24 Avril 2008
Les mosquées américaines envahies par la propagande saoudienne haineuse - Partie 1
Par Annie Lessard, Marc Lebuis
Cliquer ici pour la Partie 2.
Un rapport américain traite de l’implication des Saoudiens dans la propagation internationale d’une idéologie religieuse qui fait explicitement la promotion de la haine, de l'intolérance, et d'autres violations des droits de l'homme et, dans certains cas, de la violence envers les membres d'autres groupes religieux, musulmans et non-musulmans. Il faut reconnaître le problème posé par cette idéologie, et contenir sa diffusion.Le Center for Religious Freedom des États-Unis (Freedom House) a publié un rapport en 2005 sous le titre Saudi publications on hate ideology invade American mosques. Le rapport de 95 pages (en anglais), auquel plusieurs musulmans ont contribué, est affiché plus bas. Nous savons que le même problème de propagande haineuse par des groupes financés par les saoudiens existe au Québec, même si la presse n'en parle pas. Lisez notre article La Ligue Islamique Mondiale propage l’islam wahhabite au Canada.
Freedom House est profondément reconnaissante envers les volontaires et les experts-conseils qui ont contribué à la préparation de ce rapport. La recherche, la traduction et l'analyse des principaux éléments du rapport ont été faits à la fois par des musulmans et des non-musulmans qui souhaitent rester anonymes pour des raisons de sécurité. À la lumière des récents assassinats ciblés et des menaces de mort contre ceux qui ont parlé contre l'extrémisme islamique aux Pays-Bas, ces préoccupations paraissent particulièrement valables. Tous les intéressés l'ont fait avec la conviction que les publications en provenance d'Arabie saoudite qui endossent une idéologie de la haine et prétendent représenter l'interprétation authentique de l'islam, continuent d'être disponibles en abondance dans certaines des principales mosquées au pays et d’être utilisées comme l'une des principales ressources éducatives sur l'Islam pour les musulmans en Amérique.


Le matériel recueilli est composé de plus de 200 livres et autres publications, dont plusieurs titres sont disponibles dans plusieurs mosquées. Environ 90 pour cent de ces publications sont en arabe, bien que certaines soient en anglais, ourdou, chinois ou tagalog. À une exception près - un document en langue ourdou - les ouvrages étudiés étaient en arabe et en anglais. Le Centre avait deux traducteurs indépendants qui ont examiné chaque document en langue arabe.Tous les documents analysés ont un lien avec le gouvernement de l'Arabie saoudite. Dans certains cas, ils ont cinq connexions. Les publications sous étude ont chacune au moins deux des liens ci-dessous avec l'Arabie saoudite : • ce sont des publications officielles d'un ministère;
• distribuées par l'ambassade d'Arabie Saoudite;
• composées de commentaires et de déclarations par des autorités religieuses nommées à des postes gouvernementaux par la couronne saoudienne;
• représentant l'idéologie saoudite wahhabite établie et/ou
• disséminées par le biais d'une mosquée ou d’un centre soutenu par la couronne saoudite. Financement saouditeDans de nombreux exemples, le lien saoudite est facilement apparent par le sceau ou le nom de l'ambassade d'Arabie Saoudite à Washington figurant sur la couverture des publications, ou du ministère saoudite des affaires culturelles, éducatives ou religieuses, ou de l’Armée de l’air saoudite. Bien que toutes les mosquées de l'étude ne reçoivent pas de soutien saoudite, certaines des mosquées et des centres, tels que la Mosquée Roi Fahd à Los Angeles et le Centre islamique de Washington, sont ouvertement reconnus pour recevoir le soutien officiel du roi saoudien tel constaté sur son site Internet.Alors que certains observateurs font une distinction entre le financement par l'État saoudite et les dons faits par des membres de la famille royale saoudienne, il convient de noter que le roi Fahd ne fait pas une telle distinction. Son site Internet affirme que «le Roi Fahd a apporté son soutien, que ce soit personnellement ou par