Vendredi 30 Juillet 2010 | Dernière mise à jour: 29 Juillet 2010

Brève

Québec - Cours d'éthique et culture religieuse: Le mea culpa d'un ancien ministre

18 Décembre 2008

Une version partielle du texte de Jacques Brassard est publiée dans Le Quotidien. Le texte complet est affiché sur le site Pour une école libre au Québec.

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Les dieux sont vraiment tombés sur la tête !

Lorsque j'étais, dans une vie antérieure, ministre des Affaires intergouvernementales, j'ai contribué, avec Pauline Marois et Stéphane Dion, à faire adopter par les deux Parlements un amendement constitutionnel qui avait pour effet de déconfessionnaliser les commissions scolaires. Le but recherché était d'en faire des structures linguistiques.

Lors des débats parlementaires, cependant, tout le monde insistait pour dire que la création de commissions scolaires linguistiques n'abolissait pas le droit à l'enseignement religieux garanti par la Charte des droits et libertés. Jusque-là, pas de problème !

Valeur

Quand le ministère de l'Éducation a concocté et imposé à tous les jeunes du primaire et du secondaire un cours d'éthique et de culture religieuse, quelle ne fut pas ma surprise d'apprendre que l'Assemblée nationale avait modifié à l'unanimité et à toute vapeur, en juin 2005 sans vote nominal la Charte des droits. Résultat : abolition, à toutes fins utiles, de la liberté de choix des parents en matière d'enseignement religieux et moral.

J'avoue que je n'ai rien vu passer. Même l'ADQ qui, aujourd'hui, réclame un moratoire sur le nouveau cours, ne s'est pas opposée à l'amendement. Pourtant, on dit que la Charte des droits et libertés a plus de valeur et d'importance qu'une loi ordinaire. Et que, par conséquent, il ne faut lui toucher qu'avec grande précaution et après un large débat permettant une décision éclairée. Ce ne fut évidemment pas le cas sur cette question délicate.

Cela vaut la peine de lire le texte avant sa modification... « Les parents ont le droit d'exiger que, dans les établissements publics, leurs enfants reçoivent un enseignement religieux ou moral conforme à leurs convictions, dans le cadre de programmes prévus par la loi. » C'est en vertu de cette disposition que les écoles publiques du Québec offraient le choix aux parents entre l'enseignement religieux et l'enseignement moral. Dans 80 % des cas, c'était l'enseignement religieux qui était choisi.

Changement majeur

Désormais, le nouvel article, tel que modifié, ne fait que reconnaître aux parents le « droit d'assurer l'éducation religieuse et morale de leurs enfants ». Il n'est plus question, toutefois, que ça se passe dans les « établissements publics ». Il s'agit d'un changement majeur puisqu'il abolit la liberté de choix (entre enseignement religieux ou moral) des parents. Tout cela s'est fait pratiquement en cachette et à toute vapeur. Une telle désinvolture en matière de droits et libertés est pour le moins offensante et méprisante à l'égard des parents du Québec.

Le nouveau cours d'éthique et de culture religieuse est je le dis sans ménagement, une horreur. C'est une macédoine indescriptible qui oblige des enfants de six ans à « fréquenter » au moins six religions. Jésus, Allah, Bouddha, Vishnou, Ganesh, Jéhovah et le Grand manitou, C'est toute une ribambelle de dieux qui vont se bousculer dans le cerveau des tout-petits.

L’effet recherché de ce cafouillis divin, c’est de relativiser (cela s’appelle le relativisme éthique) l’héritage judéo-chrétien des Québécois. Vous croyez que je divague ? Voici ce qu’écrit le géniteur du cours, Fernand Ouellet : « Il ne suffit pas, nous avoue-t-il, d’éduquer à la reconnaissance et au respect de l’autre. Il faut aussi apprendre à ébranler la « suffisance identitaire » et à s’intéresser à l’autre par delà les divergences et les conflits de valeurs ». Plus loin, il ajoute qu’il faut « ébranler une identité trop massive et y introduire la divergence et la dissonance ». Pas mal, hein ? Comprenez que l’héritage, les traditions, le patrimoine et l’éthique judéo-chrétienne forment un noyau trop dur, trop résistant, trop coriace. Ainsi, il est essentiel de le casser, de le fractionner, afin de permettre à nos enfants et petits-enfants d’être propulsé dans le nirvana du multiculturalisme et de la surabondance divine.

Patrimoine

Au moins, on ne peut pas reprocher à la Machine technocratique de l’Éducation de manquer de clarté et d’avoir des objectifs flous. Les Québécois, selon ces bonzes et ces mollahs du Ratatinement Identitaire, ont la fâcheuse propension à considérer que leur identité nationale (400 ans d’histoire en Amérique, une langue, une culture, une patrie, un patrimoine, un vieil héritage judéo-chrétien) se doit d’être dominante et prépondérante au Québec. C’est d’un très mauvais goût !

