. Oui. Tout se vaut et tout est bien beau. Une culture marchait sur la Lune pendant qu’une autre tricotait des paréos? Pfffff… Mais elles sont toutes deux formidables ces cultures! Quoique la première est probablement atteinte d’une grave forme de matérialisme…

En deçà du Bien et du Mal

Mais pour en revenir à notre cas, Rachad Antonius est-il, lui, relativiste? Pas vraiment. Il utilise, certes, un jargon relativiste. Mais en dernière instance, il finit par hiérarchiser à peu près tout, classant les pensées, les mouvances et les individus selon le degré de nuisance qu’ils représentent pour l’Empire. Antonius, au final, ne fait que rebaptiser Axe du Bien l’Axe du Mal, le tout en essayant de réorganiser un peu la patente. Ça promet de nuire à l’Empire? Eh bien c’est bien. Ça aide l’Empire? Eh bien c’est mal. Tout tout tout, chez Rachad Antonius, est jugé et valorisé selon son potentiel et son positionnement dans un conflit planétaire jugé absolument évident.

Si notre sociologue national critique la mouvance salafiste, c’est pour des raisons de stratégie, et c’est aussi parce que notre homme semble plutôt s’identifier aux intérêts et à l’approche des Frères musulmans, plus adaptée à la pénétration et au retournement des social-démocraties qu’un salafisme fonctionnant, dans ces cas-là, par la menace et le chantage. Ce qui intéresse Antonius, ce n’est pas, même s’il ne semble jamais s’opposer à celle-ci, la guerre physique directe contre l’Empire telle que certains la pratiquent à coups de bombinettes, mais plutôt la pénétration et la transsubstantiation du côté mou et vénusien de l’Occident, c’est-à-dire des régimes étatistes et sociaux-démocrates occidentaux, qu’il regroupe sous le concept de « République », un concept à distinguer de celui d’« Empire ». Le Québec étant classé dans la catégorie « République », une catégorie théoriquement opposable à l’Empire, Antonius nous destine donc à un traitement à l’européenne, à la française. L’Islam d’Europe de Tariq Ramadan.

Ce qu’Antonius dit aux musulmans du Québec, c’est que contrairement à, par exemple, l’Alberta, où la tactique soft serait probablement de s’isoler et de pondre, le Québec, lui, mérite un traitement distinct, adapté à son bureaucratisme laïque et à son jacobinisme larvé. Ce qu’il dit, c’est qu’il ne faut pas traiter le Québec comme une région de l’Empire, mais bien comme une République potentiellement opposable à ce même Empire. Le Québec ne doit donc pas être agressé trop vivement par les islamistes, et les islamistes ne doivent pas trop résister aux demandes majoritaires qui leur paraissent momentanément insupportables. Plutôt, les islamistes et leurs alliés doivent transformer le Québec, c’est-à-dire faire muter son infrastructure culturelle et politique de même que ses pratiques institutionnelles. Contre l’Empire, c’est la guerre, mais contre le Québec, c’est l’approche Tariq Ramadan, celle de l’islam européen version continentale. En d’autres termes : de l’entrisme, du médiatique, des voiles roses, des gémissements poignants, du judiciaire, du jargon alter-citoyen et de la réforme institutionnelle permanente.

Et qu’est-ce que Rachad Antonius redoute plus que tout? « La convergence de la logique de l’Empire et de celle de la République. » Les régimes sociaux étatistes, ces grands producteurs de caniches, doivent absolument être gardés loin de l’Empire, et même, si possible, opposés à lui. De là la gauche et le centre gauche. Islamogauchisme. La guerre? Pas gentil pas gentil. L’Autre? Gentil gentil. Des droits sociaux? Oui oui! De la discrimination positive? Tout plein tout plein. De la solidarité? Yiipii! Des taxes? Wahoo! Des centres islamiques subventionnés? Wow! Des tribunaux anti-méchancetés? Bingo! Le Québec, selon Rachad, est à prendre comme une femme, c’est-à-dire avec un gant de velours et en faisant fi de ses défauts. Et il n’a probablement pas tort…