l'intermédiaire de son gouvernement»…. Le site affirme également que «le coût des efforts du roi Fahd dans ce domaine a été astronomique, d'un montant de plusieurs milliards de riyals saoudiens», résultant dans «quelque 210 centres financés en tout ou en partie par l'Arabie saoudite, plus de 1500 mosquées et 202 collèges et près de 2000 écoles pour l'éducation des enfants musulmans». Le Roi et son fils ont fait don de millions de dollars à la mosquée King Fahd.Liens terroristesEn outre, le gouvernement saoudien a directement doté certaines de ces institutions. La mosquée King Fahd, la principale mosquée de Los Angeles, dont plusieurs des publications ont été recueillies, employait l'imam Fahad al Thumairy qui était un diplomate accrédité du consulat d'Arabie saoudite de 1996 à 2003, date à laquelle il a été empêché de réintégrer les États-Unis en raison de liens terroristes. Le rapport de la Commission du 11/9 décrit l'imam comme «une figure bien connue à la mosquée King Fahd et dans la communauté musulmane de Los Angeles», qui était réputé pour être un «fondamentaliste islamique et un strict adhérent à la doctrine orthodoxe wahhabite», et observe qu'il «pourrait avoir joué un rôle en aidant les pirates de l’air du 11/9 à s’établir à leur arrivée à Los Angeles».Expulsions et fermetures pour extrémismePlusieurs publications haineuses que nous avons étudiées ont également été recueillies auprès du Institute of Islamic and Arabic Sciences à Fairfax, en Virginie. Selon des rapports d'enquête du Wall Street Journal et du Washington Post, le Prince Bandar bin Sultan, ambassadeur saoudien aux États-Unis, a servi comme président du conseil des fiduciaires de cette institution, et certains autres membres du personnel ont détenu des visas diplomatiques saoudites jusqu'à ce qu'ils soient expulsés pour extrémisme par le département d'État en 2004.Certains des ouvrages ont été publiés par la Fondation Al-Haramain, dirigée à partir de l'Arabie saoudite avec des filiales aux États-Unis jusqu'à ce que le FBI bloque ses actifs en février 2004, constatant qu’elle finançait directement Al-Qaïda. En Octobre 2004, le ministère des affaires islamiques du gouvernement saoudien a dissous la fondation, et, selon un haut responsable saoudien, ses actifs seront inclus dans une nouvelle Commission nationale saoudienne pour le Travail de charité à l'étranger.Éditeurs saoudiensCertains des ouvrages wahhabites dans cette étude ont été imprimés par des éditeurs et des bibliothèques fonctionnant comme des maisons d'édition en Arabie saoudite. Certains d'entre eux sont directement soutenus et contrôlés par le gouvernement, comme la bibliothèque nationale King Fahd et la Présidence générale de l'administration de la recherche scientifique, Ifta, Da'wa et Orientation (Administration générale de l'impression et de la traduction). D'autres, qui pourraient être privées, sont surveillées étroitement par l'État, qui ne reconnaît pas le droit à la liberté d’expression, et, selon le Département d'État, le Ministère de l'information a le pouvoir de nommer et de révoquer tous les éditeurs en chef.Cheikh Bin BazUne source prolifique de fatwas condamnant les «infidèles» dans cette collection était le cheikh ‘Abd al-‘Aziz Bin ‘Abdillah Bin Baz (mort en 1999), qui a été nommé par le roi Fahd en 1993 au poste de Grand Mufti. Par cette nomination, il a été confirmé par le gouvernement de l'Arabie saoudite comme sa plus haute autorité religieuse. Bin Baz recevait un salaire régulier du gouvernement, il servait au plaisir du Roi et a présidé le Comité saoudite permanent pour la recherche scientifique et l'émission de fatwas, un bureau du gouvernement saoudien. Son mode de pensée radicalement dichotomique, de pair avec sa diabolisation persistante des non-musulmans et des musulmans tolérants, se reflète dans les fatwas figurant dans ces publications.Bin Baz s’est rendu célèbre auprès de nombreux Saoudiens pour un décret qu’il a émis en 1966 déclarant que la terre était plate. Il est également responsable de la fatwa, unique dans l'islam, interdisant aux femmes saoudiennes de