Vendredi 30 Juillet 2010 | Dernière mise à jour: 29 Juillet 2010

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Un nouveau leadership à Washington

Discours d'investiture de Obama

20 Janvier 2009 par Annie Lessard, Marc Lebuis

Mots clés:

Monsieur le Président, nous prions pour le succès de votre administration.

***

Version avec traduction. Le texte du discours (en français) est affiché plus bas.

Version anglaise. Le texte du discours est affiché au bas de la page

Partie 1:

Partie 2:

***

Discours d'investiture de Obama, Washington, le 20 janvier 2009 (traduction AFP). L'original anglais suit:

Chers compatriotes,

Je suis ici devant vous aujourd'hui empli d'un sentiment d'humilité face à la tâche qui nous attend, reconnaissant pour la confiance que vous m'avez témoignée et conscient des sacrifices consentis par nos ancêtres.

Je remercie le président Bush pour ses services rendus à la nation ainsi que pour la générosité et la coopération dont il a fait preuve tout au long de cette passation de pouvoirs.

Quarante-quatre Américains ont maintenant prêté le serment présidentiel. Ils l'ont fait alors que gonflait la houle de la prospérité sur les eaux calmes de la paix. Mais il arrive de temps à autre que ce serment soit prononcé alors que s'accumulent les nuages et que gronde la tempête.

Dans ces moments, l'Amérique a gardé le cap, non seulement en raison de l'habileté ou de la vision de ses dirigeants, mais aussi parce que Nous le Peuple, sommes demeurés fidèles aux idéaux de nos ancêtres et à notre constitution.

Ainsi en a-t-il toujours été. Ainsi doit-il en être pour la présente génération d'Américains.

Nul n'ignore que nous sommes au beau milieu d'une crise. Notre nation est en guerre contre un vaste réseau de violence et de haine. Notre économie est gravement affaiblie, conséquence de la cupidité et de l'irresponsabilité de certains, mais aussi de notre échec collectif à faire des choix difficiles et à préparer la nation à une nouvelle ère. Des gens ont perdu leur maison ou leur emploi, des entreprises ont dû fermer leurs portes. Notre système de santé coûte trop cher. Nos écoles laissent tomber trop d'enfants et chaque jour apporte de nouvelles preuves que la façon dont nous utilisons l'énergie renforce nos adversaires et menace notre planète.

Ce sont les signes de la crise en termes statistiques. Mais, si elle n'est pas aussi tangible, la perte de confiance dans tout le pays n'en est pas moins profonde, nourrie de la crainte tenace que le déclin de l'Amérique soit inévitable et que la prochaine génération doive diminuer ses ambitions.

Je vous dis aujourd'hui que les défis auxquels nous faisons face sont réels. Ils sont importants et nombreux. Nous ne pourrons les relever facilement ni rapidement. Mais, sache le, Amérique, nous le relèverons.

En ce jour, nous sommes réunis car nous avons préféré l'espoir à la peur, la volonté d'agir en commun au conflit et à la discorde.

En ce jour nous proclamons la fin des doléances mesquines et des fausses promesses, des récriminations et des dogmes éculés qui ont pendant trop longtemps étouffé notre vie politique.

Nous demeurons une jeune nation. Mais pour reprendre les mots de la Bible, le temps est venu de se défaire des enfantillages. Le temps est venu de réaffirmer la force de notre caractère, de choisir la meilleure part de notre histoire, de porter ce précieux don, cette noble idée transmise de génération en génération: la promesse de Dieu que nous sommes tous égaux, tous libres et que nous méritons tous la chance de prétendre à une pleine mesure de bonheur.

Nous réaffirmons la grandeur de notre nation en sachant que la grandeur n'est jamais donnée mais se mérite. Dans notre périple nous n'avons jamais emprunté de raccourcis et ne nous sommes jamais contentés de peu. Cela n'a jamais été un parcours pour les craintifs, ceux qui préfèrent les loisirs au travail ou ne recherchent que la richesse ou la célébrité.

Au contraire, ce sont plutôt ceux qui ont pris des risques, qui ont agi et réalisé des choses - certains connus, mais le plus souvent des hommes et des femmes anonymes - qui nous ont permis de gravir le long et rude chemin vers la prospérité et la liberté.

Pour nous, ils ont rassemblé leurs maigres possessions et traversé des océans en quête d'une vie nouvelle.

Pour nous, ils ont trimé dans des ateliers de misère et colonisé l'Ouest. Ils ont connu la morsure du fouet et la dureté du labeur de la terre.

Pour nous, ils se sont battus et sont morts dans des lieux comme Concord et Gettysburg, en Normandie ou à Khe-Sanh (Vietnam, ndlr).

