Vendredi 19 Mars 2010 | Dernière mise à jour: 13 Mars 2010

Brève

Québec - Les partis d'opposition demandent au gouvernement de se dissocier de la position de la Fédération des femmes du Québec sur le voile islamique

13 Mai 2009

Voici un extrait de la transcription des débats tenus à l'Assemblée nationale le 13 mai, sur le voile dans les institutions publiques.

Le débat a rebondi à la suite de l'adoption, le 9 mai, d'une résolution de la Fédération des femmes du Québec en faveur du port du voile dans la fonction publique. La FFQ se démarque du Conseil du statut de la femme qui, dans un avis au gouvernement en septembre 2007, recommandait «Que les représentantes et les représentants ou les fonctionnaires de l’État ne puissent arborer de signes religieux ostentatoires dans le cadre de leur travail.»

Les intervenants sont Sylvie Roy (ADQ, chef du deuxième groupe d'opposition), Pauline Marois (PQ, chef de l'opposition officielle), Christine St-Pierre (ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine) et Amir Kadhir (Québec solidaire).

Mme St-Pierre n'a pas répondu aux questions.

***

Mme Roy: Merci, M. le Président. Le 9 mai dernier, la Fédération des femmes du Québec a décidé que les femmes qui travaillent dans la fonction publique devaient avoir le droit de porter des signes religieux, comme le voile. Nous nous étonnons que la ministre de la Condition féminine n'ait pas encore désavoué cette position. Cette question soulève des débats sérieux, notamment sur la signification des symboles religieux et la laïcité de l'État. Partout dans le monde, il y a des femmes qui se battent pour obtenir l'égalité. Il y en a qui paient le prix de leur vie. On a eu un débat sur la commission, mais on ne peut plus continuer à banaliser cette situation. C'est la raison pour laquelle, encore et aujourd'hui, je demande une position sérieuse du gouvernement.

Est-ce que le gouvernement va encore balayer, sous le tapis, ses responsabilités? Est-ce qu'il va désavouer, publiquement et énergiquement, la position de le Fédération des femmes du Québec?

Le Président: Mme la ministre.

Mme St-Pierre: M. le Président, comme tout le monde, j'ai pris connaissance de cette déclaration, en fin de semaine, de la Fédération des femmes du Québec. Il y a également le Conseil du statut de la femme qui dit tout le contraire sur cette question. Cette question, évidemment, au Québec, c'est une question sur laquelle tout le monde s'interroge, et il n'y a pas consensus sur cette question. Mais il y a un consensus sur une chose, par exemple, M. le Président: Ici, au Québec, c'est l'égalité entre les hommes et les femmes, et ce n'est pas pour rien que, l'année dernière, nous avons fait adopter cet amendement à la Charte québécoise des droits et libertés. Il y a primauté du français, puis une autre valeur fondamentale, c'est la séparation de l'Église et de l'État.

Le Président: En première complémentaire, Mme la chef du deuxième groupe d'opposition.

Mme Roy: Avoir des services publics laïques, c'est un débat politique que nous devons tenir. Est-ce que le gouvernement peut prendre le leadership et mener ce débat? On a décidé, comme société, de déconfessionnaliser nos écoles, de laïciser l'État. Est-ce qu'aujourd'hui la ministre pense qu'on devrait accepter de reculer en permettant le port de signes religieux ostentatoires, comme la burqa, le kirpan, le turban, le hidjab dans la fonction publique?

Le Président: Mme la ministre responsable de la Condition féminine.

Mme St-Pierre: M. le Président, je m'étonne que l'ADQ demande un débat, parce qu'ils ont été absents lors des travaux de la commission Bouchard-Taylor. Ils auraient pu aller donner leur opinion lors de cette grande commission.

M. le Président, l'égalité entre les... Je suis ministre de la Condition féminine et l'égalité entre les hommes et les femmes, c'est une valeur sur laquelle je travaille, et je l'ai fait et je l'ai prouvé avec l'adoption de cet amendement à la Charte québécoise des droits et libertés. L'égalité entre les hommes et les femmes, c'est un message qui s'envoie à tous les Québécois, quelle que soit leur religion, quelle que soit leur éducation, quel que soit leur niveau de scolarité ou leur richesse.