L’Axe Rachad Antonius

Antonius tente d’unir deux camps, celui des intégristes vieille école et celui des intégristes nouvelle école, entre qui s’imposerait « une exigence critique solidaire ». En d’autres termes, les très barbus doivent comprendre que les moins barbus sont dans le même camp qu’eux, qu’ils participent à la même guerre qu’eux, mais qu’ils s’attaquent actuellement à une proie différente, la République sociale-démocrate, une bête qui demande des méthodes plus subtiles, des déguisements nouveaux ainsi qu’une attitude qui, pour des raisons tactiques, frôle parfois, en apparence seulement, l’hérésie. Antonius, ce qu’il souhaite, c’est de réconcilier les différentes tendances de l’islamisme et de ses sympathisants, et ce, en faisant comprendre aux Oummiens et à leurs dhimmis d’extrême-gauche que pour gagner, il nous faut différents islamismes, tous solidaires du même combat, mais dont certains paraîtront réciproquement contradictoires malgré une communauté d’intérêts évidente. Antonius, ce qu’il fait, c’est d’expliquer à chacun des fronts islamistes/islamiques qu’il ne faut pas, absolument pas, s’attaquer aux autres fronts. L’islamisme doit apprendre à s’aimer dans toutes ses différences. L’islamiste barbu ne doit pas, vraiment pas, s’attaquer à l’islamogauchiste, au gauchiste pseudo-laïcard d’origine musulmane ou même, tant qu’elle sera utile, à la voisine proto-aouniste. Là repose la possibilité d’une victoire finale. Unité! Unité! Antonius, ce qu’il fait, c’est de la consolidation. Antonius, ce qu’il veut, c’est un front populaire d’essence islamique. Pour crucifier l’Ennemi, il faut avant tout que les cloueurs puissent se respecter mutuellement.

Merci Antonius!

Rachad Antonius, qui n’a pas que des défauts, nous transmet tout de même une vérité très importante. Il soutient en effet, parlant des pays musulmans, que « l’idéologie islamiste » est « plutôt dominante dans les sociétés civiles de ces mêmes pays. » Tadam! L’islamisme un phénomène marginal? Eh bien il semblerait que non! Ça, on le savait, mais c’est tout de même bien plaisant de l’entendre de sa bouche. De même, Antonius souligne que « l’influence croissante du "renouveau islamique" est palpable parmi les immigrants arrivés récemment, de même que parmi ceux qui sont là depuis plus longtemps. » Croissante? Palpable? Parmi ceux qui sont là depuis longtemps? Intéressant. Intéressant. Vous voyez? Même Rachad Antonius est récupérable.

Mais bon. J’aime quand même bien la petite prose académico-châtrée d’Antonius, et ce, malgré son ton pas du tout impérial. Et je dirais même qu’au bout du compte, je l’aime bien tout court ce sapré Antonius! En fait, je pense qu’on pourrait aller jusqu’à dire que je le tolère. Mais comme l’avait souligné un moraliste colombien éminemment sympathique : « Tolérer ne doit pas consister à oublier que ce que l’on tolère ne mérite que de la tolérance ». Alors bon. Laissons donc, pour finir, la parole à Rachad Antonius lui-même : « Les ennemis de l’Empire sont non seulement mauvais, mais vouloir leur parler est une faute grave qu’aucun politicien ne peut commettre. » Ah ça c’est bien vrai mon bon Antonius…

J.-J. T.
jeanjacquestremblay@gmail.com

Voir aussi:

Intégration des musulmans dans la Belle Province, par Jean-Jacques Tremblay

La production en masse des victimes, par Jean-Jacques Tremblay

Rapport Bouchard-Taylor : fabriquer l’Homme Nouveau par la dictature de l’harmonie

Libéralisme nord-américain plutôt qu’étatisme républicain, par Jean-Jacques Tremblay

Le mémoire de "Présence musulmane" vise l’imposition du programme islamiste, par Helios d'Alexandrie

Québec - Yasmine Alloul : "Les Maghrébins refusent de travailler au Québec. Ils ne sont pas victimes de racisme"


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Commentaires

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13 commentaires

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Laudance

1 Décembre 2008
00:04

Disséquons Rachad Antonius, par Jean-Jacques Tremblay

Au lieu de m'attarder sur les postures et impostures de ce Rachad, car ses élucubrations n'intéressent que les gauchistes et la clique Bouchard-Taylor, je vais revenir brièvement sur les attentats de Mumbai. En effet, je viens de lire que le quotidien Paskistan Daily les attribue... au Mossad.