À maintes reprises ces hommes et ces femmes se sont battus, se sont sacrifiés, ont travaillé à s'en user les mains afin que nous puissions mener une vie meilleure. Ils voyaient en l'Amérique quelque chose de plus grand que la somme de leurs ambitions personnelles, que toutes les différences dues à la naissance, la richesse ou l'appartenance à une faction.

C'est la voie que nous poursuivons aujourd'hui. Nous demeurons la nation la plus prospère, la plus puissante de la Terre. Nos travailleurs ne sont pas moins productifs qu'au début de la crise. Nos esprits ne sont pas moins inventifs, nos biens et services pas moins demandés que la semaine dernière, le mois dernier ou l'an dernier. Nos capacités demeurent intactes. Mais il est bien fini le temps de l'immobilisme, de la protection d'intérêts étroits et du report des décisions désagréables.

À partir d'aujourd'hui, nous devons nous relever, nous épousseter et reprendre la tâche de la refondation de l'Amérique.

Où que nous regardions, il y a du travail. L'état de l'économie réclame des gestes audacieux et rapides. Et nous agirons - non seulement pour créer de nouveaux emplois mais pour jeter les fondations d'une nouvelle croissance. Nous allons construire les routes et les ponts, les réseaux électriques et numériques qui alimentent notre commerce et nous unissent.

Nous redonnerons à la science la place qu'elle mérite et utiliserons les merveilles de la technologie pour accroître la qualité des soins de santé et diminuer leur coût.

Nous dompterons le soleil, le vent et le sol pour faire avancer nos automobiles et tourner nos usines. Nous transformerons nos écoles et nos universités pour répondre aux exigences d'une ère nouvelle. Nous pouvons faire tout cela et nous le ferons.

Cela dit, il y a des gens pour s'interroger sur l'ampleur de nos ambitions, et suggérer que notre système n'est pas capable de faire face à trop de grands projets à la fois. Ils ont la mémoire courte. Ils ont oublié ce que ce pays a déjà accompli, ce que des hommes et des femmes libres peuvent réaliser quand l'imagination sert un objectif commun et que le courage s'allie à la nécessité.

Ce que les cyniques ne peuvent pas comprendre, c'est que le sol s'est dérobé sous leurs pieds et que les arguments politiques rancis auxquels nous avons eu droit depuis si longtemps, ne valent plus rien. La question aujourd'hui n'est pas de savoir si notre gouvernement est trop gros ou trop petit, mais s'il fonctionne - s'il aide les familles à trouver des emplois avec un salaire décent, à accéder à des soins qu'ils peuvent se permettre et à une retraite digne. Là où la réponse à cette question est oui, nous continuerons. Là où la réponse est non, nous mettrons un terme à des programmes.

Et ceux d'entre nous qui gèrent les deniers publics seront tenus de dépenser avec sagesse, de changer les mauvaises habitudes, de gérer en pleine lumière - c'est seulement ainsi que nous pourrons restaurer l'indispensable confiance entre un peuple et son gouvernement.

La question n'est pas non plus de savoir si le marché est une force du bien ou du mal. Sa capacité à générer de la richesse et à étendre la liberté est sans égale. Mais cette crise nous a rappelé que sans surveillance, le marché peut devenir incontrôlable, et qu'une nation ne peut prospérer longtemps si elle ne favorise que les plus nantis. Le succès de notre économie n'est pas uniquement fonction de la taille de notre produit intérieur brut. Il dépend aussi de l'étendue de notre prospérité, de notre capacité à donner une chance à ceux qui le veulent - non par charité mais parce que c'est la meilleure voie vers le bien commun.

En ce qui concerne notre défense à tous, nous rejettons l'idée qu'il faille faire un choix entre notre sécurité et nos idéaux. Nos Pères fondateurs, face à des périls que nous ne pouvons que difficilement imaginer, ont mis au point une charte pour assurer la prééminence de la loi et les droits de l'Homme, une charte prolongée par le sang de générations. Ces idéaux éclairent toujours le monde, et nous ne les abandonnerons pas par commodité.

À tous les peuples et les gouvernants qui nous regardent aujourd'hui, depuis les plus grandes capitales jusqu'au petit village où mon père est né (au Kenya, ndlr): sachez que l'Amérique est l'amie de chaque pays et de chaque homme, femme et enfant qui recherche un avenir de paix et de dignité, et que nous sommes prêts à nouveau à jouer notre rôle dirigeant.

Rappelez-vous que les précédentes générations ont fait face au fascisme et au communisme pas seulement avec des missiles et des chars, mais avec des alliances solides et des convictions durables. Elles ont compris que notre puissance ne suffit pas à elle seule à nous protéger et qu'elle ne nous permet pas d'agir à notre guise. Au lieu de cela, elles ont compris que notre puissance croît lorsqu'on en use prudemment; que notre sécurité découle de la justesse de notre cause, la force de notre exemple et des qualités modératrices de l'humilité et de la retenue.