conduire. Peut-être afin d’expier pour une fatwa qu’il avait émise avec réticence en 1991 au moment de la guerre du Golfe en acceptant la présence de troupes non-musulmanes en Arabie saoudite, dans les années subséquentes Ben Baz semble être allé en dehors de son chemin pour se prononcer contre les chrétiens, les juifs, et les «infidèles» occidentaux.Radicalisation due aux fatwas du fanatique Bin Baz Les fatwas de Bin Baz, qui exercent un poids considérable, ont été distribuées à travers les voies diplomatiques saoudiennes officielles, les mosquées et les écoles à travers le monde, dont certaines aux États-Unis, et ont été particulièrement influentes dans la radicalisation des jeunes musulmans au pays et à l'étranger. Le point de vue extrémiste proclamé dans ces fatwas officielles dément ce que Adel al-Jubeir, le porte-parole saoudite articulé et conseiller spécial pour le Prince héritier Abdullah, affirme à la télévision au cours de conférences de presse à propos des cheikhs fanatiques dans le Royaume - ils seraient principalement clandestins, et les fatwas qu’ils émettent seraient seulement l’expression de «leurs opinions personnelles».Bien que Bin Baz soit mort, ses fatwas fanatiques continuent d'être traitées comme faisant autorité par le gouvernement saoudien. Un problème persistantLa majeure partie du matériel a été recueilli en novembre et décembre 2003. En décembre 2004, des échantillons supplémentaires recueillis auprès de mosquées à Washington, Falls Church, Los Angeles, Orange County et Chicago montrent que le problème persiste au moment de la publication du présent rapport.L'un des documents provenant du Ministère des affaires islamiques de l'Arabie saoudite porte la date de publication post 11/9 de 2002, alors que la plupart des autres ouvrages ont été publiés dans les années 1980 et 1990. Nonobstant le fait que certains des titres ont été publiés par des groupes et des entités qui ont été fermées ces deux dernières années ou ont rompu leurs liens avec le gouvernement saoudien à la suite d’enquêtes antiterroristes par le gouvernement américain - et malgré la campagne de publicité du gouvernement saoudien à l'effet que ses manuels sont en cours de révision - les ouvrages offensants restent largement disponibles en Amérique et, dans certains cas, dominent les bibliothèques et les étagères des mosquées, et continuent d'être utilisés pour éduquer les musulmans américains. AVANT-PROPOS, par R. James Woolsey
Depuis la conquête saoudite de Hejaz alors aux mains des Hashemites en 1924 et la création officielle de l'État de l'Arabie saoudite en 1932 - plus ou moins en même temps que la découverte d'énormes gisements de pétrole dans le royaume - l'Arabie saoudite a été d'une importance considérable dans le monde. Ainsi, bien que les Saoudiens aient existé comme une tribu et une famille contrôlant une petite partie de l'Arabie pendant des siècles, leur influence, leur existence même en tant que nation, est arrivée du vivant de nombreux contemporains, y compris le dirigeant effectif du Royaume aujourd'hui, le Prince héritier Abdullah. De bonnes reliations américano-saouditesJusqu'à il y a moins de trente ans, nos relations avec les Saoudiens ont été généralement bonnes. Nous étions du même côté dans la guerre froide, les Saoudiens valorisaient notre soutien (et nous le leur) contre l'influence soviétique au Proche-Orient. Bien sûr, l'embargo pétrolier de 1973 a été un facteur de stress, mais 1979 a jeté une douche froide lorsque Khomeiny est arrivé au pouvoir en Iran et que les extrémistes ont pris le plus saint des lieux saints de l'islam, la mosquée de la Mecque, qui était sous la protection du roi de l'Arabie saoudite. Il a été récupéré par les Saoudiens seulement au prix de nombreuses vies et la perte de la face. Pas plus tard que la fin des années 70 avant ces deux événements, les relations des États-Unis et de l'Arabie saoudite étaient assez étroites et détendues. Un certain nombre de Saoudiens en vue au sein du gouvernement, de l'armée et du secteur pétrolier avaient été formés en Occident et étaient à l’aise, du moins en