Jeudi 18 Mars 2010 | Dernière mise à jour: 13 Mars 2010

Brève

Afghanistan - Pour les analystes, la proposition de Obama de dialoguer avec les Talibans "modérés" ne tient pas debout. Autant parler à des "tueurs modérés"!

9 Mars 2009

Il s'agit d'une mise à jour de: États-Unis - Obama veut se réconcilier avec les talibans "modérés"

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Pour les analystes, la proposition de Obama de dialoguer avec les Talibans modérés est inutile

KABOUL (Reuters) – La proposition du Président Barack Obama de tendre la main aux Talibans modérés ne réussira pas à mettre fin à l'insurrection afghane, car la guerre est orchestrée par des leaders talibans inflexibles et non par les modérés, disent des analystes.

Dans une interview avec le New York Times publiée sur son site Internet samedi, Obama s’est montré ouvert à transposer en Afghanistan une stratégie qui avait été utilisée en Irak avec des éléments modérés dans ce pays.

Le président afghan Hamid Karzai se félicite de la proposition de Obama, mais les analystes sont sceptiques.

« Les commentaires de Obama relèvent davantage du rêve que de la réalité», a déclaré Waheed Mozhdah, un analyste qui a écrit un livre sur les Talibans.

« Où sont les soi-disant Talibans modérés? Qui sont les Talibans modérés? » a demandé Mozhdah, qui a été fonctionnaire tant dans le gouvernement des Talibans que dans celui de Karzai.

L’administration Karzai pro-occidentale et le nombre grandissant des forces étrangères en Afghanistan ont été la cible d’attaques croissantes par les Talibans résurgents, Obama décrivant maintenant l’Afghanistan comme une priorité de la politique étrangère de son nouveau gouvernement.

Un «Taliban modéré», c’est comme un « tueur modéré». Existe-t-il une telle chose? », a demandé l'écrivain et analyste Qaseem Akhgar.

Obama a fait remarquer que par rapport à l'Irak, la situation est plus complexe en Afghanistan où il y a près de 70.000 soldats étrangers, dont 38.000 Américains, auxquels s’ajouteront dans les mois à venir 17.000 autres soldats américains.

Le nombre de troupes étrangères en Afghanistan a augmenté de façon constante depuis que les forces dirigées par les Américains ont renversé les Talibans en 2001 après qu'ils aient refusé de livrer aux États-Unis les dirigeants d'Al-Qaïda responsables des attentats du 11 septembre.

Le niveau de violence s’est également accru, les Talibans ayant intensifié leur campagne pour chasser les troupes occidentales.

Certains politiciens occidentaux et officiers militaires disent maintenant que la guerre ne peut être gagnée par les seuls moyens militaires et qu’une solution devra impliquer une certaine forme de réconciliation.

DEMANDES INFLEXIBLES

La clé pour mettre fin à la violence en Afghanistan est entre les mains des dirigeants des Talibans qui sont sur la liste américaine des personnes recherchées, a dit Mozhdah.

« Les leaders des Talibans sont à l'origine de l'insurrection, et non les soi-disant modérés. Pour mettre fin à la guerre, ils doivent être inclus dans les négociations et leur point de vue doit être entendu», a déclaré Mozhdah.

«Leurs noms doivent être retirés de la liste car ils sont la source de la crise. »

L’analyste pakistanais Rahimullah Yousufzai s'est félicité de la proposition de Obama de dialoguer avec les modérés, disant que les Américains prenaient finalement conscience qu’il n’y aura pas de solution militaire.

Mais lui aussi est sceptique sur les chances de négocier avec les Talibans, qui n'ont montré aucun signe de compromis dans leur principale revendication, à savoir que les troupes étrangères partent.

« Ils aimeraient pacifier certains éléments des Talibans, mais j'ai des doutes à ce sujet », a-t-il dit.

« Les Talibans sont très rigides dans leurs demandes. En fait, ils ne veulent pas discuter à moins qu'il y ait une certaine assurance que les forces occidentales quitteront», dit-il.

Les analystes ont déclaré que la proposition de Obama de tendre la main aux Talibans modérés visait également à diviser le mouvement, bien que Karzaï n'ait pas réussi à faire cela avec ses multiples offres de travailler avec les modérés au cours des dernières années.

« Je n’anticipe pas beaucoup de changements sur le terrain ... Au cours des huit dernières années, il y a eu très peu de défections chez les Talibans », a déclaré Yousufzai.