Nous sommes les gardiens de cet héritage. Une fois de plus guidés par ces principes, nous pouvons répondre à ces nouvelles menaces qui demandent un effort encore plus grand, une coopération et une compréhension plus grande entre les pays.

Nous allons commencer à laisser l'Irak à son peuple de façon responsable et forger une paix durement gagnée en Afghanistan. Avec de vieux amis et d'anciens ennemis, nous allons travailler inlassablement pour réduire la menace nucléaire et faire reculer le spectre du réchauffement de la planète.

Nous n'allons pas nous excuser pour notre façon de vivre, ni hésiter à la défendre, et pour ceux qui veulent faire avancer leurs objectifs en créant la terreur et en massacrant des innocents, nous vous disons maintenant que notre résolution est plus forte et ne peut pas être brisée; vous ne pouvez pas nous survivre et nous vous vaincrons.

Nous savons que notre héritage multiple est une force, pas une faiblesse. Nous sommes un pays de chrétiens et de musulmans, de juifs et d'hindous, et d'athées. Nous avons été formés par chaque langue et civilisation, venues de tous les coins de la Terre. Et parce que nous avons goûté à l'amertume d'une guerre de Sécession et de la ségrégation (raciale), et émergé de ce chapitre plus forts et plus unis, nous ne pouvons pas nous empêcher de croire que les vieilles haines vont un jour disparaître, que les frontières tribales vont se dissoudre, que pendant que le monde devient plus petit, notre humanité commune doit se révéler, et que les États-Unis doivent jouer leur rôle en donnant l'élan d'une nouvelle ère de paix.

Au monde musulman: nous voulons trouver une nouvelle approche, fondée sur l'intérêt et le respect mutuels. À ceux parmi les dirigeants du monde qui cherchent à semer la guerre, ou faire reposer la faute des maux de leur société sur l'Occident, sachez que vos peuples vous jugeront sur ce que vous pouvez construire, pas détruire.

À ceux qui s'accrochent au pouvoir par la corruption et la fraude, et en bâillonant les opinions dissidentes, sachez que vous êtes du mauvais côté de l'histoire, mais que nous vous tendrons la main si vous êtes prêts à desserrer votre étau.

Aux habitants des pays pauvres, nous promettons de travailler à vos côtés pour faire en sorte que vos fermes prospèrent et que l'eau potable coule, de nourrir les corps affamés et les esprits voraces.

Et à ces pays qui comme le nôtre bénéficient d'une relative abondance, nous disons que nous ne pouvons plus nous permettre d'être indifférents aux souffrances à l'extérieur de nos frontières, ni consommer les ressources planétaires sans nous soucier des conséquences. En effet, le monde a changé et nous devons évoluer avec lui.

Lorsque nous regardons le chemin à parcourir, nous nous rappelons avec une humble gratitude ces braves Américains qui, à cette heure précise, patrouillent dans des déserts reculés et des montagnes éloignées. Ils ont quelque chose à nous dire aujourd'hui, tout comme les héros qui reposent (au cimetière national) à Arlington nous murmurent à travers les âges.

Nous les honorons non seulement parce qu'ils sont les gardiens de notre liberté, mais parce qu'ils incarnent l'esprit de service, une disponibilité à trouver une signification dans quelque chose qui est plus grand qu'eux. Et à ce moment, ce moment qui définira une génération, c'est précisément leur esprit qui doit tous nous habiter.

Quoi qu'un gouvernement puisse et doive faire, c'est en définitive de la foi et la détermination des Américains que ce pays dépend. C'est la bonté d'accueillir un inconnu lorsque cèdent les digues, le désintéressement d'ouvriers qui préfèrent travailler moins que de voir un ami perdre son emploi, qui nous permet de traverser nos heures les plus sombres.

C'est le courage d'un pompier prêt à remonter une cage d'escalier enfumée, mais aussi la disponibilité d'un parent à nourrir un enfant, qui décide en définitive de notre destin.

Les défis face à nous sont peut-être nouveaux. Les outils avec lesquels nous les affrontons sont peut-être nouveaux. Mais les valeurs dont notre succès dépend, le travail, l'honnêteté, le courage et le respect des règles, la tolérance et la curiosité, la loyauté et le patriotisme, sont anciennes. Elles sont vraies. Elles ont été la force tranquille du progrès qui a sous-tendu notre histoire. Ce qui est requis, c'est un retour à ces vérités. Ce qui nous est demandé maintenant, c'est une nouvelle ère de responsabilité, une reconnaissance, de la part de chaque Américain, que nous avons des devoirs envers notre pays et le monde, des devoirs que nous n'acceptons pas à contrecoeur mais saisissons avec joie, avec la certitude qu'il n'y a rien de plus satisfaisant pour l'esprit et qui définisse notre caractère, que de nous donner tout entier à une tâche difficile.