privé, avec les valeurs et les manières occidentales. Si vous me permettez une vignette personnelle mais utile, j'étais dans le Royaume pour des questions reliées à la marine (j'étais sous-secrétaire de la Marine à l'époque) en 1978 et par un ami d'un ami, j'ai été invité dans une maison saoudite pour le dîner. Il y avait plusieurs hommes saoudites qui avaient tous été formés en Occident, ils étaient accompagnés de leurs épouses, qui avaient également passé beaucoup de temps en Occident, portant des robes modestes mais occidentales, tout le monde avait un apéritif avant le dîner, la conversation sur les événements mondiaux était informée, sophistiquée et urbaine. C’était tout à fait comme une soirée que j’ai passé peu de temps après en Israël.Les temps ont changéJ'ose dire que ce genre de soirée ne se produirait plus aujourd'hui en Arabie saoudite. Non seulement le dîner serait-il unisexe (hommes seulement, et certainement pas d’apéritifs), mais je pense que les participants saoudites seraient beaucoup moins susceptibles d'avoir étudié en Occident ou d’être familiers sur de nombreuses questions avec la perspective occidentale. Cela et d'autres changements importants dans le Royaume s'explique en grande partie par la réaction de la famille royale d'Arabie Saoudite à la tumultueuse année 1979. Nous ressentons encore l'après-coup aujourd'hui. Un pacte faustien avec les wahhabitesLes Saoudiens ont choisi après les deux chocs de cette année-là de négocier un pacte faustien avec la secte wahhabite - non seulement pour accommoder leurs vues sur la bienséance, le comportement pieux, et la loi islamique - mais pour leur transférer effectivement l'éducation dans le Royaume et plus tard financer l'expansion au Pakistan et ailleurs de leur idéologie extrémiste, hostile, anti-moderne et anti-infidèles de l'Islam. L'autre volet du pacte était que si les wahhabites se concentraient sur leurs attaques, essentiellement contre les États-Unis et Israël, l’élite de l'Arabie saoudite serait plus ou moins libre de se détacher des wahhabites et on fermerait les yeux sur la corruption au sein du Royaume.Un grotesque racket de protectionEn conséquence, cette secte wahhabite qui aurait été considérée aussi récemment qu’il y a 50 ans par la grande majorité des musulmans comme un austère groupe marginal, est désormais extrêmement puissante et influente dans le monde musulman en raison de l'appui du gouvernement saoudien et des richesse pétrolières de la péninsule arabique. L’ancien secrétaire d'État George Shultz, qui n'est pas réputé pour une propension à la surestimation ou son hostilité à l'Arabie saoudite, appelle ce détournement vers nous de la colère des wahhabites un «grotesque racket de protection».Ce pacte faustien a eu un énorme effet sur l'opinion dans le Royaume. Bernard Lewis rappelle que pendant la plus grande partie de l'histoire de l'Islam dans la plupart des régions du monde musulman, les musulmans ont généralement été plus tolérants que beaucoup d'autres religions. Les juifs et les chrétiens, en tant que «Gens du Livre», ont été traités de manière particulièrement tolérante. Aujourd'hui toutefois, les jeunes du Royaume sont systématiquement imprégnés d’hostilité envers les «infidèles».


Voir aussi:
La Ligue Islamique Mondiale propage l’islam wahhabite au CanadaPourquoi j’ai déposé une plainte à la Commission canadienne des droits contre un imam salafiste de Montréal pour "propagande haineuse""Les fous d’Allah ont le champ libre et en profitent", Journal de MontréalLe site du Ministère des Affaires Islamiques saoudien publie des appels à l’extermination des juifs, au jihâd et à l’éxecution des apostatsDoudou Diène blâme des caricatures, mais pas les manuels scolaires musulmans haineuxArabie saoudite - Les écoliers apprennent à haïr les juifs, les chrétiens et les mauvais musulmansLondres - Livres racistes et intolérants de provenance saoudienneCalifornie - Théologie islamique infiltrée à l’école publiquePays-Bas - Un imam salafiste prêche le "devoir de haine" envers les infidèles
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