Dimanche 21 Mars 2010 | Dernière mise à jour: 20 Mars 2010

Brève

Grande-Bretagne - Demande de démission de l’archevêque pro-charia

8 Février 2008

L'Archevêque de Cantorbéry était confronté à une demande de démissionner hier soir alors que la controverse autour de la charia s’intensifie.


Des évêques influents ont publiquement contredit les appels du Dr Rowan Williams pour que la loi islamique soit introduite dans le système juridique britannique.

Avec l'Église d'Angleterre plongée dans une crise, de hauts responsables seraient, dit-on, en discussion sur l'avenir de l'archevêque.

On rapporte qu’un membre du «cabinet» de l'église, le Conseil de l'archevêque, aurait dit: «Beaucoup de personnes ont demandé sa démission. Je ne pense pas qu'il va en prendre note mais oui, il devrait démissionner».

Des officiels à Lambeth Palace ont déclaré à la BBC que le Dr Williams était dans un «état de choc» et «complètement débordé» par l'ampleur de la controverse.

Il a été dit qu'il ne pouvait pas croire la fureur de la réaction. L’attaque la plus dommageable est venue de l’évêque de Rochester originaire du Pakistan, le révérend Michael Nazir-Ali.

Il a déclaré qu'il serait «tout simplement impossible» d’introduire la charia dans le droit britannique «sans affecter fondamentalement son intégrité».

La charia «serait en tension avec la tradition juridique anglaise sur des questions comme la monogamie, les dispositions en matière de divorce, les droits des femmes, la garde des enfants, les lois en matière de succession et de preuve.

Sans mentionner la relation entre la liberté de croyance et d'expression et les règles sur le blasphème et l’apostasie».

Le deuxième plus haut dirigeant de l'église, l’Archevêque de York, le Dr John Sentamu, a refusé de discuter de la question. Mais il a dit que la charia «n'arriverait jamais» en Grande-Bretagne.

Les politiciens se sont joints au choeur des condamnations, avec Downing Street disant que le droit britannique devrait être fondé sur les valeurs britanniques. Les leaders Tory et LibDem ont également exprimé de vives critiques.

Même d’éminents musulmans se sont ligués contre le Dr Williams. Shahid Malik, député travailliste de Dewsbury, a déclaré: «Je ne connais pas de clameur ou de désir fervent de la charia dans ce pays».

«S'il y a des gens qui préfèrent la charia, il y a toujours des pays où ils peuvent aller vivre».

Khalid Mahmood, député travailliste de Birmingham Bar Perry, a rejeté l'idée que la loi britannique force les musulmans à choisir entre leur religion et leur société.

Il a dit: «Cela va aliéner des gens d'autres communautés, car ils penseront que c'est ce que veulent les musulmans - et ce n’est pas le cas».

Le Conseil musulman de Grande-Bretagne s’est toutefois porté au secours du Dr Williams, décrivant comme « réfléchies » ses observations dans une conférence de juristes et lors d'une interview à la BBC.

Mais le savant musulman de Oxford University, Tariq Ramadan, a admis: «Ce genre de déclarations vient alimenter les craintes des concitoyens. Je pense vraiment que nous, en tant que musulmans, devons arriver à quelque chose qui nous permet de respecter le droit commun et, à l’intérieur de ces paramètres, il y a des possibilités pour nous d'être fidèles aux principes de l'islam.»

L'archevêque a de fortes chances de tomber sous des tirs intenses la semaine prochaine à une réunion du Synode général de l'Église.

Des critiques libéraux et féministes ont été horrifiés par l'idée de la charia alors que les opposants évangéliques croient que le Dr Williams n'a pas réussi à défendre le christianisme.

L'archevêque a déjà combattu d’inextricables difficultés au sein de l'Eglise sur les droits des homosexuels, une controverse qui a débuté il y a près de cinq ans et lui a amené des critiques de toutes parts. Plus tard cette année, il doit faire face à une conférence de centaines d'évêques venus du monde entier qui menace d’amener d’autres divisions amères.

Les opposants au Dr Williams parmi l'aile conservatrice évangélique - qui éprouvent du ressentiment face à ses convictions libérales sur des questions comme les droits des homosexuels – suggéraient hier soir que l’archevêque était fini.

Le révérend Paul Dawson du groupe de la Réforme comprenant quelque 500 membres du clergé, a déclaré: «Nous sommes très tristes qu'il ne semble pas être en mesure d'articuler une vision chrétienne de la Grande-Bretagne. Il est vrai de dire qu'il y a beaucoup d'insatisfaction».

Dr Williams s'est défendu dans une déclaration de Lambeth Palace, disant qu'il a essayé de «clarifier» la question.

L'archevêque a dit que ça pourrait aider à construire une société meilleure et plus solidaire si les musulmans étaient en mesure de choisir de soumettre les différends conjugaux ou les questions financières, par exemple, à un tribunal de la charia. L'adoption de certains éléments de la charia «semble inévitable».

Mais la déclaration a insisté: «L'archevêque n’a fait aucune proposition concernant la charia, et n'a certainement pas demandé sa mise en place comme une sorte de juridiction parallèle au droit civil».

Même les collègues évêques, toutefois, pensent que c'est précisément ce que M. Williams a dit.