C'est le prix, et la promesse, de la citoyenneté.

C'est la source de notre confiance, savoir que Dieu nous appelle pour forger un destin incertain.

C'est la signification de notre liberté et de notre credo, c'est la raison pour laquelle des hommes, des femmes et des enfants de toutes les races et de toutes les croyances peuvent se réjouir ensemble sur cette magnifique esplanade, et pour laquelle un homme dont le père, il y a moins de 60 ans, n'aurait peut-être pas pu être servi dans un restaurant de quartier, peut maintenant se tenir devant vous pour prêter le serment le plus sacré.

Donc marquons ce jour du souvenir, de ce que nous sommes et de la distance que nous avons parcourue. Aux temps de la naissance des États-Unis, dans les mois les plus froids, un petit groupe de patriotes s'est blotti autour de feux de camp mourants, au bord d'une rivière glacée. La capitale fut abandonnée. L'ennemi progressait. La neige était tachée de sang. Au moment où l'issue de notre révolution était la plus incertaine, le père de notre nation (George Washington, nldr) a donné l'ordre que ces mots soient lus:

«Qu'il soit dit au monde du futur, qu'au milieu de l'hiver, quand seul l'espoir et la vertu pouvaient survivre, que la ville et le pays, face à un danger commun, (y) ont répondu».

O États-Unis. Face à nos dangers communs, dans cet hiver de difficultés, rappelons-nous ces mots éternels. Avec espoir et courage, bravons une fois de plus les courants glacés, et supportons les tempêtes qui peuvent arriver. Qu'il soit dit aux enfants de nos enfants que lorsque nous avons été mis à l'épreuve, nous avons refusé de voir ce parcours s'arrêter, nous n'avons pas tourné le dos ni faibli. Et avec les yeux fixés sur l'horizon et la grâce de Dieu, nous avons continué à porter ce formidable cadeau de la liberté et l'avons donné aux générations futures.»

***


My fellow citizens,

I stand here today humbled by the task before us, grateful for the trust you have bestowed, mindful of the sacrifices borne by our ancestors. I thank President Bush for his service to our nation, as well as the generosity and cooperation he has shown throughout this transition.

Forty-four Americans have now taken the presidential oath. The words have been spoken during rising tides of prosperity and the still waters of peace. Yet, every so often the oath is taken amidst gathering clouds and raging storms. At these moments, America has carried on not simply because of the skill or vision of those in high office, but because We the People have remained faithful to the ideals of our forbearers, and true to our founding documents.

So it has been. So it must be with this generation of Americans.

That we are in the midst of crisis is now well understood. Our nation is at war, against a far-reaching network of violence and hatred. Our economy is badly weakened, a consequence of greed and irresponsibility on the part of some, but also our collective failure to make hard choices and prepare the nation for a new age. Homes have been lost; jobs shed; businesses shuttered. Our health care is too costly; our schools fail too many; and each day brings further evidence that the ways we use energy strengthen our adversaries and threaten our planet.

These are the indicators of crisis, subject to data and statistics. Less measurable but no less profound is a sapping of confidence across our land — a nagging fear that America's decline is inevitable, and that the next generation must lower its sights.

Today I say to you that the challenges we face are real. They are serious and they are many. They will not be met easily or in a short span of time. But know this, America — they will be met.

On this day, we gather because we have chosen hope over fear, unity of purpose over conflict and discord.

On this day, we come to proclaim an end to the petty grievances and false promises, the recriminations and worn out dogmas, that for far too long have strangled our politics.

We remain a young nation, but in the words of Scripture, the time has come to set aside childish things. The time has come to reaffirm our enduring spirit; to choose our better history; to carry forward that precious gift, that noble idea, passed on from generation to generation: the God-given promise that all are equal, all are free, and all deserve a chance to pursue their full measure of happiness.

In reaffirming the greatness of our nation, we understand that greatness is never a given. It must be earned. Our journey has never been one of short-cuts or settling for less. It has not been the path for the faint-hearted — for those who prefer leisure over work, or seek only the pleasures of riches and fame. Rather, it has been the risk-takers, the doers, the makers of things — some celebrated but more often men and women obscure in their labor, who have carried us up the long, rugged path towards prosperity and freedom.

For us, they packed up their few worldly possessions and traveled across oceans in search of a new life.

For us, they toiled in sweatshops and settled the West; endured the lash of the whip and plowed the hard earth.

For us, they fought and died, in places like Concord and Gettysburg; Normandy and Khe Sahn.