Le Président: En deuxième complémentaire, Mme la chef du deuxième groupe d'opposition.

Mme Roy: On peut bien énoncer des principes que tous ici partagent...
Le Président: En deuxième complémentaire, Mme la chef du deuxième groupe d'opposition.

Mme Roy: On peut bien énoncer des principes que tous ici partagent. Je sais qu'on veut un État laïque, qu'on veut l'égalité entre les hommes et les femmes.

Ce que je vous demande, Mme la ministre: Est-ce que vous allez désavouer les propos de la Fédération des femmes du Québec?

Le Président: Mme la ministre responsable de la Condition féminine.
Mme St-Pierre: J'ai lu, ce matin, M. le Président, la lettre que la Fédération des femmes du Québec a fait parvenir aux différents médias. M. le Président, la question de l'égalité entre les hommes et les femmes, c'est une valeur fondamentale, et le message est clair. On ne peut pas avoir de message plus clair que ça, M. le Président.

Le Président: Mme la chef de l'opposition officielle.

Mme Marois: Alors, merci, M. le Président. Effectivement, c'est un principe fondamental dans nos sociétés. Nous aurions même voulu que la charte soit amendée, lorsque nous l'avons fait, la semaine... l'année dernière, pour faire en sorte que ce principe d'égalité entre les hommes et les femmes soit un principe qui permette d'interpréter toutes les lois. Ce n'est pas ce que le gouvernement a retenu, M. le Président.

Cependant, aujourd'hui, puisque la ministre de la Condition féminine n'est pas capable de répondre à la question soulevée par la chef de la deuxième opposition, je m'adresse à la vice-première ministre, M. le Président. Je veux savoir si elle est plutôt d'accord avec la position défendue par la Fédération des femmes du Québec ou la position défendue par le Conseil du statut de la femme, qui dit que les représentantes et représentants ou fonctionnaires de l'État ne puissent arborer de signe religieux ostentatoire dans le cadre de leur travail.

La question est simple, M. le Président: Est-ce qu'on est d'accord avec cet énoncé ou avec celle de la Fédération des femmes du Québec?

Le Président: Mme la ministre responsable de la Condition féminine.

Mme St-Pierre: En tout cas, M. le Président, le projet de loi faisait leur affaire parce qu'ils ont voté pour. Le projet de loi a été adopté à l'unanimité l'année dernière.

Donc, le Conseil du statut de la femme a rendu public son avis, il y avait des recommandations dans cet avis, la principale recommandation était d'apporter cet amendement à la charte québécoise des droits et libertés. Nous avons dit oui. J'ai piloté ce dossier, et nous l’avons à l'unanimité, et j'en suis très fière. L'égalité entre les hommes et les femmes, M. le Président, c'est une valeur fondamentale, la primauté du français ainsi que la séparation de l'Église et de l'État.

Le Président: En question complémentaire, Mme la chef de l'opposition officielle.

Mme Marois: C'est vraiment une mauvaise habitude, M. le Président, ce gouvernement n'a pas d'opinion, ne répond pas aux questions. La question, elle est d'une simplicité, une limpidité exemplaire.

Est-ce qu'on est d'accord avec la position de la Fédération des femmes du Québec sur le port du voile, ou est-ce qu'on est d'accord avec la position défendue par le Conseil du statut de la femme, M. le Président? Simple comme question!

Le Président: Mme la ministre... Mme la ministre responsable de la Condition féminine.

Mme St-Pierre: Bon. Je pense que... M. le Président, c'est une question qui est beaucoup plus large que ça. Lorsqu'on parle des signes religieux, on parle des gens qui portent une petite croix dans le cou, on parle des gens qui... On parle des signes religieux. L'important, c'est qu'il y ait une...

Le Président: Mme la ministre, un instant, un instant.

Mme St-Pierre: ...

Le Président: Mme la ministre, c'est que, là, votre microphone ne fonctionne plus. Je veux tout simplement qu'on puisse entendre correctement la réponse que vous donnez. Alors, veuillez continuer.
Mme St-Pierre: Alors, M. le Président, c'est un débat qui est beaucoup plus large, beaucoup plus large. Est-ce qu'on a... est-ce qu'on... La question est beaucoup plus large que celle-là. On parle... Ça peut être une croix dans le cou, ça peut être des signes... Ce sont des signes religieux. L'important, c'est qu'il y ait séparation de l'Église et de l'État. La valeur... La grande valeur, c'est l'égalité entre les hommes et les femmes. Je pense que je ne peux pas être plus claire que ça. Et je peux vous assurer, M. le Président, que ce message passe très bien.

