Vendredi 30 Juillet 2010 | Dernière mise à jour: 29 Juillet 2010

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Message à Obama. "Il faut détruire l'idéologie d'Al-Qaïda", par l'éditeur en chef d'un grand quotidien arabe

25 Janvier 2009 par Annie Lessard, Marc Lebuis

Mots clés:

«Nous devons concentrer toutes nos énergies à détruire l’idéologie d’Al-Qaïda, et combattre idéologie contre idéologie. Nous ne devons faire preuve d’aucune tolérance envers cette idéologie, qui est une plus grande menace pour le monde arabe que pour l'Occident».

Tariq Alhomayed est l'éditeur en chef d'Asharq Alawsat, un important quotidien panarabe.

Nous endossons certainement ce message de M. Alhomayed. La guerre à la terreur est une guerre contre une tactique. Tant que l'idéologie avilissante qui anime les djihadistes n'est pas nommée et anéantie, la lutte au terrorisme ne mènera à rien. C'est une guerre idéologique qu'il faut livrer, tant contre le djihad violent que le djihad furtif.

***

Traduction de: Recognizing Al Qaeda?, par Tariq Alhomayed, Asharq Alawsat, le 25 janvier 2009

Dans son discours d'investiture, le Président américain Barack Obama a tendu la main au monde islamique et l’a salué. Il a passé sa première journée à la Maison Blanche à prendre des décisions historiques dont la plus importante a été celle de fermer la prison américaine de Guantanamo Bay et le réseau des prisons secrètes de la CIA.

Obama a appelé les dirigeants du Moyen-Orient et il a discuté avec eux des questions qui préoccupent le monde arabe et islamique, ce qui démontre sa volonté de se pencher sur ces questions dès le premier jour de sa présidence. En outre, Washington a nommé des émissaires spéciaux pour le Moyen-Orient ainsi que pour le Pakistan et l'Afghanistan.

Les décisions et les discours de Obama, qui expriment de bonnes intentions envers notre région, ont été accueillis de différentes manières. La réaction la plus étrange a été celle du colonel Mouammar Kadhafi de la Libye qui a appelé Washington à revoir son approche vis-à-vis du leader d'Al-Qaida, Oussama Ben Laden, et à lui donner une chance de s’amender. Kadhafi a également invité à engager un dialogue avec Ben Laden pour comprendre ses motivations.

Le groupe Jamaat Islamiya a également fait une suggestion, mais à Al-Qaïda plutôt qu’à Washington. Il a appelé l'organisation Al-Qaida à accorder une trêve de quatre mois à l'Occident et à donner une chance à Obama afin de vérifier le caractère équitable des positions du nouveau Président américain.

C’est plutôt étrange que le Jamaat Islamiya en Egypte ait demandé à Al-Qaïda de ne pas traiter Obama comme un autre George W. Bush! Est-ce que cela signifie que nous avons reconnu Al-Qaïda? Est-ce que la demande du Jamaat Islamiya signifie que si Obama n’agit pas d’une manière qui satisfait Al-Qaida, alors l'organisation terroriste pourra faire ce qu'elle veut?

En ce qui concerne le dialogue avec Al-Qaïda, qui serait autorisé à représenter l'organisation terroriste? Ce que je crains le plus, c'est que l'un des pays qui aspire à un rôle régional ou international appellerait ouvertement à la tenue d'une conférence de réconciliation avec Al-Qaïda sur son territoire!

Ce qui est frustrant avec cette proposition, c’est qu’elle démontre que nous n'avons pas encore bien compris le danger de l'idéologie d'Al-Qaida et l'essentiel de ses objectifs, en dépit de tous les crimes que l'organisation terroriste a commis non seulement en Occident mais aussi dans nos pays arabes au cours des huit dernières années.

L'erreur la plus grave que nous commettons est de croire que le simple changement d’avis d’un membre d'Al-Qaïda signifie que nous aurons affaibli l'organisation. Pour les fins de la discussion, supposons que Oussama Ben Laden dirait qu'il regrette tout ce qu'il a fait à l'humanité et à la religion islamique (et cela est très peu probable), est-ce que cela signifierait la fin d'Al-Qaïda? Bien sûr que non. Comme dit l'adage, le ruisseau trouvera toujours son chemin. Quelqu'un d’autre émergera pour surenchérir le leader d'Al-Qaida et déclarer que Ben Laden ne les représente plus. Ils le surpasseront aisément, et chercheront également à l’éliminer.

Le danger d'Al-Qaïda ne réside pas chez ses membres mais dans son idéologie. Le seul fait d’appeler à un dialogue avec Al-Qaida démontre le niveau de notre myopie, et notre incapacité à comprendre ce qui est une plus grande menace pour nous que pour l’Occident. Nous avons besoin de nous attaquer à la menace que pose l’idéologie d’Al-Qaïda plutôt qu’aux membres de cette organisation.