Time and again these men and women struggled and sacrificed and worked till their hands were raw so that we might live a better life. They saw America as bigger than the sum of our individual ambitions; greater than all the differences of birth or wealth or faction.

This is the journey we continue today. We remain the most prosperous, powerful nation on Earth. Our workers are no less productive than when this crisis began. Our minds are no less inventive, our goods and services no less needed than they were last week or last month or last year. Our capacity remains undiminished. But our time of standing pat, of protecting narrow interests and putting off unpleasant decisions — that time has surely passed. Starting today, we must pick ourselves up, dust ourselves off, and begin again the work of remaking America.

For everywhere we look, there is work to be done. The state of the economy calls for action, bold and swift, and we will act — not only to create new jobs, but to lay a new foundation for growth. We will build the roads and bridges, the electric grids and digital lines that feed our commerce and bind us together. We will restore science to its rightful place, and wield technology's wonders to raise health care's quality and lower its cost. We will harness the sun and the winds and the soil to fuel our cars and run our factories. And we will transform our schools and colleges and universities to meet the demands of a new age. All this we can do. All this we will do.

Now, there are some who question the scale of our ambitions — who suggest that our system cannot tolerate too many big plans. Their memories are short. For they have forgotten what this country has already done; what free men and women can achieve when imagination is joined to common purpose, and necessity to courage.

What the cynics fail to understand is that the ground has shifted beneath them— that the stale political arguments that have consumed us for so long no longer apply. The question we ask today is not whether our government is too big or too small, but whether it works — whether it helps families find jobs at a decent wage, care they can afford, a retirement that is dignified. Where the answer is yes, we intend to move forward. Where the answer is no, programs will end. And those of us who manage the public's dollars will be held to account — to spend wisely, reform bad habits, and do our business in the light of day — because only then can we restore the vital trust between a people and their government.

Nor is the question before us whether the market is a force for good or ill. Its power to generate wealth and expand freedom is unmatched, but this crisis has reminded us that without a watchful eye, the market can spin out of control — and that a nation cannot prosper long when it favors only the prosperous. The success of our economy has always depended not just on the size of our Gross Domestic Product, but on the reach of our prosperity; on the ability to extend opportunity to every willing heart — not out of charity, but because it is the surest route to our common good.

As for our common defense, we reject as false the choice between our safety and our ideals. Our Founding Fathers, faced with perils we can scarcely imagine, drafted a charter to assure the rule of law and the rights of man, a charter expanded by the blood of generations. Those ideals still light the world, and we will not give them up for expedience's sake. And so to all other peoples and governments who are watching today, from the grandest capitals to the small village where my father was born: know that America is a friend of each nation and every man, woman, and child who seeks a future of peace and dignity, and we are ready to lead once more.

Recall that earlier generations faced down fascism and communism not just with missiles and tanks, but with sturdy alliances and enduring convictions. They understood that our power alone cannot protect us, nor does it entitle us to do as we please. Instead, they knew that our power grows through its prudent use; our security emanates from the justness of our cause, the force of our example, the tempering qualities of humility and restraint.

We are the keepers of this legacy. Guided by these principles once more, we can meet those new threats that demand even greater effort — even greater cooperation and understanding between nations. We will begin to responsibly leave Iraq to its people, and forge a hard-earned peace in Afghanistan. With old friends and former foes, we will work tirelessly to lessen the nuclear threat, and roll back the specter of a warming planet. We will not apologize for our way of life, nor will we waver in its defense, and for those who seek to advance their aims by inducing terror and slaughtering innocents, we say to you now that our spirit is stronger and cannot be broken; you cannot outlast us, and we will defeat you.

For we know that our patchwork heritage is a strength, not a weakness. We are a nation of Christians and Muslims, Jews and Hindus — and non-believers. We are shaped by every language and culture, drawn from every end of this Earth; and because we have tasted the bitter swill of civil war and segregation, and emerged from that dark chapter stronger and more united, we cannot help but believe that the old hatreds shall someday pass; that the lines of tribe shall soon dissolve; that as the world grows smaller, our common humanity shall reveal itself; and that America must play its role in ushering in a new era of peace.

To the Muslim world, we seek a new way forward, based on mutual interest and mutual respect. To those leaders around the globe who seek to sow conflict, or blame their society's ills on the West — know that your people will judge you on what you can build, not what you destroy. To those who cling to power through corruption and deceit and the silencing of dissent, know that you are on the wrong side of history; but that we will extend a hand if you are willing to unclench your fist.

To the people of poor nations, we pledge to work alongside you to make your farms flourish and let clean waters flow; to nourish starved bodies and feed hungry minds. And to those nations like ours that enjoy relative plenty, we say we can no longer afford indifference to suffering outside our borders; nor can we consume the world's resources without regard to effect. For the world has changed, and we must change with it.