Bon sang (c'est le cas de le dire), mais c'est bien sûr ! Comment n'y avais-je pas songé plus tôt, au lieu d'envisager bêtement qu'ils auraient pu être commis par de gentils islamistes, représentants pacifiques de la religion d'amour et de paix ?

Je suis impardonnable. Alors, pour quand même me faire pardonner, je vais pousser le bouchon un peu plus loin. En effet, pour mener une action d'une telle ampleur, le Mossad n'a pu agir seul. Il a donc bénéficié d'un soutien américain derrière lequel je vois la main du diable, c'est-à-dire de George W. Bush qui voulait ainsi fêter son prochain départ. A moins qu'Obama ne soit pas si différent de celui-ci et ait anticipé son arrivée.

Bien sûr, vous ne me croyez pas, encore que, parmi les intervenants sur ce blog, j'ai repéré quelques esprits futés, bien avancés dans le déni de la réalité, qui ne demandent que ça, c'est-à-dire soutenir un tel délire. Enfin, passons puisqu'il faut bien qu'ils se mettent au diapason de leurs maîtres à penser. Ce qui est certain, en tout cas, c'est qu'ailleurs (suivez mon regard) ma version fera fureur.

Mais je vous signale tout de suite mon erreur : celle d'avoir écrit "fera", un futur, alors que le présent s'impose. Que dis-je ? Même le passé serait mieux approprié. En effet, selon d'autres sources, le massacre provoqué à Mumbai a déjà suscité, sous d'autres cieux et peut-être sous le ciel de certaines banlieues françaises, maintes réactions malsaines illustrées par des manifestations de joie même pas dissimulées.

Toutefois, ne comptez pas sur les médias européens et canadiens pour s'appesantir sur de telles informations et ce, pour votre plus grand bien, car il vaut mieux que les citoyens ne sachent rien de ces comportements indécents et qui en disent long sur certaines convictions. Songez donc : des nouvelles comme celles-là pourraient donner une mauvaise image des "chances pour la France et aussi pour le Québec" et, à l'exception des dhimmis, heurter l'opinion des Français et Québécois qui veulent rester en démocratie.

Oui, pensez-y, réfléchissez aux torts que vos haut-le-coeur pourraient engendrer au sein de la nouvelle société dont rêvent vos élites. Vous pourriez vous et leur poser des questions embarrassantes concernant leur politique d'immigration. Moi, j'en frémis déjà, car c'est là, dans vos interrogations et votre opposition à cette invasion, que se situe l'horreur. Pas dans les attentats commis dans la fureur par les fous d'Allah qui sèment partout la terreur. Mais puisque les Bouchard, Taylor et compagnie vous le disent, n'ayez surtout pas peur !


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Helios d'Alexandrie

1 Décembre 2008
01:24

Disséquons Rachad Antonius, par Jean-Jacques Tremblay

Rachad Antonius est en quelque sorte un disciple d'Edward Saïd, du moins il semble avoir adopté une démarche similaire. Le phénomène mérite d'être expliqué, comment un chrétien d'Égypte appartenant à une minorité religieuse persécutée depuis quatorze siècles peut-il prendre parti pour ses persécuteurs au point de les aider à conquérir sa patrie d'adoption?

Les chrétiens d'Égypte ont été à l'avant-garde du nationalisme égyptien tout au long du vingtième siècle. L'Égypte, ayant coupé les amarres avec le califat Istanbul, s'est retrouvée subitement sous protectorat britannique, les chrétiens d'Égypte ont alors saisi cette chance unique d'améliorer leur statut en devenant les égaux des musulmans. Le soulèvement de 1919 dirigé par Saad Zaghloul a été massivement soutenu par les chrétiens, c'est là que l'on vit les imams et les prêtres coptes s'adresser ensemble à la foule des manifestants pour dénoncer l'occupation, c'est aussi durant cette période que les slogans unificateurs étaient lancés tels que celui-ci: "la religion est pour Dieu et la patrie est pour tous" . Ce rêve d'égalité semblait devoir se réaliser à travers la neutralité de l'état (neutralité et non laïcité) à l'égard des citoyens de toutes les religions.

