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Féminisme occidental et islam
9 Octobre 2007 par Point de BasculeMots clés: féminisme, relativisme, égalité, patriarats
Il y a plusieurs déclinaisons du féminisme en Occident. On retrouve deux clans chez les féministes occidentales quand vient le temps de parler de féminisme et d’islam. Il y a celles qui soutiennent que la rhétorique féministe occidentale, qui a déconstruit les grands mythes du patriarcat chrétien, s'applique aussi bien au patriarcat musulman. Les similitudes entre les deux patriarcats justifieraient une analyse et des actions similaires. D’un autre côté, il y a celles qui rejettent toute intervention du féminisme occidental dans les affaires des femmes musulmanes. Leur logique est qu’il faut éviter de tomber dans une forme de néo-colonialisme féministe. Donc d’un côté, un féminisme qui s’arrime à une vision du monde dans lequel il existe certaines valeurs universelles et de l’autre un féminisme tenant du relativisme culturel.
Quand des femmes d’ailleurs viennent s’établir en Occident, le féminisme est mise à dure épreuve et les factions s’opposent. Peut-on agréé à des demandes d’accommodements raisonnables jugées sexistes selon les valeurs occidentales, sous prétexte que ce serait agir de manière colonialiste, voire raciste? Il semble que pour certaines, ce soit préférable.Nous vous proposons de découvrir ces positions divergentes par le biais d’entrevues avec deux féministes de chaque camp. À vous de juger. Dans le camp pro valeurs universelles:Marie-Andrée Bertrand
Dans le camp contre un colonialisme féministe :
Christine Delpy
[Académique, universités, Accommodements, Autres, Immigration / Démographie, Médias et perceptions, Québec]
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Commentaires
Féminisme occidental et islam
Je suis en tous points proche de la position de Mme Bertrand...et je demeure sans conviction de la position de Mme Delpy, l'une nordaméricaine et l'autre européenne. Pourtant, la France observe avec grande attention l'approche québécoise en matière d'immigration...allez savoir pourquoi? Et d'un autre côté, les Québécois regardent ce qui se passe en Europe et ils se disent non merci.
Le port de la burqa en Afghanistan est une chose...porter la burqa dans les rues de Montréal en est une autre. Je crois que celles qui s'obstinent à porter la burqa ou le nikab au Québec prônent d'avantage l'intégrisme religieux que le reflet de l'insécurité et des conditions misérables de sous-développement.
Il faut contextualiser. L'Afghanistan vit encore à l'époque tribale et féodale sous les Seigneurs de guerre, la polygamie est la norme, la femme y est encore une valeur marchande...ce n'est pas seulement une affaire de religion, mais aussi socioculturelle. L'Inde a abolit le système de castes et pourtant, les traditions ont la vie longue et la loi reste clémente. L'excision est abolie en Égypte et pourtant, des adolescentes y meurent encore à la suite de cette charcuterie barbare. Va-t-on accommoder une clinique d'excision sous anesthésie, sous prétexte que des mentalités mettent du temps à changer?Va-t-on changer les lois pour accommoder des croyances, des cultures, des traditions phallocrates souvent dégradantes, sexistes et misogynes qui résistent au changement?
Le tribunal pénal international a mis un temps fou pour reconnaître le viol collectif comme étant un crime contre l'humanité.Pourquoi prendre la voie des circonstances atténuantes au nom du religieux, des coutumes ethniques...etc...?
L'excision est un crime contre l'intégrité physique, psychologique et morale et un crime contre l'humanité.Le mariage forcé est un crime contre le droit à l'égalité des genres.
L'obligation du voile islamique chez les mineurs est un viol contre le droit de l'enfance.Désolée Mme Delpy...le retroussement féministe de manches que vous préconisez me laisse perplexe et ouvre la porte à toutes sortes d'interprétations...
Mme Bertrand est criminologue et Mme Delpy sociologue, deux visions émanant de deux institutions du savoir, deux cultures devant la complexité humaine de la raison et de la superstition.Féminisme occidental et islam
Je suis pour le féminisnme dit universel et non pas celui qui se décline en fonction des races d'après Mme Delphy dont la logique m'échappe. Elle recommande aux femmes de "se retrousser les manches". Avec un tel raisonnement fondé sur le relativisme, Mme Delphy risque fort de devoir porter la burka, contrainte et forcée dès que la population musulmane sera devenue majoritaire. Je ne doute pas qu'elle porterait aisément la burka si elle devait se rendre en Afghanistan ou le nikab si elle allait en Arabie saoudite. Et elle nous demande de retrousser nos manches alors qu'elle n'est même pas capable de dire non à une oppression bien plus cruelle que celle subies par les occidentales contraintes à suivre les diktats de la mode des magazines féminins. Que les femmes occidentales soient encore volontairement complices d'une certaine oppression de l'obligation d'être belle est indéniable. Les talons hauts seraient donc la poutre dans notre oeil occidental, le nikab, ou le foulard islamique seraient la paille. Tant que les femmes occidentales ne seront pas capables de se passer du besoin de plaire elles ne pourront prétendre critiquer le port de l'accoutrement islamique, finalement bien plus sain et vertueux puisqu'il est destiné à présenter les femmes dans l'espace public en cachant leurs appas. Mme Delphy raisonne comme une intégriste féministe : cela aboutit toujours à l'extrémisme et à ses dangereuses dérives.
Mais pour cacher son jeu, elle ne se contente pas de dénoncer les occidentales comme des écervelées pour les renvoyer dos à dos avec les musulmanes subissant l'intégrisme, cerise sur le gateau, elle y joint la condamnation suprême : elles seraient racistes parce qu'elles verraient dans le port de la burka une "camisole de force", alors qu'elle n'est que l'antidote à cette dépendance des femmes au regard des hommes. Femmes encore un petit effort et vous serez libres sous la burka : voilà votre manière de vous retrousser les manches, mais attention sous la burka et ne découvrez pas une portion de peau par coquetterie, le diable, l'ennemi de votre liberté.

Kasteli
25 Décembre 200712:32