Le Président: En deuxième complémentaire, Mme la chef de l'opposition officielle.

Mme Marois: Toujours pas de réponse, M. le Président. Et je rappelle à la ministre que, lorsque nous avons voulu amender la charte, nous souhaitions y inscrire la laïcité des institutions, et la ministre et son gouvernement ont refusé notre proposition, M. le Président.

Je répète ma question: Il y a une position claire qui a été énoncée par le Conseil du statut de la femme et qui dit qu'on ne peut, lorsqu'on travaille au service public, arborer des signes religieux ostentatoires...

Le Président: Mme la ministre responsable de la Condition féminine.

Mme St-Pierre: M. le Président, le Conseil du statut de la femme est un organisme sérieux, qui s'est penché sérieusement sur la question, a émis un avis l'année dernière. Il y avait six recommandations. La principale recommandation du Conseil du statut de la femme, c'était d'amender la Charte des droits et libertés du Québec pour que l'égalité entre les hommes et les femmes devienne une valeur fondamentale, un pilier de notre société, et c'est ce que nous avons fait. Nous l'avons adopté à l'unanimité.

Le Président: En question principale, M. le député de Mercier.

M. Khadir: M. le Président, le voile est un symbole de soumission, mais on peut être contre le voile sans isoler davantage et faire une chasse aux sorcières aux musulmanes qui veulent intégrer la société québécoise. L'égalité entre les hommes et les femmes au Québec passe par bien d'autres choses qu'une question d'apparence et de port vestimentaire, notamment il faut que nos institutions... notre institution de justice surmonte les apparences d'injustice.

Voir aussi:

Québec - La Fédération des femmes du Québec se prononce en faveur du voile dans les institutions publiques

Québec - Djemila Benhabib : "J’accuse la Fédération des femmes du Québec de trahir le combat des femmes"

Dutrizac : Michèle Asselin et Djemila Benhabib sur le hijab dans la fonction publique (audio)

Québec - Sur Mejliss : Comment l’assemblée de la Fédération des femmes du Québec a été investie par des islamistes

Québec - Présence musulmane Montréal envoie une mise en demeure à Sisyphe.org en relation avec la déclaration de Djemila Benhabib

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Commentaires

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3 commentaires

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Tromso

13 Mai 2009
20:58

Québec - Les partis d'opposition demandent au gouvernement de se dissocier de la position de la Fédération des femmes du Québec sur le voile islamique

Les islamistes enfoncent un coin dans le mouvement féministe et attaque la neutralité de l`État et il faut avoué que cela est bien joué!

Ils ont toutes les chances de gagner parceque la Charte canadienne des droits et libertés va leur donner raison si ils vont en cour suprême. Choquant n`est-ce pas!

Avec des techniques militantes rodées en Algérie et en Égypte ils mettent le gouvernement devant un dilemme difficile a solutionner. Si ils peuvent porter le voile dans la fonctions publique, ils gagnent et détruise a neutralité de l`État qu`ils ne reconnaissent pas. Ils préfèrent le communautarisme comme au Liban et si le voile est refusé ils vont crier a l`islamophobie et activer leur propagande anti-occidentale dans leur communauté pour radicaliser ceux qui peuvent l`être.

La Charte de Mr Trudeau était prévue pour les religions occidentales - Catholique et Protestante ou l`État et la religion sont séparée et cela ne causait pas problème.

L`Islam religion orientale qui ignore la séparation entre le politique et la mosquée pose un problème très particulier. Les islamistes connaissent leur religion et leurs objectifs a long terme soit la lente islamisation progressive de l`Occident.

La responsabilité des politiciens fédéraux serait de modifié la Charte canadienne et balisé sérieusement le "droit de religion" - sinon nous ne gagnerons pas.

La charte devrait spécifier que le pays a des bases chrétiennes et que la religion est séparée de l`état et doit etre pratiqué en privée ou quelque chose comme cela.

