Vendredi 30 Juillet 2010 | Dernière mise à jour: 29 Juillet 2010

Brève

Québec - Exit Noël?

16 Décembre 2008

Lettre d'opinion de Mathieu Bock-Côté, Candidat au doctorat à l'UQÀM, dans Le Devoir:

Dans les milieux évolués, on se faisait des gorges chaudes au début de la dernière campagne électorale, du chef de l'ADQ qui avait assimilé le cours Éthique et culture religieuse au multiculturalisme qui travaillerait à la censure de la fête de Noël et de ses symboles dans les écoles québécoises. Sottises, répétèrent en chœur les perroquets du régime qui n'en finissaient plus de faire le procès de Mario Dumont. Les événements confirment pourtant la perspicacité du chef adéquiste, dont l'absence se fait déjà sentir, qui avait bien vu que le multiculturalisme est une idéologie qui se déploie en laminant par grands pans l'identité nationale et qui n'entend en épargner aucun.

L'édition du Devoir du 11 décembre le confirme, un communiqué a suivi l'autre. Dans le premier, on annonçait la participation du premier ministre à l'illumination du sapin de Noël de l'Assemblée nationale. Dans le second, on annonce une «légère modification». On parle désormais du sapin des Fêtes. Puis une troisième nouvelle, pour couronner le tout: le premier ministre redonnait son nom au sapin en question. Traduisons ainsi la séquence des événements: les experts en communication du premier ministre ont eu l'impression de commettre une faute grave en rappelant à la collectivité que le temps des Fêtes est associé aux fêtes de Noël, une fête chrétienne. Puis le premier ministre, craignant ce qu'on appelle chez les importants un «dérapage identitaire», a vite redonné à la tradition ses droits malgré le zèle pluraliste de ses ministres. À Claude Béchard la palme du politiquement correct : «Il faut respecter la culture, il faut respecter l'ouverture de tout le monde. Au Québec, nous sommes une société inclusive. [...] C'est ça, le Québec, c'est l'ouverture et le respect de chacune des traditions .»

Lapsus révélateur

Mais tout cela relève bien moins de la maladresse que du lapsus révélateur. Car il y avait une certaine ironie à qualifier de «légère modification» l'abolition symbolique des fêtes de Noël. Deux mille ans d'histoire passent à la trappe, multiculturalisme oblige. Mais le multiculturalisme n'a jamais hésité à confondre l'ouverture à l'autre et le reniement de soi. Il ne faudrait pourtant pas s'en surprendre, car la controverse de Noël a pris forme au Québec depuis quelques années déjà et traverse désormais la plupart les sociétés occidentales. Aux États-Unis, on parle de la «Christmas War» tant les fêtes de fin d'année sont devenues l'occasion pour les multiculturalistes les plus acharnés de reprendre leur lutte pour évider nos sociétés de leurs traditions fondatrices.

Mais les multiculturalistes ont un nouvel argument, directement tiré de la commission Bouchard-Taylor et de son rapport: celui d'une laïcité «ouverte», qui exigerait l'ouverture de l'espace public à toutes les religions, à moins de les fermer à toutes. Il faut décrypter ce langage orwellien pour savoir de ce dont il est question: la «laïcité» du Québec officiel est surtout le nom de code d'un désinvestissement du domaine public de tous les contenus culturels associés au Québec historique. Dans cette perspective, le catholicisme n'est qu'une tradition religieuse parmi d'autres dans un Québec pluraliste. Exit Noël! Pour construire le Québec dont rêvent les pluralistes, il faudra remonter le cadran historique à zéro, comme si quatre siècles d'histoire ne voulaient rien dire. Tous les repères traditionnels qui balisent l'espace public devront être retirés. Au nom du progrès, bien sûr.

Un peuple

Est-il hérétique de rappeler que le Québec n'est pas une terre vierge, non plus qu'une page blanche sur laquelle on pourrait tout gribouiller? Le Québec n'est pas une société sans mémoire mais un peuple, une communauté historique dont l'héritage culturel est traversé par un catholicisme apaisé et heureusement laïcisé, mais néanmoins fondamental dans la morphologie de l'identité nationale. L'histoire du Québec ne commence pas en 1960, encore moins avec la conversion toute récente de ses élites au multiculturalisme, et c'est à partir de cette histoire profondément enracinée sur quatre siècles que doit se déployer la société québécoise et l'espace public dans lequel elle s'exprime. Les fêtes de Noël actualisent chaque année cette identité en rappelant l'enracinement occidental du peuple québécois. Lutter contre Noël en le neutralisant ou en relativisant sa place dans l'espace public, c'est oeuvrer à la désoccidentalisation du Québec, c'est oeuvrer à sa liquéfaction identitaire.