«Ils ont le mollah Omar comme chef. Ils doivent parler au mollah Omar, et comme nous le savons tous, il est très inflexible. »

En Irak, le recours aux leaders de la communauté musulmane pour employer ses membres comme patrouilleurs dans leurs quartiers a été reconnue comme l'une des principales cause de la forte diminution de la violence.

Mais Ahmad Saeedi, un ancien diplomate et analyste, a dit que cette tactique ne réussirait pas en Afghanistan, où des milices armées deviendront un casse-tête supplémentaire pour Kaboul et l’Occident.

L’appel au dialogue avec les éléments modérés lancé par Obama visait à apaiser les pays européens de plus en plus déçus par ce qui ressemble à une guerre sans fin, avant un voyage qu’il doit faire là-bas, a dit Saeedi.

Les États-Unis ont besoin de mobiliser les pays de la région de l'Afghanistan et de considérer leurs demandes pour résoudre la crise de l'Afghanistan, a dit Saeedi.

Voir aussi:

États-Unis - Obama veut se réconcilier avec les talibans "modérés"


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Tromso

9 Mars 2009
23:07

Afghanistan - Pour les analystes, la proposition de Obama de dialoguer avec les Talibans "modérés" ne tient pas debout. Autant parler à des "tueurs modérés"!

Difficile a dire... Il ne faut pas se leurrer les talibans ont beaucoup de support populaire dans le nord du Pakistan, parmi le clergé, dans les forces armées pakistanaises, dans les services de renseignement pakistanais (ISI) et meme au niveau politique.

«Le 11 septembre 1995, la presse officielle de Téhéran déclarait « Le Pakistan et l`Arabie saoudite constituent l`épine dorsale du phénomene taleban.»

Mollah Omar est un pachtoune de la tribu Gilzai Hotaki venat d`un sous-clan d`un village proche de Kandahar. Omar avait le soutien du Général Babar de l`armée pakistanaise qui leur donna des armes et de la mafia des cammionneurs de Quetta exaspéré de se faire piller leur marchandises en roulant vers Kaboul.

le 29 octobre 1994, le général Babar décide d`emnvoyer un convoi de trente camions de médicaments a destination du Turkménistan en passant par Kandahar et Hérat. Les camions sont conduit par des soldats pakistanais commandé par un colonel de l`ISI et accompagné de deux mollahs proche de Omar. Le convoi est arreté par les seigneurs de guerres pres de Kandahar. Le général Babar avait son prétexte. Le 2 novembre, une force de plusieurs centaines de talibans armés par le Pakistan attaque les seigneur de la guerre et pendent leur chef au canon d`un char. Dans Kandahar les partisans de Rabanni, le mollah Naqibollah a la tete de 2,500 guerriers cedent la place au Talibans et se retirent dans leur village sans combattre.

Les séminaristes se retouvent en controle de Kandahar et disent apporté la paix et la purification du pays par une application rigoureuse de la charia.

Les écoles de filles sont ferméees, la musique, le dessin, le cinéma, la photographie, les jeux, cerfs-volants et échecs sont interdits.

Pour nombre de pachtounes ruraux, c`était l`ordre, la sécurité, la paix et une confirmation de leur traditions, habitudes et préjugés. Les boutiquiers de Kandahar se réjouissaient parceque les marchandises pakistanaises coulaient a flots dans les bazars soumis au talibans.»

Le régime taliban était abject avec les femmes. Le mollah Omar a encouragé le traffic d`opium pour payer ses troupes et "pourrir les infideles". Le régime taliban a employé des médecins pour la torture et pour les amputations publiques dans le stade de Kaboul.

Le régime Taliban a commis des persécutions racistes, ethniques et religieuses sur les Hazaras une minorité chiite et sur les Tadjiks et a imposé le port d`une étiquette jaune a la minorité hindoue de Kaboul en 2001.

De plus nombreux sont les généraux, politiciens et membre de l`Inter Service Intelligence pakistanaise qui devraient aussi se retrouvé devant le tribunal de la Haye pour avoir soutenu et armés les talibans.»

Extrait du livre - Le Royaume de l`Insolence - Afghanistan 1504-2001

Il sera impossible de régler le probleme sans le Pakistan et l`Iran. Mais le plus grave c`est que nombreux sont ceux qui n`ont aucun intéret a le régler au Pakistan parceque ils sont responsables et impliqués, il y a donc peu de volonté réelle de coopération.