Si les gouvernements ne font pas cela les islamistes vont continuer leur intimidation juridique et leur demandes religieuses et remporteront victoire sur victoire.

Les politiciens sont totalement responsables de cette situation parceque ils sont ceux qui ont imposé une immigration venant d`Afrique du Nord et du Moyen-Orient.

Les islamistes eux vont continuer leur travail de sape et si un jour la charte est modifiée alors ils refuseront d`obéir aux lois parceque pour eux la seule loi valable est le Coran et la charia, la loi d`Allah, supérieure a toutes les lois des kouffars et des parlements des mécréants.

Certains partiront, d`autres vivront en ghettos et certain peuvent se radicaliser encore plus.

Espérons que les politiciens vont comprendre le danger et a mon avis ils sont les seuls qui peuvent vraiment faire quelque chose en modifiant la charte.

Abdelhalim Mahmoud - Grand Imam d`Égypte et Cheikh d`El-Azhar - diplomé de la Sorbonne a Paris. Déclare en 1978.

«Les droits de l`homme sont une invention de l`homme, alors que les préceptes islamiques sont d`origine divine et possèdent donc la primauté.»

Hussein El-Kouatli - El Islam wal-Hukum - 1976-77 - Liban

« L`islam est un système complet qui jette les fondements et les principes de toutes les conduites de l`homme a l`égard d`Allah, du monde et des autres hommes. Plus l`État est musulman, plus la communauté est musulmane, mieux elle protège sa religion, mettant en pratique sa morale et son culte, se soumettant au droit divin et a ses lois (charia). Et vice-versa. La question n`est pas en réalité une question de fanatisme ou d`antagonisme communautaire.. la question est tout simplement que c`est l`islam. L`islam estime que sans le pouvoir, on ne peut mettre en pratique la doctrine.»

Alija Izetbegovic - Bosnie-Herzégovine - ex-Yougoslavie - Déclaration islamique en 1970 -

«Il n`y a pas de coexistence entre la religion islamique et les institutions sociales et politiques non-islamiques... l`islam n`étant pas seulement une religion.»

En 1977, la revue égyptienne islamiste El-Itisam (Le Refuge) publiée par le Groupe pour la charia, dissident de la confrérie des Frères musulmans lançait cet avertissement « Nous ne suivons pas la loi des Nations-Unies mais seulement celle de Allah; la charia.»

Un avertissement par le grand spécialiste de l`islam Bernard Lewis qui écrivait en 1985...

L`islam est, dans son principe, une religion de pouvoir, et dans la conception musulmane du monde il est juste et normal que le pouvoir soit détenu par des musulmans, et seulement par des musulmans. D`autres peuvent etre les bénéficiaires de la tolérance et meme de la clémence de l`État musulman, pourvu qu`ils reconnaissent clairement la prééminence de l`islam. Que des non-musulmans gouvernent des musulmans est une offense aux Lois de Dieu (Allah) et a celles de la Nature, et cela est vrai au Cachemire comme en Palestine, au Liban comme a Chypre. Ici encore, il faut garder en mémoire que l`islam n`est pas une religion au sens restrictif ou l`entend l`Occident (pas comme la notre), mais une communauté (l`oumma)une allégeance et un mode de vie.


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The-Flying-Nun

15 Mai 2009
13:21

Québec - Les partis d'opposition demandent au gouvernement de se dissocier de la position de la Fédération des femmes du Québec sur le voile islamique

Vous devriez ouvrir un autre sujet ou l'ensemble de vos lecteurs puisse exprimer leurs désacord en envoyant un couriel de la Ministre St Pierre et une possibilité de copie conforme à la fédération infâme du Québec et Québec Suicidaire.


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Véronique Dupuis

15 Mai 2009
17:01

Québec - Les partis d'opposition demandent au gouvernement de se dissocier de la position de la Fédération des femmes du Québec sur le voile islamique

Je crois que Monsieur Paul Arcand a très bien su résumer la pensée des québécois en disant ceci:"Si je choisis de vivre dans une société nord américaine, ce n'est pas à moi d'imposer mes choix à cette société, tout comme ce n'est pas à moi d'imposer les miens à leur pays d'origine."

Voilà qui n'est pas très compliqué à comprendre pour l'ensemble de notre population.

Merci ,

Véronique.

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