Il convient donc pour ces technocrates que l’immense majorité des parents réduisent leur « suffisance identitaire » , c’est-à-dire, selon le Petit Larousse, leur « satisfaction excessive de soi-même ». Il faut que ces Québécois cessent de faire preuve d’un attachement inconvenant et abusif à la dimension judéo-chrétienne de leur identité nationale, ce qui se traduisait auparavant par l’inscription massive de leurs enfants au cours d’enseignement religieux plutôt qu’à celui de morale. Voilà pourquoi, désormais, nos écoles ont recours à Bouddha, Allah, Vishnou et tout le panthéon planétaire pour désarticuler, chez des enfants de six ans, la part judéo-chrétienne de notre identité nationale.

Si l’on pouvait tenir un référendum (comme dans la plupart des États américains) sur cette question, une forte majorité obligerait sûrement les idéologues multiculturels à rétablir la liberté de choix des parents comme un droit fondamental.

Voir aussi:

Québec - Enfants suspendus pour boycotter le cours d’éthique et culture religieuse

La propagande Nouvel-Âge dans les écoles, par Patrick Andries

Cours d’ECR. Retirer la croix du drapeau du Québec

Rapport Bouchard-Taylor : la tentation totalitaire, par Mathieu Bock-Côté

Le multiculturalisme, un utopisme malfaisant

Espagne - Un tribunal reconnaît aux parents le droit à l’objection de conscience face à un cours teinté d’idéologie et de relativisme

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Commentaires

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6 commentaires

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rXnovae-franciae

19 Décembre 2008
10:42

Québec - Cours d'éthique et culture religieuse: Le mea culpa d'un ancien ministre

Le père de ce cours complètement dégoûtant et immoral (les qualificatifs adéquats me manquent!) dit littéralement que ce dernier vise à détruire l'identité Québécoise et la population ne descend pas dans les rues pour brûler l'Assemblée nationale? Où est le FLQ quand on en a vraiment besoin?

Vivement la souveraineté, qu'on puisse enfin se débarrasser du multiculturalisme, de la Constitution canadienne et de sa Charte des Droits des Anglos débiles.


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Rejean

24 Janvier 2009
14:53

Québec - Cours d'éthique et culture religieuse: Le mea culpa d'un ancien ministre

Je ne suis pas convaincu que votre démarche soit constructive pour l'avancement de cette cause.Je dois dire que je comprends votre indignation, mais je n'irais pas jusqu'à tuer pour faire valoir mon point (FLQ, attentats criminels, haine des anglos).
Je pense aussi que le PQ ne possède pas un dossier vierge en matière de respect des citoyens. C'est mon point de vue!!

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Kasteli

19 Décembre 2008
11:25

Québec - Cours d'éthique et culture religieuse: Le mea culpa d'un ancien ministre

Éthique et culture religieuse

À surveiller ce samedi 20 décembre : la présidente du Mouvement laïque québécois, Marie-Michelle Poisson, débat du cours Éthique et culture religieuse en face à face avec un représentant de l'Association des parents catholiques à l'émission de Michel Lacombe, Ouvert le samedi, diffusée à la radio de Radio-Canada de 12h à 14h. L'émission est également diffusée sur Internet.


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Tromso

19 Décembre 2008
11:59

Québec - Cours d'éthique et culture religieuse: Le mea culpa d'un ancien ministre

«ébranler une identité trop massive et y introduire la divergence et la dissonance ».

Le cours sera une macédoine multiculturelle. Il faut pour les gauchistes multicultu détruire l`identité - Chrétienne - de culture francaise et d`origine européenne - (un grand péché) pour créer des enfants sans identité, sans valeurs, avec une morale confuse.

Les pédagogues sont fous au Ministere de l`Éducation!



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Kasteli

21 Décembre 2008
11:47

Québec - Cours d'éthique et culture religieuse: Le mea culpa d'un ancien ministre

Voilà où nous en sommes rendus...:

le 16 décembre 2008
Des parents exigent d'annuler les suspensions

ALEXANDRA ARBOUR
La Voix de l'Est

(Granby) Six parents qui s'opposent au cours d'éthique et culture religieuse (ÉRC) ont expédié une mise en demeure à l'école secondaire Joseph-Hermas-Leclerc. Ils somment la direction de l'établissement d'annuler l'avis de suspension remis à leurs enfants la semaine dernière, sans quoi ils pourraient porter la cause devant les tribunaux.

«Nous sommes rendus à une étape où notre bonne volonté ne suffit plus, affirme Linda Foisy, la mère des jumeaux Xavier et Pierre-Élie Lasnier, suspendus respectivement hier et aujourd'hui. Le gouvernement nous a enlevé le droit de regard sur l'éducation de nos enfants. C'est David contre Goliath!»