La controverse des accommodements raisonnables qui a duré de 2006 à 2008 n'était pas qu'une mascarade. Loin de là. Elle aura plutôt dévoilé à la conscience collective le travail de déconstruction de l'identité nationale mené par les élites québécoises. Que ces dernières soient parvenues à neutraliser l'indignation populaire à travers la commission Bouchard-Taylor ne change rien au fait que le multiculturalisme continue de se déployer au Québec grâce au détournement idéologique de nos institutions collectives mises à son service. Il faudra bien se résoudre à lutter franchement contre le multiculturalisme et ses avocats, aussi puissants soient-ils. Il faudra faire le procès d'une philosophie mortifère qui abime déjà le Québec et le rend de plus en plus étranger aux Québécois.

Voir aussi:

Québec - Le "sapin des Fêtes" devant l’Assemblée nationale redevient un "sapin de Noël"

Rapport Bouchard-Taylor : la tentation totalitaire, par Mathieu Bock-Côté

Le multiculturalisme, un utopisme malfaisant

La production en masse des victimes, par Jean-Jacques Tremblay

Rapport Bouchard-Taylor : fabriquer l’Homme Nouveau par la dictature de l’harmonie

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Commentaires

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6 commentaires

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Kasteli

16 Décembre 2008
21:27

Québec - Exit Noël?

Bon sang! Lisez et relisez cette lettre. Imprimez-là, distribuez-là dans les cours d'ECR imposés de force à nos enfants par notre charmant ministère de l'éducation. Comme bon nombre de nos leaders politiques, Mme Courchesne est complètement déconnectée de la réalité québécoise.

O'u sont nos élites intellectuels, notre jeunesse universitaire, nos libres penseurs?Le Québec en mal de mots pour le dire, n'en finit plus de se battre pour une identité plus vivante sous les paupières de nos enfants endormis que dans nos têtes d'adultes désillusionnés et pourtant jamais un gouvernement n'a cherché autant à sabrer dans tout ce qui nous distingue en tant que nation comme le parti libéral de M.Charest, un parti qui n'a de majoritaire que le vote montréalais non francophone et ethnique sur un taux de partitcipation de 57 % , le plus bas depuis des lustres. M.Charest se gargarise de ce 3 ième mandat convaincu qu'il fera enfin de nous des canadiens convertis au multiculturalisme une fois pour toute. La crise économique n'était qu'un prétexte.

Le parti libéral du Québec en temps que seul parti profédéraliste canadien, vit son dernier mandat.


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G. Roy.

16 Décembre 2008
23:42

Québec - Exit Noël?

Excellent texte!

Claude Béchard:..."Au Québec nous sommes une société inclusive"...sauf les Québécois?..."c'est l'ouverture et le respect de chacune des traditions"...combien y en a-t-il de traditions dans le monde?...N'est-ce pas babélique?..."Respect de chacune des traditions"...même celle qui infériorise les femmes?...même celle du djihad?...même celle qui traite les non musulmans d'inférieurs, de porcs, etc?...même celle qui ordonne de tuer ou de soumettre à la dhimmitude ceux qui refusent de se convertir à l'islam?...

À TOUS, JE SOUHAITE UN TRÈS JOYEUX NOËL, UNE BONNE ET HEUREUSE ANNÉE ET LE PARADIS À LA FIN DE VOS JOURS!....


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Laudance

17 Décembre 2008
18:44

Québec - Exit Noël?

Au plus je découvre le Québec, ma région d'adoption, au moins je comprends ceux qui, parmi les Québécois, continuent à suivre aveuglément certains représentants de partis politiques, d'associations manipulées et de commissions téléguidées, dont le comportement nuit à leur identité et aux valeurs de leur entité. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les partis en question, comme le Bloc et le PQ pour ne pas les citer, se targuent pourtant d'être les plus grands, les plus ardents, voire les seuls défenseurs d'une culture menacée en Amérique, alors qu'en réalité ils rejoignent le NPD, ainsi que les associations et commissions précitées, dans le déni du danger et les suivent dans leurs compromissions.

Une culture menacée ici ? Oui, tout comme la société démocratique qui l'abrite. Mais menacée par qui ? Par l'anglais, par Ottawa, par les Canadiens et leurs voisins du sud, si l'on en croit les démagogues des partis québécois et les élites qui veulent entraîner le peuple dans une voie que celui-ci n'a pas choisie. Les uns flattent bassement les sentiments anticanadiens et antiaméricains des citoyens les plus obtus, les plus repliés sur eux-mêmes, et les autres tentent de leur vendre ou plutôt de leur imposer une société multiculturelle de rêve (de leur propre rêve uniquement) sans envisager, ne fût-ce qu'un instant, que ce dernier pourrait se transformer en cauchemar. Autant de proies faciles dont les fossoyeurs du Québec espèrent qu'elles deviendront des dhimmis dociles.

Cette double obsession anticanadienne et antiaméricaine allant de la simple animosité à la haine, c'est-à-dire gauchiste, antilibérale, anticapitaliste et antidémocratique, a malheureusement un effet pervers qui va bien au-delà de ses retombées déjà négatives, depuis des années, au sein d'une société qu'elles ferment à une mondialisation bien pensée et à de nouvelles avancées. En effet - c'est le cas de le dire - cet effet réside dans le fait qu'il occulte l'essentiel, qu'il dissimule le véritable et unique danger aux yeux des Québécois les moins éveillés aux signes pourtant très clairs fournis par l'actualité et ce, malgré la prudence des médias chargés d'édulcorer celle-ci quand elle pointe le doigt vers une communauté très impliquée.