Le terrain montagneux avantage la guérilla. Il n`y a pas de solution facile.


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Tromso

27 Mars 2009
09:14

Afghanistan - Pour les analystes, la proposition de Obama de dialoguer avec les Talibans "modérés" ne tient pas debout. Autant parler à des "tueurs modérés"!

Le Figaro

Les talibans afghans aidés par les services secrets pakistanais

Marie-France Calle, correspondante à New Delhi
26/03/2009 |

Un article du New York Times démontre comment le pouvoir pakistanais conseille et arme les insurgés afghans qui s'en prennent aux forces de l'Otan.

Plus qu'une révélation, c'est une confirmation. Mais elle est embarrassante et tombe mal, aussi bien pour Washington que pour Islamabad. Les services secrets pakistanais (ISI) n'ont jamais cessé d'aider les talibans dans leurs opérations meurtrières contre les troupes de l'Otan au sud de l'Afghanistan, martèle le New York Times dans son édition de jeudi. Preuves à l'appui, et alors que Barack Obama se prépare à dévoiler sa nouvelle stratégie pour l'Afghanistan et le Pakistan.

Islamabad occupe le centre de ce que l'on appelle désormais l'«Af-Pak». « Les détails des liens qui continuent d'exister entre des groupes de militants et l'ISI ont été fournis par une demi-douzaine de hauts responsables américains et pakistanais, au cours d'interviews réalisées à Washington et à Islamabad », indiquent les auteurs de l'article. Des informations recueillies, notamment, grâce à un système de surveillance électronique et à des informateurs jugés fiables.

Pour le gouvernement pakistanais, qui avait promis de mettre un terme à ces liaisons dangereuses, les chefs d'accusation sont lourds. Ils mettent en évidence l'incapacité du président Asif Ali Zardari à en finir avec le «double jeu» de l'«establishment» pakistanais, en clair l'armée et les services secrets. Ils indiquent surtout que certains éléments à Islamabad se préparent déjà à un éventuel retour des talibans à Kaboul, voire qu'ils l'encouragent.

Le soutien de l'ISI aux talibans et à d'autres insurgés consiste «en une aide financière, des fournitures militaires et des conseils de planification stratégique dispensés à des commandants talibans appelés à affronter les forces internationales en Afghanistan», souligne le New York Times, rappelant que les États-Unis s'apprêtent à envoyer 17 000 soldats supplémentaires en Afghanistan. Les opérations sont coordonnées au sein de la «très opaque (et influente) aile S des services d'espionnage pakistanais». Toujours selon le journal, des responsables de l'ISI rencontreraient régulièrement des commandants talibans «afin de discuter avec eux de l'opportunité d'intensifier ou de réduire la violence avant les élections en Afghanistan». Le scrutin, destiné à élire au suffrage universel le futur président afghan, devrait avoir lieu le 20 août.

Au nombre des commandants talibans, figurerait Mollah Omar, le chef spirituel des étudiants en théologie qui ont régné sur l'Afghanistan de 1996 à 2001. Bien que les Pakistanais s'en défendent, Omar dirigerait en toute impunité un gouvernement taliban en exil à Quetta, la capitale du Baloutchistan (ouest du Pakistan).


Obsédés par l'Inde

Reste que les Occidentaux ont toujours été, semble-t-il, très précisément au courant des liens que continue d'entretenir l'ISI avec les militants islamistes. Ils ont même tenté de les exploiter. «Au cours des derniers mois, le gouvernement britannique a envoyé plusieurs télégrammes à Islamabad, demandant à l'ISI d'user de son influence auprès des commandants talibans pour qu'ils diminuent la violence avant les élections présidentielles», affirme le New York Times.

Plus que tout, la mise en évidence des liens entre l'ISI et les talibans, voire des membres d'al-Qaida, prouve à quel point les intérêts des États-Unis dans la région et ceux des pays d'Asie du Sud divergent. Alors que Washington cherche une stratégie pour sortir du bourbier afghan, le Pakistan tente désespérément de ne pas perdre dans ce pays sa «profondeur stratégique », son influence traditionnelle. Obsédés par l'Inde, qui ne cesse d'étendre son poids en Afghanistan, les Pakistanais misent sur un retour des talibans au pouvoir à Kaboul. Espérant dans le même temps ne pas y laisser le champ libre aux Indiens lorsque les troupes de l'Otan se seront retirées. Le Great Game, le Grand Jeu, est loin d'être terminé.


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