2 Décembre 2007
Menacée de mort par des islamistes, Taslima Nasreen retranche des parties de son autobiographie
Par Annie Lessard
L’écrivaine et journaliste bangladeshi Taslima Nasreen, récipiendaire d’un prix de l’UNESCO en 2004 pour la promotion de la tolérance et de la non-violence, a dû retirer des parties de son dernier livre, une autobiographie, pour échapper à l’intolérance et à la violence des islamistes qui jugent ses écrits blasphématoires et réclament sa mort [a] C’est un épisode sombre dans l’histoire de la liberté d’expression. Malheureusement, on peut s’attendre à connaître d’autres épisodes du même genre quand on connaît l’hypersensibilité de certains adeptes de l’islam [[Réforme ou barbarie, le 30 novembre 2007
article114. ]]
http://portal.unesco.org/shs/fr/ev.php-URL_ID=10805&URL_DO=DO_PRINTPAGE&URL_SECTION=201.html
,]] Taslima Nasrin se raconte :«J’écris pour dénoncer toutes sortes de violences physiques et sexuelles, le terrorisme religieux et les discriminations de type patriarcal à l’égard des femmes. J’ai fait un rêve : j’ai rêvé d’un monde merveilleux où aucune femme ne serait opprimée, victime de la traite des personnes, attaquée à l’acide, violée ou victime d’agressions sexuelles. Je rêve d’un monde tolérant où les êtres humains se respectent sans jamais céder à l’appel de la guerre, des massacres, de la violence. J’ai pris la plume pour que mon rêve devienne réalité, le rêve d’un monde éthique dans lequel l’humanité s’épanouira et ne sera plus faite d’êtres pleins de haine mais d’êtres remplis d’amour.» «Dans ce combat pour un humanisme laïque, je n’ai pour seule arme qu’un stylo mais c’est à la pointe d’une épée que les extrémistes ont juré ma mort. Ils ont brûlé mes livres, poursuivi mes éditeurs en justice pour avoir publié mes livres, attaqué les librairies où mes livres étaient vendus. Ma liberté d’expression ne cesse d’être violée par les autorités. Sur les 28 livres que j’ai écrits, 5 ont été interdits par le gouvernement, et des procès sont en cours dans le but d’interdire les autres. Mes écrits m’ont valu d’être condamnée à un an de prison par un tribunal du Bangladesh. Au cours des dernières années, les quatre tomes qui constituent mes mémoires ont tous été interdits par le gouvernement.»
Voir aussi:Prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes aux ex-musulmanes Ayaan Hirsi Ali et Taslima NasreenRequis : une attitude différente de l’Inde et de tous les gouvernements infidèles
- Feminist author rewrites book after death threats from Muslim extremists, Timesonline, 30 novembre 2007 .
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