As we consider the road that unfolds before us, we remember with humble gratitude those brave Americans who, at this very hour, patrol far-off deserts and distant mountains. They have something to tell us, just as the fallen heroes who lie in Arlington whisper through the ages. We honor them not only because they are guardians of our liberty, but because they embody the spirit of service; a willingness to find meaning in something greater than themselves. And yet, at this moment — a moment that will define a generation — it is precisely this spirit that must inhabit us all.

For as much as government can do and must do, it is ultimately the faith and determination of the American people upon which this nation relies. It is the kindness to take in a stranger when the levees break, the selflessness of workers who would rather cut their hours than see a friend lose their job which sees us through our darkest hours. It is the firefighter's courage to storm a stairway filled with smoke, but also a parent's willingness to nurture a child, that finally decides our fate.

Our challenges may be new. The instruments with which we meet them may be new. But those values upon which our success depends — honesty and hard work, courage and fair play, tolerance and curiosity, loyalty and patriotism — these things are old. These things are true. They have been the quiet force of progress throughout our history. What is demanded then is a return to these truths. What is required of us now is a new era of responsibility — a recognition, on the part of every American, that we have duties to ourselves, our nation, and the world, duties that we do not grudgingly accept but rather seize gladly, firm in the knowledge that there is nothing so satisfying to the spirit, so defining of our character, than giving our all to a difficult task.

This is the price and the promise of citizenship.

This is the source of our confidence— the knowledge that God calls on us to shape an uncertain destiny.

This is the meaning of our liberty and our creed — why men and women and children of every race and every faith can join in celebration across this magnificent mall, and why a man whose father less than sixty years ago might not have been served at a local restaurant can now stand before you to take a most sacred oath.

So let us mark this day with remembrance, of who we are and how far we have traveled. In the year of America's birth, in the coldest of months, a small band of patriots huddled by dying campfires on the shores of an icy river. The capital was abandoned. The enemy was advancing. The snow was stained with blood. At a moment when the outcome of our revolution was most in doubt, the father of our nation ordered these words be read to the people:

"Let it be told to the future world...that in the depth of winter, when nothing but hope and virtue could survive ... that the city and the country, alarmed at one common danger, came forth to meet [it]."

America. In the face of our common dangers, in this winter of our hardship, let us remember these timeless words. With hope and virtue, let us brave once more the icy currents, and endure what storms may come. Let it be said by our children's children that when we were tested we refused to let this journey end, that we did not turn back nor did we falter; and with eyes fixed on the horizon and God's grace upon us, we carried forth that great gift of freedom and delivered it safely to future generations.

Thank you. God bless you. And God bless the United States of America.


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Laudance

20 Janvier 2009
16:44

Discours d'investiture de Obama

Il y a quelques jours à peine, un journaliste français du Figaro posait la question de savoir si, avant l'investiture de Barack Obama, il fallait siffler son prédécesseur sur le départ. Une bonne question à laquelle la plupart de ses compatriotes, tout comme les Québécois l'auraient fait, ont sûrement répondu par l'affirmative, contrairement à ce chroniqueur, Ivan Rioufol en l'occurrence, qui est l'un des rares de sa corporation à ne pas avoir, à ma connaissance, cédé à la mode dictée par son milieu professionnel. Et moi dans tout cela ? Eh bien, au risque de déplaire à la majorité et de me heurter à la bien-pensance, j'abonde dans son sens.

Loin de siffler George W. Bush, je l’applaudis au contraire, car il a été l’un des rares hommes politiques de sa génération à désigner clairement nos adversaires. Certes, il lui a fallu ramer à contre-Coran pour cela et il a peut-être mal géré l’après-guerre en Irak, ce qui reste à démontrer, mais il a globalement de larges circonstances atténuantes à faire valoir. En effet, au lieu de pouvoir compter sur tous les soi-disant alliés des USA au moment où il fallait agir et non discourir, il a trouvé face à lui de tels « amis » qu’avec eux il n’avait même plus besoin d’ennemis. On peut d’ailleurs classer la France en tête de liste parmi ceux-ci.

Alors, à l’heure de son départ, je prends le risque de choquer toutes les belles âmes anti-Bush en surface, mais surtout antiaméricaines en profondeur, et de saluer Deubelyou à qui je dis « thank you » tout en lançant, non pas des chaussures, mais un « good luck » à destination de Barack Obama. Ainsi va la démocratie aux Etats-Unis d’Amérique qui demeurent très éloignés des pratiques en vigueur dans une certaine république. C’est la raison pour laquelle je préfère mon côté de l’Atlantique à celui qui abrite, en France, une nouvelle société qui sera sûrement enviée par le monde entier.