Ce dont nous avons besoin est de diriger toutes nos énergies vers la destruction de cette idéologie et de lutter idéologie contre idéologie. Nous ne devons faire preuve d’aucune tolérance envers cette idéologie, et encore moins laisser entendre que nous lui donnons une autre chance d’exister. Cela signifierait que nous reconnaissons une légitimité à cette idéologie extrémiste et lui donnons la chance de survivre.

Les échanges avec Washington et Obama sont importants, surtout sur les questions qui nous touchent. Mais si nos réactions ressemblent à celles qui sont mentionnés ci-dessus, alors ce sera frustrant, non pas pour Washington, mais pour nous les peuples de la région qui avons espoir en un avenir meilleur.

Voir aussi:

Le Canada a besoin d’une loi pour contrer l’idéologie islamiste haineuse, par Tahir Aslam Gora

Combattre les islamistes et leur idéologie, par Juhdi Jasser, fondateur du American Islamic Forum for Democracy

Conférence publique de Point de Bascule: L’islam politique menace nos libertés

Combat (idéologique) contre Djihad (idéologique) - entrevue avec le théologien George Weigel


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Laudance

26 Janvier 2009
16:53

Message à Obama. "Il faut détruire l'idéologie d'Al-Qaïda", par l'éditeur en chef d'un grand quotidien arabe

Je ne sais pas si Annie Lessard et Marc Lebuis ont bon moral en ce moment. Mais si tel n’est pas le cas, ils ne peuvent, hélas, compter sur moi pour le leur remonter. En effet, je ne vois rien à l’horizon qui puisse corriger les impressions relatives à la pensée magique à l’épreuve du monde réel, la pensée unique qui guide trop d'intellectuels.

Pourtant, je partage leur vision. Mais ce n’est pas suffisant, quand on rame à contre-courant, pour changer la réalité du moment qui est, malheureusement, celle… de la pensée magique censée tout résoudre au moindre coût. En attendant un regain de lucidité, ce qui est loin d’être acquis, ils ont tort… d’avoir raison et il faudra encore subir cette pensée, le temps qu’il faudra à la réalité pour la rattraper.

Alors que faire avant le retour problématique du bon sens et celui, encore plus ardu, du courage ? Pratiquer le carpe diem ? Pourquoi pas ? Pour ma part, je vais donc m’inspirer de l’exemple donné par ceux qui attendent de voir le nouveau président des USA marcher sur les eaux.

Mais à chacun ses priorités et la mienne, en matière de magie, se situe à un niveau plus gourmand. C’est ainsi qu’en ma qualité de connaisseur et de grand amateur, j’attends de nouvelles noces de Cana lors desquelles - je n’en doute pas - Obama transformera l’eau en vin. Comme quoi, il y a toujours moyen de trouver un but à son existence quand on se limite à la jouissance.

Vous me direz, bien sûr, que mon attente par rapport au messie n’est pas bien grande, comparée à celle de ceux qui, parmi ses fidèles, envisagent des miracles tels, par exemple, une nouvelle résurrection de Lazare dont le nom, choisi évidemment par hasard, me fait penser à l’Occident actuel.

Mais Allah permettra-t-il cela de la part d’un prophète qui a prêté serment sur la Bible, un acte horrible car même les mécréants savent que le Coran est le seul livre d’inspiration divine ? Va-t-il tolérer cette préférence accordée à un concurrent né en Palestine ? Non, cela ne se peut pas, car le Hamas ne le supporterait pas.

Sur ce, au lieu de rire pour ne pas pleurer, revenons à la vraie vie qui, si l’on s’en tient à l’actualité, est parfois difficile à supporter. Au risque de gâcher la journée de nos hôtes, je vais donc leur rappeler que l'Europe en général n’est pas la seule concernée par le délire obamaniaque actuel.

Mon ancien pays en particulier, en l’occurrence la Belgique, est aussi atteint que la France par cette épidémie hors de contrôle et entretenue par les médias. Et au Canada ? Le mal y est moins aigu dans l’ouest anglophone où il existe encore une vraie droite. Mais au Québec, ma région francophone d’adoption, les « Français » d’Amérique sont plongés dans l’illusion aussi profondément que leurs cousins d’outre-Atlantique.

Pour eux, ça ne peut d’ailleurs qu’aller mieux et ce, pour une raison toute simple, aussi simple en tout cas que leur perception du monde qui, aujourd’hui, se résume comme suit : ça ne peut pas être pire qu’avec George W. Bush lequel est - tout le monde le sait - la cause de tout ce qui a été, va et ira mal dans le monde.