Mais ce rêve d'égalité n'avait aucune chance de se réaliser dans un contexte islamique, les chrétiens ne pouvaient de toute évidence s'élever bien haut au-dessus de la dhimmitude laquelle est imposée par la charia. Leur statut, fort correct sous l'ancien régime, s'est rapidement dégradé après le coup d'état qui mis Nasser et les militaires au pouvoir en 1952. Ces derniers affichaient un nationalisme ombrageux et un attachement sans équivoque à l'islam. Ceux parmi les coptes qui continuaient à croire à l'égalité avec les musulmans se sont dépêchés de faire allégeance aux nouveaux maîtres du pays, ils savaient que leur attachement au christianisme les rendaient suspects, après tout les britanniques sont aussi chrétiens et leur passage en Égypte a permis aux chrétiens d'améliorer leur statut.

C'est alors que certains chrétiens, très minoritaires par ailleurs, se sont fait un point d'honneur de donner aux musulmans des preuves incontestables de leur loyalisme, croyant à tort que cela leur permettra d'accéder à l'égalité. C'est cette quête impossible de l'égalité qui a mené ces mêmes chrétiens à épouser entièrement le point de vue musulman. S'ils ne sont pas acceptés comme égaux, c'est qu'ils n'en font pas assez, ne voulant pas admettre que leur statut d'inférieur n'a rien à voir avec ce qu'ils font ou ont pu faire.

Ces chrétiens en sont venus à se renier eux-mêmes. Réalisant à quel point le succès de l'Occident chrétien enrageait les musulmans, ils se sont mis à haïr ouvertement l'Occident et à sa tête les États Unis d'Amérique. S'ils haïssent aussi fort que les musulmans, ces derniers sauront peut-être se montrer reconnaissants envers ceux qui, à tout le moins, savent se montrer égaux dans la haine même s'ils ne peuvent accéder, charia oblige, à l'égalité de fait.

En dernière analyse, Rachad Antonius, traînant un énorme complexe d'infériorité, a réussi à porter à un niveau élevé le statut peu enviable d'idiot utile. Fort heureusement la majorité des chrétiens d'Égypte, persécutés et humiliés sans répit, ne se font pas d'illusions ni sur le présent ni sur l'avenir, pour eux l'ennemi ce n'est pas l'Occident où l'on accède à l'égalité sans se donner la peine de le demander, l'ennemi c'est et ce sera toujours l'islam.

Helios d'Alexandrie


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Annie Lessard

1 Décembre 2008
06:49

Disséquons Rachad Antonius, par Jean-Jacques Tremblay

...comment un chrétien d’Égypte appartenant à une minorité religieuse persécutée depuis quatorze siècles peut-il prendre parti pour ses persécuteurs au point de les aider à conquérir sa patrie d’adoption ?

Peut-être que Rachad Antonius souffre du syndrome de Stockholm.

Il a même intégré la culture suprématiste de ses persécuteurs. Chaque fois qu'un journaliste lui tend un micro, il s'empresse de dénigrer les Québécois. Sa Grandeur Antonius traite abusivement de «raciste» tous les infidèles qui ne partagent pas sa vision du monde. Il aurait avantage à se regarder dans le miroir avant de traiter quiconque de raciste...


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Marc Lebuis

1 Décembre 2008
07:17

Disséquons Rachad Antonius, par Jean-Jacques Tremblay

Bonjour Hélios,

Pour mieux saisir votre point, nos lecteurs pourront aussi accéder aux deux articles centrés sur l'impact d'Edward Said. Ils ont été rajoutés au bas de l'article de Jean-Jacques Tremblay (et ici).