L’évêque de Southwark, Tom Butler, un libéral dont on se serait normalement attendu qu’il prenne la défense du Dr Williams, a déclaré que l'archevêque était entré dans un champ de mines et a ajouté: «Il faudra beaucoup de réflexion et de travail avant que je pense que c'est une bonne idée».

Il a été plus brutal dans une circulaire au clergé de son diocèse, disant qu'il avait encore à être convaincu de la faisabilité d'intégrer tout droit religieux non-chrétien dans le système juridique anglais.

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Commentaires

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3 commentaires

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Helios d'Alexandrie

9 Février 2008
00:47

Grande-Bretagne - Demande de démission de l’archevêque pro-charia

Bon! le gros bon sens n'est pas tout à fait disparu en Angleterre, à voir la vive réaction que cette déclaration a suscitée on est porté à se demander pourquoi les anglais ont attendu si longtemps avant de réagir à l'islamisation rampante de leur société?

Il aura fallu que le plus haut placé parmi les ecclésiastiques du pays se mêle de bénir la charia pour qu'enfin l'islamolucidité se manifeste chez ses ouailles. Elles ont tôt fait de lui rappeler son rôle et son mandat: "Monseigneur occupez-vous de la promotion du christianisme, la charia islamiste c'est pas votre secteur, vous poussez un peu loin la charité chrétienne, Jésus a dit aime ton prochain comme toi-même, il n'a pas dit aide les fanatiques à tyranniser ton prochain!"

Mais le plus amusant c'est la réaction de Tariq Ramadan, comme s'il n'était pour rien dans la prise de position de l'archevêque. Les "intellectuels" s'apprécient et se caressent dans le sens du poil, c'est pourquoi notre archevêque, dûment flatté dans son ego, a consenti gracieusement à tirer les marrons du feu pour Tariq Ramadan, ce dernier a opéré habilement et prudemment une retraite stratégique, décidément le fruit n'est pas encore mûr! Ah ces islamistes! Ils ne manquent pas de sagacité!

Helios d'Alexandrie


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Tromso

10 Février 2008
10:42

Grande-Bretagne - Demande de démission de l’archevêque pro-charia

Le multiculturalisme est de plus en plus ouvertement contesté en Grande-Bretagne et de plus en plus de gens refusent de se taire pour dire qu`il s`agit d`une erreur grave!

Plusieurs journaux anglais dénoncent l`irresponsabilité de cette déclaration et meme dans l`église anglicane l`archeveque a peu de soutien.

Une loi - un roi - c`est la loi du pays et pour tous!

Il devrait démissioner!

Il n`y a que les islamistes et le stupide institut Al-Azhar du Caire cette caverne d`arriération qui approuve l`archeveque évidemment!

Al Azhar qui a déclaré apostat des écrivains égyptiens pour blaspheme qui ont ensuites été assassinés par des fanatiques (Farag Foda - Naguib Mahfouz (tentative d`assassinat).
Al Azhar qui a fait retiré et bruler des livres...comme au Moyen-Age

Cette institut prestigieux du monde arabe est une manufacture de fanatisme et d`inepties avec lequel il ne faudrait plus coopérer!


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Jean-Philippe Martini

10 Février 2008
12:36

Grande-Bretagne - Demande de démission de l’archevêque pro-charia

Sans être un adepte de la théorie du complot, je me questionne sérieusement sur les gens qui ont conseillés l'archevêque anglican.


Il n'a pas pris toute la mesure de sa posture pro-charia.

1- Les plus progressistes des anglicans vont dire que même si la charia est appliquée de façon minimaliste (respect APPARENT des droits des femmes...) la direction prise par cette démarche est TROP. Cela va à l'encontre du progressisme démocratique inhérent à l'anglicanisme moderne.

2- Les plus conservateurs vont dénoncés son manque de jugement, son manque d'audace évangélique (le message chrétien PRIME sur la loi islamique). Les anglicans n'ont pas à chercher à "vendre" la charia. La loi islamique (comme la charia) est étrangère au christianisme, à l'anglicanisme traditionnel.

3- Les islamistes "modérés" en Occident qui veulent la charia, ont une certaine modestie pour l'instant par considération STRATÉGIQUE (on attend un meilleur temps plus propice à l'afficher PUBLIQUEMENT).

Mais ces gens vont trouvés un curieux allié dans Rowan William (que l'on pourra jeter à sa guise quand le moment sera le bienvenu...) puisque Rowan William a prouvé dans le passé son engagement munichois.

Les Frères Musulmans (en Occident) et les autres islamistes "modérés" ont des stratèges qui réfléchissent pour faire avancer dans les meilleures CONDITIONS la Charia. L'option gradualisme est une des voix empruntées. Une fois l'option gradualisme ouverte, des décrets des plus hautes autorités s'imposeront-elle par la suite ?

C'est à suivre.


(...)
Les propos de l'archevêque ont été salués par Al-Azhar. Il s'agit de la plus haute institution de l'islam sunnite. Elle juge inévitable l'adoption de certains aspects de la charia au Royaume-Uni. L'adjoint de l'imam d'Al-Azhar, cheikh Abdel Fattah Allam, a mentionné à l'agence égyptienne Mena que les déclarations de l'archevêque ont un impact positif chez les musulmans. Il considère que, même si elles provoquent un tollé chez les Britanniques, elles « encouragent le dialogue entre les cultures et les civilisations dans un cadre de respect mutuel des religions ».



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