Dès lors, vous comprendrez pourquoi l’avenir s’annonce radieux pour les Québécois persuadés que la planète est enfin débarrassée de cette calamité. Ils ne peuvent même pas s’imaginer que la nouvelle administration américaine va peut-être travailler contre leurs intérêts économiques.

Mais s’il n’y avait que cela qui me sépare de ces gens-là, j’y trouverais déjà matière à consolation. Selon voilà : au fil des conversations, je sonde les cœurs et les reins des citoyens du coin bercés par leurs médias, à tel point qu’ils rêvent éveillés d’un monde qui n’existe pas et ignorent celui qui, petit à petit, se développe autour d’eux et fera d’eux des dhimmis.

C’est ainsi, par exemple, que je viens d’entendre, proférée par une personne tout à fait normale en apparence et vivant éloignée de la France (ça aide pourtant), une énormité selon laquelle il n’y aura jamais de paix au Moyen-Orient aussi longtemps que les USA soutiendront Israël.

Une idée de jeune ? Non car, dans ce cas, il n’y aurait pas de quoi s’étonner étant donné l’inculture ambiante et tellement criante dans cette couche de population. C’est donc bien plus inquiétant dans la mesure où mon interlocuteur était un sexagénaire possédant un bagage intellectuel et ayant exercé une profession en vue, à un poste à responsabilités.

Plus grave encore : il ne s’agit pas d’un cas isolé, mais d’un exemple courant parmi les cerveaux lavés, depuis des dizaines d’années, au sein d’une société repliée sur elle-même et matraquée par les adeptes du politiquement correct. Le ver est donc dans le fruit depuis longtemps et le mal est vraiment profond.

Mon impression ? C’est que l’égoïsme en Occident a atteint un tel degré que les parents et grands-parents, qui tremblent plus que jamais pour leurs enfants et petits-enfants, et ce pour un oui ou pour un non, ne sont plus capables d’une réflexion allant au-delà du présent.

Pourtant, comme tous les manifestants interrogés à chaque défilé, ils n’ont qu’une phrase en tête pour justifier leur comportement, leur « action » qui n’est en réalité qu’inaction ou absence de réaction : « Nous faisons tout cela, disent-ils la main sur le cœur, pour assurer leur avenir ».

Mais de quel avenir s’agit-il ? De celui relatif à leur confort et leur tranquillité, lequel occupe toutes leurs pensées ? Ou de celui qu’ils leur réservent en réalité, qu’ils ont préparé pour leurs descendants à force de capituler, lequel obligera ces derniers à se réveiller, à se mouiller pour réparer les erreurs du passé ou à se rendre à la mosquée ?

Cet égoïsme pourrait être intelligent, auquel cas ces parents et grands-parents prendraient les devants et agiraient autrement dans l’intérêt de leurs chers petits à qui ils offriraient ainsi la liberté en héritage au lieu de futures contraintes d’un autre âge. Mais leur égoïsme est bête, tout simplement.

Toujours est-il qu’en attendant que l’on puisse mesurer tous les effets de leur aveuglement et - pourquoi le nier ? - de leur lâcheté, trop de gens en Occident n’éprouveraient aucune gêne, en ce moment, à ce qu’Israël se retrouve seul contre tous, quitte à se faire rayer de la carte, afin que cette démocratie qui ne veut pas mourir - quelle idiotie ! - cesse de perturber leur civilisation en fin de vie.

Et si le prix à payer ne s’élève qu’à quelques millions… de Juifs, sans coûter (provisoirement) la moindre goutte de sang européen ou canadien, les Français et les Québécois s’y feront très bien, car ils ne sont pas à une shoah près à condition qu’on ne les dérange plus avec « ça ».

En effet, de nombreux bien-pensants trouvent qu’ils exagèrent ces Israéliens. Ils sont même insupportables, eux qui n’acceptent pas de se laisser massacrer par leurs voisins, alors que, s’ils étaient tous morts, ils auraient droit, dans l’au-delà, à la sympathie de tous les humanistes unis par la même hypocrisie et au réconfort des homélies prononcées ici-bas… jusqu’à l’instauration de la charia.

Et il n’a pas tort, cet Occident décadent, car c’est vrai après tout : quand on est proche du coma, comme c’est son cas, et qu’on a perdu le goût du combat, on n’attend plus qu’une chose de la vie. Que les soins palliatifs soient aussi doux que possible. Mais pas d’acharnement thérapeutique comme celui exercé par ceux qui, Israël en tête devant les USA, veulent quand même le sauver et l’empêchent de se suicider.


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