Ibn Warraq défend l’Occident, critique Edward Saïd et l’islam

Edward Saïd et le génocide littéraire de l’orientalisme

Marc

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1 Décembre 2008
08:42

Disséquons Rachad Antonius, par Jean-Jacques Tremblay

La sociologie à la Antonius, ce n'est pas de la science. C'est de la propagande.


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Annie Lessard

1 Décembre 2008
09:00

Disséquons Rachad Antonius, par Jean-Jacques Tremblay

Dans le fond, il serait peut-être mieux de monter en chaire. Je veux dire, occuper une chaire à la faculté des sciences religieuses, dotée par l’Arabie saoudite. Il pourrait lancer des fatwas contre les hérétiques et les menacer des tourments de l'enfer, au lieu de les traiter de racistes. Ça correspondrait mieux à sa vision du monde que sa pseudo sociologie. Et les choses seraient plus claires comme ça pour tous.

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Pierre C.

1 Décembre 2008
09:23

Disséquons Rachad Antonius, par Jean-Jacques Tremblay

Rachad Antonius, un autre de ce que Lénine appelerait un "idiot utile".

Faut toujours qu'il y en ait qui se cherche à défendre les crimes quotidiens de l'Islam, sous prétexte que l'Occident kafir ne serait pas parfait...

C'est parfois amusant de voir l'islamo-fascisme aller main dans la main avec notre gauche à gogo...

Pierre C.


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3 Décembre 2008
20:26

Khayra

3 Décembre 2008
06:34

Rachad Antonus

Disséquons Rachad Antonius, par Jean-Jacques Tremblay

Avec ce que je lis, il me vient de nous poser une question :

Sommes-nous sûrs que Monsieur Rachad Antonius n'est pas une infiltration au service de

la cause qui nous préoccupe ??

Il faut s'attendre à cette dite infiltration (mine de rien !) avec le fait que de nombreux ''intelligents'' sortiront bientôt de nos universités; Alors nos fiers adeptes nationaux du superbe multiculturalise leur présenteront une tribune de toute beauté ! Dans quelques décennies ceux-là même s'en mordront les doigts !

Parole d'un souffrant visionnaire !

Khayra



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Fadi

3 Décembre 2008
17:39

Disséquons Rachad Antonius, par Jean-Jacques Tremblay

N'oublions pas que le panarabisme est, justement , et surtout, une invention de chrétiens d'Orient d'élite(je ne parle pas des chrétiens d'Orient plus nombreux et modestes, plus lucide quoique "d'en bas" qui survivent de leur mieux et envoient, après les plus grands sacrifices, leur enfants refaire une vie en Occident), des chrétiens qui se voulurent soudainement plus royalistes que le roi ou le sultan musulman.

C'est tout un conditionnement et une culture issue de ce Syndrome de Stockholm à grande échelle comme la dhimmitude en à le secret qui produit des Antonius ou des Saïd ou au niveau politique des Michel Aflak(co-fodateur socialiste du parti Baath syrien)sans oublier jusque dans la terreur armée un Georges Habache en passant.


Heureusement il y a aussi de Moussali, des Zakaria, des Boulad qui ont un autre son de cloche à donner.

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4 Décembre 2008
03:25

Disséquons Rachad Antonius, par Jean-Jacques Tremblay

Ça fait beaucoup de monde dans la caravane Bouchard-Taylor qui sont des promoteurs de la charial. Charles Taylor, Daniel Weinstock, Rachad Antonius... qui d'autres?


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Rosalie

4 Décembre 2008
10:11

Disséquons Rachad Antonius, par Jean-Jacques Tremblay

Si je comprends bien, notre sociologue national veut remplacer un Empire par un autre... le califat mondial.


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Eva Maria

5 Décembre 2008
09:08

Disséquons Rachad Antonius, par Jean-Jacques Tremblay

Ne pas oublié que des pays comme l'Egypte des élites, au temps de Nasser, était pro-soviétique...
Etant donné la chute communisme/socialisme, les ex., dont le pays s'est tourné vers les USA, l'on remplacé par l'islamisme-politique sauf la Russie de Poutine... Antonius est un bel exemple qui s'appuie sur des idéologies extrémistes pour promouvoir sa lutte anti-américaine.


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