C'est ainsi que, tellement obnubilés par les menaces fabriquées par une intelligentsia déconnectée du monde réel, les victimes des bien-pensants et des tenants du politiquement correct ne parviennent plus à détourner leur regard du chiffon rouge agité devant eux par les complices d'une pollution des esprits, laquelle prépare ceux-ci à accepter l'invasion déjà en cours et menée par une idéologie totalement opposée aux lois d'un état de droit. Après l'Europe, France en tête, les Québécois sont donc exposés, à leur tour, à la progression de la charia au profit de laquelle, au nom d'une compréhension à sens unique et imbécile - celle des lâches et des idiots utiles - leurs dirigeants sont prêts à sacrifier ce coin d'Amérique.


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G. Roy.

17 Décembre 2008
22:09

Québec - Exit Noël?

M. Claude Béchard, ministre dans le cabinet du M. Jean Charest du Parti Libéral du Québec, s'est exercé au multicultarisme, en pratiquant une langue politiquement correcte concernant le sapin de Noël. Comment est-il plus "inclusif" de ne pas le nommer? Cela démontre que le gouvernement s'occupe de concepts insignifiants plutôt que de voir les vrais problèmes pour ce qui est entr'autre des enseignements religieux haineux, particulièrement dans les mosquées.

Oui, M. Mario Dumont devrait revenir. Il aurait probablement gagné ses élections s'il eut continué le travail qu'il avait entrepris concernant les "non" accommodements religieux. Le travail n'est pas terminé. Il faut les bannir sans restriction dans l'espace public, au travail, au gouvernement, ainsi que tout voile. Un grand nombre de Québécois s'y attendait.

Il faut légiférer contre tous les versets violents et haineux qui se trouvent dans le coran, la sîra, les hadith.

Il faut légiférer contre tout ce qui incite à la violence, dans toutes les religions.

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Marc Lebuis

17 Décembre 2008
23:31

Québec - Exit Noël?

G. Roy,

Ce n’est pas à nous de s’en faire avec le contenu d'un livre. Ce qui nous importe ce sont nos droits fondamentaux, nos valeurs non négociables, les droits individuels et la liberté.

Un livre en soi ne peut être imputable ou responsable. Un livre ne tue pas, il ne viole pas. Un livre n’est pas dangereux. Une personne peut être dégoûtée à la lecture de certaines choses, une autre peut s’en inspirer. L’homme libre est celui qui sait choisir et assumer les conséquences de ses choix. Le livre n’est pas un être humain, pas plus qu'une religion. Ce sont des idées. Cessons de les présenter comme des êtres capables et responsables.

Les gens qui ont un discours dérangeant ne doivent pas être censurés. Au contraire, nous devons les tenir responsables des conséquences de ce qu’ils disent. Nous devons discréditer les idées qu'ils promeuvent.

Retirer un paragraphe ou une virgule ne responsabilise pas le lecteur. Si quelqu'un choisit de suivre les préceptes d’un livre incitant à la haine, c'est lui qui est fautif, pas le livre.

Marc

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G. Roy.

18 Décembre 2008
09:35

Québec - Exit Noël?

Marc,

Faudra-t-il une police dans chaque mosquée pour responsabiliser ces imans qui prêchent la haine en se basant sur les écrits du coran? Comment un enfant pourra-t-il faire ses choix, de façon conséquente, s'il est exposé à ces enseignements, emmené par ses parents à la mosquée? Ces enfants sont nos enfants et nous avons la responsabilité de leur enseigner "nos droits fondamentaux, nos valeurs non négociables, les droits individiuels et la liberté." Comment les déconditionner alors? Si ces enseignements haineux sont nommément proscrits et les personnes qui les exercent tenues responsables, nous sommes plus avancés.

Les textes de lois civils et criminels ne sont pas des personnes, mais ils sont écrits et si nous ne nous y conformons pas, nous sommes sanctionnés. Alors pourquoi ne pas interdire les écrits haineux... et tenir responsables ceux qui les propagent? Le ministère de la sécurité publique ne prend pas ses responsabilités en laissant en liberté ces individus qui incitent à la haine et s'y croient obligés en vertu d'un livre.

Et que dire de la Commission des Droits de la Personne? Elle a condamné un prêtre pour bien moins...Un catholique peut-être sanctionné et pas un musulman?...

Lorsque j'ai lu, en ligne, le livre de l'imam "Haïti", il y a un peu plus d'un an, je me suis assise sur mon divan, en état de choc... tous ceux que j'aime, tous ceux que je connais, moi-même, étions susceptibles d'être tués si nous ne nous convertissions pas à l'islam...

De toute façon... M. Lebuis, j'admire votre travail, il est essentiel et portera ses fruits.

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