Malheureusement pour moi, cette société-là je n’en veux pas. Allez savoir pourquoi ! Toujours est-il que, pour en revenir à George W. Bush et aux huit années qu’il a passées à la Maison Blanche, je vais essentiellement retenir de lui et de celles-ci, non pas le bilan catastrophique qu’on nous vend partout en ce moment, mais bien l’attitude des médias à l’égard du 43ème président des USA. En effet, elle dépasse l’entendement de l’ancien journaliste que je suis, retraité aujourd’hui, même s’il est vrai que n’étant pas gauchiste, comme tout le monde dans ce microcosme, je n’étais qu’une simple anomalie du système. Mais il y a pire que moi : Ivan Rioufol dont je viens de citer le nom.

C’est ainsi qu’avant même sa première élection, alors qu’il était encore loin d’être question de guerre en Irak et contre Al-Qaïda, la plupart des journalistes disaient déjà pis que pendre de l’ancien gouverneur du Texas. D’avance, on ne lui passait rien, on ne lui pardonnait rien, car il n’avait pas l’heur de plaire à la gent médiatique imbue de sa supériorité intellectuelle autoproclamée et engoncée dans son idéologie. Deubelyou n’était déjà qu’un imbécile, un demeuré congénital, condition indispensable pour devenir président des Etats-Unis… jusqu’à ces derniers mois, c’est-à-dire avant que la presse ne s’extasie devant les qualités exceptionnelles d’Obama, selon elle en tout cas.

Pourtant, avant même d’être élu, ce dernier traînait plus de casseroles que n’importe quel président avant lui. Quant à ses fréquentations, elles auraient au moins dû susciter quelques interrogations à défaut de réserves. Mais quand on est d’office partisan, on ne s’attarde pas sur ce genre de détails, sur toutes ces pailles qui, dans l’œil de George W. Bush, seraient devenues des poutres. Correct tout cela ? Pas pour moi. Mais bien dans la « logique » de ceux qui ont posé une couronne d’épines sur la tête de Deubelyou et qui tressent à présent la couronne de lauriers de leur protégé. Ce sont les mêmes qui n’en éprouvent aucune gêne.

Pourquoi d’ailleurs devraient-ils se gêner ? Par respect pour les lecteurs et téléspectateurs ? Sûrement pas car, comme tous les gens faisant partie de la gauche caviar, ils méprisent le petit peuple qui n’appartient pas à l’ « élite » médiatico-politique. Il n’existe donc rien, surtout pas les partis de gauche, pour freiner leur travail de sape, leur propagande socialo-communiste qui a fait, entre autres, de George W. Bush la bête noire de tous les cerveaux qu’ils ont lavés et qui se plaisent à les croire. Mais maintenant que le chevalier blanc est arrivé au pouvoir, rassurez-vous, ils auront d’autres histoires à raconter, voire à inventer.

Pour ma part, à l’heure où le pestiféré et l’icône viennent de se croiser, j’aimerais pouvoir tourner la page en toute sérénité, afin de ne plus penser qu’à l’avenir. Mais il me sera difficile d’y parvenir. A cause de l’élection de Barack Obama, le premier Noir - on n’arrête pas de le répéter - devenu président des USA, mais qui est aussi à moitié Blanc, ne l’oublions pas ? Absolument pas, même si je n’ai jamais caché ma préférence pour John McCain. En effet, comme je l’ai déjà dit et répété, il faut donner sa chance au coureur avant de le critiquer. Je ne vais donc pas me comporter selon les mêmes critères que ceux dont je viens de dénoncer la scandaleuse attitude.

Au contraire, j’espère que le nouveau président des Etats-Unis va réussir dans son entreprise, une tâche d’autant plus difficile qu’il a placé la barre très haut pour attraper les nigauds. Mais je ne lui en tiendrai même pas rigueur s’il livre la marchandise, car il est vrai qu’on n’attire pas les mouches avec du vinaigre et que les gens aiment tellement se faire manipuler qu’il aurait eu tort de s’en priver. Mieux encore, je crois plutôt qu’il est sur la bonne voie, si l’on se base sur la constitution de son équipe et ses premières annonces largement en retrait par rapport à ses promesses. Déjà en marche arrière, je le crois capable maintenant d’aller… de l’avant.

Il va donc engendrer de nombreuses déceptions, ce qui représente une sérieuse garantie pour la suite des événements. En effet, tandis que l’extrême gauche américaine fulmine depuis des semaines, car elle s’est sentie trahie bien avant l’investiture d’Obama, d’autres découvriront bientôt que leur héros ne va guère s’écarter, en politique étrangère en tout cas, du chemin tracé par son prédécesseur. Grande sera donc la fureur de ceux qui, en Europe et au Canada bien plus qu’aux USA, croient avoir trouvé en lui la brebis pacifiste qui se fera tondre, afin que les ennemis de l’Amérique puissent continuer à tisser leur toile en tout tranquillité.