Les parents des élèves se sont présentés à l'école hier matin vers 8h30 pour y rencontrer la direction. Ils avaient en mains trois mises en demeure, concernant quatre élèves de quatrième secondaire. «La direction nous a fait jouer une cassette, raconte Pierre-Yves Lasnier, le père des jumeaux. Ils répétaient constamment que nos enfants devaient assumer les conséquences de leurs absences au cours d'ÉCR.»


Les parents interrogés par La Voix de l'Est considèrent que l'école ne respecte pas leur droit de parent en refusant de motiver les absences de leurs enfants au cours d'ÉCR. Ainsi, les élèves qui boycottent le cours cumulent les absences non motivées et s'exposent à des sanctions prévues par le code de vie de l'école. Les parents indiquent qu'ils se battront tant et aussi longtemps que la commission scolaire du Val-des-Cerfs n'assouplira pas ses règles ou n'exemptera pas leurs jeunes.

Contrat de réintégration

Après avoir rencontré la direction de J.-H.-Leclerc, le père de Jonathan Gagné, suspendu vendredi, ne savait toujours pas ce qu'il adviendrait de son fils aujourd'hui. Pour que Jonathan retourne en classe, ses parents doivent signer une entente de réintégration, qui stipule qu'il assistera à l'avenir à ses cours d'ÉCR.

«Hier, ils l'ont laissé aller à ses cours parce que le contrat de réintégration n'était pas prêt, dit Jocelyn Gagné. Alors nous devons attendre que l'école nous fasse parvenir le document. Comme nous refusons de le signer, nous ne savons pas si Jonathan sera réintégré en classe, suspendu à l'interne, renvoyé à la maison ou expulsé.»

La balle est maintenant dans le camp de la commission scolaire. «La direction de J.-H.-Leclerc nous a transmis les mises en demeure pour que nos avocats les étudient, dit le directeur général, Alain Lecours. Nous n'avons pas encore déterminé notre plan de match.»

M. Lecours déplore la tournure des événements depuis le début de la saga du boycottage du cours d'ÉCR. Il fait valoir que la commission scolaire et les parents ont chacun des responsabilités vis-à-vis des jeunes. «Selon la loi, nous devons appliquer le régime pédagogique, dit-il. Les parents doivent quant à eux prendre tous les moyens nécessaires pour que leur jeune fréquente l'école. On espère qu'on pourra concilier ces deux responsabilités.»

Un cours anticonstitutionnel?

L'idée d'envoyer une mise en demeure à l'école J.-H.-Leclerc a germé dans l'esprit de l'avocat Jean-Yves Côté dimanche dernier. «Quand j'ai appris que des élèves avaient été suspendus à cause du boycott du cours d'ÉCR, j'ai lancé la balle à leurs parents et ils l'ont vite attrapée, dit celui qui a rédigé les documents déposés ce matin. J'ai été interpellé par la cause non seulement comme avocat, mais aussi comme parent et comme croyant.»

L'avocat plaidera au palais de justice de Drummondville en mai prochain au sujet du cours d'ÉCR, dans une autre cause. «La Cour supérieure déterminera si l'obligation de suivre ce cours porte atteinte à la liberté de conscience et de religion, explique-t-il. Si des parents musulmans réussissent à faire exempter leurs enfants d'un cours de musique pour des motifs religieux, je ne vois pas pourquoi on n'accorderait pas la même chose aux parents qui s'opposent au cours d'ÉCR. J'appelle cela de la «christianophobie».» Les familles Lasnier et Gagné espèrent que la commission scolaire du Val-des-Cerfs attendra ce jugement pour décider du sort de leurs enfants.

D'ici là, Me Jean-Yves Côté remarque que plusieurs parents retirent leur enfant du cours d'ÉCR sans embûche. «Le seul endroit où il y a un problème, c'est à J.-H.-Leclerc. J'ai moi-même un fils en secondaire 2 dans un autre établissement et je le retire du cours aisément», dit-il.

Sur ce, Joyeux Noël quand même M.Brassard


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Québec - Cours d'éthique et culture religieuse: Le mea culpa d'un ancien ministre

Relativiser c'est enlever les repères identitaires. Un obstacle dans la construction de l'enfant. C'est seulement quand on sait qui on est qu'on peut dans un deuxième temps se décentrer et adopter le point de vue de l'autre et devenir tolérant pour d'autres croyances. En l'absence d'identité construite et stable c'est la peur de l'autre qui domine. Aucune rencontre n'est alors possible. Tout contact est baigné par l'hostilité. Les populations déracinées et acculturées donnent un exemple de la violence qui peut en découler. Ainsi à la merci de la premiere ideologie qui peut leur apporter un semblant d'identité.


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