En France et au Québec notamment où les illusions ont la vie bien plus dure qu’ailleurs, les fans et les groupies devront vite changer d’avis car, contrairement aux regards ahuris que ces abrutis projettent sur lui, Barack Obama sera tout sauf la rock star au pied de laquelle tous les fumeurs de moquette de la planète continueront à se pâmer devant la scène de leurs rêves, loin du monde réel. Non, car le président Obama n’est pas le candidat Obama. Ce qu’il défendra surtout, envers et contre tout, et tous, ce sera les intérêts des Etats-Unis d’Amérique qui ne seront plus forcément les mêmes que ceux des Européens. Et cela me convient très bien.

Mais dans ce cas-là qu’est-ce qui ne me convient pas ? Eh bien, c’est le souvenir des médias tels qu’ils se sont affichés ces dernières années, sans espoir de les voir changer avant longtemps. C’est ainsi, par exemple, que pas plus tard qu’hier j’écoutais un journaliste (?) évoquer cette partie de la vie du nouveau messie, au cours de laquelle l’élu s’était drogué. Et aussitôt j’entendis aux trémolos de sa voix (pas celle de l’idole, celle de l’idiot) à quel point il trouvait ça bien. L’orgasme n’était d’ailleurs pas loin. Mais moi qui ne condamne pas Obama pour cela, je me souviens que, dès avant son élection et pendant toute sa présidence, « on » a toujours reproché un problème d’alcool datant de la jeunesse de George W. Bush.

Deux poids, deux mesures ? Bien sûr. Pour l’un c’était une tare de plus, une ligne supplémentaire écrite par ses contempteurs et à lire à son procès, tandis que pour l’autre c’est une qualité de plus, un paragraphe à ajouter à la longue liste établie par ses thuriféraires, en l’occurrence les mêmes « informateurs ». Dès lors, vous comprendrez aisément qu’à la question de savoir ce que j’ai tout d’abord retenu de la présidence de Deubelyou, ma réponse demeurera le comportement d’une bande de faussaires. Ils m’ont fait honte en se montrant indignes de leur profession et j’espère que Barack Obama vomira ces girouettes qui ne sont pas à une trahison près.


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Helios d'Alexandrie

20 Janvier 2009
21:13

Discours d'investiture de Obama

Excellent commentaire de Laudance, je n'ai rien à y ajouter sauf ceci:

Barack Obama a remercié Bush pour ses services à la nation et pour l'excellence de sa coopération dans la phase de transition, or c'est durant cette phase qu'il a choisi de se distancer de sa rhétorique électorale comme il l'a lui-même laissé entendre; nul doute qu'au contact de Bush et de son équipe il a été en mesure de regarder les choses telles qu'elles sont et non telles que les journalistes, les pacifistes et les gauchistes se les imaginent.

Il y a des passages dans son discours qui, s'ils avaient été prononcés par Bush, auraient attirés sur lui les foudres et les quolibets de la gent (je devrais plutôt dire la faune) journalistique.

Helios d'Alexandrie

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G. Roy.

22 Janvier 2009
19:01

Discours d'investiture d' Obama

Barack Hussein Obama, ni noir, ni blanc, a-t-il dit dans son autobiographie, semble guérir la balafre immonde de l'esclavage, apporter la certitude à de nombreux jeunes noirs qu'ils peuvent réaliser leurs rêves, dissiper leur sentiment d'impuissance et faire surgir la confiance en eux.

Cette élection qui sera peut-être qualifiée de catharsis, apporte un vent de fraîcheur au monde entier, préparée par la magistrale impopularité de son prédécesseur. Tous aspirent à une ère de changement, qui se présente sous l'égide de la transparence, du courage, du travail acharné, du partage, de l'honnêteté et de la défense de la liberté.

..."les crottés, les porteurs d'eau, les scieurs de bois, les cireurs de bottes, les manoeuvres, les gratte-papiers anonymes et mal payés, les serveuses de restaurant, les mineurs, les "cheap workers", du textile, de la chaussure, des conserveries, des industries, des vêtements, des grands magasins, des compagnies de chemin de fer, des ports du Saint-Laurent, des terres de roches du Québec et des coopératives étranglées par les trust"...(Pierre Vallières: Nègres Blancs d'Amérique), sa solution, la violence, nous Québécois, ce grand peuple (René Lévesque) devenu nation, l'avons refusée et la refuserons encore et encore. Son visage monstrueux que nous avons vus dans nos rues ne doit plus jamais réapparaître.

Je souhaite à M. Obama, homme charismatique, de combler les espoirs qu'il provoque.


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